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	<title>Auto Organisation - Contributions [fr]</title>
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		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Favi&amp;diff=440</id>
		<title>Favi</title>
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		<updated>2026-03-17T13:47:13Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheIdentité}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Infobox Entreprise|Nom=FAVI|Image=Fichier:Logo-favi.png|Création=1957-1957|Fondateurs=Marcel Decayeux|Forme juridique=Société Anonyme à Conseil d&#039;Administration|Siège social=14 Rue Louis Deneux, 80490 Hallencourt, Somme, Hauts-de-France|Activité=Fonderie sous pression (aluminium, laiton, cuivre)|Produits=Fourchettes de boîtes de vitesses automobiles, rotors en cuivre pour moteurs électriques, composants pour mobilités douces, produits pour l&#039;industrie du luxe|Effectif=273 salariés (2024)|Management=Management par la confiance|Site web=www.favi.com|Fonds propres=Données non publiques|Dette=Données non publiques|Chiffre d&#039;affaire=51 897 565 € (31/12/2024)|Résultat net=4 042 507 € (31/12/2024)}}&lt;br /&gt;
À Hallencourt, dans la Somme, une usine de 273 salariés fabrique des pièces automobiles en fonderie selon un modèle hérité des années 1980 : mini-usines autonomes, leaders cooptés, partage égalitaire des bénéfices. Un système qui a longtemps fait ses preuves mais qui évolue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== À la fonderie FAVI, les ouvriers décident sans chef ==&lt;br /&gt;
C&#039;est une fonderie qui ne ressemble pas aux autres. Ici, &#039;&#039;&#039;pas de pointeuse à l&#039;entrée, pas de places de parking réservées aux cadres, pas de service qualité séparé&#039;&#039;&#039;. Les 273 salariés de FAVI s&#039;organisent en &#039;&#039;&#039;mini-usines de 10 à 50 personnes&#039;&#039;&#039;, chacune dédiée à un client automobile comme PSA, Renault ou Fiat. &#039;&#039;&#039;Les ouvriers gèrent leurs horaires, leurs congés, leurs formations&#039;&#039;&#039;. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Il faut faire 1 800 pièces dans la journée, pour le reste les opérateurs se débrouillent &#039;&#039;», témoigne un responsable.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Cette organisation singulière remonte à 1983&#039;&#039;&#039;, quand [https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Fran%C3%A7ois_Zobrist &#039;&#039;&#039;Jean-François Zobrist&#039;&#039;&#039;], directeur général fraîchement nommé, bouleverse la pyramide hiérarchique &#039;&#039;&#039;en supprimant les symboles de pouvoir pour installer un climat de confiance&#039;&#039;&#039;. Zobrist s&#039;inspire des travaux du psychologue [https://fr.wikipedia.org/wiki/Douglas_McGregor Douglas McGregor] et formule deux valeurs-limites qui serviront de constitution : « &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;homme est bon&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;» (suppression de tout contrôle) et « &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;amour du client&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;» (suppression de tout ce qui ne sert pas le client).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des leaders cooptés par des pairs ==&lt;br /&gt;
Dans chaque mini-usine, &#039;&#039;&#039;le leader&#039;&#039;&#039; n&#039;est pas un chef au sens classique. &#039;&#039;&#039;Coopté par ses collègues pour trois ans&#039;&#039;&#039;, il peut redevenir simple opérateur en cas de désaveu ou sur demande. Il garde un statut d&#039;agent de maîtrise et &#039;&#039;&#039;son rôle se limite à faciliter le travail, pas à commander&#039;&#039;&#039;. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;À leur tête, pas de chefs, mais des ouvriers cooptés par leurs collègues&#039;&#039; », rappelle un article de Reporterre.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Le commercial de chaque client travaille au milieu des machines&#039;&#039;&#039;, dans un bureau vitré sans porte. Jean Luc, qui suit PSA, « &#039;&#039;prospecte, suit le client, fait les gammes, sélectionne les fournisseurs, négocie, achète, suit ses fournisseurs, fait les chiffrages en toute autonomie sans reporting ni contrôle &#039;&#039;».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L&#039;ouvrier contrôle lui-même la qualité de ses pièces&#039;&#039;&#039;, sans service qualité pour vérifier. La responsabilité est directe, de la commande à la livraison. Un écran affiche les commandes à réaliser, et les opérateurs se répartissent ensuite la charge. &#039;&#039;&#039;Certains week-ends, des équipes décident spontanément de travailler&#039;&#039;&#039; pour honorer une commande imprévue, sans demander d&#039;autorisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une prime identique pour tous ==&lt;br /&gt;
Le partage des résultats reflète la philosophie. &#039;&#039;&#039;Ingénieur, commercial ou ouvrier, tous touchent la même prime&#039;&#039;&#039; : 7 % du cash-flow répartis à égalité entre les salariés. Environ 3 000 euros certaines années, jusqu&#039;à 16 ou 18 mois de salaire dans les périodes fastes selon Zobrist. &#039;&#039;&#039;Les primes individuelles ont été abandonnées, y compris pour les commerciaux.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Favi ouvrier.jpg|vignette|454x454px|Photo tirée de l&#039;article Ouest France du 02.10.2013, &amp;quot;La fonderie FAVI, l&#039;usine qui fait toute confiance à ses ouvriers&amp;quot;.]]&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Les voitures de fonction sont attribuées à ceux qui roulent le plus, pas selon le grade&#039;&#039;&#039;. Les toilettes des ouvriers sont plus confortables que celles de la direction. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Renoncer à son pouvoir, c&#039;est très compliqué&#039;&#039; », admettait Zobrist dans une interview. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Lui qui a dirigé l&#039;entreprise jusqu&#039;en 2009 a vécu cette transformation de l&#039;intérieur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous [https://www.linkedin.com/in/dominique-verlant-a64325131/?originalSubdomain=fr Dominique Verlant], son successeur &#039;&#039;&#039;à partir de 2008, les principes ont été maintenus&#039;&#039;&#039;. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Le seul véritable échelon, c&#039;est l&#039;opérateur. C&#039;est lui qui fait, donc lui qui sait, et il ne faut pas le fliquer &#039;&#039;», affirmait-il. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;L&#039;entreprise conservait alors sa performance : cash-flow supérieur à 20 % pendant trois décennies, &#039;&#039;&#039;leader européen&#039;&#039;&#039; des fourchettes de boîte de vitesses avec 50 % de part de marché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Nuages sur le modèle ==&lt;br /&gt;
La situation s&#039;est dégradée. &#039;&#039;&#039;En 2018, FAVI enregistre 58 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires mais plus de 400 000 euros de pertes&#039;&#039;&#039;. L&#039;année suivante, la direction envisage un plan de &#039;&#039;&#039;rupture conventionnelle collective pour 70 postes&#039;&#039;&#039; sur 300. Philippe Théveniaud, délégué général de la CFTC, explique : &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Des investissements ont été réalisés, mais trop tard. Déjà moins chère, la concurrence existant dans certains pays a pu, en outre, prendre une avance technologique&#039;&#039;. »&amp;lt;/blockquote&amp;gt;L&#039;apparition d&#039;une représentation syndicale en 2014, absente pendant des décennies, signale &#039;&#039;&#039;des tensions&#039;&#039;&#039;. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;La culture du dialogue social n&#039;est pas encore bien implantée&#039;&#039; », constate Théveniaud. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Le système de recrutement actuel mentionne « &#039;&#039;une équipe RH et un responsable du recrutement&#039;&#039; », ce qui diffère du modèle historique où chaque mini-usine gérait ses embauches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wikipédia note qu&#039;après le départ de Zobrist et de son successeur, &#039;&#039;&#039;FAVI « est graduellement revenue vers le management traditionnel »&#039;&#039;&#039;. Difficile de vérifier cette affirmation, car les sources récentes sur l&#039;organisation interne sont rares. Le site officiel de l&#039;entreprise parle d&#039;« &#039;&#039;équipes autonomes&#039;&#039; » mais sans détailler le fonctionnement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Diversification en marche ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Pour anticiper la fin des ventes de voitures thermiques neuves en 2035, FAVI mise sur la diversification&#039;&#039;&#039;. Le plan « FAVI 2030 » vise trois secteurs : les véhicules électriques (rotors en cuivre surmoulé pour moteurs à haut rendement), les mobilités douces (pédaliers, fourches, châssis pour vélos et trottinettes électriques), et l&#039;industrie du luxe, avec un &#039;&#039;&#039;objectif de 20 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires sur ces nouvelles activités d&#039;ici cinq ans.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Édouard Rousseaux, président actuel, reste confiant : &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Nous ne voulons pas abandonner 40 ans d&#039;expertise, nous sommes devenus une référence&#039;&#039;. » &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Les fourchettes de boîte de vitesses représentent toujours les trois quarts du chiffre d&#039;affaires, mais la part de l&#039;hybride grimpe, représentant un quart de l&#039;activité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L&#039;entreprise maintient une activité à l&#039;international&#039;&#039;&#039; (30 % du chiffre d&#039;affaires), notamment en Chine, en Inde et aux États-Unis. &#039;&#039;&#039;En 2024, le résultat net s&#039;établit à 4 millions d&#039;euros pour un chiffre d&#039;affaires de 51,9 millions&#039;&#039;&#039;. Un retour aux bénéfices après les turbulences de 2018-2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jean-François Zobrist est décédé en mars 2025. L&#039;homme qui avait transformé cette fonderie du Vimeu en cas d&#039;école du management participatif laisse un &#039;&#039;&#039;héritage contrasté&#039;&#039;&#039;. Son modèle a prouvé qu&#039;une usine peut tourner sans contrôle hiérarchique strict pendant des décennies. &#039;&#039;&#039;Reste à savoir si l&#039;esprit survit aux évolutions du marché et aux changements de génération&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Hallencourt, les machines continuent de tourner et les mini-usines produisent leurs pièces. Mais l&#039;équilibre entre autonomie et performance, entre confiance et rentabilité, semble plus fragile qu&#039;avant&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;[https://www.mcgulfin.com/2016/02/zobristfavi-un-management-non.html Zobrist/Favi : Un management non traditionnel, dans l&#039;ère de l&#039;entreprise libérée]&amp;quot;, McGulfin, le 07.02.2016&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;[[La FAVI à Hallencourt une commune au milieu de nulle part]]&amp;quot;, Fonderie &amp;amp; PIWI, le 18.12.2025&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;[https://blog.zenika.com/2015/04/15/retour-conference-le-management-par-la-confiance-par-jf-zobrist/ Retour sur la conférence &amp;quot;Le mangement par la confiance&amp;quot; par J.F. Zobrist], le 15.04.2015, Régis Roy&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;https://fresques.ina.fr/picardie/fiche-media/Picard00306/le-management-par-la-qualite-chez-favi-a-hallencourt.html&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;[https://reporterre.net/Favi-l-usine-qui-tourne-sans-chefs Favi, l&#039;usine qui tourne sans chef]&amp;quot;, par Caroline Racapé, le 14.03.20213, mis à jour le 29.10.2018&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;[https://lirsa.cnam.fr/medias/fichier/igeetz-bcarneylentrepriseliberee_1489654363644-pdf L&#039;entreprise libérée], par Monsieur Yvon PESQUEUX, Enseignant,  Conservatoire National des Arts et Métiers - Master2 Ressources Humaines et Sociologie&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;https://evolem.com/valeurs/methode-favi-de-jean-francois-zobrist/&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;[https://shs.cairn.info/revue-le-journal-de-l-ecole-de-paris-du-management-2013-3-page-37?lang=fr La fonderie Favi, un leader mondial qui croit en l&#039;homme, par Jean-François Zobrist, pages 37 à 44]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.lejournaldesentreprises.com/article/la-fonderie-favi-sous-traitant-automobile-amorce-sa-diversification-2051653&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.eco121.fr/articles/vers-un-plan-de-rupture-conventionnelle-collective-a-la-fonderie-favi&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.hautsdefrance.fr/favi-alliages-cuivreux/&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Favi&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études_de_cas]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== A propos de l&#039;auteur ==&lt;br /&gt;
{{Auto Organisation:À propos de Alioune}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Favi&amp;diff=439</id>
		<title>Favi</title>
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		<updated>2026-03-12T16:26:55Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheIdentité}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== À la fonderie FAVI, les ouvriers décident sans chef ==&lt;br /&gt;
{{Infobox Entreprise|Nom=FAVI|Image=Fichier:Logo-favi.png|Création=1957-1957|Fondateurs=Marcel Decayeux|Forme juridique=Société Anonyme à Conseil d&#039;Administration|Siège social=14 Rue Louis Deneux, 80490 Hallencourt, Somme, Hauts-de-France|Activité=Fonderie sous pression (aluminium, laiton, cuivre)|Produits=Fourchettes de boîtes de vitesses automobiles, rotors en cuivre pour moteurs électriques, composants pour mobilités douces, produits pour l&#039;industrie du luxe|Effectif=273 salariés (2024)|Management=Management par la confiance|Site web=www.favi.com|Fonds propres=Données non publiques|Dette=Données non publiques|Chiffre d&#039;affaire=51 897 565 € (31/12/2024)|Résultat net=4 042 507 € (31/12/2024)}}&lt;br /&gt;
À Hallencourt, dans la Somme, une usine de 273 salariés fabrique des pièces automobiles en fonderie selon un modèle hérité des années 1980 : mini-usines autonomes, leaders cooptés, partage égalitaire des bénéfices. Un système qui a longtemps fait ses preuves mais qui évolue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une fonderie qui ne ressemble pas aux autres. Ici, &#039;&#039;&#039;pas de pointeuse à l&#039;entrée, pas de places de parking réservées aux cadres, pas de service qualité séparé&#039;&#039;&#039;. Les 273 salariés de FAVI s&#039;organisent en &#039;&#039;&#039;mini-usines de 10 à 50 personnes&#039;&#039;&#039;, chacune dédiée à un client automobile comme PSA, Renault ou Fiat. &#039;&#039;&#039;Les ouvriers gèrent leurs horaires, leurs congés, leurs formations&#039;&#039;&#039;. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Il faut faire 1 800 pièces dans la journée, pour le reste les opérateurs se débrouillent &#039;&#039;», témoigne un responsable.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Cette organisation singulière remonte à 1983&#039;&#039;&#039;, quand [https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Fran%C3%A7ois_Zobrist &#039;&#039;&#039;Jean-François Zobrist&#039;&#039;&#039;], directeur général fraîchement nommé, bouleverse la pyramide hiérarchique &#039;&#039;&#039;en supprimant les symboles de pouvoir pour installer un climat de confiance&#039;&#039;&#039;. Zobrist s&#039;inspire des travaux du psychologue [https://fr.wikipedia.org/wiki/Douglas_McGregor Douglas McGregor] et formule deux valeurs-limites qui serviront de constitution : « &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;homme est bon&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;» (suppression de tout contrôle) et « &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;amour du client&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;» (suppression de tout ce qui ne sert pas le client).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des leaders cooptés par des pairs ==&lt;br /&gt;
Dans chaque mini-usine, &#039;&#039;&#039;le leader&#039;&#039;&#039; n&#039;est pas un chef au sens classique. &#039;&#039;&#039;Coopté par ses collègues pour trois ans&#039;&#039;&#039;, il peut redevenir simple opérateur en cas de désaveu ou sur demande. Il garde un statut d&#039;agent de maîtrise et &#039;&#039;&#039;son rôle se limite à faciliter le travail, pas à commander&#039;&#039;&#039;. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;À leur tête, pas de chefs, mais des ouvriers cooptés par leurs collègues&#039;&#039; », rappelle un article de Reporterre.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Le commercial de chaque client travaille au milieu des machines&#039;&#039;&#039;, dans un bureau vitré sans porte. Jean Luc, qui suit PSA, « &#039;&#039;prospecte, suit le client, fait les gammes, sélectionne les fournisseurs, négocie, achète, suit ses fournisseurs, fait les chiffrages en toute autonomie sans reporting ni contrôle &#039;&#039;».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L&#039;ouvrier contrôle lui-même la qualité de ses pièces&#039;&#039;&#039;, sans service qualité pour vérifier. La responsabilité est directe, de la commande à la livraison. Un écran affiche les commandes à réaliser, et les opérateurs se répartissent ensuite la charge. &#039;&#039;&#039;Certains week-ends, des équipes décident spontanément de travailler&#039;&#039;&#039; pour honorer une commande imprévue, sans demander d&#039;autorisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une prime identique pour tous ==&lt;br /&gt;
Le partage des résultats reflète la philosophie. &#039;&#039;&#039;Ingénieur, commercial ou ouvrier, tous touchent la même prime&#039;&#039;&#039; : 7 % du cash-flow répartis à égalité entre les salariés. Environ 3 000 euros certaines années, jusqu&#039;à 16 ou 18 mois de salaire dans les périodes fastes selon Zobrist. &#039;&#039;&#039;Les primes individuelles ont été abandonnées, y compris pour les commerciaux.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Favi ouvrier.jpg|vignette|454x454px|Photo tirée de l&#039;article Ouest France du 02.10.2013, &amp;quot;La fonderie FAVI, l&#039;usine qui fait toute confiance à ses ouvriers&amp;quot;.]]&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Les voitures de fonction sont attribuées à ceux qui roulent le plus, pas selon le grade&#039;&#039;&#039;. Les toilettes des ouvriers sont plus confortables que celles de la direction. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Renoncer à son pouvoir, c&#039;est très compliqué&#039;&#039; », admettait Zobrist dans une interview. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Lui qui a dirigé l&#039;entreprise jusqu&#039;en 2009 a vécu cette transformation de l&#039;intérieur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous [https://www.linkedin.com/in/dominique-verlant-a64325131/?originalSubdomain=fr Dominique Verlant], son successeur &#039;&#039;&#039;à partir de 2008, les principes ont été maintenus&#039;&#039;&#039;. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Le seul véritable échelon, c&#039;est l&#039;opérateur. C&#039;est lui qui fait, donc lui qui sait, et il ne faut pas le fliquer &#039;&#039;», affirmait-il. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;L&#039;entreprise conservait alors sa performance : cash-flow supérieur à 20 % pendant trois décennies, &#039;&#039;&#039;leader européen&#039;&#039;&#039; des fourchettes de boîte de vitesses avec 50 % de part de marché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Nuages sur le modèle ==&lt;br /&gt;
La situation s&#039;est dégradée. &#039;&#039;&#039;En 2018, FAVI enregistre 58 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires mais plus de 400 000 euros de pertes&#039;&#039;&#039;. L&#039;année suivante, la direction envisage un plan de &#039;&#039;&#039;rupture conventionnelle collective pour 70 postes&#039;&#039;&#039; sur 300. Philippe Théveniaud, délégué général de la CFTC, explique : &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Des investissements ont été réalisés, mais trop tard. Déjà moins chère, la concurrence existant dans certains pays a pu, en outre, prendre une avance technologique&#039;&#039;. »&amp;lt;/blockquote&amp;gt;L&#039;apparition d&#039;une représentation syndicale en 2014, absente pendant des décennies, signale &#039;&#039;&#039;des tensions&#039;&#039;&#039;. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;La culture du dialogue social n&#039;est pas encore bien implantée&#039;&#039; », constate Théveniaud. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Le système de recrutement actuel mentionne « &#039;&#039;une équipe RH et un responsable du recrutement&#039;&#039; », ce qui diffère du modèle historique où chaque mini-usine gérait ses embauches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wikipédia note qu&#039;après le départ de Zobrist et de son successeur, &#039;&#039;&#039;FAVI « est graduellement revenue vers le management traditionnel »&#039;&#039;&#039;. Difficile de vérifier cette affirmation, car les sources récentes sur l&#039;organisation interne sont rares. Le site officiel de l&#039;entreprise parle d&#039;« &#039;&#039;équipes autonomes&#039;&#039; » mais sans détailler le fonctionnement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Diversification en marche ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Pour anticiper la fin des ventes de voitures thermiques neuves en 2035, FAVI mise sur la diversification&#039;&#039;&#039;. Le plan « FAVI 2030 » vise trois secteurs : les véhicules électriques (rotors en cuivre surmoulé pour moteurs à haut rendement), les mobilités douces (pédaliers, fourches, châssis pour vélos et trottinettes électriques), et l&#039;industrie du luxe, avec un &#039;&#039;&#039;objectif de 20 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires sur ces nouvelles activités d&#039;ici cinq ans.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Édouard Rousseaux, président actuel, reste confiant : &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Nous ne voulons pas abandonner 40 ans d&#039;expertise, nous sommes devenus une référence&#039;&#039;. » &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Les fourchettes de boîte de vitesses représentent toujours les trois quarts du chiffre d&#039;affaires, mais la part de l&#039;hybride grimpe, représentant un quart de l&#039;activité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L&#039;entreprise maintient une activité à l&#039;international&#039;&#039;&#039; (30 % du chiffre d&#039;affaires), notamment en Chine, en Inde et aux États-Unis. &#039;&#039;&#039;En 2024, le résultat net s&#039;établit à 4 millions d&#039;euros pour un chiffre d&#039;affaires de 51,9 millions&#039;&#039;&#039;. Un retour aux bénéfices après les turbulences de 2018-2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jean-François Zobrist est décédé en mars 2025. L&#039;homme qui avait transformé cette fonderie du Vimeu en cas d&#039;école du management participatif laisse un &#039;&#039;&#039;héritage contrasté&#039;&#039;&#039;. Son modèle a prouvé qu&#039;une usine peut tourner sans contrôle hiérarchique strict pendant des décennies. &#039;&#039;&#039;Reste à savoir si l&#039;esprit survit aux évolutions du marché et aux changements de génération&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Hallencourt, les machines continuent de tourner et les mini-usines produisent leurs pièces. Mais l&#039;équilibre entre autonomie et performance, entre confiance et rentabilité, semble plus fragile qu&#039;avant&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;[https://www.mcgulfin.com/2016/02/zobristfavi-un-management-non.html Zobrist/Favi : Un management non traditionnel, dans l&#039;ère de l&#039;entreprise libérée]&amp;quot;, McGulfin, le 07.02.2016&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;[[La FAVI à Hallencourt une commune au milieu de nulle part]]&amp;quot;, Fonderie &amp;amp; PIWI, le 18.12.2025&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;[https://blog.zenika.com/2015/04/15/retour-conference-le-management-par-la-confiance-par-jf-zobrist/ Retour sur la conférence &amp;quot;Le mangement par la confiance&amp;quot; par J.F. Zobrist], le 15.04.2015, Régis Roy&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;https://fresques.ina.fr/picardie/fiche-media/Picard00306/le-management-par-la-qualite-chez-favi-a-hallencourt.html&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;[https://reporterre.net/Favi-l-usine-qui-tourne-sans-chefs Favi, l&#039;usine qui tourne sans chef]&amp;quot;, par Caroline Racapé, le 14.03.20213, mis à jour le 29.10.2018&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;[https://lirsa.cnam.fr/medias/fichier/igeetz-bcarneylentrepriseliberee_1489654363644-pdf L&#039;entreprise libérée], par Monsieur Yvon PESQUEUX, Enseignant,  Conservatoire National des Arts et Métiers - Master2 Ressources Humaines et Sociologie&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;https://evolem.com/valeurs/methode-favi-de-jean-francois-zobrist/&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;[https://shs.cairn.info/revue-le-journal-de-l-ecole-de-paris-du-management-2013-3-page-37?lang=fr La fonderie Favi, un leader mondial qui croit en l&#039;homme, par Jean-François Zobrist, pages 37 à 44]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.lejournaldesentreprises.com/article/la-fonderie-favi-sous-traitant-automobile-amorce-sa-diversification-2051653&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.eco121.fr/articles/vers-un-plan-de-rupture-conventionnelle-collective-a-la-fonderie-favi&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.hautsdefrance.fr/favi-alliages-cuivreux/&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Favi&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études_de_cas]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== A propos de l&#039;auteur ==&lt;br /&gt;
{{Auto Organisation:À propos de Alioune}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Favi&amp;diff=438</id>
		<title>Favi</title>
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		<updated>2026-03-12T16:26:01Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheIdentité}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== À la fonderie FAVI, les ouvriers décident sans chef ==&lt;br /&gt;
{{Infobox Entreprise|Nom=FAVI|Image=Fichier:Logo-favi.png|Création=1957-1957|Fondateurs=Marcel Decayeux|Forme juridique=Société Anonyme à Conseil d&#039;Administration|Siège social=14 Rue Louis Deneux, 80490 Hallencourt, Somme, Hauts-de-France|Activité=Fonderie sous pression (aluminium, laiton, cuivre)|Produits=Fourchettes de boîtes de vitesses automobiles, rotors en cuivre pour moteurs électriques, composants pour mobilités douces, produits pour l&#039;industrie du luxe|Effectif=273 salariés (2024)|Management=Management par la confiance|Site web=www.favi.com|Fonds propres=Données non publiques|Dette=Données non publiques|Chiffre d&#039;affaire=51 897 565 € (31/12/2024)|Résultat net=4 042 507 € (31/12/2024)}}&lt;br /&gt;
À Hallencourt, dans la Somme, une usine de 273 salariés fabrique des pièces automobiles en fonderie selon un modèle hérité des années 1980 : mini-usines autonomes, leaders cooptés, partage égalitaire des bénéfices. Un système qui a longtemps fait ses preuves mais qui évolue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une fonderie qui ne ressemble pas aux autres. Ici, &#039;&#039;&#039;pas de pointeuse à l&#039;entrée, pas de places de parking réservées aux cadres, pas de service qualité séparé&#039;&#039;&#039;. Les 273 salariés de FAVI s&#039;organisent en &#039;&#039;&#039;mini-usines de 10 à 50 personnes&#039;&#039;&#039;, chacune dédiée à un client automobile comme PSA, Renault ou Fiat. &#039;&#039;&#039;Les ouvriers gèrent leurs horaires, leurs congés, leurs formations&#039;&#039;&#039;. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Il faut faire 1 800 pièces dans la journée, pour le reste les opérateurs se débrouillent &#039;&#039;», témoigne un responsable.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Cette organisation singulière remonte à 1983&#039;&#039;&#039;, quand [https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Fran%C3%A7ois_Zobrist &#039;&#039;&#039;Jean-François Zobrist&#039;&#039;&#039;], directeur général fraîchement nommé, bouleverse la pyramide hiérarchique &#039;&#039;&#039;en supprimant les symboles de pouvoir pour installer un climat de confiance&#039;&#039;&#039;. Zobrist s&#039;inspire des travaux du psychologue [https://fr.wikipedia.org/wiki/Douglas_McGregor Douglas McGregor] et formule deux valeurs-limites qui serviront de constitution : « &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;homme est bon&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;» (suppression de tout contrôle) et « &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;amour du client&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;» (suppression de tout ce qui ne sert pas le client).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== DES LEADERS COOPTÉS PAR LES PAIRS ==&lt;br /&gt;
Dans chaque mini-usine, &#039;&#039;&#039;le leader&#039;&#039;&#039; n&#039;est pas un chef au sens classique. &#039;&#039;&#039;Coopté par ses collègues pour trois ans&#039;&#039;&#039;, il peut redevenir simple opérateur en cas de désaveu ou sur demande. Il garde un statut d&#039;agent de maîtrise et &#039;&#039;&#039;son rôle se limite à faciliter le travail, pas à commander&#039;&#039;&#039;. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;À leur tête, pas de chefs, mais des ouvriers cooptés par leurs collègues&#039;&#039; », rappelle un article de Reporterre.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Le commercial de chaque client travaille au milieu des machines&#039;&#039;&#039;, dans un bureau vitré sans porte. Jean Luc, qui suit PSA, « &#039;&#039;prospecte, suit le client, fait les gammes, sélectionne les fournisseurs, négocie, achète, suit ses fournisseurs, fait les chiffrages en toute autonomie sans reporting ni contrôle &#039;&#039;».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L&#039;ouvrier contrôle lui-même la qualité de ses pièces&#039;&#039;&#039;, sans service qualité pour vérifier. La responsabilité est directe, de la commande à la livraison. Un écran affiche les commandes à réaliser, et les opérateurs se répartissent ensuite la charge. &#039;&#039;&#039;Certains week-ends, des équipes décident spontanément de travailler&#039;&#039;&#039; pour honorer une commande imprévue, sans demander d&#039;autorisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== UNE PRIME IDENTIQUE POUR TOUS ==&lt;br /&gt;
Le partage des résultats reflète la philosophie. &#039;&#039;&#039;Ingénieur, commercial ou ouvrier, tous touchent la même prime&#039;&#039;&#039; : 7 % du cash-flow répartis à égalité entre les salariés. Environ 3 000 euros certaines années, jusqu&#039;à 16 ou 18 mois de salaire dans les périodes fastes selon Zobrist. &#039;&#039;&#039;Les primes individuelles ont été abandonnées, y compris pour les commerciaux.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Favi ouvrier.jpg|vignette|454x454px|Photo tirée de l&#039;article Ouest France du 02.10.2013, &amp;quot;La fonderie FAVI, l&#039;usine qui fait toute confiance à ses ouvriers&amp;quot;.]]&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Les voitures de fonction sont attribuées à ceux qui roulent le plus, pas selon le grade&#039;&#039;&#039;. Les toilettes des ouvriers sont plus confortables que celles de la direction. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Renoncer à son pouvoir, c&#039;est très compliqué&#039;&#039; », admettait Zobrist dans une interview. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Lui qui a dirigé l&#039;entreprise jusqu&#039;en 2009 a vécu cette transformation de l&#039;intérieur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous [https://www.linkedin.com/in/dominique-verlant-a64325131/?originalSubdomain=fr Dominique Verlant], son successeur &#039;&#039;&#039;à partir de 2008, les principes ont été maintenus&#039;&#039;&#039;. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Le seul véritable échelon, c&#039;est l&#039;opérateur. C&#039;est lui qui fait, donc lui qui sait, et il ne faut pas le fliquer &#039;&#039;», affirmait-il. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;L&#039;entreprise conservait alors sa performance : cash-flow supérieur à 20 % pendant trois décennies, &#039;&#039;&#039;leader européen&#039;&#039;&#039; des fourchettes de boîte de vitesses avec 50 % de part de marché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== NUAGES SUR LE MODÈLE ==&lt;br /&gt;
La situation s&#039;est dégradée. &#039;&#039;&#039;En 2018, FAVI enregistre 58 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires mais plus de 400 000 euros de pertes&#039;&#039;&#039;. L&#039;année suivante, la direction envisage un plan de &#039;&#039;&#039;rupture conventionnelle collective pour 70 postes&#039;&#039;&#039; sur 300. Philippe Théveniaud, délégué général de la CFTC, explique : &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Des investissements ont été réalisés, mais trop tard. Déjà moins chère, la concurrence existant dans certains pays a pu, en outre, prendre une avance technologique&#039;&#039;. »&amp;lt;/blockquote&amp;gt;L&#039;apparition d&#039;une représentation syndicale en 2014, absente pendant des décennies, signale &#039;&#039;&#039;des tensions&#039;&#039;&#039;. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;La culture du dialogue social n&#039;est pas encore bien implantée&#039;&#039; », constate Théveniaud. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Le système de recrutement actuel mentionne « &#039;&#039;une équipe RH et un responsable du recrutement&#039;&#039; », ce qui diffère du modèle historique où chaque mini-usine gérait ses embauches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wikipédia note qu&#039;après le départ de Zobrist et de son successeur, &#039;&#039;&#039;FAVI « est graduellement revenue vers le management traditionnel »&#039;&#039;&#039;. Difficile de vérifier cette affirmation, car les sources récentes sur l&#039;organisation interne sont rares. Le site officiel de l&#039;entreprise parle d&#039;« &#039;&#039;équipes autonomes&#039;&#039; » mais sans détailler le fonctionnement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== DIVERSIFICATION EN MARCHE ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Pour anticiper la fin des ventes de voitures thermiques neuves en 2035, FAVI mise sur la diversification&#039;&#039;&#039;. Le plan « FAVI 2030 » vise trois secteurs : les véhicules électriques (rotors en cuivre surmoulé pour moteurs à haut rendement), les mobilités douces (pédaliers, fourches, châssis pour vélos et trottinettes électriques), et l&#039;industrie du luxe, avec un &#039;&#039;&#039;objectif de 20 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires sur ces nouvelles activités d&#039;ici cinq ans.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Édouard Rousseaux, président actuel, reste confiant : &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Nous ne voulons pas abandonner 40 ans d&#039;expertise, nous sommes devenus une référence&#039;&#039;. » &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Les fourchettes de boîte de vitesses représentent toujours les trois quarts du chiffre d&#039;affaires, mais la part de l&#039;hybride grimpe, représentant un quart de l&#039;activité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L&#039;entreprise maintient une activité à l&#039;international&#039;&#039;&#039; (30 % du chiffre d&#039;affaires), notamment en Chine, en Inde et aux États-Unis. &#039;&#039;&#039;En 2024, le résultat net s&#039;établit à 4 millions d&#039;euros pour un chiffre d&#039;affaires de 51,9 millions&#039;&#039;&#039;. Un retour aux bénéfices après les turbulences de 2018-2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jean-François Zobrist est décédé en mars 2025. L&#039;homme qui avait transformé cette fonderie du Vimeu en cas d&#039;école du management participatif laisse un &#039;&#039;&#039;héritage contrasté&#039;&#039;&#039;. Son modèle a prouvé qu&#039;une usine peut tourner sans contrôle hiérarchique strict pendant des décennies. &#039;&#039;&#039;Reste à savoir si l&#039;esprit survit aux évolutions du marché et aux changements de génération&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Hallencourt, les machines continuent de tourner et les mini-usines produisent leurs pièces. Mais l&#039;équilibre entre autonomie et performance, entre confiance et rentabilité, semble plus fragile qu&#039;avant&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;[https://www.mcgulfin.com/2016/02/zobristfavi-un-management-non.html Zobrist/Favi : Un management non traditionnel, dans l&#039;ère de l&#039;entreprise libérée]&amp;quot;, McGulfin, le 07.02.2016&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;[[La FAVI à Hallencourt une commune au milieu de nulle part]]&amp;quot;, Fonderie &amp;amp; PIWI, le 18.12.2025&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;[https://blog.zenika.com/2015/04/15/retour-conference-le-management-par-la-confiance-par-jf-zobrist/ Retour sur la conférence &amp;quot;Le mangement par la confiance&amp;quot; par J.F. Zobrist], le 15.04.2015, Régis Roy&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;https://fresques.ina.fr/picardie/fiche-media/Picard00306/le-management-par-la-qualite-chez-favi-a-hallencourt.html&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;[https://reporterre.net/Favi-l-usine-qui-tourne-sans-chefs Favi, l&#039;usine qui tourne sans chef]&amp;quot;, par Caroline Racapé, le 14.03.20213, mis à jour le 29.10.2018&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;[https://lirsa.cnam.fr/medias/fichier/igeetz-bcarneylentrepriseliberee_1489654363644-pdf L&#039;entreprise libérée], par Monsieur Yvon PESQUEUX, Enseignant,  Conservatoire National des Arts et Métiers - Master2 Ressources Humaines et Sociologie&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;https://evolem.com/valeurs/methode-favi-de-jean-francois-zobrist/&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;[https://shs.cairn.info/revue-le-journal-de-l-ecole-de-paris-du-management-2013-3-page-37?lang=fr La fonderie Favi, un leader mondial qui croit en l&#039;homme, par Jean-François Zobrist, pages 37 à 44]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.lejournaldesentreprises.com/article/la-fonderie-favi-sous-traitant-automobile-amorce-sa-diversification-2051653&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.eco121.fr/articles/vers-un-plan-de-rupture-conventionnelle-collective-a-la-fonderie-favi&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.hautsdefrance.fr/favi-alliages-cuivreux/&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Favi&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études_de_cas]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== A propos de l&#039;auteur ==&lt;br /&gt;
{{Auto Organisation:À propos de Alioune}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Favi&amp;diff=437</id>
		<title>Favi</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://auto-org.fr/index.php?title=Favi&amp;diff=437"/>
		<updated>2026-03-12T16:24:59Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheIdentité}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== À la fonderie FAVI, les ouvriers décident sans chef ==&lt;br /&gt;
{{Infobox Entreprise|Nom=FAVI|Image=Fichier:Logo-favi.png|Création=1957-1957|Fondateurs=Marcel Decayeux|Forme juridique=Société Anonyme à Conseil d&#039;Administration|Siège social=14 Rue Louis Deneux, 80490 Hallencourt, Somme, Hauts-de-France|Activité=Fonderie sous pression (aluminium, laiton, cuivre)|Produits=Fourchettes de boîtes de vitesses automobiles, rotors en cuivre pour moteurs électriques, composants pour mobilités douces, produits pour l&#039;industrie du luxe|Effectif=273 salariés (2024)|Site web=www.favi.com|Fonds propres=Données non publiques|Dette=Données non publiques|Chiffre d&#039;affaire=51 897 565 € (31/12/2024)|Résultat net=4 042 507 € (31/12/2024)}}&lt;br /&gt;
À Hallencourt, dans la Somme, une usine de 273 salariés fabrique des pièces automobiles en fonderie selon un modèle hérité des années 1980 : mini-usines autonomes, leaders cooptés, partage égalitaire des bénéfices. Un système qui a longtemps fait ses preuves mais qui évolue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une fonderie qui ne ressemble pas aux autres. Ici, &#039;&#039;&#039;pas de pointeuse à l&#039;entrée, pas de places de parking réservées aux cadres, pas de service qualité séparé&#039;&#039;&#039;. Les 273 salariés de FAVI s&#039;organisent en &#039;&#039;&#039;mini-usines de 10 à 50 personnes&#039;&#039;&#039;, chacune dédiée à un client automobile comme PSA, Renault ou Fiat. &#039;&#039;&#039;Les ouvriers gèrent leurs horaires, leurs congés, leurs formations&#039;&#039;&#039;. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Il faut faire 1 800 pièces dans la journée, pour le reste les opérateurs se débrouillent &#039;&#039;», témoigne un responsable.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Cette organisation singulière remonte à 1983&#039;&#039;&#039;, quand [https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Fran%C3%A7ois_Zobrist &#039;&#039;&#039;Jean-François Zobrist&#039;&#039;&#039;], directeur général fraîchement nommé, bouleverse la pyramide hiérarchique &#039;&#039;&#039;en supprimant les symboles de pouvoir pour installer un climat de confiance&#039;&#039;&#039;. Zobrist s&#039;inspire des travaux du psychologue [https://fr.wikipedia.org/wiki/Douglas_McGregor Douglas McGregor] et formule deux valeurs-limites qui serviront de constitution : « &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;homme est bon&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;» (suppression de tout contrôle) et « &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;amour du client&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;» (suppression de tout ce qui ne sert pas le client).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== DES LEADERS COOPTÉS PAR LES PAIRS ==&lt;br /&gt;
Dans chaque mini-usine, &#039;&#039;&#039;le leader&#039;&#039;&#039; n&#039;est pas un chef au sens classique. &#039;&#039;&#039;Coopté par ses collègues pour trois ans&#039;&#039;&#039;, il peut redevenir simple opérateur en cas de désaveu ou sur demande. Il garde un statut d&#039;agent de maîtrise et &#039;&#039;&#039;son rôle se limite à faciliter le travail, pas à commander&#039;&#039;&#039;. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;À leur tête, pas de chefs, mais des ouvriers cooptés par leurs collègues&#039;&#039; », rappelle un article de Reporterre.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Le commercial de chaque client travaille au milieu des machines&#039;&#039;&#039;, dans un bureau vitré sans porte. Jean Luc, qui suit PSA, « &#039;&#039;prospecte, suit le client, fait les gammes, sélectionne les fournisseurs, négocie, achète, suit ses fournisseurs, fait les chiffrages en toute autonomie sans reporting ni contrôle &#039;&#039;».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L&#039;ouvrier contrôle lui-même la qualité de ses pièces&#039;&#039;&#039;, sans service qualité pour vérifier. La responsabilité est directe, de la commande à la livraison. Un écran affiche les commandes à réaliser, et les opérateurs se répartissent ensuite la charge. &#039;&#039;&#039;Certains week-ends, des équipes décident spontanément de travailler&#039;&#039;&#039; pour honorer une commande imprévue, sans demander d&#039;autorisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== UNE PRIME IDENTIQUE POUR TOUS ==&lt;br /&gt;
Le partage des résultats reflète la philosophie. &#039;&#039;&#039;Ingénieur, commercial ou ouvrier, tous touchent la même prime&#039;&#039;&#039; : 7 % du cash-flow répartis à égalité entre les salariés. Environ 3 000 euros certaines années, jusqu&#039;à 16 ou 18 mois de salaire dans les périodes fastes selon Zobrist. &#039;&#039;&#039;Les primes individuelles ont été abandonnées, y compris pour les commerciaux.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Favi ouvrier.jpg|vignette|454x454px|Photo tirée de l&#039;article Ouest France du 02.10.2013, &amp;quot;La fonderie FAVI, l&#039;usine qui fait toute confiance à ses ouvriers&amp;quot;.]]&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Les voitures de fonction sont attribuées à ceux qui roulent le plus, pas selon le grade&#039;&#039;&#039;. Les toilettes des ouvriers sont plus confortables que celles de la direction. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Renoncer à son pouvoir, c&#039;est très compliqué&#039;&#039; », admettait Zobrist dans une interview. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Lui qui a dirigé l&#039;entreprise jusqu&#039;en 2009 a vécu cette transformation de l&#039;intérieur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous [https://www.linkedin.com/in/dominique-verlant-a64325131/?originalSubdomain=fr Dominique Verlant], son successeur &#039;&#039;&#039;à partir de 2008, les principes ont été maintenus&#039;&#039;&#039;. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Le seul véritable échelon, c&#039;est l&#039;opérateur. C&#039;est lui qui fait, donc lui qui sait, et il ne faut pas le fliquer &#039;&#039;», affirmait-il. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;L&#039;entreprise conservait alors sa performance : cash-flow supérieur à 20 % pendant trois décennies, &#039;&#039;&#039;leader européen&#039;&#039;&#039; des fourchettes de boîte de vitesses avec 50 % de part de marché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== NUAGES SUR LE MODÈLE ==&lt;br /&gt;
La situation s&#039;est dégradée. &#039;&#039;&#039;En 2018, FAVI enregistre 58 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires mais plus de 400 000 euros de pertes&#039;&#039;&#039;. L&#039;année suivante, la direction envisage un plan de &#039;&#039;&#039;rupture conventionnelle collective pour 70 postes&#039;&#039;&#039; sur 300. Philippe Théveniaud, délégué général de la CFTC, explique : &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Des investissements ont été réalisés, mais trop tard. Déjà moins chère, la concurrence existant dans certains pays a pu, en outre, prendre une avance technologique&#039;&#039;. »&amp;lt;/blockquote&amp;gt;L&#039;apparition d&#039;une représentation syndicale en 2014, absente pendant des décennies, signale &#039;&#039;&#039;des tensions&#039;&#039;&#039;. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;La culture du dialogue social n&#039;est pas encore bien implantée&#039;&#039; », constate Théveniaud. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Le système de recrutement actuel mentionne « &#039;&#039;une équipe RH et un responsable du recrutement&#039;&#039; », ce qui diffère du modèle historique où chaque mini-usine gérait ses embauches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wikipédia note qu&#039;après le départ de Zobrist et de son successeur, &#039;&#039;&#039;FAVI « est graduellement revenue vers le management traditionnel »&#039;&#039;&#039;. Difficile de vérifier cette affirmation, car les sources récentes sur l&#039;organisation interne sont rares. Le site officiel de l&#039;entreprise parle d&#039;« &#039;&#039;équipes autonomes&#039;&#039; » mais sans détailler le fonctionnement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== DIVERSIFICATION EN MARCHE ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Pour anticiper la fin des ventes de voitures thermiques neuves en 2035, FAVI mise sur la diversification&#039;&#039;&#039;. Le plan « FAVI 2030 » vise trois secteurs : les véhicules électriques (rotors en cuivre surmoulé pour moteurs à haut rendement), les mobilités douces (pédaliers, fourches, châssis pour vélos et trottinettes électriques), et l&#039;industrie du luxe, avec un &#039;&#039;&#039;objectif de 20 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires sur ces nouvelles activités d&#039;ici cinq ans.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Édouard Rousseaux, président actuel, reste confiant : &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Nous ne voulons pas abandonner 40 ans d&#039;expertise, nous sommes devenus une référence&#039;&#039;. » &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Les fourchettes de boîte de vitesses représentent toujours les trois quarts du chiffre d&#039;affaires, mais la part de l&#039;hybride grimpe, représentant un quart de l&#039;activité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L&#039;entreprise maintient une activité à l&#039;international&#039;&#039;&#039; (30 % du chiffre d&#039;affaires), notamment en Chine, en Inde et aux États-Unis. &#039;&#039;&#039;En 2024, le résultat net s&#039;établit à 4 millions d&#039;euros pour un chiffre d&#039;affaires de 51,9 millions&#039;&#039;&#039;. Un retour aux bénéfices après les turbulences de 2018-2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jean-François Zobrist est décédé en mars 2025. L&#039;homme qui avait transformé cette fonderie du Vimeu en cas d&#039;école du management participatif laisse un &#039;&#039;&#039;héritage contrasté&#039;&#039;&#039;. Son modèle a prouvé qu&#039;une usine peut tourner sans contrôle hiérarchique strict pendant des décennies. &#039;&#039;&#039;Reste à savoir si l&#039;esprit survit aux évolutions du marché et aux changements de génération&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Hallencourt, les machines continuent de tourner et les mini-usines produisent leurs pièces. Mais l&#039;équilibre entre autonomie et performance, entre confiance et rentabilité, semble plus fragile qu&#039;avant&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;[https://www.mcgulfin.com/2016/02/zobristfavi-un-management-non.html Zobrist/Favi : Un management non traditionnel, dans l&#039;ère de l&#039;entreprise libérée]&amp;quot;, McGulfin, le 07.02.2016&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;[[La FAVI à Hallencourt une commune au milieu de nulle part]]&amp;quot;, Fonderie &amp;amp; PIWI, le 18.12.2025&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;[https://blog.zenika.com/2015/04/15/retour-conference-le-management-par-la-confiance-par-jf-zobrist/ Retour sur la conférence &amp;quot;Le mangement par la confiance&amp;quot; par J.F. Zobrist], le 15.04.2015, Régis Roy&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;https://fresques.ina.fr/picardie/fiche-media/Picard00306/le-management-par-la-qualite-chez-favi-a-hallencourt.html&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;[https://reporterre.net/Favi-l-usine-qui-tourne-sans-chefs Favi, l&#039;usine qui tourne sans chef]&amp;quot;, par Caroline Racapé, le 14.03.20213, mis à jour le 29.10.2018&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;[https://lirsa.cnam.fr/medias/fichier/igeetz-bcarneylentrepriseliberee_1489654363644-pdf L&#039;entreprise libérée], par Monsieur Yvon PESQUEUX, Enseignant,  Conservatoire National des Arts et Métiers - Master2 Ressources Humaines et Sociologie&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;https://evolem.com/valeurs/methode-favi-de-jean-francois-zobrist/&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;[https://shs.cairn.info/revue-le-journal-de-l-ecole-de-paris-du-management-2013-3-page-37?lang=fr La fonderie Favi, un leader mondial qui croit en l&#039;homme, par Jean-François Zobrist, pages 37 à 44]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.lejournaldesentreprises.com/article/la-fonderie-favi-sous-traitant-automobile-amorce-sa-diversification-2051653&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.eco121.fr/articles/vers-un-plan-de-rupture-conventionnelle-collective-a-la-fonderie-favi&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.hautsdefrance.fr/favi-alliages-cuivreux/&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Favi&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études_de_cas]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== A propos de l&#039;auteur ==&lt;br /&gt;
{{Auto Organisation:À propos de Alioune}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Fichier:Favi_ouvrier.jpg&amp;diff=436</id>
		<title>Fichier:Favi ouvrier.jpg</title>
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		<updated>2026-03-12T16:22:57Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
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		<title>Favi</title>
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		<updated>2026-03-12T15:42:02Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheIdentité}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== À la fonderie FAVI, les ouvriers décident sans chef ==&lt;br /&gt;
{{Infobox Entreprise|Nom=FAVI|Image=Fichier:Logo-favi.png|Création=1957-1957|Fondateurs=Marcel Decayeux|Forme juridique=Société Anonyme à Conseil d&#039;Administration|Siège social=14 Rue Louis Deneux, 80490 Hallencourt, Somme, Hauts-de-France|Activité=Fonderie sous pression (aluminium, laiton, cuivre)|Produits=Fourchettes de boîtes de vitesses automobiles, rotors en cuivre pour moteurs électriques, composants pour mobilités douces, produits pour l&#039;industrie du luxe|Effectif=273 salariés (2024)|Site web=www.favi.com|Fonds propres=Données non publiques|Dette=Données non publiques|Chiffre d&#039;affaire=51 897 565 € (31/12/2024)|Résultat net=4 042 507 € (31/12/2024)}}&lt;br /&gt;
À Hallencourt, dans la Somme, une usine de 273 salariés fabrique des pièces automobiles en fonderie selon un modèle hérité des années 1980 : mini-usines autonomes, leaders cooptés, partage égalitaire des bénéfices. Un système qui a longtemps fait ses preuves mais qui évolue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une fonderie qui ne ressemble pas aux autres. Ici, &#039;&#039;&#039;pas de pointeuse à l&#039;entrée, pas de places de parking réservées aux cadres, pas de service qualité séparé&#039;&#039;&#039;. Les 273 salariés de FAVI s&#039;organisent en &#039;&#039;&#039;mini-usines de 10 à 50 personnes&#039;&#039;&#039;, chacune dédiée à un client automobile comme PSA, Renault ou Fiat. &#039;&#039;&#039;Les ouvriers gèrent leurs horaires, leurs congés, leurs formations&#039;&#039;&#039;. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Il faut faire 1 800 pièces dans la journée, pour le reste les opérateurs se débrouillent &#039;&#039;», témoigne un responsable.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Cette organisation singulière remonte à 1983&#039;&#039;&#039;, quand [https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Fran%C3%A7ois_Zobrist &#039;&#039;&#039;Jean-François Zobrist&#039;&#039;&#039;], directeur général fraîchement nommé, bouleverse la pyramide hiérarchique &#039;&#039;&#039;en supprimant les symboles de pouvoir pour installer un climat de confiance&#039;&#039;&#039;. Zobrist s&#039;inspire des travaux du psychologue [https://fr.wikipedia.org/wiki/Douglas_McGregor Douglas McGregor] et formule deux valeurs-limites qui serviront de constitution : « &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;homme est bon&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;» (suppression de tout contrôle) et « &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;amour du client&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;» (suppression de tout ce qui ne sert pas le client).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== DES LEADERS COOPTÉS PAR LES PAIRS ==&lt;br /&gt;
Dans chaque mini-usine, &#039;&#039;&#039;le leader&#039;&#039;&#039; n&#039;est pas un chef au sens classique. &#039;&#039;&#039;Coopté par ses collègues pour trois ans&#039;&#039;&#039;, il peut redevenir simple opérateur en cas de désaveu ou sur demande. Il garde un statut d&#039;agent de maîtrise et &#039;&#039;&#039;son rôle se limite à faciliter le travail, pas à commander&#039;&#039;&#039;. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;À leur tête, pas de chefs, mais des ouvriers cooptés par leurs collègues&#039;&#039; », rappelle un article de Reporterre.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Le commercial de chaque client travaille au milieu des machines&#039;&#039;&#039;, dans un bureau vitré sans porte. Jean Luc, qui suit PSA, « &#039;&#039;prospecte, suit le client, fait les gammes, sélectionne les fournisseurs, négocie, achète, suit ses fournisseurs, fait les chiffrages en toute autonomie sans reporting ni contrôle &#039;&#039;».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L&#039;ouvrier contrôle lui-même la qualité de ses pièces&#039;&#039;&#039;, sans service qualité pour vérifier. La responsabilité est directe, de la commande à la livraison. Un écran affiche les commandes à réaliser, et les opérateurs se répartissent ensuite la charge. &#039;&#039;&#039;Certains week-ends, des équipes décident spontanément de travailler&#039;&#039;&#039; pour honorer une commande imprévue, sans demander d&#039;autorisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== UNE PRIME IDENTIQUE POUR TOUS ==&lt;br /&gt;
Le partage des résultats reflète la philosophie. &#039;&#039;&#039;Ingénieur, commercial ou ouvrier, tous touchent la même prime&#039;&#039;&#039; : 7 % du cash-flow répartis à égalité entre les salariés. Environ 3 000 euros certaines années, jusqu&#039;à 16 ou 18 mois de salaire dans les périodes fastes selon Zobrist. &#039;&#039;&#039;Les primes individuelles ont été abandonnées, y compris pour les commerciaux.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Les voitures de fonction sont attribuées à ceux qui roulent le plus, pas selon le grade&#039;&#039;&#039;. Les toilettes des ouvriers sont plus confortables que celles de la direction. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Renoncer à son pouvoir, c&#039;est très compliqué&#039;&#039; », admettait Zobrist dans une interview. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Lui qui a dirigé l&#039;entreprise jusqu&#039;en 2009 a vécu cette transformation de l&#039;intérieur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous Dominique Verlant, son successeur &#039;&#039;&#039;à partir de 2008, les principes ont été maintenus&#039;&#039;&#039;. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Le seul véritable échelon, c&#039;est l&#039;opérateur. C&#039;est lui qui fait, donc lui qui sait, et il ne faut pas le fliquer &#039;&#039;», affirmait-il. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;L&#039;entreprise conservait alors sa performance : cash-flow supérieur à 20 % pendant trois décennies, &#039;&#039;&#039;leader européen&#039;&#039;&#039; des fourchettes de boîte de vitesses avec 50 % de part de marché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== NUAGES SUR LE MODÈLE ==&lt;br /&gt;
La situation s&#039;est dégradée. &#039;&#039;&#039;En 2018, FAVI enregistre 58 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires mais plus de 400 000 euros de pertes&#039;&#039;&#039;. L&#039;année suivante, la direction envisage un plan de &#039;&#039;&#039;rupture conventionnelle collective pour 70 postes&#039;&#039;&#039; sur 300. Philippe Théveniaud, délégué général de la CFTC, explique : &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Des investissements ont été réalisés, mais trop tard. Déjà moins chère, la concurrence existant dans certains pays a pu, en outre, prendre une avance technologique&#039;&#039;. »&amp;lt;/blockquote&amp;gt;L&#039;apparition d&#039;une représentation syndicale en 2014, absente pendant des décennies, signale &#039;&#039;&#039;des tensions&#039;&#039;&#039;. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;La culture du dialogue social n&#039;est pas encore bien implantée&#039;&#039; », constate Théveniaud. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Le système de recrutement actuel mentionne « &#039;&#039;une équipe RH et un responsable du recrutement&#039;&#039; », ce qui diffère du modèle historique où chaque mini-usine gérait ses embauches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wikipédia note qu&#039;après le départ de Zobrist et de son successeur, &#039;&#039;&#039;FAVI « est graduellement revenue vers le management traditionnel »&#039;&#039;&#039;. Difficile de vérifier cette affirmation, car les sources récentes sur l&#039;organisation interne sont rares. Le site officiel de l&#039;entreprise parle d&#039;« &#039;&#039;équipes autonomes&#039;&#039; » mais sans détailler le fonctionnement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== DIVERSIFICATION EN MARCHE ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Pour anticiper la fin des ventes de voitures thermiques neuves en 2035, FAVI mise sur la diversification&#039;&#039;&#039;. Le plan « FAVI 2030 » vise trois secteurs : les véhicules électriques (rotors en cuivre surmoulé pour moteurs à haut rendement), les mobilités douces (pédaliers, fourches, châssis pour vélos et trottinettes électriques), et l&#039;industrie du luxe, avec un &#039;&#039;&#039;objectif de 20 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires sur ces nouvelles activités d&#039;ici cinq ans.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Édouard Rousseaux, président actuel, reste confiant : &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Nous ne voulons pas abandonner 40 ans d&#039;expertise, nous sommes devenus une référence&#039;&#039;. » &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Les fourchettes de boîte de vitesses représentent toujours les trois quarts du chiffre d&#039;affaires, mais la part de l&#039;hybride grimpe, représentant un quart de l&#039;activité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L&#039;entreprise maintient une activité à l&#039;international&#039;&#039;&#039; (30 % du chiffre d&#039;affaires), notamment en Chine, en Inde et aux États-Unis. &#039;&#039;&#039;En 2024, le résultat net s&#039;établit à 4 millions d&#039;euros pour un chiffre d&#039;affaires de 51,9 millions&#039;&#039;&#039;. Un retour aux bénéfices après les turbulences de 2018-2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jean-François Zobrist est décédé en mars 2025. L&#039;homme qui avait transformé cette fonderie du Vimeu en cas d&#039;école du management participatif laisse un &#039;&#039;&#039;héritage contrasté&#039;&#039;&#039;. Son modèle a prouvé qu&#039;une usine peut tourner sans contrôle hiérarchique strict pendant des décennies. &#039;&#039;&#039;Reste à savoir si l&#039;esprit survit aux évolutions du marché et aux changements de génération&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Hallencourt, les machines continuent de tourner et les mini-usines produisent leurs pièces. Mais l&#039;équilibre entre autonomie et performance, entre confiance et rentabilité, semble plus fragile qu&#039;avant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études_de_cas]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== A propos de l&#039;auteur ==&lt;br /&gt;
{{Auto Organisation:À propos de Alioune}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Favi&amp;diff=434</id>
		<title>Favi</title>
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		<updated>2026-03-12T15:40:13Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheIdentité}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== À la fonderie FAVI, les ouvriers décident sans chef ==&lt;br /&gt;
{{Infobox Entreprise|Nom=FAVI|Image=Fichier:Logo-favi.png|Création=1957-1957|Fondateurs=Marcel Decayeux|Forme juridique=Société Anonyme à Conseil d&#039;Administration|Siège social=14 Rue Louis Deneux, 80490 Hallencourt, Somme, Hauts-de-France|Activité=Fonderie sous pression (aluminium, laiton, cuivre)|Produits=Fourchettes de boîtes de vitesses automobiles, rotors en cuivre pour moteurs électriques, composants pour mobilités douces, produits pour l&#039;industrie du luxe|Effectif=273 salariés (2024)|Site web=www.favi.com|Fonds propres=Données non publiques|Dette=Données non publiques|Chiffre d&#039;affaire=51 897 565 € (31/12/2024)|Résultat net=4 042 507 € (31/12/2024)}}&lt;br /&gt;
À Hallencourt, dans la Somme, une usine de 273 salariés fabrique des pièces automobiles en fonderie selon un modèle hérité des années 1980 : mini-usines autonomes, leaders cooptés, partage égalitaire des bénéfices. Un système qui a longtemps fait ses preuves mais qui évolue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une fonderie qui ne ressemble pas aux autres. Ici, &#039;&#039;&#039;pas de pointeuse à l&#039;entrée, pas de places de parking réservées aux cadres, pas de service qualité séparé&#039;&#039;&#039;. Les 273 salariés de FAVI s&#039;organisent en &#039;&#039;&#039;mini-usines de 10 à 50 personnes&#039;&#039;&#039;, chacune dédiée à un client automobile comme PSA, Renault ou Fiat. &#039;&#039;&#039;Les ouvriers gèrent leurs horaires, leurs congés, leurs formations&#039;&#039;&#039;. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Il faut faire 1 800 pièces dans la journée, pour le reste les opérateurs se débrouillent &#039;&#039;», témoigne un responsable.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Cette organisation singulière remonte à 1983&#039;&#039;&#039;, quand [https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Fran%C3%A7ois_Zobrist &#039;&#039;&#039;Jean-François Zobrist&#039;&#039;&#039;], directeur général fraîchement nommé, bouleverse la pyramide hiérarchique &#039;&#039;&#039;en supprimant les symboles de pouvoir pour installer un climat de confiance&#039;&#039;&#039;. Zobrist s&#039;inspire des travaux du psychologue [https://fr.wikipedia.org/wiki/Douglas_McGregor Douglas McGregor] et formule deux valeurs-limites qui serviront de constitution : « &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;homme est bon&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;» (suppression de tout contrôle) et « &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;amour du client&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;» (suppression de tout ce qui ne sert pas le client).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== DES LEADERS COOPTÉS PAR LES PAIRS ==&lt;br /&gt;
Dans chaque mini-usine, &#039;&#039;&#039;le leader&#039;&#039;&#039; n&#039;est pas un chef au sens classique. &#039;&#039;&#039;Coopté par ses collègues pour trois ans&#039;&#039;&#039;, il peut redevenir simple opérateur en cas de désaveu ou sur demande. Il garde un statut d&#039;agent de maîtrise et &#039;&#039;&#039;son rôle se limite à faciliter le travail, pas à commander&#039;&#039;&#039;. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;À leur tête, pas de chefs, mais des ouvriers cooptés par leurs collègues&#039;&#039; », rappelle un article de Reporterre.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Le commercial de chaque client travaille au milieu des machines&#039;&#039;&#039;, dans un bureau vitré sans porte. Jean Luc, qui suit PSA, « &#039;&#039;prospecte, suit le client, fait les gammes, sélectionne les fournisseurs, négocie, achète, suit ses fournisseurs, fait les chiffrages en toute autonomie sans reporting ni contrôle &#039;&#039;».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L&#039;ouvrier contrôle lui-même la qualité de ses pièces&#039;&#039;&#039;, sans service qualité pour vérifier. La responsabilité est directe, de la commande à la livraison. Un écran affiche les commandes à réaliser, et les opérateurs se répartissent ensuite la charge. &#039;&#039;&#039;Certains week-ends, des équipes décident spontanément de travailler&#039;&#039;&#039; pour honorer une commande imprévue, sans demander d&#039;autorisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== UNE PRIME IDENTIQUE POUR TOUS ==&lt;br /&gt;
Le partage des résultats reflète la philosophie. &#039;&#039;&#039;Ingénieur, commercial ou ouvrier, tous touchent la même prime&#039;&#039;&#039; : 7 % du cash-flow répartis à égalité entre les salariés. Environ 3 000 euros certaines années, jusqu&#039;à 16 ou 18 mois de salaire dans les périodes fastes selon Zobrist. &#039;&#039;&#039;Les primes individuelles ont été abandonnées, y compris pour les commerciaux.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Les voitures de fonction sont attribuées à ceux qui roulent le plus, pas selon le grade&#039;&#039;&#039;. Les toilettes des ouvriers sont plus confortables que celles de la direction. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Renoncer à son pouvoir, c&#039;est très compliqué&#039;&#039; », admettait Zobrist dans une interview. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Lui qui a dirigé l&#039;entreprise jusqu&#039;en 2009 a vécu cette transformation de l&#039;intérieur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous Dominique Verlant, son successeur &#039;&#039;&#039;à partir de 2008, les principes ont été maintenus&#039;&#039;&#039;. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Le seul véritable échelon, c&#039;est l&#039;opérateur. C&#039;est lui qui fait, donc lui qui sait, et il ne faut pas le fliquer &#039;&#039;», affirmait-il. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;L&#039;entreprise conservait alors sa performance : cash-flow supérieur à 20 % pendant trois décennies, &#039;&#039;&#039;leader européen&#039;&#039;&#039; des fourchettes de boîte de vitesses avec 50 % de part de marché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== NUAGES SUR LE MODÈLE ==&lt;br /&gt;
La situation s&#039;est dégradée. &#039;&#039;&#039;En 2018, FAVI enregistre 58 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires mais plus de 400 000 euros de pertes&#039;&#039;&#039;. L&#039;année suivante, la direction envisage un plan de &#039;&#039;&#039;rupture conventionnelle collective pour 70 postes&#039;&#039;&#039; sur 300. Philippe Théveniaud, délégué général de la CFTC, explique : &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Des investissements ont été réalisés, mais trop tard. Déjà moins chère, la concurrence existant dans certains pays a pu, en outre, prendre une avance technologique&#039;&#039;. »&amp;lt;/blockquote&amp;gt;L&#039;apparition d&#039;une représentation syndicale en 2014, absente pendant des décennies, signale &#039;&#039;&#039;des tensions&#039;&#039;&#039;. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;La culture du dialogue social n&#039;est pas encore bien implantée&#039;&#039; », constate Théveniaud. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Le système de recrutement actuel mentionne « &#039;&#039;une équipe RH et un responsable du recrutement&#039;&#039; », ce qui diffère du modèle historique où chaque mini-usine gérait ses embauches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wikipédia note qu&#039;après le départ de Zobrist et de son successeur, &#039;&#039;&#039;FAVI « est graduellement revenue vers le management traditionnel »&#039;&#039;&#039;. Difficile de vérifier cette affirmation, car les sources récentes sur l&#039;organisation interne sont rares. Le site officiel de l&#039;entreprise parle d&#039;« &#039;&#039;équipes autonomes&#039;&#039; » mais sans détailler le fonctionnement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== DIVERSIFICATION EN MARCHE ==&lt;br /&gt;
Pour anticiper la fin des ventes de voitures thermiques neuves en 2035, FAVI mise sur la diversification. Le plan « FAVI 2030 » vise trois secteurs : les véhicules électriques (rotors en cuivre surmoulé pour moteurs à haut rendement), les mobilités douces (pédaliers, fourches, châssis pour vélos et trottinettes électriques), et l&#039;industrie du luxe, avec un objectif de 20 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires sur ces nouvelles activités d&#039;ici cinq ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Édouard Rousseaux, président actuel, reste confiant : « Nous ne voulons pas abandonner 40 ans d&#039;expertise, nous sommes devenus une référence. » Les fourchettes de boîte de vitesses représentent toujours les trois quarts du chiffre d&#039;affaires, mais la part de l&#039;hybride grimpe, représentant un quart de l&#039;activité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entreprise maintient une activité à l&#039;international (30 % du chiffre d&#039;affaires), notamment en Chine, en Inde et aux États-Unis. En 2024, le résultat net s&#039;établit à 4 millions d&#039;euros pour un chiffre d&#039;affaires de 51,9 millions. Un retour aux bénéfices après les turbulences de 2018-2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jean-François Zobrist est décédé en mars 2025. L&#039;homme qui avait transformé cette fonderie du Vimeu en cas d&#039;école du management participatif laisse un héritage contrasté. Son modèle a prouvé qu&#039;une usine peut tourner sans contrôle hiérarchique strict pendant des décennies. Reste à savoir si l&#039;esprit survit aux évolutions du marché et aux changements de génération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Hallencourt, les machines continuent de tourner et les mini-usines produisent leurs pièces. Mais l&#039;équilibre entre autonomie et performance, entre confiance et rentabilité, semble plus fragile qu&#039;avant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études_de_cas]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== A propos de l&#039;auteur ==&lt;br /&gt;
{{Auto Organisation:À propos de Alioune}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Favi&amp;diff=433</id>
		<title>Favi</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://auto-org.fr/index.php?title=Favi&amp;diff=433"/>
		<updated>2026-03-12T15:32:59Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheIdentité}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== À la fonderie FAVI, les ouvriers décident sans chef ==&lt;br /&gt;
{{Infobox Entreprise|Nom=FAVI|Image=Fichier:Logo-favi.png|Création=1957-1957|Fondateurs=Marcel Decayeux|Forme juridique=Société Anonyme à Conseil d&#039;Administration|Siège social=14 Rue Louis Deneux, 80490 Hallencourt, Somme, Hauts-de-France|Activité=Fonderie sous pression (aluminium, laiton, cuivre)|Produits=Fourchettes de boîtes de vitesses automobiles, rotors en cuivre pour moteurs électriques, composants pour mobilités douces, produits pour l&#039;industrie du luxe|Effectif=273 salariés (2024)|Site web=www.favi.com|Fonds propres=Données non publiques|Dette=Données non publiques|Chiffre d&#039;affaire=51 897 565 € (31/12/2024)|Résultat net=4 042 507 € (31/12/2024)}}&lt;br /&gt;
À Hallencourt, dans la Somme, une usine de 273 salariés fabrique des pièces automobiles en fonderie selon un modèle hérité des années 1980 : mini-usines autonomes, leaders cooptés, partage égalitaire des bénéfices. Un système qui a longtemps fait ses preuves mais qui évolue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une fonderie qui ne ressemble pas aux autres. Ici, &#039;&#039;&#039;pas de pointeuse à l&#039;entrée, pas de places de parking réservées aux cadres, pas de service qualité séparé&#039;&#039;&#039;. Les 273 salariés de FAVI s&#039;organisent en &#039;&#039;&#039;mini-usines de 10 à 50 personnes&#039;&#039;&#039;, chacune dédiée à un client automobile comme PSA, Renault ou Fiat. &#039;&#039;&#039;Les ouvriers gèrent leurs horaires, leurs congés, leurs formations&#039;&#039;&#039;. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Il faut faire 1 800 pièces dans la journée, pour le reste les opérateurs se débrouillent &#039;&#039;», témoigne un responsable.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Cette organisation singulière remonte à 1983&#039;&#039;&#039;, quand [https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Fran%C3%A7ois_Zobrist &#039;&#039;&#039;Jean-François Zobrist&#039;&#039;&#039;], directeur général fraîchement nommé, bouleverse la pyramide hiérarchique &#039;&#039;&#039;en supprimant les symboles de pouvoir pour installer un climat de confiance&#039;&#039;&#039;. Zobrist s&#039;inspire des travaux du psychologue [https://fr.wikipedia.org/wiki/Douglas_McGregor Douglas McGregor] et formule deux valeurs-limites qui serviront de constitution : « &#039;&#039;&#039;L&#039;homme est bon &#039;&#039;&#039;» (suppression de tout contrôle) et « &#039;&#039;&#039;L&#039;amour du client &#039;&#039;&#039;» (suppression de tout ce qui ne sert pas le client).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== DES LEADERS COOPTÉS PAR LES PAIRS ==&lt;br /&gt;
Dans chaque mini-usine, le leader n&#039;est pas un chef au sens classique. Coopté par ses collègues pour trois ans, il peut redevenir simple opérateur en cas de désaveu ou sur demande. Il garde un statut d&#039;agent de maîtrise et son rôle se limite à faciliter le travail, pas à commander. « À leur tête, pas de chefs, mais des ouvriers cooptés par leurs collègues », rappelle un article de Reporterre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le commercial de chaque client travaille au milieu des machines, dans un bureau vitré sans porte. Jean Luc, qui suit PSA, « prospecte, suit le client, fait les gammes, sélectionne les fournisseurs, négocie, achète, suit ses fournisseurs, fait les chiffrages en toute autonomie sans reporting ni contrôle ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;ouvrier contrôle lui-même la qualité de ses pièces, sans service qualité pour vérifier. La responsabilité est directe, de la commande à la livraison. Un écran affiche les commandes à réaliser, et les opérateurs se répartissent ensuite la charge. Certains week-ends, des équipes décident spontanément de travailler pour honorer une commande imprévue, sans demander d&#039;autorisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== UNE PRIME IDENTIQUE POUR TOUS ==&lt;br /&gt;
Le partage des résultats reflète la philosophie. Ingénieur, commercial ou ouvrier, tous touchent la même prime : 7 % du cash-flow répartis à égalité entre les salariés. Environ 3 000 euros certaines années, jusqu&#039;à 16 ou 18 mois de salaire dans les périodes fastes selon Zobrist. Les primes individuelles ont été abandonnées, y compris pour les commerciaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les voitures de fonction sont attribuées à ceux qui roulent le plus, pas selon le grade. Les toilettes des ouvriers sont plus confortables que celles de la direction. « Renoncer à son pouvoir, c&#039;est très compliqué », admettait Zobrist dans une interview. Lui qui a dirigé l&#039;entreprise jusqu&#039;en 2009 a vécu cette transformation de l&#039;intérieur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous Dominique Verlant, son successeur à partir de 2008, les principes ont été maintenus. « Le seul véritable échelon, c&#039;est l&#039;opérateur. C&#039;est lui qui fait, donc lui qui sait, et il ne faut pas le fliquer », affirmait-il. L&#039;entreprise conservait alors sa performance : cash-flow supérieur à 20 % pendant trois décennies, leader européen des fourchettes de boîte de vitesses avec 50 % de part de marché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== NUAGES SUR LE MODÈLE ==&lt;br /&gt;
La situation s&#039;est dégradée. En 2018, FAVI enregistre 58 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires mais plus de 400 000 euros de pertes. L&#039;année suivante, la direction envisage un plan de rupture conventionnelle collective pour 70 postes sur 300. Philippe Théveniaud, délégué général de la CFTC, explique : « Des investissements ont été réalisés, mais trop tard. Déjà moins chère, la concurrence existant dans certains pays a pu, en outre, prendre une avance technologique. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition d&#039;une représentation syndicale en 2014, absente pendant des décennies, signale des tensions. « La culture du dialogue social n&#039;est pas encore bien implantée », constate Théveniaud. Le système de recrutement actuel mentionne « une équipe RH et un responsable du recrutement », ce qui diffère du modèle historique où chaque mini-usine gérait ses embauches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wikipédia note qu&#039;après le départ de Zobrist et de son successeur, FAVI « est graduellement revenue vers le management traditionnel ». Difficile de vérifier cette affirmation, car les sources récentes sur l&#039;organisation interne sont rares. Le site officiel de l&#039;entreprise parle d&#039;« équipes autonomes » mais sans détailler le fonctionnement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== DIVERSIFICATION EN MARCHE ==&lt;br /&gt;
Pour anticiper la fin des ventes de voitures thermiques neuves en 2035, FAVI mise sur la diversification. Le plan « FAVI 2030 » vise trois secteurs : les véhicules électriques (rotors en cuivre surmoulé pour moteurs à haut rendement), les mobilités douces (pédaliers, fourches, châssis pour vélos et trottinettes électriques), et l&#039;industrie du luxe, avec un objectif de 20 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires sur ces nouvelles activités d&#039;ici cinq ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Édouard Rousseaux, président actuel, reste confiant : « Nous ne voulons pas abandonner 40 ans d&#039;expertise, nous sommes devenus une référence. » Les fourchettes de boîte de vitesses représentent toujours les trois quarts du chiffre d&#039;affaires, mais la part de l&#039;hybride grimpe, représentant un quart de l&#039;activité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entreprise maintient une activité à l&#039;international (30 % du chiffre d&#039;affaires), notamment en Chine, en Inde et aux États-Unis. En 2024, le résultat net s&#039;établit à 4 millions d&#039;euros pour un chiffre d&#039;affaires de 51,9 millions. Un retour aux bénéfices après les turbulences de 2018-2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jean-François Zobrist est décédé en mars 2025. L&#039;homme qui avait transformé cette fonderie du Vimeu en cas d&#039;école du management participatif laisse un héritage contrasté. Son modèle a prouvé qu&#039;une usine peut tourner sans contrôle hiérarchique strict pendant des décennies. Reste à savoir si l&#039;esprit survit aux évolutions du marché et aux changements de génération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Hallencourt, les machines continuent de tourner et les mini-usines produisent leurs pièces. Mais l&#039;équilibre entre autonomie et performance, entre confiance et rentabilité, semble plus fragile qu&#039;avant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études_de_cas]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== A propos de l&#039;auteur ==&lt;br /&gt;
{{Auto Organisation:À propos de Alioune}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Favi&amp;diff=432</id>
		<title>Favi</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://auto-org.fr/index.php?title=Favi&amp;diff=432"/>
		<updated>2026-03-12T15:30:32Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheIdentité}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== À la fonderie FAVI, les ouvriers décident sans chef ==&lt;br /&gt;
{{Infobox Entreprise|Nom=FAVI|Image=Fichier:Logo-favi.png|Création=1957-1957|Fondateurs=Marcel Decayeux|Forme juridique=Société Anonyme à Conseil d&#039;Administration|Siège social=14 Rue Louis Deneux, 80490 Hallencourt, Somme, Hauts-de-France|Activité=Fonderie sous pression (aluminium, laiton, cuivre)|Produits=Fourchettes de boîtes de vitesses automobiles, rotors en cuivre pour moteurs électriques, composants pour mobilités douces, produits pour l&#039;industrie du luxe|Effectif=273 salariés (2024)|Site web=www.favi.com|Fonds propres=Données non publiques|Dette=Données non publiques|Chiffre d&#039;affaire=51 897 565 € (31/12/2024)|Résultat net=4 042 507 € (31/12/2024)}}&lt;br /&gt;
À Hallencourt, dans la Somme, une usine de 273 salariés fabrique des pièces automobiles en fonderie selon un modèle hérité des années 1980 : mini-usines autonomes, leaders cooptés, partage égalitaire des bénéfices. Un système qui a longtemps fait ses preuves mais qui évolue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une fonderie qui ne ressemble pas aux autres. Ici, pas de pointeuse à l&#039;entrée, pas de places de parking réservées aux cadres, pas de service qualité séparé. Les 273 salariés de FAVI s&#039;organisent en mini-usines de 10 à 50 personnes, chacune dédiée à un client automobile comme PSA, Renault ou Fiat. Les ouvriers gèrent leurs horaires, leurs congés, leurs formations. « Il faut faire 1 800 pièces dans la journée, pour le reste les opérateurs se débrouillent », témoigne un responsable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette organisation singulière remonte à 1983, quand Jean-François Zobrist, directeur général fraîchement nommé, bouleverse la pyramide hiérarchique en supprimant les symboles de pouvoir pour installer un climat de confiance. Zobrist s&#039;inspire des travaux du psychologue Douglas McGregor et formule deux valeurs-limites qui serviront de constitution : « L&#039;homme est bon » (suppression de tout contrôle) et « L&#039;amour du client » (suppression de tout ce qui ne sert pas le client).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== DES LEADERS COOPTÉS PAR LES PAIRS ==&lt;br /&gt;
Dans chaque mini-usine, le leader n&#039;est pas un chef au sens classique. Coopté par ses collègues pour trois ans, il peut redevenir simple opérateur en cas de désaveu ou sur demande. Il garde un statut d&#039;agent de maîtrise et son rôle se limite à faciliter le travail, pas à commander. « À leur tête, pas de chefs, mais des ouvriers cooptés par leurs collègues », rappelle un article de Reporterre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le commercial de chaque client travaille au milieu des machines, dans un bureau vitré sans porte. Jean Luc, qui suit PSA, « prospecte, suit le client, fait les gammes, sélectionne les fournisseurs, négocie, achète, suit ses fournisseurs, fait les chiffrages en toute autonomie sans reporting ni contrôle ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;ouvrier contrôle lui-même la qualité de ses pièces, sans service qualité pour vérifier. La responsabilité est directe, de la commande à la livraison. Un écran affiche les commandes à réaliser, et les opérateurs se répartissent ensuite la charge. Certains week-ends, des équipes décident spontanément de travailler pour honorer une commande imprévue, sans demander d&#039;autorisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== UNE PRIME IDENTIQUE POUR TOUS ==&lt;br /&gt;
Le partage des résultats reflète la philosophie. Ingénieur, commercial ou ouvrier, tous touchent la même prime : 7 % du cash-flow répartis à égalité entre les salariés. Environ 3 000 euros certaines années, jusqu&#039;à 16 ou 18 mois de salaire dans les périodes fastes selon Zobrist. Les primes individuelles ont été abandonnées, y compris pour les commerciaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les voitures de fonction sont attribuées à ceux qui roulent le plus, pas selon le grade. Les toilettes des ouvriers sont plus confortables que celles de la direction. « Renoncer à son pouvoir, c&#039;est très compliqué », admettait Zobrist dans une interview. Lui qui a dirigé l&#039;entreprise jusqu&#039;en 2009 a vécu cette transformation de l&#039;intérieur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous Dominique Verlant, son successeur à partir de 2008, les principes ont été maintenus. « Le seul véritable échelon, c&#039;est l&#039;opérateur. C&#039;est lui qui fait, donc lui qui sait, et il ne faut pas le fliquer », affirmait-il. L&#039;entreprise conservait alors sa performance : cash-flow supérieur à 20 % pendant trois décennies, leader européen des fourchettes de boîte de vitesses avec 50 % de part de marché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== NUAGES SUR LE MODÈLE ==&lt;br /&gt;
La situation s&#039;est dégradée. En 2018, FAVI enregistre 58 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires mais plus de 400 000 euros de pertes. L&#039;année suivante, la direction envisage un plan de rupture conventionnelle collective pour 70 postes sur 300. Philippe Théveniaud, délégué général de la CFTC, explique : « Des investissements ont été réalisés, mais trop tard. Déjà moins chère, la concurrence existant dans certains pays a pu, en outre, prendre une avance technologique. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition d&#039;une représentation syndicale en 2014, absente pendant des décennies, signale des tensions. « La culture du dialogue social n&#039;est pas encore bien implantée », constate Théveniaud. Le système de recrutement actuel mentionne « une équipe RH et un responsable du recrutement », ce qui diffère du modèle historique où chaque mini-usine gérait ses embauches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wikipédia note qu&#039;après le départ de Zobrist et de son successeur, FAVI « est graduellement revenue vers le management traditionnel ». Difficile de vérifier cette affirmation, car les sources récentes sur l&#039;organisation interne sont rares. Le site officiel de l&#039;entreprise parle d&#039;« équipes autonomes » mais sans détailler le fonctionnement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== DIVERSIFICATION EN MARCHE ==&lt;br /&gt;
Pour anticiper la fin des ventes de voitures thermiques neuves en 2035, FAVI mise sur la diversification. Le plan « FAVI 2030 » vise trois secteurs : les véhicules électriques (rotors en cuivre surmoulé pour moteurs à haut rendement), les mobilités douces (pédaliers, fourches, châssis pour vélos et trottinettes électriques), et l&#039;industrie du luxe, avec un objectif de 20 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires sur ces nouvelles activités d&#039;ici cinq ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Édouard Rousseaux, président actuel, reste confiant : « Nous ne voulons pas abandonner 40 ans d&#039;expertise, nous sommes devenus une référence. » Les fourchettes de boîte de vitesses représentent toujours les trois quarts du chiffre d&#039;affaires, mais la part de l&#039;hybride grimpe, représentant un quart de l&#039;activité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entreprise maintient une activité à l&#039;international (30 % du chiffre d&#039;affaires), notamment en Chine, en Inde et aux États-Unis. En 2024, le résultat net s&#039;établit à 4 millions d&#039;euros pour un chiffre d&#039;affaires de 51,9 millions. Un retour aux bénéfices après les turbulences de 2018-2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jean-François Zobrist est décédé en mars 2025. L&#039;homme qui avait transformé cette fonderie du Vimeu en cas d&#039;école du management participatif laisse un héritage contrasté. Son modèle a prouvé qu&#039;une usine peut tourner sans contrôle hiérarchique strict pendant des décennies. Reste à savoir si l&#039;esprit survit aux évolutions du marché et aux changements de génération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Hallencourt, les machines continuent de tourner et les mini-usines produisent leurs pièces. Mais l&#039;équilibre entre autonomie et performance, entre confiance et rentabilité, semble plus fragile qu&#039;avant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études_de_cas]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== A propos de l&#039;auteur ==&lt;br /&gt;
{{Auto Organisation:À propos de Alioune}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Favi&amp;diff=431</id>
		<title>Favi</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://auto-org.fr/index.php?title=Favi&amp;diff=431"/>
		<updated>2026-03-12T15:29:32Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheIdentité}}&lt;br /&gt;
== À la fonderie FAVI, les ouvriers décident sans chef ==&lt;br /&gt;
{{Infobox Entreprise|Nom=FAVI|Image=Fichier:Logo-favi.png|Création=1957-1957|Fondateurs=Marcel Decayeux|Forme juridique=Société Anonyme à Conseil d&#039;Administration|Siège social=14 Rue Louis Deneux, 80490 Hallencourt, Somme, Hauts-de-France|Activité=Fonderie sous pression (aluminium, laiton, cuivre)|Produits=Fourchettes de boîtes de vitesses automobiles, rotors en cuivre pour moteurs électriques, composants pour mobilités douces, produits pour l&#039;industrie du luxe|Effectif=273 salariés (2024)|Site web=www.favi.com|Fonds propres=Données non publiques|Dette=Données non publiques|Chiffre d&#039;affaire=51 897 565 € (31/12/2024)|Résultat net=4 042 507 € (31/12/2024)}}&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;À Hallencourt, dans la Somme, une usine de 273 salariés fabrique des pièces automobiles en fonderie selon un modèle hérité des années 1980 : mini-usines autonomes, leaders cooptés, partage égalitaire des bénéfices. Un système qui a longtemps fait ses preuves mais qui évolue.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une fonderie qui ne ressemble pas aux autres. Ici, pas de pointeuse à l&#039;entrée, pas de places de parking réservées aux cadres, pas de service qualité séparé. Les 273 salariés de FAVI s&#039;organisent en mini-usines de 10 à 50 personnes, chacune dédiée à un client automobile comme PSA, Renault ou Fiat. Les ouvriers gèrent leurs horaires, leurs congés, leurs formations. « Il faut faire 1 800 pièces dans la journée, pour le reste les opérateurs se débrouillent », témoigne un responsable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette organisation singulière remonte à 1983, quand Jean-François Zobrist, directeur général fraîchement nommé, bouleverse la pyramide hiérarchique en supprimant les symboles de pouvoir pour installer un climat de confiance. Zobrist s&#039;inspire des travaux du psychologue Douglas McGregor et formule deux valeurs-limites qui serviront de constitution : « L&#039;homme est bon » (suppression de tout contrôle) et « L&#039;amour du client » (suppression de tout ce qui ne sert pas le client).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DES LEADERS COOPTÉS PAR LES PAIRS&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans chaque mini-usine, le leader n&#039;est pas un chef au sens classique. Coopté par ses collègues pour trois ans, il peut redevenir simple opérateur en cas de désaveu ou sur demande. Il garde un statut d&#039;agent de maîtrise et son rôle se limite à faciliter le travail, pas à commander. « À leur tête, pas de chefs, mais des ouvriers cooptés par leurs collègues », rappelle un article de Reporterre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le commercial de chaque client travaille au milieu des machines, dans un bureau vitré sans porte. Jean Luc, qui suit PSA, « prospecte, suit le client, fait les gammes, sélectionne les fournisseurs, négocie, achète, suit ses fournisseurs, fait les chiffrages en toute autonomie sans reporting ni contrôle ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;ouvrier contrôle lui-même la qualité de ses pièces, sans service qualité pour vérifier. La responsabilité est directe, de la commande à la livraison. Un écran affiche les commandes à réaliser, et les opérateurs se répartissent ensuite la charge. Certains week-ends, des équipes décident spontanément de travailler pour honorer une commande imprévue, sans demander d&#039;autorisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
UNE PRIME IDENTIQUE POUR TOUS&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le partage des résultats reflète la philosophie. Ingénieur, commercial ou ouvrier, tous touchent la même prime : 7 % du cash-flow répartis à égalité entre les salariés. Environ 3 000 euros certaines années, jusqu&#039;à 16 ou 18 mois de salaire dans les périodes fastes selon Zobrist. Les primes individuelles ont été abandonnées, y compris pour les commerciaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les voitures de fonction sont attribuées à ceux qui roulent le plus, pas selon le grade. Les toilettes des ouvriers sont plus confortables que celles de la direction. « Renoncer à son pouvoir, c&#039;est très compliqué », admettait Zobrist dans une interview. Lui qui a dirigé l&#039;entreprise jusqu&#039;en 2009 a vécu cette transformation de l&#039;intérieur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous Dominique Verlant, son successeur à partir de 2008, les principes ont été maintenus. « Le seul véritable échelon, c&#039;est l&#039;opérateur. C&#039;est lui qui fait, donc lui qui sait, et il ne faut pas le fliquer », affirmait-il. L&#039;entreprise conservait alors sa performance : cash-flow supérieur à 20 % pendant trois décennies, leader européen des fourchettes de boîte de vitesses avec 50 % de part de marché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NUAGES SUR LE MODÈLE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La situation s&#039;est dégradée. En 2018, FAVI enregistre 58 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires mais plus de 400 000 euros de pertes. L&#039;année suivante, la direction envisage un plan de rupture conventionnelle collective pour 70 postes sur 300. Philippe Théveniaud, délégué général de la CFTC, explique : « Des investissements ont été réalisés, mais trop tard. Déjà moins chère, la concurrence existant dans certains pays a pu, en outre, prendre une avance technologique. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition d&#039;une représentation syndicale en 2014, absente pendant des décennies, signale des tensions. « La culture du dialogue social n&#039;est pas encore bien implantée », constate Théveniaud. Le système de recrutement actuel mentionne « une équipe RH et un responsable du recrutement », ce qui diffère du modèle historique où chaque mini-usine gérait ses embauches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wikipédia note qu&#039;après le départ de Zobrist et de son successeur, FAVI « est graduellement revenue vers le management traditionnel ». Difficile de vérifier cette affirmation, car les sources récentes sur l&#039;organisation interne sont rares. Le site officiel de l&#039;entreprise parle d&#039;« équipes autonomes » mais sans détailler le fonctionnement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DIVERSIFICATION EN MARCHE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour anticiper la fin des ventes de voitures thermiques neuves en 2035, FAVI mise sur la diversification. Le plan « FAVI 2030 » vise trois secteurs : les véhicules électriques (rotors en cuivre surmoulé pour moteurs à haut rendement), les mobilités douces (pédaliers, fourches, châssis pour vélos et trottinettes électriques), et l&#039;industrie du luxe, avec un objectif de 20 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires sur ces nouvelles activités d&#039;ici cinq ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Édouard Rousseaux, président actuel, reste confiant : « Nous ne voulons pas abandonner 40 ans d&#039;expertise, nous sommes devenus une référence. » Les fourchettes de boîte de vitesses représentent toujours les trois quarts du chiffre d&#039;affaires, mais la part de l&#039;hybride grimpe, représentant un quart de l&#039;activité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entreprise maintient une activité à l&#039;international (30 % du chiffre d&#039;affaires), notamment en Chine, en Inde et aux États-Unis. En 2024, le résultat net s&#039;établit à 4 millions d&#039;euros pour un chiffre d&#039;affaires de 51,9 millions. Un retour aux bénéfices après les turbulences de 2018-2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jean-François Zobrist est décédé en mars 2025. L&#039;homme qui avait transformé cette fonderie du Vimeu en cas d&#039;école du management participatif laisse un héritage contrasté. Son modèle a prouvé qu&#039;une usine peut tourner sans contrôle hiérarchique strict pendant des décennies. Reste à savoir si l&#039;esprit survit aux évolutions du marché et aux changements de génération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Hallencourt, les machines continuent de tourner et les mini-usines produisent leurs pièces. Mais l&#039;équilibre entre autonomie et performance, entre confiance et rentabilité, semble plus fragile qu&#039;avant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études_de_cas]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== A propos de l&#039;auteur ==&lt;br /&gt;
{{Auto Organisation:À propos de Alioune}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Pocheco&amp;diff=430</id>
		<title>Pocheco</title>
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		<updated>2026-03-12T15:29:14Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheIdentité}}{{Infobox Entreprise|Nom=Pocheco|Image=Fichier:Logo Pocheco.jpg|Création=1928 à Roubaix (sous le nom &amp;quot;Les Papeteries Générales du Nord&amp;quot; - PGN)|Fondateurs=1928 : Paul Descat (fondateur PGN), 1957 : Bernard Descat (fils de Paul), 1976 : Daniel Druon (acquéreur),1997-2008 : Emmanuel Druon (fils de Daniel, DG puis propriétaire)|Forme juridique=SAS (Société par Actions Simplifiée à associé unique)|Siège social=13 rue des Roloirs, 59510 Forest-sur-Marque, Hauts-de-France, France|Activité=Fabrication d&#039;articles de papeterie|Produits=Enveloppes de gestion éco-conçues, Gamme Zéro Déchet, Services : GoPost (gestion courrier), Ouvert (conseil RSE), Permaculture du Héron (maraîchage bio), Formations Pocheco, La Repro (reprographie)|Effectif=68 collaborateurs|Management=Pas de management intermédiaire, salariés autonomes sur leurs postes|Site web=www.pocheco.com|Fonds propres=Non diponible|Dette=Non diponible|Chiffre d&#039;affaire=11,26 M€ (2023)|Résultat net=35,056 € (2023)}}&lt;br /&gt;
[[Fichier:Pocheco.png|vignette|333x333px|Deux chaines d’impression, photo tirée de Davies, M. (2022). &amp;quot;[https://hal.science/hal-04084165v1/document Pocheco, une entreprise engagée dans la transition écologique]&amp;quot;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;usine Pocheco, fondée en 1928 à Roubaix sous le nom &amp;quot;Les Papeteries Générales du Nord&amp;quot; (PGN), prendra son nom actuel en 1957. L&#039;entreprise produit des enveloppes de gestion pour les banques, assurances et services publics.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Installée depuis 1976 à Forest-sur-Marque dans des bâtiments historiques construits en 1848 par la famille Jouret pour la fabrication de sacs en toile de jute, cette manufacture d&#039;enveloppes a progressivement transformé son site industriel, réhabilitant les bâtiments anciens en 2008 puis reconstruisant son bâtiment de stockage en 2011-2014 après un incendie, selon &#039;&#039;&#039;les principes de l&#039;écolonomie&#039;&#039;&#039;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Emmanuel Druon lance la transformation &amp;quot;écolonomique&amp;quot; de Pocheco dès sa nomination comme directeur général en 1997, avant de racheter l&#039;entreprise à son père en 2008. Le principe repose sur trois critères systématiques : &#039;&#039;&#039;améliorer les conditions de travail, réduire l&#039;impact environnemental, et augmenter la productivité. La croissance et le profit ne sont pas des priorités.&#039;&#039;&#039; 100% des résultats sont réinvestis dans l&#039;entreprise, aucun dividende n&#039;est versé. Entre 1997 et 2003, ces premiers projets génèrent 15 millions d&#039;euros d&#039;économies, réinvestis entre 2003 et 2008 dans des projets structurants (énergie, bâtiments). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2003, un premier licenciement économique touche les équipes d&#039;encadrement et de commerciaux, &#039;&#039;&#039;réduisant significativement le poids hiérarchique. L&#039;organisation s&#039;appuie depuis sur une structure plus horizontale&#039;&#039;&#039;, encadrée par des certifications qualité, sécurité et environnement (ISO depuis 2001).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats environnementaux sont mesurables. Pocheco affiche un bilan carbone négatif de 50 000 tonnes de CO2 en 2021, une autosuffisance en eau (80% eau de pluie) et en énergie renouvelable, et 100% de ses déchets valorisés. La reconstruction après l&#039;incendie de 2011 selon les principes écolonomiques aura nécessité 7 millions d&#039;euros d&#039;investissement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2018, Pocheco subit une crise majeure liée à l&#039;effondrement structurel du marché de l&#039;enveloppe papier : la transition numérique provoque une baisse brutale de 60% des ventes, tandis que le prix du papier augmente de 29% sur deux ans sans possibilité de répercussion sur les tarifs. Face à cette double contrainte, l&#039;entreprise met en place un plan social qui conduit au départ de la moitié de ses 127 salariés en trois mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entreprise compte 68 collaborateurs en 2024 contre 150 en 1997. Son chiffre d&#039;affaires s&#039;élève à 11,26 millions d&#039;euros en 2023, contre environ 20 millions avant la crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face au déclin du marché de l&#039;enveloppe, Pocheco a diversifié ses activités :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;GoPost&#039;&#039; : gestion de courrier, créé vers 2012-2014 (marque déposée en 2020)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;Pocheco Canopée Conseil&#039;&#039; : transmission des savoir-faire d&#039;écologie industrielle, créé en 2011-2012 (marque déposée en 2016 sous le nom &amp;quot;Ouvert Bureau D&#039;Ecolonomies&amp;quot;, le nom court &amp;quot;Ouvert&amp;quot; étant utilisé depuis 2011), &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;La Permaculture du Héron&#039;&#039; : maraîchage biologique créé dans les années 2010 (marque &amp;quot;Permagromine&amp;quot; déposée en 2020).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le cas Pocheco pose la question de la viabilité d&#039;une structure horizontale en contexte industriel contraint. Depuis 2003, &#039;&#039;&#039;l&#039;entreprise fonctionne avec une hiérarchie fortement réduite, compensée par des procédures strictes&#039;&#039;&#039; (certifications ISO), un &#039;&#039;&#039;partage systématique des connaissances et la responsabilisation de chaque collaborateur&#039;&#039;&#039; à son poste. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette structure a survécu à deux crises majeures : l&#039;incendie de 2011 et l&#039;effondrement du marché en 2018. &#039;&#039;&#039;L&#039;organisation horizontale&#039;&#039;&#039; n&#039;est donc pas un luxe de période prospère, mais &#039;&#039;&#039;s&#039;est révélée une architecture viable sous contrainte.&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Reste une inconnue : cette cohérence tient-elle au système ou à son garant, Emmanuel Druon, dirigeant depuis 1997 et propriétaire depuis 2008 ? L&#039;épreuve ultime de l&#039;auto-organisation sera peut-être sa transmission.&amp;lt;ref&amp;gt;Site officiel de l&#039;entreprise : [https://pocheco.com/ www.pocheco.com]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Davies, M. (2022). &amp;quot;[https://hal.science/hal-04084165v1/document Pocheco, une entreprise engagée dans la transition écologique]&amp;quot;. In Guillemot, G. (dir.), &#039;&#039;La performance écologique&#039;&#039;, Institut de la Réindustrialisation, [https://hal.science/hal-04084165v1 pp. 17-19. HAL Id: hal-04084165.]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;BipiZ. (2012). &amp;quot;[https://www.bipiz.org/fr/bonnes-pratiques/pocheco-est-autarcique-en-eau.html POCHECO est autarcique en eau]&amp;quot;.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Pappers.fr. (2024). &amp;quot;[https://www.pappers.fr/entreprise/pocheco-sas-301522496 Société POCHECO SAS - Index Égalité professionnelle]&amp;quot;.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Sage Advice France (2024) - &amp;quot;[https://www.sage.com/fr-fr/blog/parole-de-dirigeants-comment-pocheco-invente-l-ecolonomie/ Comment Pocheco invente l&#039;écolonomie]&amp;quot;, juillet 2024&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;[https://fr.linkedin.com/company/pocheco LinkedIn Pocheco (page entreprise)]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;CAUE du Nord, [https://www.caue-nord.com/en/portail/41/observatoire/26749/pocheco-entreprise-ecolonomique-forest-sur-marque-59.html POCHECO - Entreprise &#039;Ecolonomique - Forest sur Marque (59)]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;La Gazette France (2014), [https://www.lagazettefrance.fr/article/pocheco-vient-de-construire-un-site-100-ecolonomique Pocheco vient de construire un site 100% &amp;quot;écolonomique&amp;quot;]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Wikipedia, [https://fr.wikipedia.org/wiki/Forest-sur-Marque Forest-sur-Marque]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Le Journal des Entreprises (15 juin 2018) : &amp;quot;[https://www.lejournaldesentreprises.com/article/pocheco-passe-un-cap-difficile-124404 Pocheco passe un cap difficile]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;RubyPayeur.com (2025), [https://rubypayeur.com/societe/pocheco-sas-301522496 chiffre d&#039;affaires Pocheco]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Le Journal des Entreprises (2014) - [https://www.lejournaldesentreprises.com/hauts-de-france/article/pocheco-lecolonomie-comme-vecteur-de-croissance-88837 &amp;quot;Pocheco : L&#039;écolonomie comme vecteur de croissance&amp;quot;]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Engagés pour la nature - OFB - [https://engagespourlanature.ofb.fr/entreprises/engagements/pocheco Pocheco]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Site web [https://permacultureduheron.fr/ Permaculture du Héron]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;[https://label-innovation-durable.fr/pocheco/ Label Innovation Durable (2023)]&amp;lt;/ref&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études de cas]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== A propos de l&#039;auteur ==&lt;br /&gt;
{{Auto Organisation:À propos de Alioune}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Favi&amp;diff=429</id>
		<title>Favi</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://auto-org.fr/index.php?title=Favi&amp;diff=429"/>
		<updated>2026-03-12T15:28:44Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheIdentité}}&lt;br /&gt;
== À la fonderie FAVI, les ouvriers décident sans chef ==&lt;br /&gt;
{{Infobox Entreprise|Nom=FAVI|Image=Fichier:Logo-favi.png|Création=1957-1957|Fondateurs=Marcel Decayeux|Forme juridique=Société Anonyme à Conseil d&#039;Administration|Siège social=14 Rue Louis Deneux, 80490 Hallencourt, Somme, Hauts-de-France|Activité=Fonderie sous pression (aluminium, laiton, cuivre)|Produits=Fourchettes de boîtes de vitesses automobiles, rotors en cuivre pour moteurs électriques, composants pour mobilités douces, produits pour l&#039;industrie du luxe|Effectif=273 salariés (2024)|Site web=www.favi.com|Fonds propres=Données non publiques|Dette=Données non publiques|Chiffre d&#039;affaire=51 897 565 € (31/12/2024)|Résultat net=4 042 507 € (31/12/2024)}}&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;À Hallencourt, dans la Somme, une usine de 273 salariés fabrique des pièces automobiles en fonderie selon un modèle hérité des années 1980 : mini-usines autonomes, leaders cooptés, partage égalitaire des bénéfices. Un système qui a longtemps fait ses preuves mais qui évolue.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une fonderie qui ne ressemble pas aux autres. Ici, pas de pointeuse à l&#039;entrée, pas de places de parking réservées aux cadres, pas de service qualité séparé. Les 273 salariés de FAVI s&#039;organisent en mini-usines de 10 à 50 personnes, chacune dédiée à un client automobile comme PSA, Renault ou Fiat. Les ouvriers gèrent leurs horaires, leurs congés, leurs formations. « Il faut faire 1 800 pièces dans la journée, pour le reste les opérateurs se débrouillent », témoigne un responsable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette organisation singulière remonte à 1983, quand Jean-François Zobrist, directeur général fraîchement nommé, bouleverse la pyramide hiérarchique en supprimant les symboles de pouvoir pour installer un climat de confiance. Zobrist s&#039;inspire des travaux du psychologue Douglas McGregor et formule deux valeurs-limites qui serviront de constitution : « L&#039;homme est bon » (suppression de tout contrôle) et « L&#039;amour du client » (suppression de tout ce qui ne sert pas le client).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DES LEADERS COOPTÉS PAR LES PAIRS&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans chaque mini-usine, le leader n&#039;est pas un chef au sens classique. Coopté par ses collègues pour trois ans, il peut redevenir simple opérateur en cas de désaveu ou sur demande. Il garde un statut d&#039;agent de maîtrise et son rôle se limite à faciliter le travail, pas à commander. « À leur tête, pas de chefs, mais des ouvriers cooptés par leurs collègues », rappelle un article de Reporterre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le commercial de chaque client travaille au milieu des machines, dans un bureau vitré sans porte. Jean Luc, qui suit PSA, « prospecte, suit le client, fait les gammes, sélectionne les fournisseurs, négocie, achète, suit ses fournisseurs, fait les chiffrages en toute autonomie sans reporting ni contrôle ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;ouvrier contrôle lui-même la qualité de ses pièces, sans service qualité pour vérifier. La responsabilité est directe, de la commande à la livraison. Un écran affiche les commandes à réaliser, et les opérateurs se répartissent ensuite la charge. Certains week-ends, des équipes décident spontanément de travailler pour honorer une commande imprévue, sans demander d&#039;autorisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
UNE PRIME IDENTIQUE POUR TOUS&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le partage des résultats reflète la philosophie. Ingénieur, commercial ou ouvrier, tous touchent la même prime : 7 % du cash-flow répartis à égalité entre les salariés. Environ 3 000 euros certaines années, jusqu&#039;à 16 ou 18 mois de salaire dans les périodes fastes selon Zobrist. Les primes individuelles ont été abandonnées, y compris pour les commerciaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les voitures de fonction sont attribuées à ceux qui roulent le plus, pas selon le grade. Les toilettes des ouvriers sont plus confortables que celles de la direction. « Renoncer à son pouvoir, c&#039;est très compliqué », admettait Zobrist dans une interview. Lui qui a dirigé l&#039;entreprise jusqu&#039;en 2009 a vécu cette transformation de l&#039;intérieur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous Dominique Verlant, son successeur à partir de 2008, les principes ont été maintenus. « Le seul véritable échelon, c&#039;est l&#039;opérateur. C&#039;est lui qui fait, donc lui qui sait, et il ne faut pas le fliquer », affirmait-il. L&#039;entreprise conservait alors sa performance : cash-flow supérieur à 20 % pendant trois décennies, leader européen des fourchettes de boîte de vitesses avec 50 % de part de marché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NUAGES SUR LE MODÈLE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La situation s&#039;est dégradée. En 2018, FAVI enregistre 58 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires mais plus de 400 000 euros de pertes. L&#039;année suivante, la direction envisage un plan de rupture conventionnelle collective pour 70 postes sur 300. Philippe Théveniaud, délégué général de la CFTC, explique : « Des investissements ont été réalisés, mais trop tard. Déjà moins chère, la concurrence existant dans certains pays a pu, en outre, prendre une avance technologique. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition d&#039;une représentation syndicale en 2014, absente pendant des décennies, signale des tensions. « La culture du dialogue social n&#039;est pas encore bien implantée », constate Théveniaud. Le système de recrutement actuel mentionne « une équipe RH et un responsable du recrutement », ce qui diffère du modèle historique où chaque mini-usine gérait ses embauches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wikipédia note qu&#039;après le départ de Zobrist et de son successeur, FAVI « est graduellement revenue vers le management traditionnel ». Difficile de vérifier cette affirmation, car les sources récentes sur l&#039;organisation interne sont rares. Le site officiel de l&#039;entreprise parle d&#039;« équipes autonomes » mais sans détailler le fonctionnement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DIVERSIFICATION EN MARCHE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour anticiper la fin des ventes de voitures thermiques neuves en 2035, FAVI mise sur la diversification. Le plan « FAVI 2030 » vise trois secteurs : les véhicules électriques (rotors en cuivre surmoulé pour moteurs à haut rendement), les mobilités douces (pédaliers, fourches, châssis pour vélos et trottinettes électriques), et l&#039;industrie du luxe, avec un objectif de 20 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires sur ces nouvelles activités d&#039;ici cinq ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Édouard Rousseaux, président actuel, reste confiant : « Nous ne voulons pas abandonner 40 ans d&#039;expertise, nous sommes devenus une référence. » Les fourchettes de boîte de vitesses représentent toujours les trois quarts du chiffre d&#039;affaires, mais la part de l&#039;hybride grimpe, représentant un quart de l&#039;activité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entreprise maintient une activité à l&#039;international (30 % du chiffre d&#039;affaires), notamment en Chine, en Inde et aux États-Unis. En 2024, le résultat net s&#039;établit à 4 millions d&#039;euros pour un chiffre d&#039;affaires de 51,9 millions. Un retour aux bénéfices après les turbulences de 2018-2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jean-François Zobrist est décédé en mars 2025. L&#039;homme qui avait transformé cette fonderie du Vimeu en cas d&#039;école du management participatif laisse un héritage contrasté. Son modèle a prouvé qu&#039;une usine peut tourner sans contrôle hiérarchique strict pendant des décennies. Reste à savoir si l&#039;esprit survit aux évolutions du marché et aux changements de génération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Hallencourt, les machines continuent de tourner et les mini-usines produisent leurs pièces. Mais l&#039;équilibre entre autonomie et performance, entre confiance et rentabilité, semble plus fragile qu&#039;avant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études_de_cas]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== A propos de l&#039;auteur ==&lt;br /&gt;
{{Auto Organisation:À propos de Alioune}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Favi&amp;diff=428</id>
		<title>Favi</title>
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		<updated>2026-03-12T15:15:05Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheIdentité}}&lt;br /&gt;
== À la fonderie FAVI, les ouvriers décident sans chef ==&lt;br /&gt;
{{Infobox Entreprise|Nom=FAVI|Image=Fichier:Logo-favi.png|Création=1957-1957|Fondateurs=Marcel Decayeux|Forme juridique=Société Anonyme à Conseil d&#039;Administration|Siège social=14 Rue Louis Deneux, 80490 Hallencourt, Somme, Hauts-de-France|Activité=Fonderie sous pression (aluminium, laiton, cuivre)|Produits=Fourchettes de boîtes de vitesses automobiles, rotors en cuivre pour moteurs électriques, composants pour mobilités douces, produits pour l&#039;industrie du luxe|Effectif=273 salariés (2024)|Site web=www.favi.com|Fonds propres=Données non publiques|Dette=Données non publiques|Chiffre d&#039;affaire=51 897 565 € (31/12/2024)|Résultat net=4 042 507 € (31/12/2024)}}&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;À Hallencourt, dans la Somme, une usine de 273 salariés fabrique des pièces automobiles en fonderie selon un modèle hérité des années 1980 : mini-usines autonomes, leaders cooptés, partage égalitaire des bénéfices. Un système qui a longtemps fait ses preuves mais qui évolue.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une fonderie qui ne ressemble pas aux autres. Ici, pas de pointeuse à l&#039;entrée, pas de places de parking réservées aux cadres, pas de service qualité séparé. Les 273 salariés de FAVI s&#039;organisent en mini-usines de 10 à 50 personnes, chacune dédiée à un client automobile comme PSA, Renault ou Fiat. Les ouvriers gèrent leurs horaires, leurs congés, leurs formations. « Il faut faire 1 800 pièces dans la journée, pour le reste les opérateurs se débrouillent », témoigne un responsable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette organisation singulière remonte à 1983, quand Jean-François Zobrist, directeur général fraîchement nommé, bouleverse la pyramide hiérarchique en supprimant les symboles de pouvoir pour installer un climat de confiance. Zobrist s&#039;inspire des travaux du psychologue Douglas McGregor et formule deux valeurs-limites qui serviront de constitution : « L&#039;homme est bon » (suppression de tout contrôle) et « L&#039;amour du client » (suppression de tout ce qui ne sert pas le client).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DES LEADERS COOPTÉS PAR LES PAIRS&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans chaque mini-usine, le leader n&#039;est pas un chef au sens classique. Coopté par ses collègues pour trois ans, il peut redevenir simple opérateur en cas de désaveu ou sur demande. Il garde un statut d&#039;agent de maîtrise et son rôle se limite à faciliter le travail, pas à commander. « À leur tête, pas de chefs, mais des ouvriers cooptés par leurs collègues », rappelle un article de Reporterre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le commercial de chaque client travaille au milieu des machines, dans un bureau vitré sans porte. Jean Luc, qui suit PSA, « prospecte, suit le client, fait les gammes, sélectionne les fournisseurs, négocie, achète, suit ses fournisseurs, fait les chiffrages en toute autonomie sans reporting ni contrôle ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;ouvrier contrôle lui-même la qualité de ses pièces, sans service qualité pour vérifier. La responsabilité est directe, de la commande à la livraison. Un écran affiche les commandes à réaliser, et les opérateurs se répartissent ensuite la charge. Certains week-ends, des équipes décident spontanément de travailler pour honorer une commande imprévue, sans demander d&#039;autorisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
UNE PRIME IDENTIQUE POUR TOUS&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le partage des résultats reflète la philosophie. Ingénieur, commercial ou ouvrier, tous touchent la même prime : 7 % du cash-flow répartis à égalité entre les salariés. Environ 3 000 euros certaines années, jusqu&#039;à 16 ou 18 mois de salaire dans les périodes fastes selon Zobrist. Les primes individuelles ont été abandonnées, y compris pour les commerciaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les voitures de fonction sont attribuées à ceux qui roulent le plus, pas selon le grade. Les toilettes des ouvriers sont plus confortables que celles de la direction. « Renoncer à son pouvoir, c&#039;est très compliqué », admettait Zobrist dans une interview. Lui qui a dirigé l&#039;entreprise jusqu&#039;en 2009 a vécu cette transformation de l&#039;intérieur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous Dominique Verlant, son successeur à partir de 2008, les principes ont été maintenus. « Le seul véritable échelon, c&#039;est l&#039;opérateur. C&#039;est lui qui fait, donc lui qui sait, et il ne faut pas le fliquer », affirmait-il. L&#039;entreprise conservait alors sa performance : cash-flow supérieur à 20 % pendant trois décennies, leader européen des fourchettes de boîte de vitesses avec 50 % de part de marché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NUAGES SUR LE MODÈLE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La situation s&#039;est dégradée. En 2018, FAVI enregistre 58 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires mais plus de 400 000 euros de pertes. L&#039;année suivante, la direction envisage un plan de rupture conventionnelle collective pour 70 postes sur 300. Philippe Théveniaud, délégué général de la CFTC, explique : « Des investissements ont été réalisés, mais trop tard. Déjà moins chère, la concurrence existant dans certains pays a pu, en outre, prendre une avance technologique. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition d&#039;une représentation syndicale en 2014, absente pendant des décennies, signale des tensions. « La culture du dialogue social n&#039;est pas encore bien implantée », constate Théveniaud. Le système de recrutement actuel mentionne « une équipe RH et un responsable du recrutement », ce qui diffère du modèle historique où chaque mini-usine gérait ses embauches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wikipédia note qu&#039;après le départ de Zobrist et de son successeur, FAVI « est graduellement revenue vers le management traditionnel ». Difficile de vérifier cette affirmation, car les sources récentes sur l&#039;organisation interne sont rares. Le site officiel de l&#039;entreprise parle d&#039;« équipes autonomes » mais sans détailler le fonctionnement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DIVERSIFICATION EN MARCHE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour anticiper la fin des ventes de voitures thermiques neuves en 2035, FAVI mise sur la diversification. Le plan « FAVI 2030 » vise trois secteurs : les véhicules électriques (rotors en cuivre surmoulé pour moteurs à haut rendement), les mobilités douces (pédaliers, fourches, châssis pour vélos et trottinettes électriques), et l&#039;industrie du luxe, avec un objectif de 20 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires sur ces nouvelles activités d&#039;ici cinq ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Édouard Rousseaux, président actuel, reste confiant : « Nous ne voulons pas abandonner 40 ans d&#039;expertise, nous sommes devenus une référence. » Les fourchettes de boîte de vitesses représentent toujours les trois quarts du chiffre d&#039;affaires, mais la part de l&#039;hybride grimpe, représentant un quart de l&#039;activité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entreprise maintient une activité à l&#039;international (30 % du chiffre d&#039;affaires), notamment en Chine, en Inde et aux États-Unis. En 2024, le résultat net s&#039;établit à 4 millions d&#039;euros pour un chiffre d&#039;affaires de 51,9 millions. Un retour aux bénéfices après les turbulences de 2018-2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jean-François Zobrist est décédé en mars 2025. L&#039;homme qui avait transformé cette fonderie du Vimeu en cas d&#039;école du management participatif laisse un héritage contrasté. Son modèle a prouvé qu&#039;une usine peut tourner sans contrôle hiérarchique strict pendant des décennies. Reste à savoir si l&#039;esprit survit aux évolutions du marché et aux changements de génération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Hallencourt, les machines continuent de tourner et les mini-usines produisent leurs pièces. Mais l&#039;équilibre entre autonomie et performance, entre confiance et rentabilité, semble plus fragile qu&#039;avant.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Favi&amp;diff=427</id>
		<title>Favi</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://auto-org.fr/index.php?title=Favi&amp;diff=427"/>
		<updated>2026-03-12T15:14:54Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== À la fonderie FAVI, les ouvriers décident sans chef ==&lt;br /&gt;
{{Infobox Entreprise|Nom=FAVI|Image=Fichier:Logo-favi.png|Création=1957-1957|Fondateurs=Marcel Decayeux|Forme juridique=Société Anonyme à Conseil d&#039;Administration|Siège social=14 Rue Louis Deneux, 80490 Hallencourt, Somme, Hauts-de-France|Activité=Fonderie sous pression (aluminium, laiton, cuivre)|Produits=Fourchettes de boîtes de vitesses automobiles, rotors en cuivre pour moteurs électriques, composants pour mobilités douces, produits pour l&#039;industrie du luxe|Effectif=273 salariés (2024)|Site web=www.favi.com|Fonds propres=Données non publiques|Dette=Données non publiques|Chiffre d&#039;affaire=51 897 565 € (31/12/2024)|Résultat net=4 042 507 € (31/12/2024)}}&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;À Hallencourt, dans la Somme, une usine de 273 salariés fabrique des pièces automobiles en fonderie selon un modèle hérité des années 1980 : mini-usines autonomes, leaders cooptés, partage égalitaire des bénéfices. Un système qui a longtemps fait ses preuves mais qui évolue.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une fonderie qui ne ressemble pas aux autres. Ici, pas de pointeuse à l&#039;entrée, pas de places de parking réservées aux cadres, pas de service qualité séparé. Les 273 salariés de FAVI s&#039;organisent en mini-usines de 10 à 50 personnes, chacune dédiée à un client automobile comme PSA, Renault ou Fiat. Les ouvriers gèrent leurs horaires, leurs congés, leurs formations. « Il faut faire 1 800 pièces dans la journée, pour le reste les opérateurs se débrouillent », témoigne un responsable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette organisation singulière remonte à 1983, quand Jean-François Zobrist, directeur général fraîchement nommé, bouleverse la pyramide hiérarchique en supprimant les symboles de pouvoir pour installer un climat de confiance. Zobrist s&#039;inspire des travaux du psychologue Douglas McGregor et formule deux valeurs-limites qui serviront de constitution : « L&#039;homme est bon » (suppression de tout contrôle) et « L&#039;amour du client » (suppression de tout ce qui ne sert pas le client).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DES LEADERS COOPTÉS PAR LES PAIRS&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans chaque mini-usine, le leader n&#039;est pas un chef au sens classique. Coopté par ses collègues pour trois ans, il peut redevenir simple opérateur en cas de désaveu ou sur demande. Il garde un statut d&#039;agent de maîtrise et son rôle se limite à faciliter le travail, pas à commander. « À leur tête, pas de chefs, mais des ouvriers cooptés par leurs collègues », rappelle un article de Reporterre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le commercial de chaque client travaille au milieu des machines, dans un bureau vitré sans porte. Jean Luc, qui suit PSA, « prospecte, suit le client, fait les gammes, sélectionne les fournisseurs, négocie, achète, suit ses fournisseurs, fait les chiffrages en toute autonomie sans reporting ni contrôle ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;ouvrier contrôle lui-même la qualité de ses pièces, sans service qualité pour vérifier. La responsabilité est directe, de la commande à la livraison. Un écran affiche les commandes à réaliser, et les opérateurs se répartissent ensuite la charge. Certains week-ends, des équipes décident spontanément de travailler pour honorer une commande imprévue, sans demander d&#039;autorisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
UNE PRIME IDENTIQUE POUR TOUS&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le partage des résultats reflète la philosophie. Ingénieur, commercial ou ouvrier, tous touchent la même prime : 7 % du cash-flow répartis à égalité entre les salariés. Environ 3 000 euros certaines années, jusqu&#039;à 16 ou 18 mois de salaire dans les périodes fastes selon Zobrist. Les primes individuelles ont été abandonnées, y compris pour les commerciaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les voitures de fonction sont attribuées à ceux qui roulent le plus, pas selon le grade. Les toilettes des ouvriers sont plus confortables que celles de la direction. « Renoncer à son pouvoir, c&#039;est très compliqué », admettait Zobrist dans une interview. Lui qui a dirigé l&#039;entreprise jusqu&#039;en 2009 a vécu cette transformation de l&#039;intérieur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous Dominique Verlant, son successeur à partir de 2008, les principes ont été maintenus. « Le seul véritable échelon, c&#039;est l&#039;opérateur. C&#039;est lui qui fait, donc lui qui sait, et il ne faut pas le fliquer », affirmait-il. L&#039;entreprise conservait alors sa performance : cash-flow supérieur à 20 % pendant trois décennies, leader européen des fourchettes de boîte de vitesses avec 50 % de part de marché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NUAGES SUR LE MODÈLE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La situation s&#039;est dégradée. En 2018, FAVI enregistre 58 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires mais plus de 400 000 euros de pertes. L&#039;année suivante, la direction envisage un plan de rupture conventionnelle collective pour 70 postes sur 300. Philippe Théveniaud, délégué général de la CFTC, explique : « Des investissements ont été réalisés, mais trop tard. Déjà moins chère, la concurrence existant dans certains pays a pu, en outre, prendre une avance technologique. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition d&#039;une représentation syndicale en 2014, absente pendant des décennies, signale des tensions. « La culture du dialogue social n&#039;est pas encore bien implantée », constate Théveniaud. Le système de recrutement actuel mentionne « une équipe RH et un responsable du recrutement », ce qui diffère du modèle historique où chaque mini-usine gérait ses embauches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wikipédia note qu&#039;après le départ de Zobrist et de son successeur, FAVI « est graduellement revenue vers le management traditionnel ». Difficile de vérifier cette affirmation, car les sources récentes sur l&#039;organisation interne sont rares. Le site officiel de l&#039;entreprise parle d&#039;« équipes autonomes » mais sans détailler le fonctionnement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DIVERSIFICATION EN MARCHE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour anticiper la fin des ventes de voitures thermiques neuves en 2035, FAVI mise sur la diversification. Le plan « FAVI 2030 » vise trois secteurs : les véhicules électriques (rotors en cuivre surmoulé pour moteurs à haut rendement), les mobilités douces (pédaliers, fourches, châssis pour vélos et trottinettes électriques), et l&#039;industrie du luxe, avec un objectif de 20 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires sur ces nouvelles activités d&#039;ici cinq ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Édouard Rousseaux, président actuel, reste confiant : « Nous ne voulons pas abandonner 40 ans d&#039;expertise, nous sommes devenus une référence. » Les fourchettes de boîte de vitesses représentent toujours les trois quarts du chiffre d&#039;affaires, mais la part de l&#039;hybride grimpe, représentant un quart de l&#039;activité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entreprise maintient une activité à l&#039;international (30 % du chiffre d&#039;affaires), notamment en Chine, en Inde et aux États-Unis. En 2024, le résultat net s&#039;établit à 4 millions d&#039;euros pour un chiffre d&#039;affaires de 51,9 millions. Un retour aux bénéfices après les turbulences de 2018-2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jean-François Zobrist est décédé en mars 2025. L&#039;homme qui avait transformé cette fonderie du Vimeu en cas d&#039;école du management participatif laisse un héritage contrasté. Son modèle a prouvé qu&#039;une usine peut tourner sans contrôle hiérarchique strict pendant des décennies. Reste à savoir si l&#039;esprit survit aux évolutions du marché et aux changements de génération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Hallencourt, les machines continuent de tourner et les mini-usines produisent leurs pièces. Mais l&#039;équilibre entre autonomie et performance, entre confiance et rentabilité, semble plus fragile qu&#039;avant.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
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		<title>Favi</title>
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		<updated>2026-03-12T15:12:59Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
= À la fonderie FAVI, les ouvriers décident sans chef =&lt;br /&gt;
{{Infobox Entreprise|Nom=FAVI|Image=Fichier:Logo-favi.png|Création=1957-1957|Fondateurs=Marcel Decayeux|Forme juridique=Société Anonyme à Conseil d&#039;Administration|Siège social=14 Rue Louis Deneux, 80490 Hallencourt, Somme, Hauts-de-France|Activité=Fonderie sous pression (aluminium, laiton, cuivre)|Produits=Fourchettes de boîtes de vitesses automobiles, rotors en cuivre pour moteurs électriques, composants pour mobilités douces, produits pour l&#039;industrie du luxe|Effectif=273 salariés (2024)|Site web=www.favi.com|Fonds propres=Données non publiques|Dette=Données non publiques|Chiffre d&#039;affaire=51 897 565 € (31/12/2024)|Résultat net=4 042 507 € (31/12/2024)}}&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;À Hallencourt, dans la Somme, une usine de 273 salariés fabrique des pièces automobiles en fonderie selon un modèle hérité des années 1980 : mini-usines autonomes, leaders cooptés, partage égalitaire des bénéfices. Un système qui a longtemps fait ses preuves mais qui évolue.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une fonderie qui ne ressemble pas aux autres. Ici, pas de pointeuse à l&#039;entrée, pas de places de parking réservées aux cadres, pas de service qualité séparé. Les 273 salariés de FAVI s&#039;organisent en mini-usines de 10 à 50 personnes, chacune dédiée à un client automobile comme PSA, Renault ou Fiat. Les ouvriers gèrent leurs horaires, leurs congés, leurs formations. « Il faut faire 1 800 pièces dans la journée, pour le reste les opérateurs se débrouillent », témoigne un responsable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette organisation singulière remonte à 1983, quand Jean-François Zobrist, directeur général fraîchement nommé, bouleverse la pyramide hiérarchique en supprimant les symboles de pouvoir pour installer un climat de confiance. Zobrist s&#039;inspire des travaux du psychologue Douglas McGregor et formule deux valeurs-limites qui serviront de constitution : « L&#039;homme est bon » (suppression de tout contrôle) et « L&#039;amour du client » (suppression de tout ce qui ne sert pas le client).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DES LEADERS COOPTÉS PAR LES PAIRS&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans chaque mini-usine, le leader n&#039;est pas un chef au sens classique. Coopté par ses collègues pour trois ans, il peut redevenir simple opérateur en cas de désaveu ou sur demande. Il garde un statut d&#039;agent de maîtrise et son rôle se limite à faciliter le travail, pas à commander. « À leur tête, pas de chefs, mais des ouvriers cooptés par leurs collègues », rappelle un article de Reporterre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le commercial de chaque client travaille au milieu des machines, dans un bureau vitré sans porte. Jean Luc, qui suit PSA, « prospecte, suit le client, fait les gammes, sélectionne les fournisseurs, négocie, achète, suit ses fournisseurs, fait les chiffrages en toute autonomie sans reporting ni contrôle ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;ouvrier contrôle lui-même la qualité de ses pièces, sans service qualité pour vérifier. La responsabilité est directe, de la commande à la livraison. Un écran affiche les commandes à réaliser, et les opérateurs se répartissent ensuite la charge. Certains week-ends, des équipes décident spontanément de travailler pour honorer une commande imprévue, sans demander d&#039;autorisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
UNE PRIME IDENTIQUE POUR TOUS&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le partage des résultats reflète la philosophie. Ingénieur, commercial ou ouvrier, tous touchent la même prime : 7 % du cash-flow répartis à égalité entre les salariés. Environ 3 000 euros certaines années, jusqu&#039;à 16 ou 18 mois de salaire dans les périodes fastes selon Zobrist. Les primes individuelles ont été abandonnées, y compris pour les commerciaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les voitures de fonction sont attribuées à ceux qui roulent le plus, pas selon le grade. Les toilettes des ouvriers sont plus confortables que celles de la direction. « Renoncer à son pouvoir, c&#039;est très compliqué », admettait Zobrist dans une interview. Lui qui a dirigé l&#039;entreprise jusqu&#039;en 2009 a vécu cette transformation de l&#039;intérieur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous Dominique Verlant, son successeur à partir de 2008, les principes ont été maintenus. « Le seul véritable échelon, c&#039;est l&#039;opérateur. C&#039;est lui qui fait, donc lui qui sait, et il ne faut pas le fliquer », affirmait-il. L&#039;entreprise conservait alors sa performance : cash-flow supérieur à 20 % pendant trois décennies, leader européen des fourchettes de boîte de vitesses avec 50 % de part de marché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NUAGES SUR LE MODÈLE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La situation s&#039;est dégradée. En 2018, FAVI enregistre 58 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires mais plus de 400 000 euros de pertes. L&#039;année suivante, la direction envisage un plan de rupture conventionnelle collective pour 70 postes sur 300. Philippe Théveniaud, délégué général de la CFTC, explique : « Des investissements ont été réalisés, mais trop tard. Déjà moins chère, la concurrence existant dans certains pays a pu, en outre, prendre une avance technologique. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition d&#039;une représentation syndicale en 2014, absente pendant des décennies, signale des tensions. « La culture du dialogue social n&#039;est pas encore bien implantée », constate Théveniaud. Le système de recrutement actuel mentionne « une équipe RH et un responsable du recrutement », ce qui diffère du modèle historique où chaque mini-usine gérait ses embauches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wikipédia note qu&#039;après le départ de Zobrist et de son successeur, FAVI « est graduellement revenue vers le management traditionnel ». Difficile de vérifier cette affirmation, car les sources récentes sur l&#039;organisation interne sont rares. Le site officiel de l&#039;entreprise parle d&#039;« équipes autonomes » mais sans détailler le fonctionnement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DIVERSIFICATION EN MARCHE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour anticiper la fin des ventes de voitures thermiques neuves en 2035, FAVI mise sur la diversification. Le plan « FAVI 2030 » vise trois secteurs : les véhicules électriques (rotors en cuivre surmoulé pour moteurs à haut rendement), les mobilités douces (pédaliers, fourches, châssis pour vélos et trottinettes électriques), et l&#039;industrie du luxe, avec un objectif de 20 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires sur ces nouvelles activités d&#039;ici cinq ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Édouard Rousseaux, président actuel, reste confiant : « Nous ne voulons pas abandonner 40 ans d&#039;expertise, nous sommes devenus une référence. » Les fourchettes de boîte de vitesses représentent toujours les trois quarts du chiffre d&#039;affaires, mais la part de l&#039;hybride grimpe, représentant un quart de l&#039;activité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entreprise maintient une activité à l&#039;international (30 % du chiffre d&#039;affaires), notamment en Chine, en Inde et aux États-Unis. En 2024, le résultat net s&#039;établit à 4 millions d&#039;euros pour un chiffre d&#039;affaires de 51,9 millions. Un retour aux bénéfices après les turbulences de 2018-2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jean-François Zobrist est décédé en mars 2025. L&#039;homme qui avait transformé cette fonderie du Vimeu en cas d&#039;école du management participatif laisse un héritage contrasté. Son modèle a prouvé qu&#039;une usine peut tourner sans contrôle hiérarchique strict pendant des décennies. Reste à savoir si l&#039;esprit survit aux évolutions du marché et aux changements de génération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Hallencourt, les machines continuent de tourner et les mini-usines produisent leurs pièces. Mais l&#039;équilibre entre autonomie et performance, entre confiance et rentabilité, semble plus fragile qu&#039;avant.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Favi&amp;diff=425</id>
		<title>Favi</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://auto-org.fr/index.php?title=Favi&amp;diff=425"/>
		<updated>2026-03-12T15:11:14Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : Page créée avec «  = À la fonderie FAVI, les ouvriers décident sans chef = {{Infobox Entreprise|Nom=FAVI|Image=Logo-favi.png|Création=1957-1957|Fondateurs=Marcel Decayeux|Forme juridique=Société Anonyme à Conseil d&amp;#039;Administration|Siège social=14 Rue Louis Deneux, 80490 Hallencourt, Somme, Hauts-de-France|Activité=Fonderie sous pression (aluminium, laiton, cuivre)|Produits=Fourchettes de boîtes de vitesses automobiles, rotors en cuivre pour moteurs électriques, composants... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
= À la fonderie FAVI, les ouvriers décident sans chef =&lt;br /&gt;
{{Infobox Entreprise|Nom=FAVI|Image=Logo-favi.png|Création=1957-1957|Fondateurs=Marcel Decayeux|Forme juridique=Société Anonyme à Conseil d&#039;Administration|Siège social=14 Rue Louis Deneux, 80490 Hallencourt, Somme, Hauts-de-France|Activité=Fonderie sous pression (aluminium, laiton, cuivre)|Produits=Fourchettes de boîtes de vitesses automobiles, rotors en cuivre pour moteurs électriques, composants pour mobilités douces, produits pour l&#039;industrie du luxe|Effectif=273 salariés (2024)|Site web=www.favi.com|Fonds propres=Données non publiques|Dette=Données non publiques|Chiffre d&#039;affaire=51 897 565 € (31/12/2024)|Résultat net=4 042 507 € (31/12/2024)}}&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;À Hallencourt, dans la Somme, une usine de 273 salariés fabrique des pièces automobiles en fonderie selon un modèle hérité des années 1980 : mini-usines autonomes, leaders cooptés, partage égalitaire des bénéfices. Un système qui a longtemps fait ses preuves mais qui évolue.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une fonderie qui ne ressemble pas aux autres. Ici, pas de pointeuse à l&#039;entrée, pas de places de parking réservées aux cadres, pas de service qualité séparé. Les 273 salariés de FAVI s&#039;organisent en mini-usines de 10 à 50 personnes, chacune dédiée à un client automobile comme PSA, Renault ou Fiat. Les ouvriers gèrent leurs horaires, leurs congés, leurs formations. « Il faut faire 1 800 pièces dans la journée, pour le reste les opérateurs se débrouillent », témoigne un responsable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette organisation singulière remonte à 1983, quand Jean-François Zobrist, directeur général fraîchement nommé, bouleverse la pyramide hiérarchique en supprimant les symboles de pouvoir pour installer un climat de confiance. Zobrist s&#039;inspire des travaux du psychologue Douglas McGregor et formule deux valeurs-limites qui serviront de constitution : « L&#039;homme est bon » (suppression de tout contrôle) et « L&#039;amour du client » (suppression de tout ce qui ne sert pas le client).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DES LEADERS COOPTÉS PAR LES PAIRS&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans chaque mini-usine, le leader n&#039;est pas un chef au sens classique. Coopté par ses collègues pour trois ans, il peut redevenir simple opérateur en cas de désaveu ou sur demande. Il garde un statut d&#039;agent de maîtrise et son rôle se limite à faciliter le travail, pas à commander. « À leur tête, pas de chefs, mais des ouvriers cooptés par leurs collègues », rappelle un article de Reporterre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le commercial de chaque client travaille au milieu des machines, dans un bureau vitré sans porte. Jean Luc, qui suit PSA, « prospecte, suit le client, fait les gammes, sélectionne les fournisseurs, négocie, achète, suit ses fournisseurs, fait les chiffrages en toute autonomie sans reporting ni contrôle ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;ouvrier contrôle lui-même la qualité de ses pièces, sans service qualité pour vérifier. La responsabilité est directe, de la commande à la livraison. Un écran affiche les commandes à réaliser, et les opérateurs se répartissent ensuite la charge. Certains week-ends, des équipes décident spontanément de travailler pour honorer une commande imprévue, sans demander d&#039;autorisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
UNE PRIME IDENTIQUE POUR TOUS&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le partage des résultats reflète la philosophie. Ingénieur, commercial ou ouvrier, tous touchent la même prime : 7 % du cash-flow répartis à égalité entre les salariés. Environ 3 000 euros certaines années, jusqu&#039;à 16 ou 18 mois de salaire dans les périodes fastes selon Zobrist. Les primes individuelles ont été abandonnées, y compris pour les commerciaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les voitures de fonction sont attribuées à ceux qui roulent le plus, pas selon le grade. Les toilettes des ouvriers sont plus confortables que celles de la direction. « Renoncer à son pouvoir, c&#039;est très compliqué », admettait Zobrist dans une interview. Lui qui a dirigé l&#039;entreprise jusqu&#039;en 2009 a vécu cette transformation de l&#039;intérieur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous Dominique Verlant, son successeur à partir de 2008, les principes ont été maintenus. « Le seul véritable échelon, c&#039;est l&#039;opérateur. C&#039;est lui qui fait, donc lui qui sait, et il ne faut pas le fliquer », affirmait-il. L&#039;entreprise conservait alors sa performance : cash-flow supérieur à 20 % pendant trois décennies, leader européen des fourchettes de boîte de vitesses avec 50 % de part de marché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NUAGES SUR LE MODÈLE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La situation s&#039;est dégradée. En 2018, FAVI enregistre 58 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires mais plus de 400 000 euros de pertes. L&#039;année suivante, la direction envisage un plan de rupture conventionnelle collective pour 70 postes sur 300. Philippe Théveniaud, délégué général de la CFTC, explique : « Des investissements ont été réalisés, mais trop tard. Déjà moins chère, la concurrence existant dans certains pays a pu, en outre, prendre une avance technologique. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition d&#039;une représentation syndicale en 2014, absente pendant des décennies, signale des tensions. « La culture du dialogue social n&#039;est pas encore bien implantée », constate Théveniaud. Le système de recrutement actuel mentionne « une équipe RH et un responsable du recrutement », ce qui diffère du modèle historique où chaque mini-usine gérait ses embauches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wikipédia note qu&#039;après le départ de Zobrist et de son successeur, FAVI « est graduellement revenue vers le management traditionnel ». Difficile de vérifier cette affirmation, car les sources récentes sur l&#039;organisation interne sont rares. Le site officiel de l&#039;entreprise parle d&#039;« équipes autonomes » mais sans détailler le fonctionnement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DIVERSIFICATION EN MARCHE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour anticiper la fin des ventes de voitures thermiques neuves en 2035, FAVI mise sur la diversification. Le plan « FAVI 2030 » vise trois secteurs : les véhicules électriques (rotors en cuivre surmoulé pour moteurs à haut rendement), les mobilités douces (pédaliers, fourches, châssis pour vélos et trottinettes électriques), et l&#039;industrie du luxe, avec un objectif de 20 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires sur ces nouvelles activités d&#039;ici cinq ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Édouard Rousseaux, président actuel, reste confiant : « Nous ne voulons pas abandonner 40 ans d&#039;expertise, nous sommes devenus une référence. » Les fourchettes de boîte de vitesses représentent toujours les trois quarts du chiffre d&#039;affaires, mais la part de l&#039;hybride grimpe, représentant un quart de l&#039;activité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entreprise maintient une activité à l&#039;international (30 % du chiffre d&#039;affaires), notamment en Chine, en Inde et aux États-Unis. En 2024, le résultat net s&#039;établit à 4 millions d&#039;euros pour un chiffre d&#039;affaires de 51,9 millions. Un retour aux bénéfices après les turbulences de 2018-2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jean-François Zobrist est décédé en mars 2025. L&#039;homme qui avait transformé cette fonderie du Vimeu en cas d&#039;école du management participatif laisse un héritage contrasté. Son modèle a prouvé qu&#039;une usine peut tourner sans contrôle hiérarchique strict pendant des décennies. Reste à savoir si l&#039;esprit survit aux évolutions du marché et aux changements de génération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Hallencourt, les machines continuent de tourner et les mini-usines produisent leurs pièces. Mais l&#039;équilibre entre autonomie et performance, entre confiance et rentabilité, semble plus fragile qu&#039;avant.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
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		<updated>2026-03-12T15:09:58Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : Alioune Schurz a téléversé une nouvelle version de Fichier:Logo-favi.png&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
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		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Fichier:Logo-favi.png&amp;diff=423</id>
		<title>Fichier:Logo-favi.png</title>
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		<updated>2026-03-12T15:02:33Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
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		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Pocheco&amp;diff=422</id>
		<title>Pocheco</title>
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		<updated>2026-02-26T15:22:13Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : enlèvement encadré en cours&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheIdentité}}{{Infobox Entreprise|Nom=Pocheco|Image=Fichier:Logo Pocheco.jpg|Création=1928 à Roubaix (sous le nom &amp;quot;Les Papeteries Générales du Nord&amp;quot; - PGN)|Fondateurs=1928 : Paul Descat (fondateur PGN), 1957 : Bernard Descat (fils de Paul), 1976 : Daniel Druon (acquéreur),1997-2008 : Emmanuel Druon (fils de Daniel, DG puis propriétaire)|Forme juridique=SAS (Société par Actions Simplifiée à associé unique)|Siège social=13 rue des Roloirs, 59510 Forest-sur-Marque, Hauts-de-France, France|Activité=Fabrication d&#039;articles de papeterie|Produits=Enveloppes de gestion éco-conçues, Gamme Zéro Déchet, Services : GoPost (gestion courrier), Ouvert (conseil RSE), Permaculture du Héron (maraîchage bio), Formations Pocheco, La Repro (reprographie)|Effectif=68 collaborateurs|Management=Pas de management intermédiaire, salariés autonomes sur leurs postes|Site web=www.pocheco.com|Fonds propres=Non diponible|Dette=Non diponible|Chiffre d&#039;affaire=11,26 M€ (2023)|Résultat net=35,056 € (2023)}}&lt;br /&gt;
[[Fichier:Pocheco.png|vignette|333x333px|Deux chaines d’impression, photo tirée de Davies, M. (2022). &amp;quot;[https://hal.science/hal-04084165v1/document Pocheco, une entreprise engagée dans la transition écologique]&amp;quot;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;usine Pocheco, fondée en 1928 à Roubaix sous le nom &amp;quot;Les Papeteries Générales du Nord&amp;quot; (PGN), prendra son nom actuel en 1957. L&#039;entreprise produit des enveloppes de gestion pour les banques, assurances et services publics.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Installée depuis 1976 à Forest-sur-Marque dans des bâtiments historiques construits en 1848 par la famille Jouret pour la fabrication de sacs en toile de jute, cette manufacture d&#039;enveloppes a progressivement transformé son site industriel, réhabilitant les bâtiments anciens en 2008 puis reconstruisant son bâtiment de stockage en 2011-2014 après un incendie, selon &#039;&#039;&#039;les principes de l&#039;écolonomie&#039;&#039;&#039;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Emmanuel Druon lance la transformation &amp;quot;écolonomique&amp;quot; de Pocheco dès sa nomination comme directeur général en 1997, avant de racheter l&#039;entreprise à son père en 2008. Le principe repose sur trois critères systématiques : &#039;&#039;&#039;améliorer les conditions de travail, réduire l&#039;impact environnemental, et augmenter la productivité. La croissance et le profit ne sont pas des priorités.&#039;&#039;&#039; 100% des résultats sont réinvestis dans l&#039;entreprise, aucun dividende n&#039;est versé. Entre 1997 et 2003, ces premiers projets génèrent 15 millions d&#039;euros d&#039;économies, réinvestis entre 2003 et 2008 dans des projets structurants (énergie, bâtiments). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2003, un premier licenciement économique touche les équipes d&#039;encadrement et de commerciaux, &#039;&#039;&#039;réduisant significativement le poids hiérarchique. L&#039;organisation s&#039;appuie depuis sur une structure plus horizontale&#039;&#039;&#039;, encadrée par des certifications qualité, sécurité et environnement (ISO depuis 2001).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats environnementaux sont mesurables. Pocheco affiche un bilan carbone négatif de 50 000 tonnes de CO2 en 2021, une autosuffisance en eau (80% eau de pluie) et en énergie renouvelable, et 100% de ses déchets valorisés. La reconstruction après l&#039;incendie de 2011 selon les principes écolonomiques aura nécessité 7 millions d&#039;euros d&#039;investissement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2018, Pocheco subit une crise majeure liée à l&#039;effondrement structurel du marché de l&#039;enveloppe papier : la transition numérique provoque une baisse brutale de 60% des ventes, tandis que le prix du papier augmente de 29% sur deux ans sans possibilité de répercussion sur les tarifs. Face à cette double contrainte, l&#039;entreprise met en place un plan social qui conduit au départ de la moitié de ses 127 salariés en trois mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entreprise compte 68 collaborateurs en 2024 contre 150 en 1997. Son chiffre d&#039;affaires s&#039;élève à 11,26 millions d&#039;euros en 2023, contre environ 20 millions avant la crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face au déclin du marché de l&#039;enveloppe, Pocheco a diversifié ses activités :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;GoPost&#039;&#039; : gestion de courrier, créé vers 2012-2014 (marque déposée en 2020)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;Pocheco Canopée Conseil&#039;&#039; : transmission des savoir-faire d&#039;écologie industrielle, créé en 2011-2012 (marque déposée en 2016 sous le nom &amp;quot;Ouvert Bureau D&#039;Ecolonomies&amp;quot;, le nom court &amp;quot;Ouvert&amp;quot; étant utilisé depuis 2011), &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;La Permaculture du Héron&#039;&#039; : maraîchage biologique créé dans les années 2010 (marque &amp;quot;Permagromine&amp;quot; déposée en 2020).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le cas Pocheco pose la question de la viabilité d&#039;une structure horizontale en contexte industriel contraint. Depuis 2003, &#039;&#039;&#039;l&#039;entreprise fonctionne avec une hiérarchie fortement réduite, compensée par des procédures strictes&#039;&#039;&#039; (certifications ISO), un &#039;&#039;&#039;partage systématique des connaissances et la responsabilisation de chaque collaborateur&#039;&#039;&#039; à son poste. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette structure a survécu à deux crises majeures : l&#039;incendie de 2011 et l&#039;effondrement du marché en 2018. &#039;&#039;&#039;L&#039;organisation horizontale&#039;&#039;&#039; n&#039;est donc pas un luxe de période prospère, mais &#039;&#039;&#039;s&#039;est révélée une architecture viable sous contrainte.&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Reste une inconnue : cette cohérence tient-elle au système ou à son garant, Emmanuel Druon, dirigeant depuis 1997 et propriétaire depuis 2008 ? L&#039;épreuve ultime de l&#039;auto-organisation sera peut-être sa transmission.&amp;lt;ref&amp;gt;Site officiel de l&#039;entreprise : [https://pocheco.com/ www.pocheco.com]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Davies, M. (2022). &amp;quot;[https://hal.science/hal-04084165v1/document Pocheco, une entreprise engagée dans la transition écologique]&amp;quot;. In Guillemot, G. (dir.), &#039;&#039;La performance écologique&#039;&#039;, Institut de la Réindustrialisation, [https://hal.science/hal-04084165v1 pp. 17-19. HAL Id: hal-04084165.]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;BipiZ. (2012). &amp;quot;[https://www.bipiz.org/fr/bonnes-pratiques/pocheco-est-autarcique-en-eau.html POCHECO est autarcique en eau]&amp;quot;.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Pappers.fr. (2024). &amp;quot;[https://www.pappers.fr/entreprise/pocheco-sas-301522496 Société POCHECO SAS - Index Égalité professionnelle]&amp;quot;.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Sage Advice France (2024) - &amp;quot;[https://www.sage.com/fr-fr/blog/parole-de-dirigeants-comment-pocheco-invente-l-ecolonomie/ Comment Pocheco invente l&#039;écolonomie]&amp;quot;, juillet 2024&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;[https://fr.linkedin.com/company/pocheco LinkedIn Pocheco (page entreprise)]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;CAUE du Nord, [https://www.caue-nord.com/en/portail/41/observatoire/26749/pocheco-entreprise-ecolonomique-forest-sur-marque-59.html POCHECO - Entreprise &#039;Ecolonomique - Forest sur Marque (59)]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;La Gazette France (2014), [https://www.lagazettefrance.fr/article/pocheco-vient-de-construire-un-site-100-ecolonomique Pocheco vient de construire un site 100% &amp;quot;écolonomique&amp;quot;]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Wikipedia, [https://fr.wikipedia.org/wiki/Forest-sur-Marque Forest-sur-Marque]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Le Journal des Entreprises (15 juin 2018) : &amp;quot;[https://www.lejournaldesentreprises.com/article/pocheco-passe-un-cap-difficile-124404 Pocheco passe un cap difficile]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;RubyPayeur.com (2025), [https://rubypayeur.com/societe/pocheco-sas-301522496 chiffre d&#039;affaires Pocheco]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Le Journal des Entreprises (2014) - [https://www.lejournaldesentreprises.com/hauts-de-france/article/pocheco-lecolonomie-comme-vecteur-de-croissance-88837 &amp;quot;Pocheco : L&#039;écolonomie comme vecteur de croissance&amp;quot;]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Engagés pour la nature - OFB - [https://engagespourlanature.ofb.fr/entreprises/engagements/pocheco Pocheco]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Site web [https://permacultureduheron.fr/ Permaculture du Héron]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;[https://label-innovation-durable.fr/pocheco/ Label Innovation Durable (2023)]&amp;lt;/ref&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études de cas]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Pocheco&amp;diff=421</id>
		<title>Pocheco</title>
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		<updated>2026-02-24T17:03:19Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : Finalisation de l&amp;#039;article&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{En Cours}}{{FicheIdentité}}{{Infobox Entreprise|Nom=Pocheco|Image=Fichier:Logo Pocheco.jpg|Création=1928 à Roubaix (sous le nom &amp;quot;Les Papeteries Générales du Nord&amp;quot; - PGN)|Fondateurs=1928 : Paul Descat (fondateur PGN), 1957 : Bernard Descat (fils de Paul), 1976 : Daniel Druon (acquéreur),1997-2008 : Emmanuel Druon (fils de Daniel, DG puis propriétaire)|Forme juridique=SAS (Société par Actions Simplifiée à associé unique)|Siège social=13 rue des Roloirs, 59510 Forest-sur-Marque, Hauts-de-France, France|Activité=Fabrication d&#039;articles de papeterie|Produits=Enveloppes de gestion éco-conçues, Gamme Zéro Déchet, Services : GoPost (gestion courrier), Ouvert (conseil RSE), Permaculture du Héron (maraîchage bio), Formations Pocheco, La Repro (reprographie)|Effectif=68 collaborateurs|Management=Pas de management intermédiaire, salariés autonomes sur leurs postes|Site web=www.pocheco.com|Fonds propres=Non diponible|Dette=Non diponible|Chiffre d&#039;affaire=11,26 M€ (2023)|Résultat net=35,056 € (2023)}}&lt;br /&gt;
[[Fichier:Pocheco.png|vignette|333x333px|Deux chaines d’impression, photo tirée de Davies, M. (2022). &amp;quot;[https://hal.science/hal-04084165v1/document Pocheco, une entreprise engagée dans la transition écologique]&amp;quot;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;usine Pocheco, fondée en 1928 à Roubaix sous le nom &amp;quot;Les Papeteries Générales du Nord&amp;quot; (PGN), prendra son nom actuel en 1957. L&#039;entreprise produit des enveloppes de gestion pour les banques, assurances et services publics.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Installée depuis 1976 à Forest-sur-Marque dans des bâtiments historiques construits en 1848 par la famille Jouret pour la fabrication de sacs en toile de jute, cette manufacture d&#039;enveloppes a progressivement transformé son site industriel, réhabilitant les bâtiments anciens en 2008 puis reconstruisant son bâtiment de stockage en 2011-2014 après un incendie, selon &#039;&#039;&#039;les principes de l&#039;écolonomie&#039;&#039;&#039;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Emmanuel Druon lance la transformation &amp;quot;écolonomique&amp;quot; de Pocheco dès sa nomination comme directeur général en 1997, avant de racheter l&#039;entreprise à son père en 2008. Le principe repose sur trois critères systématiques : &#039;&#039;&#039;améliorer les conditions de travail, réduire l&#039;impact environnemental, et augmenter la productivité. La croissance et le profit ne sont pas des priorités.&#039;&#039;&#039; 100% des résultats sont réinvestis dans l&#039;entreprise, aucun dividende n&#039;est versé. Entre 1997 et 2003, ces premiers projets génèrent 15 millions d&#039;euros d&#039;économies, réinvestis entre 2003 et 2008 dans des projets structurants (énergie, bâtiments). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2003, un premier licenciement économique touche les équipes d&#039;encadrement et de commerciaux, &#039;&#039;&#039;réduisant significativement le poids hiérarchique. L&#039;organisation s&#039;appuie depuis sur une structure plus horizontale&#039;&#039;&#039;, encadrée par des certifications qualité, sécurité et environnement (ISO depuis 2001).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats environnementaux sont mesurables. Pocheco affiche un bilan carbone négatif de 50 000 tonnes de CO2 en 2021, une autosuffisance en eau (80% eau de pluie) et en énergie renouvelable, et 100% de ses déchets valorisés. La reconstruction après l&#039;incendie de 2011 selon les principes écolonomiques aura nécessité 7 millions d&#039;euros d&#039;investissement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2018, Pocheco subit une crise majeure liée à l&#039;effondrement structurel du marché de l&#039;enveloppe papier : la transition numérique provoque une baisse brutale de 60% des ventes, tandis que le prix du papier augmente de 29% sur deux ans sans possibilité de répercussion sur les tarifs. Face à cette double contrainte, l&#039;entreprise met en place un plan social qui conduit au départ de la moitié de ses 127 salariés en trois mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entreprise compte 68 collaborateurs en 2024 contre 150 en 1997. Son chiffre d&#039;affaires s&#039;élève à 11,26 millions d&#039;euros en 2023, contre environ 20 millions avant la crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face au déclin du marché de l&#039;enveloppe, Pocheco a diversifié ses activités :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;GoPost&#039;&#039; : gestion de courrier, créé vers 2012-2014 (marque déposée en 2020)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;Pocheco Canopée Conseil&#039;&#039; : transmission des savoir-faire d&#039;écologie industrielle, créé en 2011-2012 (marque déposée en 2016 sous le nom &amp;quot;Ouvert Bureau D&#039;Ecolonomies&amp;quot;, le nom court &amp;quot;Ouvert&amp;quot; étant utilisé depuis 2011), &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;La Permaculture du Héron&#039;&#039; : maraîchage biologique créé dans les années 2010 (marque &amp;quot;Permagromine&amp;quot; déposée en 2020).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le cas Pocheco pose la question de la viabilité d&#039;une structure horizontale en contexte industriel contraint. Depuis 2003, &#039;&#039;&#039;l&#039;entreprise fonctionne avec une hiérarchie fortement réduite, compensée par des procédures strictes&#039;&#039;&#039; (certifications ISO), un &#039;&#039;&#039;partage systématique des connaissances et la responsabilisation de chaque collaborateur&#039;&#039;&#039; à son poste. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette structure a survécu à deux crises majeures : l&#039;incendie de 2011 et l&#039;effondrement du marché en 2018. &#039;&#039;&#039;L&#039;organisation horizontale&#039;&#039;&#039; n&#039;est donc pas un luxe de période prospère, mais &#039;&#039;&#039;s&#039;est révélée une architecture viable sous contrainte.&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Reste une inconnue : cette cohérence tient-elle au système ou à son garant, Emmanuel Druon, dirigeant depuis 1997 et propriétaire depuis 2008 ? L&#039;épreuve ultime de l&#039;auto-organisation sera peut-être sa transmission.&amp;lt;ref&amp;gt;Site officiel de l&#039;entreprise : [https://pocheco.com/ www.pocheco.com]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Davies, M. (2022). &amp;quot;[https://hal.science/hal-04084165v1/document Pocheco, une entreprise engagée dans la transition écologique]&amp;quot;. In Guillemot, G. (dir.), &#039;&#039;La performance écologique&#039;&#039;, Institut de la Réindustrialisation, [https://hal.science/hal-04084165v1 pp. 17-19. HAL Id: hal-04084165.]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;BipiZ. (2012). &amp;quot;[https://www.bipiz.org/fr/bonnes-pratiques/pocheco-est-autarcique-en-eau.html POCHECO est autarcique en eau]&amp;quot;.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Pappers.fr. (2024). &amp;quot;[https://www.pappers.fr/entreprise/pocheco-sas-301522496 Société POCHECO SAS - Index Égalité professionnelle]&amp;quot;.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Sage Advice France (2024) - &amp;quot;[https://www.sage.com/fr-fr/blog/parole-de-dirigeants-comment-pocheco-invente-l-ecolonomie/ Comment Pocheco invente l&#039;écolonomie]&amp;quot;, juillet 2024&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;[https://fr.linkedin.com/company/pocheco LinkedIn Pocheco (page entreprise)]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;CAUE du Nord, [https://www.caue-nord.com/en/portail/41/observatoire/26749/pocheco-entreprise-ecolonomique-forest-sur-marque-59.html POCHECO - Entreprise &#039;Ecolonomique - Forest sur Marque (59)]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;La Gazette France (2014), [https://www.lagazettefrance.fr/article/pocheco-vient-de-construire-un-site-100-ecolonomique Pocheco vient de construire un site 100% &amp;quot;écolonomique&amp;quot;]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Wikipedia, [https://fr.wikipedia.org/wiki/Forest-sur-Marque Forest-sur-Marque]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Le Journal des Entreprises (15 juin 2018) : &amp;quot;[https://www.lejournaldesentreprises.com/article/pocheco-passe-un-cap-difficile-124404 Pocheco passe un cap difficile]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;RubyPayeur.com (2025), [https://rubypayeur.com/societe/pocheco-sas-301522496 chiffre d&#039;affaires Pocheco]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Le Journal des Entreprises (2014) - [https://www.lejournaldesentreprises.com/hauts-de-france/article/pocheco-lecolonomie-comme-vecteur-de-croissance-88837 &amp;quot;Pocheco : L&#039;écolonomie comme vecteur de croissance&amp;quot;]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Engagés pour la nature - OFB - [https://engagespourlanature.ofb.fr/entreprises/engagements/pocheco Pocheco]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Site web [https://permacultureduheron.fr/ Permaculture du Héron]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;[https://label-innovation-durable.fr/pocheco/ Label Innovation Durable (2023)]&amp;lt;/ref&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études de cas]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
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		<title>Pocheco</title>
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		<updated>2026-02-19T17:15:25Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{En Cours}}{{FicheIdentité}}{{Infobox Entreprise|Nom=Pocheco|Image=Fichier:Logo Pocheco.jpg|Création=1928 à Roubaix (sous le nom &amp;quot;Les Papeteries Générales du Nord&amp;quot; - PGN)|Fondateurs=1928 : Paul Descat (fondateur PGN), 1957 : Bernard Descat (fils de Paul), 1976 : Daniel Druon (acquéreur),1997-2008 : Emmanuel Druon (fils de Daniel, DG puis propriétaire)|Forme juridique=SAS (Société par Actions Simplifiée à associé unique)|Siège social=13 rue des Roloirs, 59510 Forest-sur-Marque, Hauts-de-France, France|Activité=Fabrication d&#039;articles de papeterie|Produits=Enveloppes de gestion éco-conçues, Gamme Zéro Déchet, Services : GoPost (gestion courrier), Ouvert (conseil RSE), Permaculture du Héron (maraîchage bio), Formations Pocheco, La Repro (reprographie)|Effectif=68 collaborateurs|Management=Pas de management intermédiaire, salariés autonomes sur leurs postes|Site web=www.pocheco.com|Fonds propres=Non diponible|Dette=Non diponible|Chiffre d&#039;affaire=11,26 M€ (2023)|Résultat net=35,056 € (2023)}}&lt;br /&gt;
[[Fichier:Pocheco.png|vignette|333x333px|Deux chaines d’impression, photo tirée de Davies, M. (2022). &amp;quot;[https://hal.science/hal-04084165v1/document Pocheco, une entreprise engagée dans la transition écologique]&amp;quot;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;usine Pocheco, fondée en 1928 à Roubaix sous le nom &amp;quot;Les Papeteries Générales du Nord&amp;quot; (PGN), prendra son nom actuel en 1957. L&#039;entreprise produit 800 000 enveloppes par an. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Installée depuis 1976 à Forest-sur-Marque dans des bâtiments historiques construits en 1848 par la famille Jouret pour la fabrication de sacs en toile de jute, cette manufacture d&#039;enveloppes a progressivement transformé son site industriel, réhabilitant les bâtiments anciens en 2008 puis reconstruisant son bâtiment de stockage en 2011-2014 après un incendie, selon &#039;&#039;&#039;les principes de l&#039;écolonomie&#039;&#039;&#039;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Emmanuel Druon lance la transformation &amp;quot;écolonomique&amp;quot; de Pocheco dès sa nomination comme directeur général en 1997, avant de racheter l&#039;entreprise à son père en 2008. Le principe repose sur trois critères systématiques : &#039;&#039;&#039;améliorer les conditions de travail, réduire l&#039;impact environnemental, et augmenter la productivité. La croissance et le profit ne sont pas des priorités.&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2003, lors d&#039;un premier licenciement économique, Druon &#039;&#039;&#039;supprime l&#039;ensemble des équipes d&#039;encadrement et de commerciaux, réduisant le poids hiérarchique&#039;&#039;&#039;. L&#039;organisation s&#039;appuie depuis sur une &#039;&#039;&#039;structure horizontale, privilégiant le collectif sur l&#039;individuel&#039;&#039;&#039;, avec un système basé sur &#039;&#039;&#039;le partage de connaissances et l&#039;auto-contrôle&#039;&#039;&#039;, encadré par des procédures qualité, sécurité et environnement strictes. L&#039;entreprise fonctionne &#039;&#039;&#039;sans hiérarchie intermédiaire&#039;&#039;&#039;, chaque collaborateur assumant sa responsabilité à son poste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats environnementaux sont mesurables. Pocheco affiche un bilan carbone négatif de 50 000 tonnes de CO2 en 2021, une autosuffisance en eau (80% eau de pluie) et en énergie renouvelable, et 100% de ses déchets valorisés. La reconstruction après l&#039;incendie de 2011 selon les principes écolonomiques aura nécessité 7 millions d&#039;euros d&#039;investissement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2018, Pocheco subit une crise majeure liée à l&#039;effondrement structurel du marché de l&#039;enveloppe papier : la transition numérique provoque une baisse brutale de 60% des ventes, tandis que le prix du papier augmente de 29% sur deux ans sans possibilité de répercussion sur les tarifs. Face à cette double contrainte, l&#039;entreprise met en place un plan social qui conduit au départ de la moitié de ses 127 salariés en trois mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entreprise compte 68 collaborateurs en 2024 contre 150 en 1997. Son chiffre d&#039;affaires s&#039;élève à 11,26 millions d&#039;euros en 2023, contre environ 20 millions avant la crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pocheco a diversifié ses activités au fil du temps :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- GoPost : gestion de courrier, créé vers 2012-2014 (marque déposée en 2020)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Pocheco Canopée Conseil : transmission des savoir-faire d&#039;écologie industrielle, créé en 2011-2012 (marque déposée en 2016 sous le nom &amp;quot;Ouvert Bureau D&#039;Ecolonomies&amp;quot;, le nom court &amp;quot;Ouvert&amp;quot; étant utilisé depuis 2011), &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- La Permaculture du Héron : maraîchage biologique créé dans les années 2010 (marque &amp;quot;Permagromine&amp;quot; déposée en 2020).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
100% des résultats sont réinvestis dans l&#039;entreprise, aucun dividende n&#039;est versé. Entre 2003 et 2008, 15 millions d&#039;euros d&#039;économies ont été réinjectés dans des projets structurants.&amp;lt;ref&amp;gt;Site officiel de l&#039;entreprise : [https://pocheco.com/ www.pocheco.com]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Davies, M. (2022). &amp;quot;[https://hal.science/hal-04084165v1/document Pocheco, une entreprise engagée dans la transition écologique]&amp;quot;. In Guillemot, G. (dir.), &#039;&#039;La performance écologique&#039;&#039;, Institut de la Réindustrialisation, [https://hal.science/hal-04084165v1 pp. 17-19. HAL Id: hal-04084165.]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;BipiZ. (2012). &amp;quot;[https://www.bipiz.org/fr/bonnes-pratiques/pocheco-est-autarcique-en-eau.html POCHECO est autarcique en eau]&amp;quot;.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Pappers.fr. (2024). &amp;quot;[https://www.pappers.fr/entreprise/pocheco-sas-301522496 Société POCHECO SAS - Index Égalité professionnelle]&amp;quot;.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Sage Advice France (2024) - &amp;quot;[https://www.sage.com/fr-fr/blog/parole-de-dirigeants-comment-pocheco-invente-l-ecolonomie/ Comment Pocheco invente l&#039;écolonomie]&amp;quot;, juillet 2024&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;[https://fr.linkedin.com/company/pocheco LinkedIn Pocheco (page entreprise)]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;CAUE du Nord, [https://www.caue-nord.com/en/portail/41/observatoire/26749/pocheco-entreprise-ecolonomique-forest-sur-marque-59.html POCHECO - Entreprise &#039;Ecolonomique - Forest sur Marque (59)]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;La Gazette France (2014), [https://www.lagazettefrance.fr/article/pocheco-vient-de-construire-un-site-100-ecolonomique Pocheco vient de construire un site 100% &amp;quot;écolonomique&amp;quot;]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Wikipedia, [https://fr.wikipedia.org/wiki/Forest-sur-Marque Forest-sur-Marque]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Le Journal des Entreprises (15 juin 2018) : &amp;quot;[https://www.lejournaldesentreprises.com/article/pocheco-passe-un-cap-difficile-124404 Pocheco passe un cap difficile]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;RubyPayeur.com (2025), [https://rubypayeur.com/societe/pocheco-sas-301522496 chiffre d&#039;affaires Pocheco]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Le Journal des Entreprises (2014) - [https://www.lejournaldesentreprises.com/hauts-de-france/article/pocheco-lecolonomie-comme-vecteur-de-croissance-88837 &amp;quot;Pocheco : L&#039;écolonomie comme vecteur de croissance&amp;quot;]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Engagés pour la nature - OFB - [https://engagespourlanature.ofb.fr/entreprises/engagements/pocheco Pocheco]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Site web [https://permacultureduheron.fr/ Permaculture du Héron]&amp;lt;/ref&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études de cas]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
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		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Pocheco&amp;diff=419</id>
		<title>Pocheco</title>
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		<updated>2026-02-19T17:14:20Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : Ajout photo&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{En Cours}}{{FicheIdentité}}{{Infobox Entreprise|Nom=Pocheco|Image=Fichier:Logo Pocheco.jpg|Création=1928 à Roubaix (sous le nom &amp;quot;Les Papeteries Générales du Nord&amp;quot; - PGN)|Fondateurs=1928 : Paul Descat (fondateur PGN), 1957 : Bernard Descat (fils de Paul), 1976 : Daniel Druon (acquéreur),1997-2008 : Emmanuel Druon (fils de Daniel, DG puis propriétaire)|Forme juridique=SAS (Société par Actions Simplifiée à associé unique)|Siège social=13 rue des Roloirs, 59510 Forest-sur-Marque, Hauts-de-France, France|Activité=Fabrication d&#039;articles de papeterie|Produits=Enveloppes de gestion éco-conçues, Gamme Zéro Déchet, Services : GoPost (gestion courrier), Ouvert (conseil RSE), Permaculture du Héron (maraîchage bio), Formations Pocheco, La Repro (reprographie)|Effectif=68 collaborateurs|Management=Pas de management intermédiaire, salariés autonomes sur leurs postes|Site web=www.pocheco.com|Fonds propres=Non diponible|Dette=Non diponible|Chiffre d&#039;affaire=11,26 M€ (2023)|Résultat net=35,056 € (2023)}}&lt;br /&gt;
[[Fichier:Pocheco.png|vignette|333x333px|Deux chaines d’impression, photo tirée de Davies, M. (2022). &amp;quot;[https://hal.science/hal-04084165v1/document Pocheco, une entreprise engagée dans la transition écologique]&amp;quot;]]&lt;br /&gt;
[[Fichier:Extérieur POCHECO.png|vignette|394x394px|Bâtiment à isolation bois, omniprésence de la végétation, photo tirée de Davies, M. (2022). &amp;quot;[https://hal.science/hal-04084165v1/document Pocheco, une entreprise engagée dans la transition écologique]&amp;quot;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;usine Pocheco, fondée en 1928 à Roubaix sous le nom &amp;quot;Les Papeteries Générales du Nord&amp;quot; (PGN), prendra son nom actuel en 1957. L&#039;entreprise produit 800 000 enveloppes par an. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Installée depuis 1976 à Forest-sur-Marque dans des bâtiments historiques construits en 1848 par la famille Jouret pour la fabrication de sacs en toile de jute, cette manufacture d&#039;enveloppes a progressivement transformé son site industriel, réhabilitant les bâtiments anciens en 2008 puis reconstruisant son bâtiment de stockage en 2011-2014 après un incendie, selon &#039;&#039;&#039;les principes de l&#039;écolonomie&#039;&#039;&#039;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Emmanuel Druon lance la transformation &amp;quot;écolonomique&amp;quot; de Pocheco dès sa nomination comme directeur général en 1997, avant de racheter l&#039;entreprise à son père en 2008. Le principe repose sur trois critères systématiques : &#039;&#039;&#039;améliorer les conditions de travail, réduire l&#039;impact environnemental, et augmenter la productivité. La croissance et le profit ne sont pas des priorités.&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2003, lors d&#039;un premier licenciement économique, Druon &#039;&#039;&#039;supprime l&#039;ensemble des équipes d&#039;encadrement et de commerciaux, réduisant le poids hiérarchique&#039;&#039;&#039;. L&#039;organisation s&#039;appuie depuis sur une &#039;&#039;&#039;structure horizontale, privilégiant le collectif sur l&#039;individuel&#039;&#039;&#039;, avec un système basé sur &#039;&#039;&#039;le partage de connaissances et l&#039;auto-contrôle&#039;&#039;&#039;, encadré par des procédures qualité, sécurité et environnement strictes. L&#039;entreprise fonctionne &#039;&#039;&#039;sans hiérarchie intermédiaire&#039;&#039;&#039;, chaque collaborateur assumant sa responsabilité à son poste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats environnementaux sont mesurables. Pocheco affiche un bilan carbone négatif de 50 000 tonnes de CO2 en 2021, une autosuffisance en eau (80% eau de pluie) et en énergie renouvelable, et 100% de ses déchets valorisés. La reconstruction après l&#039;incendie de 2011 selon les principes écolonomiques aura nécessité 7 millions d&#039;euros d&#039;investissement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2018, Pocheco subit une crise majeure liée à l&#039;effondrement structurel du marché de l&#039;enveloppe papier : la transition numérique provoque une baisse brutale de 60% des ventes, tandis que le prix du papier augmente de 29% sur deux ans sans possibilité de répercussion sur les tarifs. Face à cette double contrainte, l&#039;entreprise met en place un plan social qui conduit au départ de la moitié de ses 127 salariés en trois mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entreprise compte 68 collaborateurs en 2024 contre 150 en 1997. Son chiffre d&#039;affaires s&#039;élève à 11,26 millions d&#039;euros en 2023, contre environ 20 millions avant la crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pocheco a diversifié ses activités au fil du temps :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- GoPost : gestion de courrier, créé vers 2012-2014 (marque déposée en 2020)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Pocheco Canopée Conseil : transmission des savoir-faire d&#039;écologie industrielle, créé en 2011-2012 (marque déposée en 2016 sous le nom &amp;quot;Ouvert Bureau D&#039;Ecolonomies&amp;quot;, le nom court &amp;quot;Ouvert&amp;quot; étant utilisé depuis 2011), &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- La Permaculture du Héron : maraîchage biologique créé dans les années 2010 (marque &amp;quot;Permagromine&amp;quot; déposée en 2020).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
100% des résultats sont réinvestis dans l&#039;entreprise, aucun dividende n&#039;est versé. Entre 2003 et 2008, 15 millions d&#039;euros d&#039;économies ont été réinjectés dans des projets structurants.&amp;lt;ref&amp;gt;Site officiel de l&#039;entreprise : [https://pocheco.com/ www.pocheco.com]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Davies, M. (2022). &amp;quot;[https://hal.science/hal-04084165v1/document Pocheco, une entreprise engagée dans la transition écologique]&amp;quot;. In Guillemot, G. (dir.), &#039;&#039;La performance écologique&#039;&#039;, Institut de la Réindustrialisation, [https://hal.science/hal-04084165v1 pp. 17-19. HAL Id: hal-04084165.]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;BipiZ. (2012). &amp;quot;[https://www.bipiz.org/fr/bonnes-pratiques/pocheco-est-autarcique-en-eau.html POCHECO est autarcique en eau]&amp;quot;.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Pappers.fr. (2024). &amp;quot;[https://www.pappers.fr/entreprise/pocheco-sas-301522496 Société POCHECO SAS - Index Égalité professionnelle]&amp;quot;.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Sage Advice France (2024) - &amp;quot;[https://www.sage.com/fr-fr/blog/parole-de-dirigeants-comment-pocheco-invente-l-ecolonomie/ Comment Pocheco invente l&#039;écolonomie]&amp;quot;, juillet 2024&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;[https://fr.linkedin.com/company/pocheco LinkedIn Pocheco (page entreprise)]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;CAUE du Nord, [https://www.caue-nord.com/en/portail/41/observatoire/26749/pocheco-entreprise-ecolonomique-forest-sur-marque-59.html POCHECO - Entreprise &#039;Ecolonomique - Forest sur Marque (59)]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;La Gazette France (2014), [https://www.lagazettefrance.fr/article/pocheco-vient-de-construire-un-site-100-ecolonomique Pocheco vient de construire un site 100% &amp;quot;écolonomique&amp;quot;]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Wikipedia, [https://fr.wikipedia.org/wiki/Forest-sur-Marque Forest-sur-Marque]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Le Journal des Entreprises (15 juin 2018) : &amp;quot;[https://www.lejournaldesentreprises.com/article/pocheco-passe-un-cap-difficile-124404 Pocheco passe un cap difficile]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;RubyPayeur.com (2025), [https://rubypayeur.com/societe/pocheco-sas-301522496 chiffre d&#039;affaires Pocheco]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Le Journal des Entreprises (2014) - [https://www.lejournaldesentreprises.com/hauts-de-france/article/pocheco-lecolonomie-comme-vecteur-de-croissance-88837 &amp;quot;Pocheco : L&#039;écolonomie comme vecteur de croissance&amp;quot;]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Engagés pour la nature - OFB - [https://engagespourlanature.ofb.fr/entreprises/engagements/pocheco Pocheco]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Site web [https://permacultureduheron.fr/ Permaculture du Héron]&amp;lt;/ref&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études de cas]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
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		<title>Pocheco</title>
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		<updated>2026-02-19T17:11:35Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : Ajout photo&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{En Cours}}{{FicheIdentité}}{{Infobox Entreprise|Nom=Pocheco|Image=Fichier:Logo Pocheco.jpg|Création=1928 à Roubaix (sous le nom &amp;quot;Les Papeteries Générales du Nord&amp;quot; - PGN)|Fondateurs=1928 : Paul Descat (fondateur PGN), 1957 : Bernard Descat (fils de Paul), 1976 : Daniel Druon (acquéreur),1997-2008 : Emmanuel Druon (fils de Daniel, DG puis propriétaire)|Forme juridique=SAS (Société par Actions Simplifiée à associé unique)|Siège social=13 rue des Roloirs, 59510 Forest-sur-Marque, Hauts-de-France, France|Activité=Fabrication d&#039;articles de papeterie|Produits=Enveloppes de gestion éco-conçues, Gamme Zéro Déchet, Services : GoPost (gestion courrier), Ouvert (conseil RSE), Permaculture du Héron (maraîchage bio), Formations Pocheco, La Repro (reprographie)|Effectif=68 collaborateurs|Management=Pas de management intermédiaire, salariés autonomes sur leurs postes|Site web=www.pocheco.com|Fonds propres=Non diponible|Dette=Non diponible|Chiffre d&#039;affaire=11,26 M€ (2023)|Résultat net=35,056 € (2023)}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;usine Pocheco, fondée en 1928 à Roubaix sous le nom &amp;quot;Les Papeteries Générales du Nord&amp;quot; (PGN), prendra son nom actuel en 1957. L&#039;entreprise produit 800 000 enveloppes par an. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Installée depuis 1976 à Forest-sur-Marque dans des bâtiments historiques construits en 1848 par la famille Jouret pour la fabrication de sacs en toile de jute, cette manufacture d&#039;enveloppes a progressivement transformé son site industriel, réhabilitant les bâtiments anciens en 2008 puis reconstruisant son bâtiment de stockage en 2011-2014 après un incendie, selon &#039;&#039;&#039;les principes de l&#039;écolonomie&#039;&#039;&#039;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Emmanuel Druon lance la transformation &amp;quot;écolonomique&amp;quot; de Pocheco dès sa nomination comme directeur général en 1997, avant de racheter l&#039;entreprise à son père en 2008. Le principe repose sur trois critères systématiques : &#039;&#039;&#039;améliorer les conditions de travail, réduire l&#039;impact environnemental, et augmenter la productivité. La croissance et le profit ne sont pas des priorités.&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2003, lors d&#039;un premier licenciement économique, Druon &#039;&#039;&#039;supprime l&#039;ensemble des équipes d&#039;encadrement et de commerciaux, réduisant le poids hiérarchique&#039;&#039;&#039;. L&#039;organisation s&#039;appuie depuis sur une &#039;&#039;&#039;structure horizontale, privilégiant le collectif sur l&#039;individuel&#039;&#039;&#039;, avec un système basé sur &#039;&#039;&#039;le partage de connaissances et l&#039;auto-contrôle&#039;&#039;&#039;, encadré par des procédures qualité, sécurité et environnement strictes. L&#039;entreprise fonctionne &#039;&#039;&#039;sans hiérarchie intermédiaire&#039;&#039;&#039;, chaque collaborateur assumant sa responsabilité à son poste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats environnementaux sont mesurables. Pocheco affiche un bilan carbone négatif de 50 000 tonnes de CO2 en 2021, une autosuffisance en eau (80% eau de pluie) et en énergie renouvelable, et 100% de ses déchets valorisés. La reconstruction après l&#039;incendie de 2011 selon les principes écolonomiques aura nécessité 7 millions d&#039;euros d&#039;investissement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2018, Pocheco subit une crise majeure liée à l&#039;effondrement structurel du marché de l&#039;enveloppe papier : la transition numérique provoque une baisse brutale de 60% des ventes, tandis que le prix du papier augmente de 29% sur deux ans sans possibilité de répercussion sur les tarifs. Face à cette double contrainte, l&#039;entreprise met en place un plan social qui conduit au départ de la moitié de ses 127 salariés en trois mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entreprise compte 68 collaborateurs en 2024 contre 150 en 1997. Son chiffre d&#039;affaires s&#039;élève à 11,26 millions d&#039;euros en 2023, contre environ 20 millions avant la crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pocheco a diversifié ses activités au fil du temps :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- GoPost : gestion de courrier, créé vers 2012-2014 (marque déposée en 2020)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Pocheco Canopée Conseil : transmission des savoir-faire d&#039;écologie industrielle, créé en 2011-2012 (marque déposée en 2016 sous le nom &amp;quot;Ouvert Bureau D&#039;Ecolonomies&amp;quot;, le nom court &amp;quot;Ouvert&amp;quot; étant utilisé depuis 2011), &lt;br /&gt;
[[Fichier:Pocheco.png|vignette|333x333px|Deux chaines d’impression, photo tirée de Davies, M. (2022). &amp;quot;[https://hal.science/hal-04084165v1/document Pocheco, une entreprise engagée dans la transition écologique]&amp;quot;]]&lt;br /&gt;
- La Permaculture du Héron : maraîchage biologique créé dans les années 2010 (marque &amp;quot;Permagromine&amp;quot; déposée en 2020).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
100% des résultats sont réinvestis dans l&#039;entreprise, aucun dividende n&#039;est versé. Entre 2003 et 2008, 15 millions d&#039;euros d&#039;économies ont été réinjectés dans des projets structurants.&amp;lt;ref&amp;gt;Site officiel de l&#039;entreprise : [https://pocheco.com/ www.pocheco.com]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Davies, M. (2022). &amp;quot;[https://hal.science/hal-04084165v1/document Pocheco, une entreprise engagée dans la transition écologique]&amp;quot;. In Guillemot, G. (dir.), &#039;&#039;La performance écologique&#039;&#039;, Institut de la Réindustrialisation, [https://hal.science/hal-04084165v1 pp. 17-19. HAL Id: hal-04084165.]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;BipiZ. (2012). &amp;quot;[https://www.bipiz.org/fr/bonnes-pratiques/pocheco-est-autarcique-en-eau.html POCHECO est autarcique en eau]&amp;quot;.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Pappers.fr. (2024). &amp;quot;[https://www.pappers.fr/entreprise/pocheco-sas-301522496 Société POCHECO SAS - Index Égalité professionnelle]&amp;quot;.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Sage Advice France (2024) - &amp;quot;[https://www.sage.com/fr-fr/blog/parole-de-dirigeants-comment-pocheco-invente-l-ecolonomie/ Comment Pocheco invente l&#039;écolonomie]&amp;quot;, juillet 2024&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;[https://fr.linkedin.com/company/pocheco LinkedIn Pocheco (page entreprise)]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;CAUE du Nord, [https://www.caue-nord.com/en/portail/41/observatoire/26749/pocheco-entreprise-ecolonomique-forest-sur-marque-59.html POCHECO - Entreprise &#039;Ecolonomique - Forest sur Marque (59)]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;La Gazette France (2014), [https://www.lagazettefrance.fr/article/pocheco-vient-de-construire-un-site-100-ecolonomique Pocheco vient de construire un site 100% &amp;quot;écolonomique&amp;quot;]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Wikipedia, [https://fr.wikipedia.org/wiki/Forest-sur-Marque Forest-sur-Marque]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Le Journal des Entreprises (15 juin 2018) : &amp;quot;[https://www.lejournaldesentreprises.com/article/pocheco-passe-un-cap-difficile-124404 Pocheco passe un cap difficile]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;RubyPayeur.com (2025), [https://rubypayeur.com/societe/pocheco-sas-301522496 chiffre d&#039;affaires Pocheco]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Le Journal des Entreprises (2014) - [https://www.lejournaldesentreprises.com/hauts-de-france/article/pocheco-lecolonomie-comme-vecteur-de-croissance-88837 &amp;quot;Pocheco : L&#039;écolonomie comme vecteur de croissance&amp;quot;]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Engagés pour la nature - OFB - [https://engagespourlanature.ofb.fr/entreprises/engagements/pocheco Pocheco]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Site web [https://permacultureduheron.fr/ Permaculture du Héron]&amp;lt;/ref&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études de cas]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
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		<updated>2026-02-19T17:07:50Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
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		<title>Pocheco</title>
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		<updated>2026-02-19T17:03:26Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : Correction du texte&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{En Cours}}{{FicheIdentité}}{{Infobox Entreprise|Nom=Pocheco|Image=Fichier:Logo Pocheco.jpg|Création=1928 à Roubaix (sous le nom &amp;quot;Les Papeteries Générales du Nord&amp;quot; - PGN)|Fondateurs=1928 : Paul Descat (fondateur PGN), 1957 : Bernard Descat (fils de Paul), 1976 : Daniel Druon (acquéreur),1997-2008 : Emmanuel Druon (fils de Daniel, DG puis propriétaire)|Forme juridique=SAS (Société par Actions Simplifiée à associé unique)|Siège social=13 rue des Roloirs, 59510 Forest-sur-Marque, Hauts-de-France, France|Activité=Fabrication d&#039;articles de papeterie|Produits=Enveloppes de gestion éco-conçues, Gamme Zéro Déchet, Services : GoPost (gestion courrier), Ouvert (conseil RSE), Permaculture du Héron (maraîchage bio), Formations Pocheco, La Repro (reprographie)|Effectif=68 collaborateurs|Management=Pas de management intermédiaire, salariés autonomes sur leurs postes|Site web=www.pocheco.com|Fonds propres=Non diponible|Dette=Non diponible|Chiffre d&#039;affaire=11,26 M€ (2023)|Résultat net=35,056 € (2023)}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;usine Pocheco, fondée en 1928 à Roubaix sous le nom &amp;quot;Les Papeteries Générales du Nord&amp;quot; (PGN), prendra son nom actuel en 1957. L&#039;entreprise produit 800 000 enveloppes par an. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Installée depuis 1976 à Forest-sur-Marque dans des bâtiments historiques construits en 1848 par la famille Jouret pour la fabrication de sacs en toile de jute, cette manufacture d&#039;enveloppes a progressivement transformé son site industriel, réhabilitant les bâtiments anciens en 2008 puis reconstruisant son bâtiment de stockage en 2011-2014 après un incendie, selon &#039;&#039;&#039;les principes de l&#039;écolonomie&#039;&#039;&#039;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Emmanuel Druon lance la transformation &amp;quot;écolonomique&amp;quot; de Pocheco dès sa nomination comme directeur général en 1997, avant de racheter l&#039;entreprise à son père en 2008. Le principe repose sur trois critères systématiques : &#039;&#039;&#039;améliorer les conditions de travail, réduire l&#039;impact environnemental, et augmenter la productivité. La croissance et le profit ne sont pas des priorités.&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2003, lors d&#039;un premier licenciement économique, Druon &#039;&#039;&#039;supprime l&#039;ensemble des équipes d&#039;encadrement et de commerciaux, réduisant le poids hiérarchique&#039;&#039;&#039;. L&#039;organisation s&#039;appuie depuis sur une &#039;&#039;&#039;structure horizontale, privilégiant le collectif sur l&#039;individuel&#039;&#039;&#039;, avec un système basé sur &#039;&#039;&#039;le partage de connaissances et l&#039;auto-contrôle&#039;&#039;&#039;, encadré par des procédures qualité, sécurité et environnement strictes. L&#039;entreprise fonctionne &#039;&#039;&#039;sans hiérarchie intermédiaire&#039;&#039;&#039;, chaque collaborateur assumant sa responsabilité à son poste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats environnementaux sont mesurables. Pocheco affiche un bilan carbone négatif de 50 000 tonnes de CO2 en 2021, une autosuffisance en eau (80% eau de pluie) et en énergie renouvelable, et 100% de ses déchets valorisés. La reconstruction après l&#039;incendie de 2011 selon les principes écolonomiques aura nécessité 7 millions d&#039;euros d&#039;investissement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2018, Pocheco subit une crise majeure liée à l&#039;effondrement structurel du marché de l&#039;enveloppe papier : la transition numérique provoque une baisse brutale de 60% des ventes, tandis que le prix du papier augmente de 29% sur deux ans sans possibilité de répercussion sur les tarifs. Face à cette double contrainte, l&#039;entreprise met en place un plan social qui conduit au départ de la moitié de ses 127 salariés en trois mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entreprise compte 68 collaborateurs en 2024 contre 150 en 1997. Son chiffre d&#039;affaires s&#039;élève à 11,26 millions d&#039;euros en 2023, contre environ 20 millions avant la crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pocheco a diversifié ses activités au fil du temps :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- GoPost : gestion de courrier, créé vers 2012-2014 (marque déposée en 2020)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Pocheco Canopée Conseil : transmission des savoir-faire d&#039;écologie industrielle, créé en 2011-2012 (marque déposée en 2016 sous le nom &amp;quot;Ouvert Bureau D&#039;Ecolonomies&amp;quot;, le nom court &amp;quot;Ouvert&amp;quot; étant utilisé depuis 2011), &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- La Permaculture du Héron : maraîchage biologique créé dans les années 2010 (marque &amp;quot;Permagromine&amp;quot; déposée en 2020).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
100% des résultats sont réinvestis dans l&#039;entreprise, aucun dividende n&#039;est versé. Entre 2003 et 2008, 15 millions d&#039;euros d&#039;économies ont été réinjectés dans des projets structurants.&amp;lt;ref&amp;gt;Site officiel de l&#039;entreprise : [https://pocheco.com/ www.pocheco.com]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Davies, M. (2022). &amp;quot;[https://hal.science/hal-04084165v1/document Pocheco, une entreprise engagée dans la transition écologique]&amp;quot;. In Guillemot, G. (dir.), &#039;&#039;La performance écologique&#039;&#039;, Institut de la Réindustrialisation, [https://hal.science/hal-04084165v1 pp. 17-19. HAL Id: hal-04084165.]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;BipiZ. (2012). &amp;quot;[https://www.bipiz.org/fr/bonnes-pratiques/pocheco-est-autarcique-en-eau.html POCHECO est autarcique en eau]&amp;quot;.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Pappers.fr. (2024). &amp;quot;[https://www.pappers.fr/entreprise/pocheco-sas-301522496 Société POCHECO SAS - Index Égalité professionnelle]&amp;quot;.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Sage Advice France (2024) - &amp;quot;[https://www.sage.com/fr-fr/blog/parole-de-dirigeants-comment-pocheco-invente-l-ecolonomie/ Comment Pocheco invente l&#039;écolonomie]&amp;quot;, juillet 2024&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;[https://fr.linkedin.com/company/pocheco LinkedIn Pocheco (page entreprise)]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;CAUE du Nord, [https://www.caue-nord.com/en/portail/41/observatoire/26749/pocheco-entreprise-ecolonomique-forest-sur-marque-59.html POCHECO - Entreprise &#039;Ecolonomique - Forest sur Marque (59)]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;La Gazette France (2014), [https://www.lagazettefrance.fr/article/pocheco-vient-de-construire-un-site-100-ecolonomique Pocheco vient de construire un site 100% &amp;quot;écolonomique&amp;quot;]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Wikipedia, [https://fr.wikipedia.org/wiki/Forest-sur-Marque Forest-sur-Marque]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Le Journal des Entreprises (15 juin 2018) : &amp;quot;[https://www.lejournaldesentreprises.com/article/pocheco-passe-un-cap-difficile-124404 Pocheco passe un cap difficile]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;RubyPayeur.com (2025), [https://rubypayeur.com/societe/pocheco-sas-301522496 chiffre d&#039;affaires Pocheco]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Le Journal des Entreprises (2014) - [https://www.lejournaldesentreprises.com/hauts-de-france/article/pocheco-lecolonomie-comme-vecteur-de-croissance-88837 &amp;quot;Pocheco : L&#039;écolonomie comme vecteur de croissance&amp;quot;]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Engagés pour la nature - OFB - [https://engagespourlanature.ofb.fr/entreprises/engagements/pocheco Pocheco]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Site web [https://permacultureduheron.fr/ Permaculture du Héron]&amp;lt;/ref&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études de cas]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Pocheco&amp;diff=414</id>
		<title>Pocheco</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://auto-org.fr/index.php?title=Pocheco&amp;diff=414"/>
		<updated>2026-02-19T13:52:38Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : historique sur bâtiment&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{En Cours}}{{FicheIdentité}}{{Infobox Entreprise|Nom=Pocheco|Image=Fichier:Logo Pocheco.jpg|Création=1928 à Roubaix (sous le nom &amp;quot;Les Papeteries Générales du Nord&amp;quot; - PGN)|Fondateurs=1928 : Paul Descat (fondateur PGN), 1957 : Bernard Descat (fils de Paul), 1976 : Daniel Druon (acquéreur),1997-2008 : Emmanuel Druon (fils de Daniel, DG puis propriétaire)|Forme juridique=SAS (Société par Actions Simplifiée à associé unique)|Siège social=13 rue des Roloirs, 59510 Forest-sur-Marque, Hauts-de-France, France|Activité=Fabrication d&#039;articles de papeterie|Produits=Enveloppes de gestion éco-conçues, Gamme Zéro Déchet, Services : GoPost (gestion courrier), Ouvert (conseil RSE), Permaculture du Héron (maraîchage bio), Formations Pocheco, La Repro (reprographie)|Effectif=68 collaborateurs|Management=Pas de management intermédiaire, salariés autonomes sur leurs postes|Site web=www.pocheco.com|Fonds propres=Non diponible|Dette=Non diponible|Chiffre d&#039;affaire=11,26 M€ (2023)|Résultat net=35,056 € (2023)}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;usine Pocheco, fondée en 1928 à Roubaix sous le nom &amp;quot;Les Papeteries Générales du Nord&amp;quot; (PGN), prendra son nom actuel en 1957. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Installée depuis 1976 à Forest-sur-Marque dans des bâtiments historiques construits en 1848 par la famille Jouret pour la fabrication de sacs en toile de jute, cette manufacture d&#039;enveloppes a progressivement transformé son site industriel, réhabilitant les bâtiments anciens en 2008 puis reconstruisant son bâtiment de stockage en 2011-2014 après un incendie, selon les principes de l&#039;écolonomie. L&#039;entreprise produit 800 000 enveloppes par an. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis 1997, sous la direction d&#039;Emmanuel Druon qui a racheté l&#039;entreprise en 2008, Pocheco applique un modèle baptisé &amp;quot;écolonomie&amp;quot;. Le principe repose sur trois critères pour chaque décision, qu&#039;il s&#039;agisse d&#039;un investissement lourd ou d&#039;un simple achat de fournitures : améliorer les conditions de travail, réduire l&#039;impact environnemental, et augmenter la productivité. La croissance et le profit ne constituent pas des priorités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2003, lors d&#039;un premier licenciement économique, Druon supprime l&#039;ensemble des équipes d&#039;encadrement et de commerciaux, réduisant le poids hiérarchique. L&#039;organisation s&#039;appuie depuis sur une structure horizontale, privilégiant le collectif sur l&#039;individuel, avec un système basé sur le partage de connaissances et l&#039;auto-contrôle, encadré par des procédures qualité, sécurité et environnement strictes. L&#039;entreprise fonctionne sans hiérarchie intermédiaire, chaque collaborateur assumant sa responsabilité à son poste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats environnementaux sont mesurables. Pocheco affiche un bilan carbone négatif de 50 000 tonnes de CO2 en 2021, une autosuffisance en eau (80% eau de pluie) et en énergie renouvelable, et 100% de ses déchets valorisés. Après un incendie en 2011, l&#039;entreprise a reconstruit selon ses principes écolonomiques avec 7 millions d&#039;euros d&#039;investissement. En 2018, une crise a provoqué une baisse de 60% des ventes, entraînant le départ de la moitié des effectifs en trois mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entreprise compte 68 collaborateurs en 2024 contre 150 en 1997. Son chiffre d&#039;affaires s&#039;élève à 11,26 millions d&#039;euros en 2023, contre environ 20 millions avant la crise. Pocheco s&#039;est diversifiée avec GoPost (gestion de courrier, créé en 2020), le Cabinet Ouvert (conseil RSE, créé en 2011), et la Permaculture du Héron (maraîchage bio).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
100% des résultats sont réinvestis dans l&#039;entreprise, aucun dividende n&#039;est versé. Entre 2003 et 2008, 15 millions d&#039;euros d&#039;économies ont été réinjectés dans des projets structurants..&amp;lt;ref&amp;gt;Site officiel de l&#039;entreprise : [https://pocheco.com/ www.pocheco.com]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Davies, M. (2022). &amp;quot;[https://hal.science/hal-04084165v1/document Pocheco, une entreprise engagée dans la transition écologique]&amp;quot;. In Guillemot, G. (dir.), &#039;&#039;La performance écologique&#039;&#039;, Institut de la Réindustrialisation, [https://hal.science/hal-04084165v1 pp. 17-19. HAL Id: hal-04084165.]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;BipiZ. (2012). &amp;quot;[https://www.bipiz.org/fr/bonnes-pratiques/pocheco-est-autarcique-en-eau.html POCHECO est autarcique en eau]&amp;quot;.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Pappers.fr. (2024). &amp;quot;[https://www.pappers.fr/entreprise/pocheco-sas-301522496 Société POCHECO SAS - Index Égalité professionnelle]&amp;quot;.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Verif.com. (2023). &amp;quot;[https://www.verif.com/societe/POCHECO-SAS-301522496/ Société POCHECO SAS]&amp;quot;.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Sage Advice France (2024) - &amp;quot;[https://www.sage.com/fr-fr/blog/parole-de-dirigeants-comment-pocheco-invente-l-ecolonomie/ Comment Pocheco invente l&#039;écolonomie]&amp;quot;, juillet 2024&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;[https://fr.linkedin.com/company/pocheco LinkedIn Pocheco (page entreprise)]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;CAUE du Nord, [https://www.caue-nord.com/en/portail/41/observatoire/26749/pocheco-entreprise-ecolonomique-forest-sur-marque-59.html POCHECO - Entreprise &#039;Ecolonomique - Forest sur Marque (59)]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;La Gazette France (2014), [https://www.lagazettefrance.fr/article/pocheco-vient-de-construire-un-site-100-ecolonomique Pocheco vient de construire un site 10% &amp;quot;écolonomique&amp;quot;]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Wikipedia, [https://fr.wikipedia.org/wiki/Forest-sur-Marque Forest-sur-Marque]&amp;lt;/ref&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études de cas]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
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		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Pocheco&amp;diff=413</id>
		<title>Pocheco</title>
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		<updated>2026-02-17T17:10:02Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{En Cours}}{{FicheIdentité}}{{Infobox Entreprise|Nom=Pocheco|Image=Fichier:Logo Pocheco.jpg|Création=1928 à Roubaix (sous le nom &amp;quot;Les Papeteries Générales du Nord&amp;quot; - PGN)|Fondateurs=1928 : Paul Descat (fondateur PGN), 1957 : Bernard Descat (fils de Paul), 1976 : Daniel Druon (acquéreur),1997-2008 : Emmanuel Druon (fils de Daniel, DG puis propriétaire)|Forme juridique=SAS (Société par Actions Simplifiée à associé unique)|Siège social=13 rue des Roloirs, 59510 Forest-sur-Marque, Hauts-de-France, France|Activité=Fabrication d&#039;articles de papeterie|Produits=Enveloppes de gestion éco-conçues, Gamme Zéro Déchet, Services : GoPost (gestion courrier), Ouvert (conseil RSE), Permaculture du Héron (maraîchage bio), Formations Pocheco, La Repro (reprographie)|Effectif=68 collaborateurs|Management=Pas de management intermédiaire, salariés autonomes sur leurs postes|Site web=www.pocheco.com|Fonds propres=Non diponible|Dette=Non diponible|Chiffre d&#039;affaire=11,26 M€ (2023)|Résultat net=35,056 € (2023)}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;usine Pocheco, fondée en 1928 à Roubaix sous le nom &amp;quot;Les Papeteries Générales du Nord&amp;quot; (PGN), prendra son nom actuel en 1957. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette manufacture d&#039;enveloppes s&#039;est installée en 1976 dans le Nord de la France à [https://fr.wikipedia.org/wiki/Forest-sur-Marque Forest-sur-Marque], dans la banlieue lilloise, occupant un bâtiment historique construit en 1848 par la famille Jouret pour la fabrication de sacs en toile de jute. L&#039;entreprise produit 800 000 enveloppes par an. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis 1997, sous la direction d&#039;Emmanuel Druon qui a racheté l&#039;entreprise en 2008, Pocheco applique un modèle baptisé &amp;quot;écolonomie&amp;quot;. Le principe repose sur trois critères pour chaque décision, qu&#039;il s&#039;agisse d&#039;un investissement lourd ou d&#039;un simple achat de fournitures : améliorer les conditions de travail, réduire l&#039;impact environnemental, et augmenter la productivité. La croissance et le profit ne constituent pas des priorités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2003, lors d&#039;un premier licenciement économique, Druon supprime l&#039;ensemble des équipes d&#039;encadrement et de commerciaux, réduisant le poids hiérarchique. L&#039;organisation s&#039;appuie depuis sur une structure horizontale, privilégiant le collectif sur l&#039;individuel, avec un système basé sur le partage de connaissances et l&#039;auto-contrôle, encadré par des procédures qualité, sécurité et environnement strictes. L&#039;entreprise fonctionne sans hiérarchie intermédiaire, chaque collaborateur assumant sa responsabilité à son poste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats environnementaux sont mesurables. Pocheco affiche un bilan carbone négatif de 50 000 tonnes de CO2 en 2021, une autosuffisance en eau (80% eau de pluie) et en énergie renouvelable, et 100% de ses déchets valorisés. Après un incendie en 2011, l&#039;entreprise a reconstruit selon ses principes écolonomiques avec 7 millions d&#039;euros d&#039;investissement. En 2018, une crise a provoqué une baisse de 60% des ventes, entraînant le départ de la moitié des effectifs en trois mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entreprise compte 68 collaborateurs en 2024 contre 150 en 1997. Son chiffre d&#039;affaires s&#039;élève à 11,26 millions d&#039;euros en 2023, contre environ 20 millions avant la crise. Pocheco s&#039;est diversifiée avec GoPost (gestion de courrier, créé en 2020), le Cabinet Ouvert (conseil RSE, créé en 2011), et la Permaculture du Héron (maraîchage bio).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
100% des résultats sont réinvestis dans l&#039;entreprise, aucun dividende n&#039;est versé. Entre 2003 et 2008, 15 millions d&#039;euros d&#039;économies ont été réinjectés dans des projets structurants..&amp;lt;ref&amp;gt;Site officiel de l&#039;entreprise : [https://pocheco.com/ www.pocheco.com]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Davies, M. (2022). &amp;quot;[https://hal.science/hal-04084165v1/document Pocheco, une entreprise engagée dans la transition écologique]&amp;quot;. In Guillemot, G. (dir.), &#039;&#039;La performance écologique&#039;&#039;, Institut de la Réindustrialisation, [https://hal.science/hal-04084165v1 pp. 17-19. HAL Id: hal-04084165.]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;BipiZ. (2012). &amp;quot;[https://www.bipiz.org/fr/bonnes-pratiques/pocheco-est-autarcique-en-eau.html POCHECO est autarcique en eau]&amp;quot;.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Pappers.fr. (2024). &amp;quot;[https://www.pappers.fr/entreprise/pocheco-sas-301522496 Société POCHECO SAS - Index Égalité professionnelle]&amp;quot;.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Verif.com. (2023). &amp;quot;[https://www.verif.com/societe/POCHECO-SAS-301522496/ Société POCHECO SAS]&amp;quot;.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Sage Advice France (2024) - &amp;quot;[https://www.sage.com/fr-fr/blog/parole-de-dirigeants-comment-pocheco-invente-l-ecolonomie/ Comment Pocheco invente l&#039;écolonomie]&amp;quot;, juillet 2024&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;[https://fr.linkedin.com/company/pocheco LinkedIn Pocheco (page entreprise)]&amp;lt;/ref&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études de cas]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
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		<title>Pocheco</title>
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		<updated>2026-02-17T17:04:43Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : Modification des sources&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{En Cours}}{{FicheIdentité}}{{Infobox Entreprise|Nom=Pocheco|Image=Fichier:Logo Pocheco.jpg|Création=1928 à Roubaix (sous le nom &amp;quot;Les Papeteries Générales du Nord&amp;quot; - PGN)|Fondateurs=1928 : Paul Descat (fondateur PGN), 1957 : Bernard Descat (fils de Paul), 1976 : Daniel Druon (acquéreur),1997-2008 : Emmanuel Druon (fils de Daniel, DG puis propriétaire)|Forme juridique=SAS (Société par Actions Simplifiée à associé unique)|Siège social=13 rue des Roloirs, 59510 Forest-sur-Marque, Hauts-de-France, France|Activité=Fabrication d&#039;articles de papeterie|Produits=Enveloppes de gestion éco-conçues, Gamme Zéro Déchet, Services : GoPost (gestion courrier), Ouvert (conseil RSE), Permaculture du Héron (maraîchage bio), Formations Pocheco, La Repro (reprographie)|Effectif=68 collaborateurs|Management=Pas de management intermédiaire, salariés autonomes sur leurs postes|Site web=www.pocheco.com|Fonds propres=Non diponible|Dette=Non diponible|Chiffre d&#039;affaire=11,26 M€ (2023)|Résultat net=35,056 € (2023)}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;usine Pocheco, fondée en 1928 à Roubaix sous le nom &amp;quot;Les Papeteries Générales du Nord&amp;quot; (PGN), prendra son nom actuel en 1957. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette manufacture d&#039;enveloppes s&#039;est installée en 1976 dans le Nord de la France à Forest-sur-Marque, dans la banlieue lilloise, occupant un bâtiment historique construit en 1848 par la famille Jouret pour la fabrication de sacs en toile de jute. L&#039;entreprise produit 800 000 enveloppes par an. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis 1997, sous la direction d&#039;Emmanuel Druon qui a racheté l&#039;entreprise en 2008, Pocheco applique un modèle baptisé &amp;quot;écolonomie&amp;quot;. Le principe repose sur trois critères pour chaque décision, qu&#039;il s&#039;agisse d&#039;un investissement lourd ou d&#039;un simple achat de fournitures : améliorer les conditions de travail, réduire l&#039;impact environnemental, et augmenter la productivité. La croissance et le profit ne constituent pas des priorités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2003, lors d&#039;un premier licenciement économique, Druon supprime l&#039;ensemble des équipes d&#039;encadrement et de commerciaux, réduisant le poids hiérarchique. L&#039;organisation s&#039;appuie depuis sur une structure horizontale, privilégiant le collectif sur l&#039;individuel, avec un système basé sur le partage de connaissances et l&#039;auto-contrôle, encadré par des procédures qualité, sécurité et environnement strictes. L&#039;entreprise fonctionne sans hiérarchie intermédiaire, chaque collaborateur assumant sa responsabilité à son poste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats environnementaux sont mesurables. Pocheco affiche un bilan carbone négatif de 50 000 tonnes de CO2 en 2021, une autosuffisance en eau (80% eau de pluie) et en énergie renouvelable, et 100% de ses déchets valorisés. Après un incendie en 2011, l&#039;entreprise a reconstruit selon ses principes écolonomiques avec 7 millions d&#039;euros d&#039;investissement. En 2018, une crise a provoqué une baisse de 60% des ventes, entraînant le départ de la moitié des effectifs en trois mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entreprise compte 68 collaborateurs en 2024 contre 150 en 1997. Son chiffre d&#039;affaires s&#039;élève à 11,26 millions d&#039;euros en 2023, contre environ 20 millions avant la crise. Pocheco s&#039;est diversifiée avec GoPost (gestion de courrier, créé en 2020), le Cabinet Ouvert (conseil RSE, créé en 2011), et la Permaculture du Héron (maraîchage bio).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
100% des résultats sont réinvestis dans l&#039;entreprise, aucun dividende n&#039;est versé. Entre 2003 et 2008, 15 millions d&#039;euros d&#039;économies ont été réinjectés dans des projets structurants..&amp;lt;ref&amp;gt;Site officiel de l&#039;entreprise : [https://pocheco.com/ www.pocheco.com]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Davies, M. (2022). &amp;quot;[https://hal.science/hal-04084165v1/document Pocheco, une entreprise engagée dans la transition écologique]&amp;quot;. In Guillemot, G. (dir.), &#039;&#039;La performance écologique&#039;&#039;, Institut de la Réindustrialisation, [https://hal.science/hal-04084165v1 pp. 17-19. HAL Id: hal-04084165.]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;BipiZ. (2012). &amp;quot;[https://www.bipiz.org/fr/bonnes-pratiques/pocheco-est-autarcique-en-eau.html POCHECO est autarcique en eau]&amp;quot;.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Pappers.fr. (2024). &amp;quot;[https://www.pappers.fr/entreprise/pocheco-sas-301522496 Société POCHECO SAS - Index Égalité professionnelle]&amp;quot;.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Verif.com. (2023). &amp;quot;[https://www.verif.com/societe/POCHECO-SAS-301522496/ Société POCHECO SAS]&amp;quot;.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Sage Advice France (2024) - &amp;quot;[https://www.sage.com/fr-fr/blog/parole-de-dirigeants-comment-pocheco-invente-l-ecolonomie/ Comment Pocheco invente l&#039;écolonomie]&amp;quot;, juillet 2024&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;[https://fr.linkedin.com/company/pocheco LinkedIn Pocheco (page entreprise)]&amp;lt;/ref&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études de cas]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
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		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Chrono_Flex&amp;diff=411</id>
		<title>Chrono Flex</title>
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		<updated>2026-02-12T17:01:33Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : Ajout de la mention de management&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Ébauche}}{{Infobox Entreprise|Nom=Chrono Flex|Image=Fichier:Logo chronoflex.png|Création=1995|Fondateurs=[https://tedxsaclay.com/fr/editions/au-service-du-vivant/intervenants/alexandre-gerard/ Alexandre Gérard]|Forme juridique=[https://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_par_actions_simplifi%C3%A9e/ SAS (Société par Actions Simplifiée)] au capital de 1 649 000 €|Siège social=[https://earth.google.com/web/search/13+rue+Olympe+de+Gouges,+44800+Saint-Herblain/@47.22947272,-1.64972543,55.14822907a,0d,46.73877537y,114.12148091h,99.95605537t,0r/data=CpwBGm4SaAolMHg0ODA1OTMzM2QyMGIwZTliOjB4OWUxNjYxYjdjNDlmZWE5ZRmVvmsrUZ1HQCFNrJ1ylmP6vyotMTMgcnVlIE9seW1wZSBkZSBHb3VnZXMsIDQ0ODAwIFNhaW50LUhlcmJsYWluGAEgASImCiQJKSuvLhYQNUARKCuvLhYQNcAZHB5IkGGFSUAhBEP57Wj3ScBCAggBIhoKFlpMeUxsOUktTDJ2Ums0aDVSNEhYNWcQAjoDCgEwQgIIAEoNCP___________wEQAA 13 rue Olympe de Gouges, 44800 Saint-Herblain]|Activité=Dépannage et maintenance de flexibles hydrauliques|Produits=Réparation sur site 24h/24, graissage centralisé, filtration|Effectif=450 à 500 collaborateurs (2024)|Management=Equipes autonomes pilotées par des capitaines élus.|Site web=https://chronoflex.fr|Fonds propres=Information inconnue|Dette=Information inconnue|Chiffre d&#039;affaire=64 938 629 € (2024)|Résultat net=3 009 000 € (2024)}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Chrono Flex, ou quand les salariés reprennent le volant ==&lt;br /&gt;
C&#039;est l&#039;histoire d&#039;un patron qui a décidé de ne plus l&#039;être. En 2009, [https://tedxsaclay.com/fr/editions/au-service-du-vivant/intervenants/alexandre-gerard/ Alexandre Gérard] dirige [https://chronoflex.fr Chrono Flex], une entreprise florissante de dépannage hydraulique basée près de Nantes. Puis &#039;&#039;&#039;la crise des subprimes frappe&#039;&#039;&#039;. Le chiffre d&#039;affaires accuse une chute de 30-34%, passant de 22 millions à 14 millions. Sur une période de trois ans, &#039;&#039;&#039;plusieurs dizaines de salariés sont licenciés, entre quarante et quatre-vingts selon les estimations&#039;&#039;&#039;. Après les licenciements de 2009, Alexandre Gérard ne veut plus revivre une telle épreuve. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Plus jamais ça&#039;&#039; », confie-t-il.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;Le dirigeant cherche alors une autre voie. Il rencontre Jean-François Zobrist, figure emblématique de la fonderie Favi, puis Isaac Getz, professeur à l&#039;ESCP et théoricien de l&#039;« entreprise libérée ». &#039;&#039;&#039;Le 7 janvier 2012&#039;&#039;&#039;, lors de la traditionnelle « Grand-Messe » annuelle réunissant tous les salariés, &#039;&#039;&#039;Alexandre Gérard annonce la suppression de la pyramide hiérarchique&#039;&#039;&#039;. Plus de directeurs régionaux. Plus de managers intermédiaires. &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« Aujourd’hui, je n&#039;ai ni bureau, ni assistante, ni place de parking attitrée »&#039;&#039;, plaisante Alexandre Gérard.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Capitaines et Speed Boats ==&lt;br /&gt;
L&#039;organisation qui émerge bouscule les codes. Chrono Flex fonctionne désormais avec &#039;&#039;&#039;une cinquantaine d&#039;équipes autonomes&#039;&#039;&#039;, baptisées « speed boats ». Trente-deux d&#039;entre elles opèrent sur le terrain, les autres assurent les fonctions support. Chaque équipe élit son leader, appelé « Capitaine » ou « Team Leader » selon les sources, lors d&#039;un &#039;&#039;&#039;scrutin sans candidat déclaré. Le mandat dure trois ans.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aude Le Normand, directrice des ressources humaines, détaille le fonctionnement : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« Même le recrutement leur a été confié : ils font les entretiens et décident de prolonger ou non à la fin de la période d&#039;essai. »&#039;&#039; &amp;lt;/blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Les collaborateurs choisissent leurs fournisseurs, gèrent leurs plannings, votent leurs investissements&#039;&#039;&#039;. Pendant le confinement de 2020, chaque équipe a ajusté ses effectifs à la demi-journée près, gérant le chômage partiel en totale autonomie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La hiérarchie n&#039;a pas entièrement disparu, précisons-le, mais réduite de cinq à trois échelons entre la base et la direction. Les leaders élus animent sans commander.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La règle des 3 x 15 ==&lt;br /&gt;
Quelques mois après avoir lancé la transformation, &#039;&#039;&#039;Alexandre Gérard part un an faire le tour du monde (2012-2013). L&#039;entreprise tourne sans lui&#039;&#039;&#039;. &lt;br /&gt;
[[Fichier:Véhicule Chrono Flex.jpg|vignette|609x609px|Photo tirée de l&#039;article &amp;quot;Le retour d&#039;expérience de Chrono Flex, entreprise libérée depuis 10 ans &amp;quot; - L&#039;Usine Nouvelle]]&lt;br /&gt;
Mieux : un groupe de salariés profite de son absence pour repenser entièrement le système de rémunération. Ils planchent pendant des mois, testent leur formule sur quelques volontaires, puis la généralisent. C&#039;est un exemple concret d&#039;autogouvernance : &#039;&#039;&#039;les équipes ont défini elles-mêmes les règles de leur rémunération variable.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mécanisme, dit « 3×15% », lie directement la paie à la création de valeur. Chaque technicien touche 15 % du résultat d&#039;exploitation de son véhicule. Les 15 % du résultat de son équipe régionale sont partagés entre les membres de l&#039;équipe. Les 15 % de la marge globale de l&#039;entreprise sont redistribués à l&#039;ensemble des salariés. &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« Chaque véhicule d&#039;intervention fonctionne comme une mini-entreprise, selon un principe de transparence totale »&#039;&#039;, précise le fondateur. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Les comptes d&#039;exploitation sont accessibles à tous&#039;&#039;&#039;, chaque mois. Le système a libéré les initiatives. &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« Plus ils sont proches de la zone de création de valeur, plus ils gagnent d&#039;argent »&#039;&#039;, résume Alexandre Gérard. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Sans rien changer d&#039;autre, l&#039;&#039;&#039;e chiffre d&#039;affaires a bondi de 15 %&#039;&#039;&#039; dans les mois qui ont suivi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une croissance retrouvée ==&lt;br /&gt;
Les résultats parlent d&#039;eux-mêmes. &#039;&#039;&#039;Le chiffre d&#039;affaires, tombé à 14 millions d&#039;euros au plus fort de la crise, atteint aujourd&#039;hui près de 65 millions&#039;&#039;&#039;. Le résultat net dépasse les 3 millions d&#039;euros. L&#039;effectif a plus que doublé depuis 2012, passant d’environ 220 à près de 500 collaborateurs. L&#039;entreprise déploie plus de 270 camions-ateliers à travers la France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En juillet 2021, nouveau tournant : le groupe Monnoyeur, géant de la distribution d&#039;équipements, acquiert Chrono Flex. L&#039;entreprise quitte alors le groupe Inov-On, la holding qu&#039;Alexandre Gérard avait créée pour regrouper Chrono Flex et plusieurs filiales partageant le même modèle managérial. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jérôme Jambut et Claudio Castellano prennent la direction opérationnelle. Alexandre Gérard, lui, poursuit une activité de conférencier et d&#039;accompagnement de dirigeants via Inov-On Expérience, le pôle conseil du groupe qu&#039;il a conservé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de l&#039;acquisition, le groupe Monnoyeur annonce que Chrono Flex « disposera d&#039;une grande autonomie », à l&#039;instar des autres filiales. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;En 2024, Chrono Flex revendique toujours son modèle d&#039;équipes autonomes et de leaders élus.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones d&#039;ombres ==&lt;br /&gt;
Le tableau n&#039;est pas exempt de nuances. Les sources disponibles émanent pour l&#039;essentiel de l&#039;entreprise elle-même ou de son fondateur. Les témoignages critiques, ceux des salariés qui auraient mal vécu la transformation ou quitté l&#039;entreprise, restent rares dans l&#039;espace public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de la résolution des conflits demeure floue. Aucun protocole formel de médiation entre pairs n&#039;apparaît dans la documentation accessible. Les processus de décision collective, s&#039;ils existent, ne sont pas explicitement codifiés. Comment tranche-t-on quand le consensus échoue ? La question reste ouverte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des chercheurs ont d&#039;ailleurs interrogé le concept même d&#039;entreprise libérée. Un article paru dans la revue &#039;&#039;Management &amp;amp; Avenir&#039;&#039; en 2019, intitulé « L&#039;aventure Chrono Flex. Le meilleur des Mondes ? », analyse le cas en détail, pointant notamment les risques d&#039;intensification du travail sous couvert d&#039;autonomie. L&#039;autocontrôle remplace-t-il vraiment la subordination, ou la déplace-t-il simplement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Alexandre Gérard ne prétend pas détenir de formule magique.&#039;&#039;&#039; &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« Pour être libéré, il faut oser mettre son ego de côté. Tout le monde n&#039;est pas prêt à cela »&#039;&#039;, reconnaît-il. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;La transformation a pris des années, causé des souffrances, provoqué des départs. Treize ans après le grand saut, &#039;&#039;&#039;Chrono Flex continue de faire figure de laboratoire.&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un laboratoire dont l&#039;expérience mérite d&#039;être observée avec le même mélange de curiosité et de prudence qu&#039;exige toute promesse de révolution managériale&amp;lt;ref&amp;gt;CHRONO Flex - Page recrutement [https://www.chronoflex.fr/recrutement-chrono-flex/ officielle]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Cairn.info - &amp;quot;[https://shs.cairn.info/revue-management-et-avenir-2019-5-page-97?lang=fr L&#039;aventure Chrono Flex. Le meilleur des Mondes ?]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Courrier Cadres - &amp;quot;[https://courriercadres.com/entreprise-liberee-les-erreurs-a-eviter/ Entreprise libérée : les erreurs à éviter]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Action Co - &amp;quot;[https://www.actionco.fr/Thematique/management-1214/Breves/Chrono-Flex-une-entreprise-liberee-255459.htm Entreprise libérée : l&#039;exemple Chrono Flex]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;Usine Nouvelle - &amp;quot;[https://www.usinenouvelle.com/editorial/le-retour-d-experience-de-chrono-flex-entreprise-liberee-depuis-dix-ans.N1096084 Le retour d&#039;expérience de Chrono Flex, entreprise libérée depuis dix ans]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Change The Work - &amp;quot;[https://changethework.com/liberation-entreprise-chrono-flex/ Libération d&#039;entreprise chez Chrono Flex]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;FlexJob - &amp;quot;[https://flexjob.fr/zoom-sur-chrono-flex-entreprise-liberee/ Chrono Flex : une entreprise libérée de plus de 300 salariés]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;Info Durable - &amp;quot;[https://www.linfodurable.fr/entreprises/chronoflex-lentreprise-ou-le-patron-ne-voulait-plus-etre-chef-3117 Chronoflex, l&#039;entreprise où le patron ne voulait plus être chef]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;CHRONO Flex - Site officiel ([https://www.chronoflex.fr/qui-sommes-nous/decouvrir-laventure-collaborative/ Aventure collaborative])&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== A propos de l&#039;auteur ==&lt;br /&gt;
{{Auto Organisation:À propos de Alioune}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études de cas]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Morning_Star&amp;diff=410</id>
		<title>Morning Star</title>
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		<updated>2026-02-12T16:58:20Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : Ajout de la mention de management&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Catégorie:Études_de_cas]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Infobox Entreprise|Nom=Morning Star|Image=Fichier:Morning_Star_Logo.png|Création=1970|Fondateurs=[https://www.wikiberal.org/wiki/Chris_Rufer Chris Rufer]|Forme juridique=[https://en.wikipedia.org/wiki/Privately_held_company Société privée]|Siège social=[https://en.wikipedia.org/wiki/Woodland,_California Woodland, Californie]|Activité=Transformation de tomates industrielles|Produits=Pâte de tomate, tomates en dés, purées de tomates|Effectif=550 employés permanents + 2500 saisonniers|Management=Pas de hiérarchie : autogestion, responsabilités partagées, décisions négociées entre pairs. |Site web=www.morningstarco.com|Fonds propres=Non disponible publiquement (société privée)|Dette=Non disponible publiquement (société privée)|Chiffre d&#039;affaire=Plus de 800 millions USD en 2024|Résultat net=Non disponible publiquement (société privée)}}&lt;br /&gt;
Au cœur de la vallée californienne, près de la ville de Los Banos, se trouve le site géant de Morning Star où chacun prépare la “campagne”, terme couramment utilisé dans l’industrie agro-alimentaire, et notamment dans le secteur de la transformation de la tomate.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez Morning Star, c’est donc la saison de transformation industrielle des tomates, la période intense pendant laquelle les tomates sont récoltées et transformées à l’usine, généralement des mois de juillet à octobre. Ce temps fort de l’année est rythmé par l’afflux quotidien de matières premières, les impératifs de rendement et l’organisation du travail autour des activités de production.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, ici, pas d’organigrammes, pas de managers. À la place : des collègues, des missions libres et des engagements écrits négociés d’égal à égal. Morning Star, leader mondial de la tomate industrielle, cultive un modèle radicalement plat, qui intrigue autant qu’il interroge sur la possibilité de réinventer l’entreprise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques données, en bref :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Fondation&#039;&#039;&#039; : 1970 par [https://www.wikiberal.org/wiki/Chris_Rufer&amp;amp;#x20;Chris&amp;amp;#x20;Rufer Chris Rufer]&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Effectif&#039;&#039;&#039; : 550 employés permanents et 2500 saisonniers (2012-2013)&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Chiffre d&#039;affaires&#039;&#039;&#039; : Plus de 800 millions USD en 2024&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Structure&#039;&#039;&#039; : Organisation sans hiérarchie : autogestion, responsabilités partagées, décisions négociées entre pairs.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Recrutement&#039;&#039;&#039; : Cooptation, les collègues sélectionnent les candidats sur l&#039;autonomie, l&#039;engagement et la polyvalence&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Financement&#039;&#039;&#039; : Fonds propres, croissance financée principalement par réinvestissement des profits de l’entreprise&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Innovation&#039;&#039;&#039; : Le &amp;quot;Star-Pak&amp;quot;, système de conditionnement aseptisé breveté par Morning Star&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Évaluation&#039;&#039;&#039; : Performance évaluée entre collègue chaque année&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Philosophie&#039;&#039;&#039; : Autogestion totale avec liberté individuelle, engagement et responsabilité partagée&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La genèse d’un OVNI industriel ==&lt;br /&gt;
[https://www.wikiberal.org/wiki/Chris_Rufer Chris Rufer], tout juste diplômé de l’UCLA, fonde sa société de transport en 1970 avec un seul camion &#039;&#039;&#039;par pragmatisme, par goût du concret et grâce à une vision entrepreneuriale&#039;&#039;&#039; acquise dès ses études et dans sa famille. Il finance son premier camion en cumulant divers petits boulots, puis choisit le transport de tomates car il connaît bien le métier, son père était lui-même camionneur, et identifie rapidement, sur le terrain, de nombreux dysfonctionnements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, il subissait souvent l’attente due à des procédures rigides, observant que personne sur place n’osait prendre de décisions rapides sans demander l’accord d’un supérieur. Lors de ses livraisons, &#039;&#039;&#039;il échangeait fréquemment avec le personnel&#039;&#039;&#039; des entreprises, recueillant spontanément leurs frustrations, leurs difficultés à « faire bouger les choses » et leur impuissance face à la hiérarchie. En cas de petit imprévu comme une erreur de commande, une machine bloquée ou un retard, il voyait concrètement que personne ne voulait ou ne pouvait prendre de décision sans remonter l’information en haut de la chaîne, ce qui engendrait de coûteux immobilismes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;En conduisant lui-même et en ayant un regard extérieur sur de nombreuses structures différentes&#039;&#039;&#039;, il notait facilement les similitudes des problèmes rencontrés dans différents contextes industriels et percevait des opportunités d’amélioration dans la filière. Sa compréhension intime des difficultés logistiques et son analyse des pertes de temps et ses connaissances en économie et sciences agricoles acquises lors de son parcours universitaire lui ont permis de commencer à &#039;&#039;&#039;imaginer des solutions innovantes&#039;&#039;&#039; pour rendre la chaîne plus efficace.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce cheminement progressif, à partir d’une modeste entreprise, lui a donné, en plus d’une  crédibilité solide auprès des acteurs locaux, une immense liberté d’action et l’a conduit à réformer, à terme, l’ensemble du secteur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chris Rufer a ainsi conçu sa &#039;&#039;&#039;première grande usine en 1990 en intégrant dès le départ des solutions techniques innovantes&#039;&#039;&#039;, notamment l’usage de conteneurs aseptiques pour stocker et transporter la pâte de tomate. Ces conteneurs, appelés « aseptic containers » en anglais, permettent de conserver le produit sans additif ni conservateur, en empêchant toute contamination microbienne. Morning Star a même breveté une solution adaptée à ses besoins : le &amp;quot;Star-Pak&amp;quot;. Il s&#039;agit d&#039;un système de quatre sacs aseptiques insérés dans une seule grande caisse. Cette solution permet aux clients de commander en vrac et de bénéficier de la flexibilité offerte par de plus petits emballages, tout en maintenant les qualités de conservation et la sécurité sanitaire du conditionnement aseptique. Le Star-Pak a contribué à &#039;&#039;&#039;renforcer la compétitivité logistique de l’entreprise sur le marché mondial de la tomate industrielle&#039;&#039;&#039;. Il s&#039;agissait d&#039;une avancée notable par rapport aux pratiques traditionnelles, facilitant le stockage en gros volumes et l’exportation mondiale tout en maintenant une qualité optimale du produit fini.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Morning star usine noir et blanc.jpg|vignette|556x556px|Image fournie par Morning Star]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rufer, &#039;&#039;&#039;inspiré par la philosophie libertarienne&#039;&#039;&#039;, souhaitait valoriser la liberté individuelle et la responsabilité comme moteurs de la performance et de la satisfaction professionnelle. Dans son usine, le management est donc repensé de zéro avec succès puisqu’un saisonnier témoignera : &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Même sur trois mois, on m’inclut dans la boucle, on m’explique la logique du système. Je me sens valorisé&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;. »&amp;lt;/blockquote&amp;gt;Innover pour &#039;&#039;&#039;réduire le gaspillage et responsabiliser chacun&#039;&#039;&#039; : telle est la promesse initiale, qui fait de Morning Star, dès la fin des années 90, &#039;&#039;&#039;le premier transformateur de tomates au monde&#039;&#039;&#039;. En effet, l’usine traite 5 millions de tonnes de tomates par an et fournit à elle seule &#039;&#039;&#039;plus de 10% du marché mondial&#039;&#039;&#039; des ingrédients à base de tomate (paste, purée, dés, etc.). L’entreprise atteint 700 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2012, affichant une &#039;&#039;&#039;croissance à deux chiffres alors que le secteur végétais à +1 %&#039;&#039;&#039; par an.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’autogestion comme boussole ==&lt;br /&gt;
Morning Star fait figure d’exception : &#039;&#039;&#039;zéro hiérarchie, zéro titre, aucune autorité directe&#039;&#039;&#039;, hormis la mention « président » imposée légalement à Rufer. &#039;&#039;&#039;Chacun définit, via une « Colleague Letter of Understanding » (CLOU), sa mission de l’année&#039;&#039;&#039; : objectifs, moyens, partenaires, indicateurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’autorité ne s’impose plus : elle se négocie, fluctue au gré des expertises, s’efface devant la légitimité et la persuasion. Un responsable production peut voir sa crédibilité renforcée par des années d’expérience, mais n’a &#039;&#039;&#039;aucune prérogative autre que celle que ses collègues acceptent de lui reconnaître.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Ce principe irrigue tout le fonctionnement&#039;&#039;&#039; : achats, recrutement, pilotage des projets, tout est mû par la consultation et la co-construction. Un technicien raconte : &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Si j’ai besoin d’une pièce, je passe commande. Si un projet d’investissement m’emballe, charge à moi d’en défendre l’utilité&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;. »&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Quotidien d’une entreprise sans superviseur ==&lt;br /&gt;
Dans la réalité, cela donne &#039;&#039;&#039;un quotidien rythmé par la liberté et la responsabilité&#039;&#039;&#039;. À Morning Star, &#039;&#039;&#039;chaque salarié peut s’essayer à de nouvelles fonctions, créer son propre parcours, s’allier à de nouveaux partenaires&#039;&#039;&#039;. La polyvalence permet de couvrir les pics saisonniers : en pleine transformation, « &#039;&#039;même l’équipe logistique vient aider au tri si besoin&#039;&#039; », témoigne une saisonnière. Hors saison, place à l’entretien, l’innovation technique, la formation.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Morning Star collègue informatique.jpg|vignette|452x452px|Image fournie par Morning Star]]&lt;br /&gt;
Un autre témoignage souligne le climat d’entraide : &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Tout le monde est prêt à mettre la main à la pâte ; il n’y a pas de “c’est pas mon job”. Chacun sait qu’il peut proposer, décider, se tromper… et apprendre !&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; »&amp;lt;/blockquote&amp;gt;Cette liberté a un prix : &#039;&#039;&#039;le recrutement est exigeant, et la phase d’acculturation longue&#039;&#039;&#039;. Près de la moitié des anciens cadres ne parviennent pas à s’adapter chez Morning Star. L’absence de hiérarchie les prive des repères habituels : recevoir des directives, organiser le travail selon un cap ou des objectifs dictés par la direction, et avoir des subordonnés à diriger. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La stabilité de l’équipe reste néanmoins remarquable puisque &#039;&#039;&#039;90 % de saisonniers sont fidèles à leur poste chaque année&#039;&#039;&#039;, et &#039;&#039;&#039;la rémunération moyenne dépasse de 10 à 15 % celle du marché.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Transparence et innovation à la clé ==&lt;br /&gt;
Les performances de Morning Star reposent sur une &#039;&#039;&#039;cartographie fine des processus&#039;&#039;&#039; : la production suit une trentaine d’étapes minutées, chaque acteur suit ses propres « steppingstones », terme qui désigne les &#039;&#039;&#039;indicateurs personnalisés accessibles à tous&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les indicateurs sont &#039;&#039;&#039;choisis par chaque collègue, en accord avec ses partenaires de travail&#039;&#039;&#039;, au sein de sa « Colleague Letter of Understanding » (CLOU). Il mesure la qualité, l’efficacité ou d’autres aspects essentiels d’un processus dont le collègue a la responsabilité opérationnelle. Par exemple, pour un opérateur de chariot élévateur, des steppingstones typiques seraient le nombre de palettes déplacées par heure, le taux d’erreur ou de casse, ou la disponibilité de l’équipement. Morning Star ne les nomme pas « KPI » (Key Performance Indicators) afin de souligner leur rôle : &#039;&#039;&#039;chaque indicateur est une « pierre de gué », une étape mesurable sur la voie de la perfection d’un processus&#039;&#039;&#039;, même si cette perfection n’est jamais totalement atteinte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il en résulte une &#039;&#039;&#039;capacité d’amélioration continue quasi organique&#039;&#039;&#039;, guidée non par le contrôle mais par la visibilité et la confrontation collective aux résultats. Voici un exemple vécu : lorsqu’un goulot technique menace la production, toute la chaîne réagit sans attendre un feu vert hiérarchique. L’information circule à tous les niveaux, et chacun sent le besoin d’agir. Cette réactivité est jugée précieuse par les clients. Un grand industriel de la pizza témoigne:&amp;lt;blockquote&amp;gt;[[Fichier:Morning Star chaine de production vue inérieure.jpg|vignette|431x431px|Image fournie par Morning Star]]« &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;[l]eur fiabilité et leur agilité sont incomparables&#039;&#039;&#039;.&#039;&#039; ».&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’exécution parfaite avant les profits ==&lt;br /&gt;
Chez Morning Star, la priorité a toujours été accordée à l’exécution rigoureuse et à l’innovation technique, bien avant la recherche de croissance ou de profits purs. Cette orientation se traduit par une &#039;&#039;&#039;quête permanente de progrès, l’amélioration des procédés et une discipline collective centrée sur la réalisation d’un produit irréprochable&#039;&#039;&#039;. Pour Morning Star, l&#039;&#039;&#039;a croissance et la rentabilité sont des effets secondaires naturels&#039;&#039;&#039; de l’excellence opérationnelle. L’innovation n’est jamais dissociée de la qualité d’exécution, chaque collaborateur ayant la responsabilité directe d’optimiser les performances et d’en assurer le suivi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le CLOU : lettre d’engagement mutuel entre collègues ==&lt;br /&gt;
Le CLOU (Colleague Letter of Understanding) est un outil central dans le modèle d’autogestion de Morning Star, servant de &#039;&#039;&#039;contrat de performance entre collègues&#039;&#039;&#039;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Chaque année, chaque collaborateur rédige sa propre lettre, qu’il négocie avec les collègues les plus concernés par son travail&#039;&#039;&#039;. Le CLOU précise la mission personnelle de chacun, les responsabilités spécifiques, la compétence commerciale déclarée, les indicateurs de performance (appelés Steppingstones), le temps prévu pour chaque tâche, ainsi que les ressources nécessaires et les partenaires internes. Un exemple typique pourrait être : “En tant que collègue, je m’engage à fournir ce rapport à untel, ou à charger ces conteneurs, ou à exploiter telle machine selon des modalités définies&amp;quot;. Cette démarche crée &#039;&#039;&#039;un ‘ordre spontané’ qui favorise la fluidité et l’adaptabilité des relations&#039;&#039;&#039;, contrairement à une organisation figée par la hiérarchie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le processus d’élaboration du CLOU implique généralement de consulter entre six et dix collègues, chaque entretien durant de 20 à 60 minutes. La création du CLOU est ainsi collaborative : &#039;&#039;&#039;le contenu évolue chaque année&#039;&#039;&#039; pour refléter les compétences et intérêts nouveaux, et la charge de travail se répartit entre ceux qui montent en expertise et ceux qui prennent des activités plus simples. Ce système apporte de la souplesse, permet une meilleure coordination et offre à chacun une autonomie renforcée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Gérer ensemble… jusqu’à la paie ==&lt;br /&gt;
La gestion RH surprend autant que la production : chez Morning Star, &#039;&#039;&#039;chacun choisit ses formations, rédige son plan de développement, propose de nouveaux recrutements&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le processus d’augmentation et de fixation des salaires chez Morning Star repose sur un &#039;&#039;&#039;mécanisme collectif et transparent&#039;&#039;&#039;, organisé généralement à la fin de chaque année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Chaque collègue prépare un dossier&#039;&#039;&#039; comprenant une lettre justifiant la rémunération souhaitée, un résumé des retours de ses pairs (via un système de revue 360°), les résultats des Steppingstones (indicateurs de performance) et son CLOU de l’année passée et à venir. Les demandes de revalorisation doivent être argumentées, la base étant l’ajustement au coût de la vie ; toute augmentation doit être appuyée par des résultats démontrant la valeur ajoutée du collègue pour l’entreprise. Ce dossier est ensuite &#039;&#039;&#039;examiné par un comité de rémunération local, composé de pairs élus&#039;&#039;&#039;, qui analyse les justificatifs et vérifie les faits avant de formuler une recommandation. Les décisions finales sont soumises au président, avec pour objectif à terme de déléguer cette responsabilité aux comités. Ce système vise à aligner les rémunérations sur la contribution réelle à l’entreprise, tout en préservant la cohérence avec les principes d’autogestion et la culture de la responsabilisation individuelle&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Décider ensemble ==&lt;br /&gt;
Chez Morning Star, la prise de décision repose sur l’engagement direct et la responsabilité individuelle des collègues : &#039;&#039;&#039;il n’existe aucun chef pour trancher&#039;&#039;&#039; à leur place. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Ce n’est pas la position, c’est l’impact qui compte&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; », résume un électromécanicien.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;Lorsqu’un désaccord survient, les personnes concernées sont d’abord tenues de &#039;&#039;&#039;dialoguer ensemble&#039;&#039;&#039;, dans le but de trouver une solution mutuellement acceptable. Si la discussion n’aboutit pas, elles peuvent choisir une &#039;&#039;&#039;tierce personne (un médiateur interne) qui ne tranche pas, mais facilite l’échange&#039;&#039;&#039;. En absence d’accord à ce stade, &#039;&#039;&#039;un panel de 3 à 10 collègues familiers du problème&#039;&#039;&#039; est constitué pour proposer une issue constructive. Enfin, si le conflit persiste, la situation est portée au président, qui statue ou désigne une personne pour le faire, en garantissant la traçabilité et l’équité du processus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette méthode ouverte, connue sous le nom de “Gaining Agreement Process”, assure la transparence et la légitimité des décisions, tout en favorisant la résolution des divergences par la concertation, et non par la contrainte ou le pouvoir hiérarchique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Attractivité et diffusion du modèle ==&lt;br /&gt;
Le modèle d’autogestion de Morning Star suscite un &#039;&#039;&#039;vif intérêt à l’international&#039;&#039;&#039;, notamment grâce au travail du [https://www.youtube.com/c/selfmanagementinstitute Self-Management Institute], fondé en 2008 par Chris Rufer. Cet institut joue un rôle clé dans la diffusion et l’accompagnement de la démarche : il structure, transmet et enseigne les outils et les principes d’autogestion à la fois aux collègues internes et aux organisations extérieures en quête de nouveaux leviers de performance et de responsabilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le sillage de Morning Star, &#039;&#039;&#039;plusieurs études ont analysé son organisation originale&#039;&#039;&#039; : Harvard Business School a publié une étude de cas détaillée, utilisée dans les cursus de management, tandis que des chercheurs comme Gary Hamel ont consacré des articles dans la Harvard Business Review, ce qui a participé à faire rayonner le modèle dans les cercles académiques et professionnels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Morning Star est présenté comme une &#039;&#039;&#039;source d’inspiration&#039;&#039;&#039; pour de nombreuses structures à travers le monde œuvrant dans l’industrie, les services ou la tech. Roger T. Burlton, expert en management de processus, salue Morning Star en la qualifiant de &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&amp;quot;&#039;&#039;&#039;meilleur exemple d’organisation mature, pilotée par les processus&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;”.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les zones d’ombre de l’autogestion ==&lt;br /&gt;
Le modèle Morning Star représente un &#039;&#039;&#039;défi d’acculturation&#039;&#039;&#039; pour les nouveaux venus familiers des organisations hiérarchiques, et il peut leur falloir &#039;&#039;&#039;jusqu’à un an pour devenir pleinement opérationnels&#039;&#039;&#039;. Environ 50% des managers issus d’organisations conventionnelles quittent Morning Star dans les deux ans car ils peinent à trouver leur place dans le système sans chef.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’attente que chacun recadre ses collègues peut être source de malaise ; la peur de blesser ou d’isoler existe, et seulement une minorité, soit environ 10% des collègues osent vraiment exercer cette responsabilité. Cela peut entraîner une “conspiration de médiocrité” lorsque certains préfèrent éviter le conflit. La citation : &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Ici, 10 % des gens osent recadrer, beaucoup préfèrent éviter le conflit&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; » résume fidèlement cet enjeu.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;L’absence de grades formels rend difficile pour les salariés de comparer leur évolution ou de valoriser leur parcours à l’extérieur, ce qui peut provoquer de la frustration. &#039;&#039;&#039;Certains partent chez d’autres employeurs pour obtenir une progression ou une reconnaissance plus claire&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Morning Star craint explicitement que la &#039;&#039;&#039;croissance rapide&#039;&#039;&#039; puisse &#039;&#039;&#039;diluer sa culture d’autogestion&#039;&#039;&#039;. Cette inquiétude est exprimée comme un frein potentiel à l’expansion et fait l’objet d’un débat en interne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Épilogue : laboratoire du travail de demain ? ==&lt;br /&gt;
Chez Morning Star, donner de la liberté à chacun, mettre la barre haut et jouer la carte de la transparence &#039;&#039;&#039;motive les salariés et rend l’entreprise performante&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peut-on reproduire ce modèle ailleurs ? Sans doute, à condition d’accepter des apprentissages longs, l’imprévu et la remise en cause perpétuelle des règles du jeu. Une chose est sûre : l’aventure de la tomate n’a pas fini de faire réfléchir les entreprises à ce que pourrait devenir, enfin, un vrai collectif de travail&amp;lt;ref&amp;gt;Article &amp;quot;[https://underthrow.substack.com/p/the-man-who-built-a-bossless-tomato The Man Who Built a Bossless Tomato Empire]&amp;quot;, Max Borders, 13 décembre 2023&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;[https://www.linkedin.com/pulse/self-management-pioneers-series-morning-star-company-doug-kirkpatrick-k11jc/ Extrait du livre BEYOND EMPOWERMENT: THE AGE OF THE SELF-MANAGED ORGANIZATION], Doug Kirkpatrick, JetLaunch, 2017&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Harvard Busuness Review, &amp;quot;[[:Fichier:HBR First, Let’s Fire All the Managers.pdf|First, Let&#039;s Fire All the Managers]]&amp;quot;, Gary Hamel, décembre 2011&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Harvard Business School, &amp;quot;[[:Fichier:HBR The Morning Star Company Self-Management at Work.pdf|The Morning Star Compagny: Self-Management at Work]]&amp;quot;, Francesca Gino, Bradley R. Staats, Brian J. Hall, Tiffany Y. Chang, 10 juin 2016.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== A propos de l&#039;auteur ==&lt;br /&gt;
{{Auto Organisation:À propos de Alioune}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études_de_cas]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Buurtzorg&amp;diff=409</id>
		<title>Buurtzorg</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://auto-org.fr/index.php?title=Buurtzorg&amp;diff=409"/>
		<updated>2026-02-12T16:57:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : Ajout de la mention sur le management&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Infobox Entreprise|Nom=Buurtzorg|Image=Fichier:Logo_BUURTZORG.jpg|Création=2006|Fondateurs=[https://thinkers50.com/biographies/jos-de-blok/ Jos De Blok], [https://www.linkedin.com/in/gonnie-kronenberg-36a0218a Gonnie Kronenberg ], [https://www.linkedin.com/in/ard-leferink-25a7215 Ard Leferink]|Forme juridique=[https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisme_sans_but_lucratif Organisme à but non lucratif]|Siège social=[https://fr.wikipedia.org/wiki/Almelo Almelo]|Activité=Santé|Produits=Soins à domicile|Effectif=15,000 (en 2024)|Management=Organisé par chaque équipe en autonomie, pas de fonction RH |Site web=https://buurtzorg.com|Fonds propres=Développements financés par les fonds propres|Dette=Pas de dette significative rapportée pour Buurtzorg Nederland|Chiffre d&#039;affaire=427 Millions € en 2019|Résultat net=5 Millions € en 2019}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un secteur où la multiplication des procédures a déshumanisé la relation patient et transformé le travail des soignants en actes minutés et standardisés, le groupe néerlandais Buurtzorg prouve qu&#039;autonomie et confiance peuvent susciter une révolution douce. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques données, en bref :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Fondation&#039;&#039;&#039; : 2006 par [https://thinkers50.com/biographies/jos-de-blok/ Jos De Blok], [https://www.linkedin.com/in/gonnie-kronenberg-36a0218a Gonnie Kroenberg], [https://www.linkedin.com/in/ard-leferink-25a7215 Ard Leferink]&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Effectif&#039;&#039;&#039; : 15 000 employés (en 2024)&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Chiffre d&#039;affaires&#039;&#039;&#039; : 427 Million d&#039;euros en 2019&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Structure&#039;&#039;&#039; : Organisation plate, équipes auto‑gérées et locales, pas de hiérarchie intermédiaire&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Recrutement&#039;&#039;&#039; : Organisé par chaque équipe en autonomie, pas de fonction RH&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Financement&#039;&#039;&#039; : Fonds propres&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Innovation&#039;&#039;&#039; : Système informatique développé spécifiquement pour les besoins des équipes infirmières (BuurtzorgWeb)&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Évaluation&#039;&#039;&#039; : Auto-évaluation collégiale quinzomadaire centrée sur la progression collective&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Philosophie&#039;&#039;&#039; : Confiance, autonomie, proximité, solidarité, dignité humaine&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pas le temps de lire ? Sautez aux [[Buurtzorg#Questions fréquentes|Questions fréquentes]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Genèse et idée fondatrice ==&lt;br /&gt;
Tout commence en 2006. [https://thinkers50.com/biographies/jos-de-blok Jos de Blok], qui est infirmier et manager, se sent frustré par la bureaucratie lourde et la mauvaise gestion observée dans les soins de santé à domicile des grands organismes néerlandais. En effet, dans les années 1990, &#039;&#039;&#039;le gouvernement néerlandais a créé le CNAC (Care Needs Assessment Centre), un organisme public&#039;&#039;&#039; ayant pour but d’analyser et de contrôler les besoins de chaque patient en matière de soins à domicile. Sa mission était d’imposer une gestion standardisée : il évaluait les besoins, déterminait le volume et la nature des interventions à réaliser et instaurait un encadrement administratif qui a introduit de multiples niveaux de contrôle et de bureaucratie dans le secteur des soins de proximité. Cette approche a eu pour effet de bureaucratiser l’activité, de focaliser l’organisation sur les tâches et les temps de soins plutôt que sur les besoins réels des patients, et d’instaurer une gestion fortement hiérarchisée du travail infirmier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En constatant &#039;&#039;&#039;la dégradation de la qualité des soins et la démotivation des infirmiers en perte de sens&#039;&#039;&#039;, Jos de Blok décide de s’inspirer d’une mission de conseil menée dans le système de soins primaires en Ukraine. Là-bas, il accompagne des professionnels de santé dans la définition collective de leurs orientations et voit émerger les bénéfices d’une autogestion concertée, entre pairs, dans le secteur médical. De retour aux Pays-Bas, Jos transpose l’idée : &#039;&#039;&#039;réunir des infirmiers en petites équipes auto-gérées, capables de décider elles-mêmes des soins à apporter et de leur mode d’organisation&#039;&#039;&#039;. Il lance Buurtzorg avec [https://www.linkedin.com/in/gonnie-kronenberg-36a0218a Gonnie Kronenberg] et [https://www.linkedin.com/in/ard-leferink-25a7215 Ard Leferink] et 3 infirmières, finançant la première équipe sur ses fonds propres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rapidement, la presse et la télévision mettent en lumière ce « laboratoire social », attirant des centaines de professionnels qui souhaitent retrouver du sens dans leur travail. Le secteur du soin à domicile étant très fragmenté, avec de nombreux prestataires régionaux ou locaux, Buurtzorg est le seul acteur à rayonner au niveau national et à marquer les esprits par ses résultats en termes de satisfaction des patients et d&#039;efficacité organisationnelle. &#039;&#039;&#039;Ses performances sont remarquables&#039;&#039;&#039; avec des taux de satisfaction client supérieurs de 30% par rapport à la moyenne nationale. L’absentéisme, la rotation du personnel et les heures de soin cumulées nécessaires par patient sont nettement plus faibles qu’ailleurs. Son organisation autogérée, fondée sur de petites équipes locales, permet une grande efficacité opérationnelle et favorise l’autonomie des soignants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2010-2011, &#039;&#039;&#039;le gouvernement néerlandais décide de confier à Buurtzorg une expérience&#039;&#039;&#039; : &#039;&#039;&#039;&amp;lt;u&amp;gt;il lui accorde l’exemption temporaire des pratiques et du contrôle du CNAC&amp;lt;/u&amp;gt;&#039;&#039;&#039; afin de démontrer que son modèle d’évaluation et de gestion des besoins, fondé sur l’autonomie des équipes, pouvait être plus efficace que le système bureaucratique officiel. Grâce aux résultats très positifs de ce pilote, qui a prouvé l’efficacité et la simplicité du modèle Buurtzorg par rapport au CNAC, le gouvernement a décidé d’abandonner le CNAC et d’adopter une structure plus flexible juste après 2011, le [https://www.ciz.nl/ CIZ], pour l’évaluation des besoins en soins de longue durée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2022, l’ensemble du groupe Buurtzorg comptait plus de 15 000 salariés répartis dans environ 900 équipes, tout en maintenant une structure administrative très légère, avec seulement 50 salariés au siège et une équipe de 20 coaches répartis régionalement dans le pays. Ce modèle a contribué à des coûts maîtrisés et une forte attractivité pour les professionnels (pour plus d’information cf. [[Ressource:Etude de KPMG sur Buurtzorg (2014)|https://auto-org.fr/Ressource:Etude_de_KPMG_sur_Buurtzorg_(2014)]])&lt;br /&gt;
== Structure organisationnelle ==&lt;br /&gt;
Les quelques &#039;&#039;&#039;900 équipes d’infirmiers auto-gérées&#039;&#039;&#039; sont scindées quand leur effectif fluctue &#039;&#039;&#039;entre 7 et 12 membres&#039;&#039;&#039; pour maintenir une taille optimale qui favorise l’autonomie, la cohésion et une communication efficace. Au-delà de 12 membres, la coordination et la prise de décision collective deviennent plus difficiles, ce qui peut nuire à l’esprit d’auto-gestion. Lorsque le seuil est dépassé, l’équipe se divise pour que chaque groupe conserve cette dynamique de proximité et d’efficacité. En dessous de 7, une équipe peut fusionner avec une autre pour garantir un fonctionnement robuste et équilibré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans chaque équipe Buurtzorg, &#039;&#039;&#039;plusieurs rôles tournants&#039;&#039;&#039; existent :&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;FloatingTable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ &#039;&#039;&#039;Les effectifs du groupe Buurtzorg&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Nombre d’infirmiers et infirmières&#039;&#039;&#039; ||  15 000 (2022)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Nombre d’équipes&#039;&#039;&#039; || ~900 équipes auto-gérées&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Nombre de patients&#039;&#039;&#039; || 65 000+ patients (2014).&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Personnel administratif (backoffice)&#039;&#039;&#039; ||  ~50 personnes&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Accompagnement&#039;&#039;&#039; || 15-21 coachs régionaux&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Part de marché&#039;&#039;&#039; || 15% - 20% du marché des soins à domicile aux Pays-Bas&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le responsable logistique&#039;&#039;&#039; : gère la logistique et l’intendance du bureau, la maintenance, et veille au bon fonctionnement matériel&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le rapporteur&#039;&#039;&#039; : surveille les heures passées par l&#039;équipe sur les contrats et arrangements avec Buurtzorg, ainsi que la productivité&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le développeur&#039;&#039;&#039; : partage les connaissances, fait de la veille documentaire et facilite la communication interne/externe&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le planificateur&#039;&#039;&#039; : élabore le planning des soins, gère la planification en fonction des besoins patients et des ressources humaines&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le facilitateur :&#039;&#039;&#039; favorise la cohésion d’équipe et l’ambiance de travail&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le mentor&#039;&#039;&#039; : accueille, forme et accompagne les nouveaux membres, veille au développement des compétences et à la résolution de conflits&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de ces rôles tournants, &#039;&#039;&#039;tous les membres sans exception s’impliquent dans le soin direct et accompagnent quotidiennement les patients&#039;&#039;&#039;. Cela renforce l’auto-gestion, la polyvalence et la solidarité à l’intérieur de chaque équipe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les coachs n’interviennent qu’en soutien des équipes autonomes, que ce soit à la demande, en cas de difficultés persistante dans une équipe ou pour accompagner la croissance collective. Jamais ils n’imposent des directives, encadrent ou contrôlent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le back-office central compte une cinquantaine de personnes&#039;&#039;&#039; dont le rôle consiste à fournir les moyens nécessaires pour que les infirmières puissent se concentrer sur le soin. Ces équipes support renforcent l&#039;indépendance des équipes terrain tout en les sensibilisant aux réglementations à respecter. Elles n&#039;imposent rien et laissent aux professionnels la liberté d&#039;explorer les meilleures options par eux-mêmes. Le back-office assure les fonctions classiques d&#039;administration, de comptabilité, de finance, de ressources humaines et de juridique. L&#039;équipe administrative gère la facturation et les aspects contractuels, tandis que la finance s&#039;occupe des salaires, des remboursements de frais, des loyers de bureaux et des achats d&#039;équipements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une seule équipe projet formelle existe au siège : &#039;&#039;&#039;six personnes, mi-infirmières mi-chargées de projet&#039;&#039;&#039;, travaillent sur l&#039;amélioration continue, l&#039;innovation et la collaboration entre équipes. Elles peuvent par exemple étudier comment chaque équipe pourrait gagner trois points de productivité. Tous les autres sujets s&#039;organisent de manière ad-hoc et organique, sans structure formelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La direction, réduite à deux personnes, [https://thinkers50.com/biographies/jos-de-blok/ Jos de Blok] et Gonnie Kronenberg, n&#039;impose aucune décision ni management intermédiaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le rôle des directeurs ==&lt;br /&gt;
[https://thinkers50.com/biographies/jos-de-blok/ Jos de Blok], fondateur et directeur de Buurtzorg, concentre ses tâches sur &#039;&#039;&#039;l’animation du projet collectif et la préservation de la philosophie d’autonomie du réseau&#039;&#039;&#039;. Il veille personnellement aux &#039;&#039;&#039;relations avec les parties prenantes externes&#039;&#039;&#039; : discussions avec les régulateurs, assureurs, médias et partenaires publics. Jos joue aussi un rôle clé dans le &#039;&#039;&#039;partage de la vision auprès des équipes terrain&#039;&#039;&#039;, encourageant la circulation des idées novatrices sans jamais imposer de directives descendantes. Il s’implique ponctuellement dans la résolution de crises, l’expérimentation de nouveaux modèles d’organisation ou de pratiques de soin, et arbitre lorsque le modèle Buurtzorg risque d’être compromis par des contraintes extérieures. Enfin, il porte haut la voix de Buurtzorg dans les &#039;&#039;&#039;débats nationaux sur la santé&#039;&#039;&#039;, avec une position souvent militante sur l’humanisation du travail infirmier et la lutte contre la bureaucratie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rapidement après la fondation de Buurtzorg, [https://www.linkedin.com/in/ard-leferink-25a7215 Ard Leferink] s&#039;est consacré au développement du &#039;&#039;&#039;système informatique [https://www.buurtzorg.com/innovation/buurtzorg-web/ BuurtzorgWeb]&#039;&#039;&#039; qui permet aux équipes infirmières d’organiser, suivre et coordonner les soins de manière autonome. Il a alors quitté Buurtzorg pour cofonder [https://ecare.nl/ Ecare], l’entreprise indépendante qui gère et développe ce système informatique ainsi que d’autres solutions informatiques, Buurtzorg restant le principal client d’[https://ecare.nl/ Ecare]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[https://www.linkedin.com/in/gonnie-kronenberg-36a0218a Gonnie Kronenberg] quant à elle assure la &#039;&#039;&#039;gestion du back office et l’appui administratif stratégique&#039;&#039;&#039; chez Buurtzorg. Son rôle consiste à simplifier les procédures internes et à rendre l’organisation la plus accessible possible pour les équipes de terrain, notamment en matière de gestion des salaires, des contrats, de la logistique, et du support informatique. Elle veille à ce que les outils, comme [https://www.buurtzorg.com/innovation/buurtzorg-web/ BuurtzorgWeb], restent fonctionnels, intuitifs et adaptés aux besoins réels des infirmières. Gonnie s’occupe également de coordonner la mutualisation des bonnes pratiques et d’assurer que l’infrastructure centrale reste au service de l’autonomie des équipes, tout en maintenant l’ouverture et la simplicité qui caractérisent l’organisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Carte équipe buurtzorg.png|alt=Carte indiquant la répartition des équipes Buurtzorg|vignette|Répartition des équipes Buurtzorg |500x500px]]&lt;br /&gt;
== Zéro managers, 20 coachs, 15000 infirmiers ==&lt;br /&gt;
Chez Buurtzorg, &#039;&#039;&#039;les coachs régionaux incarnent une fonction d’accompagnement&#039;&#039;&#039; radicalement différente du management classique. Figurant en nombre restreint, ils accompagnent chacun plusieurs dizaines d’équipes d’infirmiers et infirmières, &#039;&#039;&#039;sans exercer aucun pouvoir hiérarchique ou de contrôle&#039;&#039;&#039;. Leur mission, assurée uniquement à la demande de chaque équipe ou en cas de difficulté particulière, consiste à faciliter le dialogue, résoudre les tensions et promouvoir le partage d’expérience entre professionnels. Les équipes restent libres d’accepter ou de refuser leur intervention, garantissant ainsi le caractère volontaire et non intrusif de leur démarche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La majorité des coachs provient du terrain infirmier&#039;&#039;&#039;, renforçant leur compréhension et leur légitimité auprès des équipes. Ils veillent au respect des principes clés du modèle Buurtzorg : autonomie, consensus décisionnel et rotation des rôles, tout en excluant toute forme de sanction ou de contrôle systématique. Leur accès aux indicateurs de performance via la plateforme [https://www.buurtzorg.com/innovation/buurtzorg-web/ BuurtzorgWeb] a une vocation exclusivement de soutien, jamais d’évaluation punitive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, les coachs se réunissent régulièrement au niveau régional pour mutualiser leurs expériences et remonter les enjeux majeurs à la direction. Leur présence s’intensifie auprès des équipes en difficulté, et leur &#039;&#039;&#039;posture – fondée sur la confiance et le respect de l’autonomie&#039;&#039;&#039; – structure durablement la culture Buurtzorg, conciliant cohérence du modèle et liberté d’action des soignants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des outils au service du collectif ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Chaque équipe assume l’intégralité des processus nécessaires&#039;&#039;&#039; : recrutement de patients, organisation et planification des soins, gestion budgétaire, commandes de matériel, reporting et création d’initiatives ad hoc lors d’événements exceptionnels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’outil central, [https://www.buurtzorg.com/innovation/buurtzorg-web/ BuurtzorgWeb]&#039;&#039;&#039;, conçu par [https://ecare.nl/ Ecare], fondée et codirigée par [https://www.linkedin.com/in/ard-leferink-25a7215 Ard Leferink] et [https://nl.linkedin.com/in/geert-quint Geert Quint], &#039;&#039;&#039;en coopération avec les infirmières et selon les besoins exprimés par les équipes&#039;&#039;&#039;, apporte une souplesse technologique adaptée au modèle collaboratif. Le système open source et américain [https://www.omahasystem.org/ Omaha], consacré à la classification et la standardisation des évaluations cliniques et des plans de soins, a été intégré à [https://www.buurtzorg.com/innovation/buurtzorg-web/ BuurtzorgWeb] pour structurer les évaluations cliniques, garantissant ainsi la qualité et l’efficience des décisions prises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les budgets sont attribués directement à chaque équipe locale, qui décide de leur usage pour répondre aux besoins de ses patients sans supervision hiérarchique centralisée. Cette gestion décentralisée permet aux infirmiers d’adapter rapidement les ressources, de privilégier le bon sens et la proximité, mais aussi d’expérimenter des solutions en fonction du contexte propre à chaque quartier. &#039;&#039;&#039;Les équipes choisissent elles-mêmes les fournisseurs, les équipements et l’aménagement des bureaux, tout en respectant des standards généraux et des contraintes légales&#039;&#039;&#039;. Ce mode de fonctionnement assure souplesse et réactivité, car il laisse aux professionnels la liberté d’agir là où ils sont le mieux informés des situations réelles et des urgences locales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ressources humaines ==&lt;br /&gt;
Le recrutement et la formation chez Buurtzorg reposent sur l&#039;&#039;&#039;&#039;autonomie des équipes locales, qui assurent elles-mêmes l&#039;intégration des nouveaux membres&#039;&#039;&#039;. Quand une équipe souhaite recruter, elle définit ses besoins, mène des entretiens et sélectionne la personne qui correspond à la culture d&#039;auto-gestion valorisée par l&#039;organisation. Les profils recherchés sont ceux d&#039;infirmiers et infirmières certifiés, motivés par la prise d&#039;initiative et capables de fonctionner sans supervision hiérarchique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais Buurtzorg ne se contente pas de recruter des soignants dans des équipes existantes. L&#039;organisation accueille aussi ceux qui veulent &#039;&#039;&#039;créer leur équipe de toutes pièces&#039;&#039;&#039;. Une démarche qui ressemble davantage à la création d&#039;une micro-entreprise qu&#039;à une embauche classique. Les infirmières intéressées doivent expliquer ce qu&#039;elles peuvent apporter à Buurtzorg et ce dont elles ont besoin. Elles réalisent une évaluation réaliste des opportunités dans leur zone géographique, s&#039;assurent de maîtriser le cadre réglementaire, et présentent un plan solide pour améliorer la qualité des soins localement. Buurtzorg attend donc que des entrepreneurs, quatre infirmières convaincues qu&#039;il serait judicieux de monter une équipe dans un territoire non encore couvert, se manifestent. Après un ou deux jours d&#039;intégration animés par un coach, la nouvelle équipe se connecte au système informatique de Buurtzorg et peut démarrer. L&#039;onboarding couvre la prise en main des outils IT, le fonctionnement de l&#039;organisation, ainsi que les méthodes de prise de décision, de gestion des conflits, de réunion et de dynamique d&#039;équipe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fois intégrés, qu&#039;ils rejoignent une équipe existante ou qu&#039;ils en créent une, les nouveaux membres bénéficient d&#039;un &#039;&#039;&#039;processus d&#039;intégration informel&#039;&#039;&#039;, basé sur la transmission de savoir-faire entre pairs : observation, accompagnement sur le terrain, apprentissage « sur le tas », et rotation régulière des rôles au sein de l&#039;équipe (planification, mentorat, gestion administrative…). Les réunions d&#039;équipe, les échanges sur BuurtzorgWeb et le tutorat interne multiplient les occasions de montée en compétences, tout comme les conférences régionales et les projets collaboratifs proposés sur la plateforme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation continue est entièrement pilotée par les besoins des équipes : chaque groupe décide des thématiques et modalités d&#039;apprentissage utiles, en sollicitant au besoin l&#039;appui du coach régional ou du réseau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Vie quotidienne : la proximité réinventée ==&lt;br /&gt;
Le terrain demeure l’espace de liberté principal : chaque infirmier adapte ses horaires, organise ses interventions et entretient une relation de proximité avec les patients, leurs familles et réseaux locaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les &#039;&#039;&#039;réunions bi-mensuelles&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;et les échanges informels&#039;&#039;&#039; rythment la semaine. Le bureau devient un lieu de travail et de socialisation, où le collectif se nourrit d’expériences partagées, d’humour et de soutien.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Team Buurtzorg.jpg|alt=Une équipe Buurtzorg|vignette|Une équipe Buurtzorg]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’autonomie permet à chacun de retrouver le plaisir de la profession, dépassant le simple cadre technique du soin. Ce témoignage en est l’illustration parfaite : &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Chaque matin, je commence ma tournée avec la certitude de pouvoir adapter la prise en charge selon la situation du patient ou les imprévus. Personne ne m’impose des procédures rigides, on en discute ensemble ; chez Buurtzorg, le collectif l’emporte sur la chaîne de commandement&#039;&#039;.&#039;&#039;&#039; »&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le modèle de l’oignon : une approche holistique du soin ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Buurtzorg onion model.png|alt=Le Modèle en Onion de Buurtzorg|vignette|400x400px|Le Modèle en Onion de Buurtzorg]]&lt;br /&gt;
Le modèle de l’oignon, développé par Buurtzorg, redéfinit la façon de penser et de &#039;&#039;&#039;pratiquer les soins à domicile en&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;plaçant le patient au centre d’un réseau de soutien personnalisé&#039;&#039;&#039;. Au cœur du « modèle de l’oignon » se trouve le patient, dont le bien-être n’est pas considéré seulement sous l’angle médical, mais aussi social, psychologique et relationnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier cercle autour du patient rassemble &#039;&#039;&#039;les proches, amis et voisins&#039;&#039;&#039;, acteurs essentiels pour maintenir l’autonomie et la qualité de vie du malade. Cette prise en compte de l’environnement familial et social favorise un maintien à domicile dans de bonnes conditions, en valorisant les solidarités locales et intergénérationnelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le cercle suivant est constitué par l’équipe Buurtzorg elle-même : &#039;&#039;&#039;des infirmières autonomes, qui adaptent leurs interventions selon les besoins réels&#039;&#039;&#039;, et construisent avec le patient et son entourage un projet de soins personnalisé. L’équipe se charge aussi de l’organisation pratique, du suivi administratif et de l’orientation vers les bons interlocuteurs, tout en respectant le rythme et les souhaits de chacun. L’absence de hiérarchie et la liberté de décision permettent d’inventer des solutions sur-mesure, loin des protocoles rigides des autres organismes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, le cercle externe réunit &#039;&#039;&#039;les acteurs médicaux et sociaux plus spécialisés&#039;&#039;&#039; : médecins généralistes, hôpitaux, pharmacies, services sociaux, qui interviennent en fonction des besoins identifiés par le patient, ses proches et l’équipe Buurtzorg. Ce modèle exige une grande capacité de coordination et de communication, mais il rend possible une approche globale : chaque décision est discutée collectivement, en privilégiant l’écoute des préférences du patient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Diffusion et adaptation internationale : quand l’autonomie défie la culture ==&lt;br /&gt;
Au-delà des frontières, &#039;&#039;&#039;le modèle inspire plus de 24 pays&#039;&#039;&#039;, du Brésil à la Suède, en passant par la France, la Chine et l’Australie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourtant, la greffe n’est pas automatique : la réussite dépend souvent de la capacité à transformer les mentalités, à sortir des logiques hiérarchiques et à respecter la diversité des contextes. &#039;&#039;&#039;Chaque pays adapte le modèle selon la culture locale, la réglementation et le contexte sanitaire&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De nombreuses tentatives voient le jour dans des secteurs variés (aide à domicile, santé mentale, maternité), mais se heurtent parfois à des résistances institutionnelles ou à la difficulté de transposer l’autogestion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’exemple français, avec &#039;&#039;&#039;[https://www.soignonshumain.com/ Soignons Humains] ou 3BGA&#039;&#039;&#039;, illustre ces enjeux. Ces organisations &#039;&#039;&#039;ont réussi à prouver la faisabilité d’un modèle d’organisation plus souple et plus humain&#039;&#039;&#039;, attirant de jeunes professionnels en quête de sens et de meilleures conditions de travail. Elles servent en quelque sorte de laboratoires pour expérimenter et ajuster l’approche Buurtzorg au contexte français, avec des résultats jugés prometteurs, mais encore en phase d’expansion limitée, car souvent freinée par les contraintes spécifiques du système de santé français, les réglementations locales et la difficulté à changer la culture professionnelle fortement hiérarchisée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Limites et critiques : tensions, inertie et contexte ==&lt;br /&gt;
Le modèle Buurtzorg, souvent salué pour son efficacité et son humanité, n’est toutefois pas exempt de limites. L’auto-gestion représente un défi de taille pour de nouveaux &#039;&#039;&#039;professionnels peu préparés à prendre collectivement des décisions et à assumer une large autonomie&#039;&#039;&#039;. Certains soignants, attachés à un pilotage hiérarchique classique, rencontrent des difficultés à s’investir pleinement dans le fonctionnement horizontal des équipes et dans la gestion partagée des responsabilités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La résolution des &#039;&#039;&#039;conflits internes ou la prise en charge des problèmes de performance&#039;&#039;&#039; s’avèrent plus complexes dans un système sans supérieur hiérarchique. Il revient aux membres eux-mêmes, parfois démunis ou réticents, de trouver des solutions, ce qui ralentit l’action et fragilise l’équilibre collectif. Par ailleurs, lors de crises majeures comme la pandémie de Covid-19, le manque de procédures formalisées et la collaboration principalement basée sur la confiance ont rendu la coordination parfois inégale ou trop informelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces enjeux s’ajoute la question du &#039;&#039;&#039;recrutement&#039;&#039;&#039; : la croissance rapide de Buurtzorg et la pénurie nationale de soignants mettent à l’épreuve la capacité du réseau à transmettre sa culture et à attirer des profils compatibles avec l’auto-gestion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, l’internationalisation du modèle se confronte à la résistance de contextes organisationnels marqués par la verticalité et la centralisation, ce qui freine son adaptation à grande échelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Témoignages et voix du terrain ==&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Marja Feenstra, témoigne sur le système de soin qu&#039;elle a quitté pour rejoindre Buurtzorg&amp;lt;ref name=&amp;quot;:0&amp;quot;&amp;gt;De Blok and Pool, 2010&amp;lt;/ref&amp;gt; :   &amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;quot;Au cours des deux dernières années, j&#039;ai été responsable de plus de 80 patients que je n&#039;ai jamais visités. Mon poste d&#039;infirmière de quartier avait été supprimé et on attendait de moi que je trouve des solutions pour les itinéraires pour lesquels aucun personnel n&#039;était disponible. La planification était effectuée ailleurs par quelqu&#039;un qui ne connaissait pas les patients. Cela tournait si souvent mal qu&#039;à un certain moment, je ne pouvais plus expliquer aux patients pourquoi personne n&#039;était disponible, ou seulement à un moment autre que celui qui avait été convenu. J&#039;ai eu 14 responsables en sept ans et j&#039;en avais assez de cela aussi. L&#039;organisation était devenue trop grande et trop vague, et personne ne se sentait responsable de nos soins. Il y avait des plaintes et des problèmes entre collègues tous les jours.&amp;quot;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Ellis Heijblom parle du système de soin néerlandais et pourquoi elle l&#039;a quitté pour rejoindre Buurtzorg&amp;lt;ref name=&amp;quot;:0&amp;quot; /&amp;gt;&amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;«J&#039;avais quitté l&#039;organisme de soins à domicile parce que je ne faisais que combler les lacunes dans la planification des soins aux clients. J&#039;ai accepté ce poste dans l&#039;intention d&#039;offrir des soins de santé de qualité, mais je n&#039;ai pas pu atteindre cet objectif car trop de personnes étaient impliquées dans la pratique quotidienne. En raison du nouveau système de planification qui avait été mis en place, je n&#039;ai découvert que le lendemain matin qu&#039;une personne n&#039;avait reçu aucun soin pendant la nuit. Le pire, c&#039;est que cette personne ne pouvait pas appeler et avait donc été contrainte de rester assise sur une chaise toute la nuit. J&#039;ai trouvé cela indigne. »&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
Jennifer Bergkamp, infirmière Buurtzorg à Aalsmeer, confie : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« &#039;&#039;&#039;J’ai enfin retrouvé la liberté d’exercer mon métier comme je l’entends, en équipe et pour le patient&#039;&#039;&#039; »&#039;&#039;.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;Sophie van Veenen évoque son attachement au modèle Buurtzorg : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« &#039;&#039;&#039;J’ai découvert une forme d’autonomie professionnelle qui donne envie de rester dans le secteur&#039;&#039;&#039; »&#039;&#039;.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;Les familles de patients parlent de &#039;&#039;&#039;soulagement&#039;&#039;&#039;, d’une &#039;&#039;&#039;relation apaisée&#039;&#039;&#039; et d’un &#039;&#039;&#039;quotidien transformé&#039;&#039;&#039;. Les coachs témoignent de la créativité collective et de l’énergie du groupe, « &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;loin d’une simple absence de hiérarchie, mais dans la co-responsabilité&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Perspectives ==&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études_de_cas]]&lt;br /&gt;
Buurtzorg interroge nos certitudes organisationnelles : l’autonomie, loin d’être un luxe, devient une &#039;&#039;&#039;source d’innovation sociale et médicale&#039;&#039;&#039;. En exposant ses forces et ses fragilités, le modèle dessine aussi l’horizon d’une société où le soin, la responsabilité et l’intelligence collective peuvent réinventer le quotidien, bien au-delà des seuls chiffres de performance&amp;lt;ref&amp;gt;Cabinet d&#039;audit, de conseil et d&#039;expertise comptable KPMG, « [[:Fichier:KPMG Buurzorg Case.pdf|The Added Value of Buurtzorg Relative to Other Providers of Home Care: A Quantitative Analysis of Home Care in the Netherlands in 2013]] », Ethan Bernstein, Tatiana Sandino, Joost Minnaar et Annelena Lobb, janvier 2015&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Corporate Rebels, “How Buurtzorg Works”, Corporate Rebels Academy, 2025, https://community.corporate-rebels.com/sign_in&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
== A propos de l&#039;auteur ==&lt;br /&gt;
{{Auto Organisation:À propos de Alioune}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Questions fréquentes ==&lt;br /&gt;
{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment fonctionne une organisation sans managers intermédiaires ?&lt;br /&gt;
| contenu = Chez Buurtzorg, l&#039;absence de managers intermédiaires repose sur l&#039;autonomie des équipes d&#039;infirmières. Plus de 10 000 infirmières travaillent en équipes de 12 personnes maximum, qui prennent elles-mêmes toutes les décisions liées aux soins et à leur gestion quotidienne. Le back-office de seulement 50 personnes fournit un support administratif, tandis qu&#039;une vingtaine de coaches aident les équipes sur demande sans imposer de solutions. Les deux directeurs, Jos de Blok et Gonnie Kronenberg, se concentrent sur la vision stratégique et les relations externes. Le système informatique BuurtzorgWeb permet la communication entre équipes et le partage d&#039;informations sans contrôle hiérarchique. Cette structure plate fonctionne parce que les infirmières sont qualifiées, responsables et motivées par leur mission de soins.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Qui prend les décisions au quotidien dans les équipes Buurtzorg ?&lt;br /&gt;
| contenu = Les équipes d&#039;infirmières prennent toutes les décisions opérationnelles de manière collective et consensuelle. Chaque équipe décide de son planning, recrute ses propres membres, choisit ses patients, organise son bureau, et gère son budget mensuel. Les décisions sont prises lors des réunions hebdomadaires où tous les membres discutent des problèmes et trouvent des solutions ensemble. Chaque infirmière assume également un rôle administratif (planificateur, responsable des ressources humaines, développeur, mentor, etc.) qui tourne régulièrement entre les membres. Pour les soins individuels, l&#039;infirmière responsable d&#039;un patient décide des interventions nécessaires en toute autonomie, sans attendre l&#039;approbation d&#039;un supérieur. L&#039;équipe peut solliciter un coach ou le back-office en cas de besoin, mais la décision finale revient toujours à l&#039;équipe elle-même.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment les infirmières peuvent-elles gérer à la fois les soins aux patients et les tâches administratives ?&lt;br /&gt;
| contenu = Buurtzorg a volontairement simplifié au maximum les tâches administratives pour permettre aux infirmières de se concentrer sur les soins. Le système informatique BuurtzorgWeb réduit considérablement la paperasse en permettant aux infirmières de saisir directement les informations sur les patients, de consulter les dossiers et de communiquer avec leurs collègues de manière électronique. Les formulaires standardisés de l&#039;industrie ont été simplifiés. Chaque membre de l&#039;équipe assume un rôle administratif spécifique (planification, reporting, coordination), ce qui répartit la charge de travail. Le back-office gère les tâches lourdes comme la facturation, la paie et les contrats. Cette organisation permet aux infirmières de consacrer 60-62% de leur temps aux soins directs, contre 70% ailleurs, tout en obtenant de meilleurs résultats pour les patients.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment recrute-t-on de nouveaux membres sans département des ressources humaines traditionnel ?&lt;br /&gt;
| contenu = Chaque équipe recrute ses propres membres de manière autonome. Lorsqu&#039;une équipe a besoin d&#039;une nouvelle infirmière, elle identifie elle-même les candidats potentiels, souvent dans le quartier où elle opère. L&#039;équipe mène les entretiens, évalue les compétences et la compatibilité du candidat avec l&#039;esprit d&#039;auto-organisation, puis décide collectivement qui embaucher. Les membres recherchent des personnes capables de travailler de façon autonome, de prendre des initiatives et de collaborer efficacement. Une fois la décision prise, l&#039;équipe informe simplement le back-office qui s&#039;occupe des aspects administratifs (contrat, accès informatique, etc.). Les nouveaux membres suivent une période d&#039;intégration où ils accompagnent leurs collègues dans leurs visites avant de travailler de manière indépendante. Ce processus assure que les recrues correspondent vraiment aux besoins et à la culture de l&#039;équipe.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Qui fixe les salaires et comment sont-ils déterminés sans hiérarchie ?&lt;br /&gt;
| contenu = Les salaires chez Buurtzorg sont déterminés par des accords de négociation collective (convention collective) basés sur le niveau de qualification des infirmières. Buurtzorg paie généreusement : chaque infirmière reçoit un salaire correspondant à un niveau de certification supérieur au sien. Par exemple, une infirmière de niveau 3 est payée au tarif du niveau 4. Les augmentations sont automatiques et basées sur l&#039;ancienneté dans l&#039;organisation. Ce système égalitaire signifie que toutes les infirmières du même niveau de formation gagnent le même salaire, indépendamment de leur performance individuelle. Un bonus annuel collectif peut être distribué à l&#039;ensemble du personnel si l&#039;organisation atteint ses objectifs de rentabilité globale, représentant généralement environ un demi-mois de salaire. Cette approche reflète la philosophie de Buurtzorg selon laquelle toutes les voix comptent également.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment mesure-t-on la performance des équipes sans supervision directe ?&lt;br /&gt;
| contenu = La performance des équipes est mesurée par quelques indicateurs clés accessibles sur BuurtzorgWeb. Le principal est le taux de productivité : chaque équipe doit consacrer au moins 60-62% de son temps aux soins directs aux patients, ce qui est le seuil minimum de rentabilité. Les équipes suivent également leur efficacité (heures par client), le nombre de clients, la satisfaction des patients et des employés, et le climat d&#039;équipe. Ces données sont transparentes et permettent aux équipes de se comparer à la moyenne nationale. Contrairement aux organisations hiérarchiques, ces indicateurs servent d&#039;auto-évaluation plutôt que de contrôle externe. Les équipes sont responsables de leur propre performance et font appel aux coaches si elles constatent des problèmes. Le système repose sur la confiance : les équipes sont considérées comme des professionnelles capables de s&#039;autoréguler.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Qu&#039;est-ce qui empêche le chaos dans une organisation aussi décentralisée ?&lt;br /&gt;
| contenu = Plusieurs mécanismes structurent l&#039;organisation et préviennent le chaos. D&#039;abord, un cadre clair définit les principes fondamentaux : équipes de maximum 12 personnes, objectif de productivité de 60-62%, sept rôles administratifs par équipe, et utilisation obligatoire de BuurtzorgWeb. Ensuite, toutes les équipes travaillent selon les mêmes processus : réunions hebdomadaires orientées solutions, décisions par consensus, rotation des rôles. Le système informatique unifie les pratiques et facilite la communication entre équipes. Les coaches veillent à ce que les équipes respectent ce cadre sans pour autant les contrôler. La formation initiale et continue transmet la culture et les méthodes Buurtzorg. Enfin, le modèle de l&#039;oignon guide les soins centrés sur l&#039;autonomie du patient. Ces structures légères mais cohérentes créent suffisamment d&#039;ordre tout en préservant l&#039;autonomie des équipes.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment les meilleures pratiques se diffusent-elles entre les équipes autonomes ?&lt;br /&gt;
| contenu = Plusieurs mécanismes structurent l&#039;organisation et préviennent le chaos. D&#039;abord, un cadre clair définit les principes fondamentaux : équipes de maximum 12 personnes, objectif de productivité de 60-62%, sept rôles administratifs par équipe, et utilisation obligatoire de BuurtzorgWeb. Ensuite, toutes les équipes travaillent selon les mêmes processus : réunions hebdomadaires orientées solutions, décisions par consensus, rotation des rôles. Le système informatique unifie les pratiques et facilite la communication entre équipes. Les coaches veillent à ce que les équipes respectent ce cadre sans pour autant les contrôler. La formation initiale et continue transmet la culture et les méthodes Buurtzorg. Enfin, le modèle de l&#039;oignon guide les soins centrés sur l&#039;autonomie du patient. Ces structures légères mais cohérentes créent suffisamment d&#039;ordre tout en préservant l&#039;autonomie des équipes.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment les meilleures pratiques se diffusent-elles entre les équipes autonomes ?&lt;br /&gt;
| contenu = Les meilleures pratiques se diffusent principalement de manière informelle et volontaire. BuurtzorgWeb comprend des forums de discussion où les infirmières partagent leurs expériences, posent des questions et proposent des solutions. Le back-office crée une section &amp;quot;thèmes&amp;quot; avec des politiques et pratiques recommandées, mais les équipes décident librement de les adopter. Les coaches mettent en relation des équipes confrontées à des problèmes similaires pour favoriser l&#039;apprentissage mutuel. Des conférences régionales et le festival annuel Buurtzorg permettent aux infirmières de se rencontrer et d&#039;échanger. Durant la pandémie, une équipe de crise a créé des &amp;quot;chemins de soins&amp;quot; (care paths) - des guides concis sur différentes pathologies - qui ont été largement consultés. Des projets pilotes testent des innovations comme les clubs de vitalité. Cette diffusion organique respecte l&#039;autonomie des équipes tout en favorisant l&#039;apprentissage collectif.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment une petite équipe de 50 personnes au back-office peut-elle soutenir plus de 10 000 infirmières ?&lt;br /&gt;
| contenu = L&#039;efficacité du back-office repose sur la simplification radicale et l&#039;autonomie des équipes. Le système informatique BuurtzorgWeb automatise de nombreuses tâches : saisie des données patients, planification, communication, reporting. Les 50 personnes du back-office se concentrent sur les tâches administratives complexes nécessitant une expertise spécialisée : facturation, comptabilité, paie, contrats de location, questions juridiques et IT. Contrairement aux organisations traditionnelles, ce back-office ne gère pas, ne contrôle pas et ne coordonne pas les équipes au quotidien. Son rôle est de fournir un service aux équipes pour qu&#039;elles puissent se concentrer sur les soins. Comme toutes les équipes fonctionnent de la même manière avec les mêmes processus standardisés, la complexité est réduite. Les équipes gèrent elles-mêmes leur recrutement, planning, et décisions opérationnelles, éliminant le besoin d&#039;une administration pléthorique.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Pourquoi limiter la taille des équipes à 12 personnes maximum ?&lt;br /&gt;
| contenu = La limite de 12 personnes répond à plusieurs objectifs fondamentaux du modèle Buurtzorg. D&#039;abord, les petites équipes facilitent la communication directe et réduisent les besoins de coordination formelle. Chaque membre connaît bien ses collègues et peut facilement échanger avec eux. Ensuite, cette taille permet de maintenir la confiance et la confidentialité avec les patients : seulement 3-4 infirmières s&#039;occupent généralement d&#039;un même patient, qui peut ainsi créer de vraies relations avec ses soignants. Les petites équipes favorisent également la prise de décision collective et consensuelle lors des réunions hebdomadaires. Elles permettent à chacun de prendre des responsabilités administratives en plus des soins. Enfin, cette limite évite la bureaucratisation : au-delà de 12, les équipes se scindent naturellement en deux, chacune opérant dans son propre quartier. Cette règle simple assure que l&#039;organisation reste agile malgré sa croissance.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment garantit-on la qualité des soins sans contrôle hiérarchique strict ?&lt;br /&gt;
| contenu = La qualité des soins repose sur plusieurs mécanismes sans hiérarchie. Les infirmières de Buurtzorg sont hautement qualifiées (niveau 3 minimum) et motivées intrinsèquement par leur vocation de soigner. Elles utilisent le &amp;quot;modèle de l&#039;oignon&amp;quot; qui place le patient au centre et vise son autonomie maximale. Le système Omaha standardise la documentation des besoins, traitements et résultats des patients, permettant de suivre la qualité des soins. La satisfaction des patients est mesurée régulièrement et atteint plus de 9/10, soit 30% de plus que les organisations comparables. Les équipes pratiquent la supervision par les pairs et discutent des cas lors des réunions hebdomadaires. Les résultats parlent : les durées de soins nécessaires sont réduites de moitié, les hospitalisations diminuent d&#039;un tiers. La qualité émerge de la responsabilité professionnelle, de l&#039;apprentissage collectif et de la relation de confiance avec les patients plutôt que du contrôle externe.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Que se passe-t-il si une équipe ne respecte pas les objectifs de productivité ?&lt;br /&gt;
| contenu = Lorsqu&#039;une équipe n&#039;atteint pas l&#039;objectif de productivité de 60-62%, elle appelle généralement elle-même un coach pour obtenir de l&#039;aide. En moyenne, chaque coach assiste environ trois équipes en difficulté. Le coach et le back-office travaillent patiemment avec l&#039;équipe pour identifier les causes et trouver des solutions, en reconnaissant que certaines situations justifient une productivité temporairement plus faible (nouvelle équipe en démarrage, projets d&#039;innovation). L&#039;approche est de soutien et non punitive. Si les problèmes persistent sur le long terme, l&#039;équipe se dissout souvent d&#039;elle-même lorsque les membres réalisent qu&#039;ils ne peuvent pas fonctionner ensemble. Dans de rares cas, après environ un an de sous-performance structurelle, les directeurs peuvent décider de dissoudre l&#039;équipe. Cette approche patiente reflète la confiance de Buurtzorg envers ses professionnels et privilégie l&#039;amélioration continue plutôt que la sanction.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Haier&amp;diff=408</id>
		<title>Haier</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://auto-org.fr/index.php?title=Haier&amp;diff=408"/>
		<updated>2026-02-12T15:41:18Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : ajouté management&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Catégorie:Études_de_cas]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Infobox Entreprise|Nom=Haier|Image=Fichier:Haier_logo.png|Création=1984|Fondateurs=[https://en.wikipedia.org/wiki/Zhang_Ruimin Zhang Ruimin]|Forme juridique=[https://www.haier.com/global/smart_home/ Société cotée (Haier Smart Home Co., Ltd.)]|Siège social=[https://fr.wikipedia.org/wiki/Qingdao Qingdao, Chine]|Activité=Fabrication et vente d’électroménagers, produits domestiques intelligents|Produits=Réfrigérateurs, machines à laver, chauffe-eau, climatiseurs, appareils de cuisine, produits intelligents|Effectif=122,733 employés au 31 décembre 2024|Management=Micro-entreprises autonomes et plateformes, sans hiérarchie pyramidale|Site web=https://smart-home.haier.com/en/|Fonds propres=Environ 24,91 milliards USD (total des capitaux propres et passifs, dette à 20% du capital)|Dette=Total dette 27,93 milliards USD (14,15 Mds long terme, 13,78 Mds court terme) au 2024|Chiffre d&#039;affaire=environ 41,5 milliards USD (2024)|Résultat net=2,71 milliards USD en 2024}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
Réformer l’entreprise : faut-il détruire ou simplement réparer ? Cette question illustre le parcours hors norme d’Haier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’histoire commence en 1984, alors que Zhang Ruimin hérite d’une usine publique moribonde : le terrain est miné, la production anémique d’à peine 80 réfrigérateurs par mois, la plupart défectueux, et les employés démotivés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais sous sa houlette, un processus de transformation radical s’amorce, propulsant Haier au rang de pionnier mondial de l’organisation post-bureaucratique. Quelques données, en bref :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Fondation&#039;&#039;&#039; : 1984 par Zhang Ruimin&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Effectif&#039;&#039;&#039; : 122,733 employés (31 décembre 2024)&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Chiffre d&#039;affaires&#039;&#039;&#039; : environ 41,5 milliards USD (2024)&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Structure&#039;&#039;&#039; : Micro-entreprises autonomes et plateformes, sans hiérarchie pyramidale&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Organisation&#039;&#039;&#039; : Réseaux d’équipes auto-organisées, en projet ou segment&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Recrutement&#039;&#039;&#039; : Les candidats intègrent un vivier de talents en vue de créer leur micro-entreprise ou rejoindre des équipes via des appels à projets&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Financement&#039;&#039;&#039; :  Profits internes, marchés, investissement plateforme et cotation en bourse.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Innovation&#039;&#039;&#039; : Le modèle organisationnel Rendanheyi&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Évaluation&#039;&#039;&#039; : Sur performance réelle, valeur livrée et contribution mesurée.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Philosophie&#039;&#039;&#039; : Entrepreneuriat, client-centré, autonomie et création de valeur partagée&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zhang Ruimin a transformé une usine moribonde en un laboratoire organisationnel ==&lt;br /&gt;
Né en 1949 à Qingdao, Zhang Ruimin grandit dans la Chine des réformes, à l’heure où le pays oscille entre l’organisation économique et industrielle héritée de la période du socialisme étatique et l’ouverture au capitalisme. D’abord assistant au gouvernement municipal puis manager d’usine, Zhang est nommé en 1984 à la tête de la Qingdao Refrigerator Factory, entreprise cumulant dettes et dysfonctionnements. Son arrivée n’a rien du coup d’éclat d’un “self made man” occidental : il est choisi pour assumer une mission de sauvetage. Rapidement, il impose des règles de base (hygiène, rigueur), sanctionne les abus et fait preuve d’un style de leadership inédit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’acte fondateur, resté célèbre, survient lorsqu’&#039;&#039;&#039;il ordonne à ses salariés de détruire 76 réfrigérateurs défectueux à coups de masse devant l’ensemble de l’usine.&#039;&#039;&#039; À l’époque, un frigo vaut deux ans de salaire moyen : le message est brutal, mais efficace. Zhang veut une rupture avec la médiocrité : « aucun compromis sur la qualité ». Il rompt avec la logique du quota, refuse de distinguer les productions selon qu’elles soient destinées au marché national ou à l’export, et s’inspire aussi bien des avancées occidentales en matière de management que du taylorisme, méthode d’organisation scientifique du travail développée au début du XXe siècle par Frederick Winslow Taylor, ingénieur américain. Le taylorisme repose sur trois principes majeurs :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Découpage du travail en tâches élémentaires très précises et répétitives, attribuées à chaque ouvrier&lt;br /&gt;
* Analyse minutieuse du “meilleur geste” à accomplir pour chaque opération, dans le but d’optimiser l’efficacité et d’augmenter la productivité&lt;br /&gt;
* Hiérarchie stricte séparant conception, ou encadrement, et exécution : les ouvriers exécutent, les ingénieurs et chefs d’atelier organisent et contrôlent&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1990 et surtout 2000, Zhang réalise que ce modèle atteint ses limites face à la complexité, à la mondialisation et à la diversité des attentes des clients.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il opère alors un tournant : plutôt que de s’appuyer sur la planification, la hiérarchie et l’uniformité, &#039;&#039;&#039;il libère l’initiative à tous les niveaux, créant ainsi une organisation de “milliers de mini-entrepreneurs”&#039;&#039;&#039; où chaque salarié gère son activité, ses résultats, sa place dans des micro-entreprises et des communautés évolutives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans cette transformation, Zhang s’inspire de plusieurs sources :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;La philosophie taoïste&#039;&#039;&#039;, qui valorise l’adaptation permanente, la non-intervention (“wu wei”) et le respect du flux naturel des organisations. Cela s’oppose à la tradition confucéenne dominante en Chine, fondée sur la hiérarchie stricte, la stabilité et l’harmonie sociale obtenue par la structure. Le “laisser-faire” du taoïsme, assorti de la croyance que la créativité naît du relâchement du contrôle et de la fluidité des interactions, irrigue la vision de Zhang de l&#039;organisation : la direction se retire, les individus et les équipes auto-organisées prennent le relais, l’organisation devient un écosystème vivant, dynamique, en transformation constante.&lt;br /&gt;
* Zhang Ruimin est décrit comme un grand lecteur passionné par la &#039;&#039;&#039;littérature managériale&#039;&#039;&#039;, puisant autant dans les ouvrages occidentaux de Peter Drucker, Michael Porter, que dans les textes classiques chinois. Sa quête d’inspiration est double : comprendre les meilleures pratiques mondiales (benchmarking, lean management, empowerment, plateformes) et proposer une voie chinoise spécifique, adaptée à la culture locale mais ouverte à la diversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, Zhang a mené Haier de la rigueur taylorienne à une &#039;&#039;&#039;organisation ouverte, fondée sur l’entrepreneuriat individuel, en intégrant des influences taoïstes favorisant l’autonomie et la réactivité, tout en conservant un regard critique sur le confucianisme classique&#039;&#039;&#039;. Sa trajectoire illustre la capacité à transformer en profondeur une organisation en combinant &#039;&#039;&#039;discipline, ouverture, réflexivité et inspirations philosophiques multiples&#039;&#039;&#039;, pour inventer un management durablement adapté à l’incertitude et à l’innovation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce choix de transformation, renforcé au fil des crises et des succès, va peu à peu redéfinir les codes de l’industrie manufacturière chinoise et nourrir l’ambition de transformer radicalement la gouvernance du groupe.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Photo Zhang Ruimin.png|vignette|678x678px|Zhang Ruimin, fondateur de Haier (photo tirée de &amp;quot;How Haier Works&amp;quot; par Corporate Rebels)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Quarante ans de métamorphoses ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Six ruptures successives pour déconstruire la pyramide ===&lt;br /&gt;
Entre 1984 et les années 2000, Haier aura connu six grandes transformations organisationnelles successives pour aboutir à son modèle actuel créé par Zhang Ruimin, le “Rendanheyi”, terme signifiant littéralement “l’intégration de l’individu et de la valeur pour l’utilisateur” :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Survie et rénovation industrielle (années 1980) :&#039;&#039;&#039; Sous la direction de Zhang Ruimin, Haier sort de la crise par une restauration de la qualité, l’introduction de standards industriels stricts et la modernisation de l’usine. C&#039;est la période du taylorisme et du contrôle qualité.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Diversification et internationalisation (années 1990-2000) :&#039;&#039;&#039; Haier se diversifie sur le marché des appareils électroménagers, lance des marques à l’étranger, et adopte des procédés de gestion inspirés de l’Ouest. L’entreprise structure ses divisions par produit et marché.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Déconstruction de la hiérarchie (année 2005) :&#039;&#039;&#039; La pyramide managériale est progressivement déconstruite au profit d’équipes autonomes, le modèle des “ZZJYTs”, abrégé chinois de &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Zi Zhu Jing Ying Ti&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;  signifiant littéralement “équipes autonomes et responsables”, instauré pour responsabiliser chaque collectif.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Micro-entreprises et marché interne (Rendanheyi 2.0, après 2012) :&#039;&#039;&#039; Les ZZJYTs deviennent plus de 4000 micro-entreprises autonomes, chacune responsable de sa stratégie, de ses profits, et libre de collaborer par des contrats internes avec les plateformes de service, dans une logique de marché interne.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Création de plateformes et d’écosystèmes (2015-2018) :&#039;&#039;&#039; Haier se structure autour de grandes plateformes sectorielles (électroménager, incubation, finance, immobilier...) et généralise les Ecosystem Micro Communities (EMC), favorisant des alliances internes et externes centrées sur les besoins client.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Stratégie de marque-écosystème et Rendanheyi 3.0 (depuis 2019) :&#039;&#039;&#039; L’entreprise adopte un fonctionnement en “marque-plateforme” : chaque micro-entreprise peut fonder un écosystème, attirer des partenaires et créer de nouveaux modèles d’innovation. La digitalisation permet de piloter l’organisation par la performance réelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chaque étape correspond à une rupture forte, permettant à Haier d’évoluer d’une usine publique bureaucratique vers un groupe mondial pionnier de l’organisation agile, entrepreneuriale et numérique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Rendanheyi 3.0 : 4000 start-ups cohabitent sous le même toit ===&lt;br /&gt;
Devenu ainsi un réseau de micro-entreprises, Haier compte plus de quatre mille unités, chacune indépendante pour la stratégie, la gestion et la rémunération. Le modèle “Rendanheyi” permet de &#039;&#039;&#039;connecter directement la réussite personnelle des employés à la valeur livrée au client final&#039;&#039;&#039;, en supprimant les intermédiaires, la bureaucratie et les hiérarchies traditionnelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des &#039;&#039;&#039;plateformes internes&#039;&#039;&#039; jouent le rôle d’incubateurs pour aider au lancement de nouveaux projets ou encore le rôle de prestataires spécialisés en proposant &#039;&#039;&#039;des services transversaux à toute l’entreprise&#039;&#039;&#039; comme par exemple la recherche et le développement (R&amp;amp;D), la gestion financière ou les ressources humaines (RH). Ces plateformes ne sont pas de simples services centralisés imposés aux autres. Elles fonctionnent comme &#039;&#039;&#039;des unités autonomes qui “vendent” leurs services&#039;&#039;&#039; aux micro-entreprises de Haier, agiles et dédiées à un client ou un marché précis. Pour accéder à ces services, &#039;&#039;&#039;chaque micro-entreprise contractualise avec la plateforme&#039;&#039;&#039;, comme elle le ferait avec un prestataire externe. Mais cette démarche se fait via des “smart contracts” digitaux : il s’agit de &#039;&#039;&#039;contrats automatisés et tracés&#039;&#039;&#039;, utilisant des outils numériques internes, qui fixent précisément les engagements (livrables, délais, coût...), suivent la réalisation et automatisent paiement et évaluation. Cette logique de marché interne vise à rendre l’organisation plus flexible, efficace et transparente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vision de Zhang Ruimin s’est déployée progressivement à tout le groupe puis au niveau international à partir des années 2010, parfois avec moins de radicalité. Ont été ainsi créées des équipes agiles, autonomes et responsables qui lancent des produits innovants souvent bien au-delà des appareils électroménagers traditionnels. Voici quelques exemples :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Smart Cooking Ecosystem (EMC “Canard Laqué”)&#039;&#039;&#039; :  Zhang Yu, ex-commercial, a imaginé, structuré et lancé le “Smart Cooking Ecosystem” en 2019. Son Ecosystem Micro-Community (EMC), une communauté micro-écosystémique, a réunit des cuisiniers, des ingénieurs four, des fournisseurs et des experts en logistique ; elle a conçu une offre de plats emblématiques comme le canard laqué, préparés à la maison grâce à un four intelligent connecté, des recettes numériques et des ingrédients semi-finis livrés à domicile. Plus de 20 000 dîners de canard laqué ont été vendus en quelques mois et la solution a généré plus de 4 millions de yuans de chiffre d’affaires en 2020.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;U-Vaccine Ecosystem&#039;&#039;&#039; :  Une autre EMC, centrée sur la chaîne du froid et la traçabilité des vaccins, a inventé la solution “U-Vaccine”. Cette unité a conçu un nouveau type de réfrigérateur médical à compartiments indépendants, chaque tiroir ayant sa propre porte et son propre capteur. Ainsi, chaque fois qu’on prélève un vaccin, l’impact thermique sur les autres doses est limité. Les appareils sont connectés à un système digital qui suit en temps réel la température, l’historique d’ouverture, d’éventuelles erreurs et la localisation des lots de vaccins, garantissant la sécurité et la confiance dans la vaccination (notamment lors de la crise Covid). Cette EMC a fédéré ingénieurs, logisticiens, pédiatriciens, infirmiers, décorateurs et agences de santé.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Haier Germany – Micro-entreprises&#039;&#039;&#039; :  En Allemagne, l’ancienne filiale hiérarchisée a été transformée en plusieurs micro-entreprises autonomes à partir de 2019 : chacune pilote un segment clé, définit son recrutement, son plan stratégique, ses objectifs marchés et la clé de partage des profits. Par exemple, avant même la mise en place du confinement en Allemagne lors de la pandémie de la Covid-19, la micro-entreprise “Washing Machines” liée au segment des machines à laver a assuré la continuité en anticipant la bascule vers les ventes en ligne, sécurisant la supply-chain et doublant sa part de marché.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Plateforme logistique intelligente RRS&#039;&#039;&#039; :  Le département logistique de Haier en Chine s’est vu transformé en en micro-entreprise autour de 2015-2016 puis en plateforme indépendante et digitale à partir de 2018 sur tout le territoire chinois. Le nom officiel de cette plateforme intelligente est “RSS” pour “Really Simple Syndication”. ELle emploie plus de 2 000 personnes qui assurent, sur le modèle Uber, la livraison et l’installation rapide et intelligente d’appareils à travers la Chine, avec un système d’évaluation client et de contractualisation digitale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces exemples illustrent comment la vision Rendanheyi transcende l’électroménager pour bâtir des écosystèmes de valeur : &#039;&#039;&#039;chaque réussite est portée par une micro-entreprise&#039;&#039;&#039; dont l’équipe est responsable, motivée par le partage des profits, la mobilité, l’écoute client et le droit à l’erreur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’originalité du modèle : &#039;&#039;&#039;aucune solution ou produit n’est conçu de façon isolée&#039;&#039;&#039; ; toujours avec des partenaires, internes ou externes, dans une &#039;&#039;&#039;dynamique d’expérimentation et de co-innovation stoppée si la valeur client n’est pas démontrée&#039;&#039;&#039;. C’est la logique “fail fast, learn fast” («échouer vite, apprendre vite﻿»), principe d’innovation qui encourage à tester rapidement une idée, un produit ou un processus, et à accepter l’échec précoce afin d’en tirer très rapidement les enseignements nécessaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Animer sans commander, la fin du chef traditionnel ===&lt;br /&gt;
Dans le modèle organisationnel de Haier, il n’existe plus de chefs d’équipes, de directeurs de département ni de structure hiérarchique classique comme dans la plupart des grandes entreprises industrielles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chaque micro-entreprise a un leader, mais ce rôle n’est ni permanent ni hiérarchique : il s’agit d’un animateur ou facilitateur, &#039;&#039;&#039;élu par les membres de l’équipe et révocable à tout moment&#039;&#039;&#039; si les objectifs ne sont pas atteints. Une majorité qualifiée, par exemple deux tiers des membres, peut décider de remplacer un leader par un autre, selon la performance ou la pertinence de la stratégie collective.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les fonctions support réinventées en prestataires internes ===&lt;br /&gt;
Les plateformes sectorielles et de services comme par exemple la logistique, le RH, ou l’innovation, ne sont pas dirigées par des directeurs omnipotents mais par &#039;&#039;&#039;des “platform leaders”&#039;&#039;&#039;, dont le pouvoir repose sur l’inspiration, l’investissement et la capacité à fédérer des partenaires autour d’une vision ou d’une opportunité de marché. &#039;&#039;&#039;Le pouvoir de décision est partagé, temporaire, et dépend de la validation par les autres acteurs du réseau.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’y a pas de département centralisé de RH, de logistique ou de finance : &#039;&#039;&#039;chaque ME peut choisir ses prestataires internes&#039;&#039;&#039; (d’autres micro-entreprises ou plateformes) ou externes, via des contrats numériques, en toute autonomie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, toutes les fonctions traditionnellement centralisées sont dissoutes.  Aucun chef ne fixe les tâches ou ne contrôle la réalisation en mode “command and control”. La rotation des leaders, la transparence des résultats, la responsabilité partagée et la possibilité de dissoudre et de créer de nouveaux collectifs constituent le cœur du modèle, éliminant toute forme de hiérarchie durable ou d’autorité basée sur le statut ancien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Devenir entrepreneur en restant salarié ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Haier salariés.png|589x589px|vignette|Photo tirée de &amp;quot;How Haier Works&amp;quot; par Corporate Rebels]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Talent Pool, sas d&#039;entrée dans l&#039;écosystème ===&lt;br /&gt;
Dans le nouvel archipel organisationnel de Haier, le destin professionnel se joue d’abord dans le “Talent Pool” c’est à dire le &#039;&#039;&#039;réservoir interne de compétences et de profils, composé des nouveaux employés ou des collaborateurs en attente de rejoindre une micro-entreprise&#039;&#039;&#039;. Ces derniers constituent donc un vivier de personnes dont les talents et les aspirations vont être identifiés, valorisés et alloués à des projets ou des micro-entreprises selon les besoins et opportunités du groupe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le recrutement ne concerne donc pas un poste classique, mais une intégration dans ce vivier d’entrepreneurs. Les candidats postulent ou sont approchés sur la base de leur potentiel entrepreneurial, de leur motivation à innover et à s’auto-organiser plutôt que sur la stricte adéquation à une fiche de poste. Les entretiens portent sur leur &#039;&#039;&#039;capacité à identifier des opportunités, travailler en équipe, convaincre et apprendre vite&#039;&#039;&#039;. Les micro-entreprises elles-mêmes sont libres de recruter : elles approchent des talents ou publient leurs besoins internes sur la plateforme digitale interne à Haier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’onboarding privilégie la découverte active, la cooptation, la transparence sur la performance de chacun, et l’entraide : des pairs aident les nouveaux à mieux comprendre la culture du groupe et à saisir rapidement les codes de l’organisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les membres du Talent Pool, n’étant pas encore affectés à un poste précis peuvent être sollicités, former de nouvelles équipes ou proposer eux-mêmes des initiatives. Chaque collaborateur doit, à la fois, &#039;&#039;&#039;trouver sa place et prouver sa capacité à créer ou rejoindre une micro-entreprise&#039;&#039;&#039;. Pendant cette période, les membres bénéficient d’un accompagnement, participent à des ateliers, des sessions de formation ciblées sur l’organisation, le digital, la démarche client, l’innovation et sont encouragés à contacter les leaders de micro-entreprises ou à proposer des projets. Le concept vise à fluidifier la gestion des ressources humaines et à encourager l’autonomie, la mobilité interne et l’innovation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les collaborateurs qui sont dans le “Talent Pool” sont rémunérés tant qu’ils n’ont pas intégré une micro-entreprise ou trouvé un projet. Ils perçoivent une &#039;&#039;&#039;rémunération fixe&#039;&#039;&#039;, généralement un salaire de base garanti par l’entreprise, grâce aux revenus globaux générés par l’ensemble du groupe, c’est-à-dire le chiffre d’affaires provenant des activités des micro-entreprises, des plateformes et des marques détenues. Cependant, cette part du modèle doit rester marginale et temporaire : la philosophie Haier vise à inciter chaque salarié à &#039;&#039;&#039;rejoindre ou créer rapidement, généralement dans un delai de 3 mois, une micro-entreprise&#039;&#039;&#039; pour accéder à une rémunération complémentaire et participer efficacement à la création de valeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si, après trois mois dans le Talent Pool, un collaborateur ne parvient pas à trouver une place dans une micro-entreprise ou n’est pas recruté dans une alliance temporaire rassemblant plusieurs micro-entreprises internes, il est alors licencié. La décision est alors automatique, sans avis hiérarchique, fondée sur la transparence du process, la performance observable et l’employabilité réelle. Ce mécanisme vise à éviter le “statut acquis” : &#039;&#039;&#039;chacun doit démontrer en continu sa capacité à créer de la valeur ou à se rendre utile à un collectif&#039;&#039;&#039;. Toutefois, le Talent Pool reste conçu comme un filet de sécurité, jamais comme un placard ou une sanction, afin de garantir la fluidité et la dynamisation de l’organisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Quand le client paie directement votre salaire ===&lt;br /&gt;
Une fois intégrés dans une micro-entreprise, les collaborateurs perçoivent, en plus de leur rémunération fixe, une &#039;&#039;&#039;part variable appelée “customer-paid-salary”&#039;&#039;&#039;. Ce principe repose sur la performance collective : &#039;&#039;&#039;chaque micro-entreprise, après négociation avec ses clients et définition de ses objectifs, voit la part variable calculée en fonction de la satisfaction client et des profits effectivement générés&#039;&#039;&#039;, et non juste sur la présence ou l’ancienneté. Ce système renforce l’articulation entre motivation individuelle et réussite collective, rendant le lien entre travail et récompense plus direct et transparent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Haier ne possède pas de “maison mère” à proprement parler : la coordination n’est plus assurée par un siège central mais par des plateformes mutualisées et des contrats internes, au sein d’un écosystème entrepreneurial. Chaque micro-entreprise est ainsi &#039;&#039;&#039;financièrement autonome, gère son propre compte de résultat et finance les services mutualisés&#039;&#039;&#039; (plateformes, fonctions support, espaces partagés…) via des frais ou des parts de profits, selon sa consommation réelle et suivant des contrats adaptés à son activité. Aucun taux ou montant n’est imposé centralement ; tout se joue par négociation interne et selon l’usage des ressources, dans une logique d’interdépendance contractuelle et non de taxation centralisée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;redistribution des bénéfices se fait principalement au profit des membres et partenaires ayant contribué à la création de valeur&#039;&#039;&#039;, avec une attribution transparente, contractualisée et régulièrement réévaluée, notamment lors de projets collectifs ou au sein des écosystèmes EMC. Une portion limitée des revenus sert à garantir temporairement un salaire de base aux personnes présentes dans le Talent Pool, ce dispositif étant soigneusement plafonné (en général trois mois), pour encourager un retour rapide à une micro-entreprise, où la rémunération reste avant tout liée à la valeur générée pour les clients.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La viabilité d’une micro-entreprise dépend de sa rentabilité et de sa faculté à attirer suffisamment de clients internes ou externes. Si elle perd sa capacité à créer de la valeur ou à conclure des contrats, elle disparaît naturellement. Ses membres réintègrent alors automatiquement le Talent Pool et disposent de trois mois pour rejoindre ou créer une nouvelle micro-entreprise, faute de quoi un licenciement intervient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Apprendre en marchant, la formation par l&#039;action ===&lt;br /&gt;
Chez Haier, &#039;&#039;&#039;la formation se fait en grande partie “on the job”&#039;&#039;&#039;  c’est à dire en apprenant directement par l’exercice de ses fonctions, en pratiquant les tâches réelles attachées à son métier ou à sa mission, plutôt qu’en suivant uniquement des cours théoriques ou en salle. Chaque micro-entreprise ou plateforme propose des modules très courts (compétences numériques, techniques, innovation managériale, scénarios client) et peut organiser des camps de compétences ou des ateliers selon ses besoins spécifiques. Les nouveaux peuvent aussi suivre des MOOC internes (“Massive Open Online Course﻿”, c’est-à-dire un “cours en ligne ouvert et massif), des ateliers d’innovation, des sessions “pitch” pour présenter leurs idées et recevoir un retour des leaders internes ou du réseau. La logique est d’encourager &#039;&#039;&#039;l’initiative individuelle&#039;&#039;&#039;, mais aussi le &#039;&#039;&#039;partage d’expérience et le feedback régulier entre pairs et leaders&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’organisation des ressources humaines repose sur trois principes fondamentaux : &#039;&#039;&#039;mobilité, flexibilité et responsabilisation&#039;&#039;&#039;. L’objectif est que les salariés ne soient pas cantonnés à un rôle fixe ou à une hiérarchie figée, mais puissent &#039;&#039;&#039;évoluer, proposer, choisir et assumer la réussite ou l’échec&#039;&#039;&#039; de leurs initiatives, dans un environnement agile où chacun doit s’impliquer pour que l’organisation reste performante et innovante. Les employés doivent être capable de changer facilement de poste ou de projet, d’adapter leur parcours selon les opportunités et besoins, et de prendre eux-mêmes des décisions, à s’engager et à être tenus responsables de leurs résultats. Si la promesse est forte, à savoir que “chacun peut devenir leader d’un projet et bénéficier des profits correspondants”, l’exigence l’est tout autant : les plus fragiles ou les moins adaptables peuvent se retrouver hors course. D’où une tension permanente, soulignée par certains témoignages internes, entre autonomie, sécurité et nécessité d’alignement culturel. Un ancien employé déclare : &amp;lt;blockquote&amp;gt;“&#039;&#039;Pour avancer, il faut oser s’exposer, trouver sa place, et le collectif vous y aide... mais la pression est constante, ce n’est pas pour tous les profils.&amp;quot;.&#039;&#039;&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le Workbench et les contrats intelligents, colonne vertébrale numérique du modèle ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Haier robotisation.png|571x571px|vignette|Photo tirée de &amp;quot;How Haier Works&amp;quot; par Corporate Rebels]]&lt;br /&gt;
La digitalisation des processus est la clef de voûte du modèle. La plateforme digitale Workbench a été créée et développée en interne par l’équipe informatique de Haier, composée d’environ 400 personnes dont une cinquantaine dédiées spécifiquement à son développement et à son amélioration. Cet outil a pour objectif de &#039;&#039;&#039;digitaliser les mécanismes de marché interne, de performance, de contractualisation et de pilotage des micro-entreprises&#039;&#039;&#039; selon les principes du modèle Rendanheyi. Il remplace les processus de gestion traditionnels et favorise l’agilité, la transparence et l’autonomie des équipes, avec l’appui de technologies comme la blockchain et les smart contracts. Chaque micro-entreprise utilise Workbench, pour &#039;&#039;&#039;gérer les objectifs, les contrats, avancer des projets et partager des profits&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez Haier, il existe &#039;&#039;&#039;des&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;alliances temporaires rassemblant plusieurs micro-entreprises internes et des partenaires externes&#039;&#039;&#039; pour innover, concevoir et livrer ensemble des solutions intégrées à un besoin client complexe. Ce sont &#039;&#039;&#039;les Ecosystem Micro Communities&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;(EMC)&#039;&#039;&#039;. Chaque EMC fonctionne autour d’un projet ou d’un “scénario utilisateur” précis, souvent sur la base d’un “bidding” ouvert à tous dans l’organisation. Le “bidding” chez Haier est un &#039;&#039;&#039;système d’appel d’offres interne&#039;&#039;&#039; où les micro-entreprises ou équipes soumettent leurs propositions pour travailler sur un nouveau projet, résoudre un besoin ou répondre à une opportunité. On n’attend plus de validation hiérarchique : chaque idée peut être poussée, évaluée, ou abandonnée, selon un principe d’essai-erreur quasi permanent. Lorsqu’un nouveau défi ou une mission est identifiée, un “bidding” est ouvert sur la plateforme Workbench : chacun peut alors proposer sa solution, son plan, ses ressources ; toutes les propositions sont comparées, et l’équipe la plus adaptée est sélectionnée pour réaliser le projet. Une fois constitué, un EMC est piloté par un leader, souvent celui qui a initié l’idée, et tous les membres, internes comme externes, sont liés par un “contrat EMC” : celui-ci fixe les objectifs, les responsabilités, et surtout la clé de partage des profits selon la contribution de chacun.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux types d’EMC coexistent :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* L’Expérience EMC : constitué de micro-entreprises en contact direct avec le client final pour recueillir, tester et affiner l’usage réel des produits et/ou des services.&lt;br /&gt;
* La Solution EMC : regroupant les équipes qui conçoivent, produisent ou livrent les composantes techniques nécessaires à la solution globale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous les membres de ces deux types d’EMC ne &#039;&#039;&#039;reçoivent leur part de profit que si la solution globale satisfait réellement le client final et que les indicateurs de performance convenus en amont sont atteints&#039;&#039;&#039; (ventes, satisfaction, délais, usage réel, évaluations…). Ce système assure la cohésion de chaque EMC, la transparence, et la solidarité interne : chacun a intérêt à aider ses partenaires internes pour maximiser la satisfaction client, sinon toute l’EMC peut être pénalisée ou dissoute.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En cas de nouveaux besoins, un appel à candidatures permet à d’autres équipes ou partenaires de rejoindre ou de remplacer un membre de l’EMC, assurant ainsi une dynamique d’innovation continue et une compétition saine. &#039;&#039;&#039;Les EMC sont donc l’infrastructure d’innovation et d’agilité de Haier&#039;&#039;&#039; : elles cassent les silos internes, intègrent partenaires et clients dans le processus de création, et partagent la valeur créée de façon juste et transparente grâce à des contrats numériques évolutifs et pilotés via Workbench.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Quand les tensions émergent, la fluidité comme remède ==&lt;br /&gt;
Les réunions d’équipes sont participatives, courtes (30 minutes), et directement tournées vers la résolution des désaccords et le repérage des blocages concrets. Les points de friction sont abordés ouvertement, chacun devant s’exprimer sur les obstacles rencontrés. Si un désaccord persiste, la mobilité interne est facilitée : chacun peut rejoindre un autre collectif ou projet selon ses envies ou ses compétences, le &#039;&#039;&#039;système permettant de changer rapidement d’équipe sans subir de blocages institutionnels&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme évoqué précédemment, la r&#039;&#039;&#039;otation démocratique des leaders&#039;&#039;&#039; et l&#039;&#039;&#039;&#039;absence de hiérarchie pyramidale&#039;&#039;&#039; créent un environnement où les tensions ne s&#039;accumulent pas. De plus, la &#039;&#039;&#039;transparence digitale&#039;&#039;&#039;, via le Workbench et les écrans partagés affichant la performance en temps réel, limite les frustrations non exprimées et permet à chacun de signaler rapidement les blocages. La démocratisation des échanges horizontaux facilite la &#039;&#039;&#039;médiation directe sans filtrage hiérarchique&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce système génère une fluidité interne qui évite l&#039;enlisement dans les situations conflictuelles et favorise l&#039;innovation collaborative. Un micro-entrepreneur de Haier Allemagne témoigne : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&amp;quot;&#039;&#039;On se sent vraiment entrepreneur. Je peux changer de projet ou d&#039;équipe si je pense créer plus de valeur ailleurs. Tout est tracé, transparent et rapide : on ne perd pas de temps avec des reporting inutiles ou des validations à la chaîne&#039;&#039;&amp;quot;.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;Les espaces de travail, open spaces ou bureaux, sont gérés par des micro-entreprises : chaque équipe “loue” son espace selon ses besoins, ce qui favorise la responsabilisation et limite l’impersonnalité des locaux. Cette organisation encourage la &#039;&#039;&#039;cohabitation souple entre groupes distincts&#039;&#039;&#039;, tout en évitant l’anonymat et en renforçant l’identification collective.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démocratisation des échanges horizontaux facilite la médiation directe. Cependant, pour certains profils, cette fluidité peut générer un sentiment d’instabilité ou de précarité, et imposer une forte capacité à rebondir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Décider ensemble sans paralysie ==&lt;br /&gt;
Chaque micro-entreprise décide &#039;&#039;&#039;démocratiquement avec l’ensemble des membres&#039;&#039;&#039; comment orienter sa stratégie, définit elle-même la répartition des rôles et des tâches, et ajuste sa feuille de route en fonction des résultats observés et du retour des clients, rendant ainsi la &#039;&#039;&#039;prise de décision collective&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les équipes disposent d’écrans partagés, connectés à la plateforme digitale Workbench, qui leur permettent de &#039;&#039;&#039;visualiser en temps réel les performances&#039;&#039;&#039; (ventes du jour, taux de satisfaction client, progression vers les objectifs, revenus générés, etc.) et de comparer ces données aux objectifs initiaux ou à la moyenne du marché. Cet accès en temps réel permet de mesurer l’impact de chaque choix. Le collectif dispose ainsi des outils pour argumenter, ajuster ou corriger la trajectoire au lieu de subir des décisions opaques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les décisions majeures sont démocratiques, comme dans le cas évoqué précédemment du remplacement d’un leader d’équipe décidé par un vote.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour prévenir la paralysie décisionnelle et éviter l’enlisement des divergences, Haier s’appuie sur une &#039;&#039;&#039;culture active du feedback et sur le principe “fail fast, learn fast”&#039;&#039;&#039;  (”échouer vite, apprendre vite”) : lorsque le consensus tarde à émerger, l’équipe tranche par expérimentations rapides ou recours au vote à la majorité qualifiée. Si des minorités restent insatisfaites, la mobilité facilitée leur permet de rejoindre un autre collectif ou de proposer une alternative entrepreneuriale. Ainsi, les décisions ne sont jamais figées : elles peuvent être ajustées ou corrigées au fil des résultats et des retours, sécurisant la dynamique sans céder à la lenteur ou à la dilution des responsabilités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un micro-entrepreneur de chez Haier Allemagne : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;J’ai réellement eu le sentiment de devenir entrepreneur, de multiplier les occasions de prendre des risques, d’agir sur la stratégie.&amp;quot;&#039;&#039; &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Ainsi, chacun est non seulement &#039;&#039;&#039;co-décideur&#039;&#039;&#039;, mais aussi &#039;&#039;&#039;responsable des conséquences.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les zones d&#039;ombre d&#039;une organisation radicale ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Haier dirigerant.png|vignette|559x559px|Zhang Ruimin, fondateur de Haier (photo tirée de &amp;quot;How Haier Works&amp;quot; par Corporate Rebels)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le modèle Haier séduit par sa capacité à révéler le potentiel caché des salariés et à stimuler la réactivité. Pourtant, derrière cette façade séduisante se cachent des tensions que l&#039;entreprise elle-même peine parfois à résoudre. Lorsque Rendanheyi 1.0 a été lancé en 2005, &#039;&#039;&#039;plus de 20000 employés ont quitté Haier&#039;&#039;&#039;. Ils ne pouvaient ou ne voulaient pas adhérer au nouveau système. Ce chiffre, rarement mis en avant, illustre une réalité dérangeante : tout le monde ne peut pas devenir entrepreneur du jour au lendemain. Certains collaborateurs, formés pendant des décennies dans une culture privilégiant la conformité, se sont retrouvés brutalement sommés de prendre des risques, de décider seuls, d&#039;assumer l&#039;échec. Un responsable RH de Haier résume le défi : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&amp;quot;&#039;&#039;Désapprendre les vieilles habitudes, c&#039;est la partie la plus difficile. La plupart des gens sont formés à suivre des ordres. Ici, vous devez agir comme un entrepreneur.&#039;&#039;&amp;quot;&amp;lt;/blockquote&amp;gt;Zhang Ruimin revendique une logique de &amp;quot;forêt vierge&amp;quot; qui correspond à une organisation où &#039;&#039;&#039;la compétition interne est généralisée&#039;&#039;&#039; et où la sécurité collective disparaît : chacun doit trouver sa place, survivre, ou disparaître, comme dans une forêt vierge où seules les espèces capables de s’adapter et d’innover subsistent. Ce principe génère une compétition que certains jugent épuisante. Une ancienne leader d&#039;une filiale européenne témoigne : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&amp;quot;&#039;&#039;On peut se sentir livré à soi-même si l&#039;on n&#039;adhère pas à cette philosophie. Ici, il faut aimer se remettre en cause tous les jours&#039;&#039;.&amp;quot; &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Cette remise en cause permanente convient parfaitement à certains profils dynamiques. Pour d&#039;autres, elle s&#039;avère destructrice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le système du Talent Pool fonctionne comme une épée de Damoclès. Trois mois pour trouver sa place ou quitter l&#039;entreprise. Le délai est court, la pression intense. Des témoignages pointent un stress important et un &#039;&#039;&#039;sentiment de précarité&#039;&#039;&#039;, surtout dans les équipes nouvellement formées. Le modèle favorise l&#039;innovation, certes. Mais il peut aussi conduire à l&#039;exclusion des profils moins performants ou moins adaptables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jérôme Delacroix, expert du management chinois, le dit sans détour : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&amp;quot;&#039;&#039;Le rendanheyi est un modèle dur, mais juste. Chaque leader d&#039;une micro-entreprise se voit flanqué d&#039;un &#039;poisson-chat&#039;, un second dont chacun sait qu&#039;il prendra sa place si les objectifs ne sont pas atteints.&#039;&#039;&amp;quot;&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;L&#039;export du modèle se heurte à des obstacles juridiques et culturels majeurs&#039;&#039;&#039;. Les filiales américaines et européennes de Haier reconnaissent que leurs systèmes juridiques sont incompatibles avec Rendanheyi tel qu&#039;il est pratiqué en Chine. Le responsable des opérations russes expliquait qu&#039;il était impossible d&#039;appliquer les mêmes systèmes de rémunération &amp;quot;&#039;&#039;en raison du droit local et des protections des travailleurs&#039;&#039;&amp;quot;. En Europe, les réglementations du travail rendent impossible une réplication à l&#039;identique. L&#039;acquisition de GE Appliances aux États-Unis en 2016 et de Candy Hoover en Italie en 2019, a forcé Haier à adapter considérablement son modèle.  Au Japon, l&#039;échec relatif de l&#039;implantation chez Sanyo, dont la division électroménager a été acquise en 2011, révèle un autre obstacle. Zhang admet que &amp;quot;&#039;&#039;le manque de mobilité et d&#039;ouverture dans la société japonaise était l&#039;un des obstacles à la mise en œuvre de Rendanheyi&#039;&#039;.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Derrière le discours sur l&#039;auto-organisation se cache une réalité plus nuancée. Les micro-entreprises de Haier bénéficient d’une autonomie significative dans leur gestion courante et dans le partage des profits issus de leur performance collective. Toutefois, &#039;&#039;&#039;cette autonomie est bornée par le cadre stratégique, les règles et les orientations fixés par le sommet du groupe, qui conserve la main sur les décisions structurelles et stratégiques&#039;&#039;&#039;. Si la redistribution met en avant la reconnaissance de la contribution de chacun et la création de valeur, la transparence réelle sur la détention de parts, l’accès aux dividendes et le processus de gouvernance peuvent s’avérer limités : la propriété est souvent symbolique, et &#039;&#039;&#039;le contrôle stratégique fondamental reste concentré au sein de la direction centrale&#039;&#039;&#039;. Ainsi, la promesse d’autonomie et de partage doit être comprise dans un système où le pouvoir de validation des grandes orientations appartient toujours au sommet du groupe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche académique indique sans ambiguïté que, bien que les employés puissent détenir des parts de leur micro-entreprise, &amp;quot;&#039;&#039;ils ne reçoivent aucun dividende et ne savent même pas combien ils possèdent. Le véritable pouvoir stratégique réside dans un leadership vertical fort au sommet de Haier.&#039;&#039;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le succès de Haier doit aussi beaucoup au contexte institutionnel chinois. Le gouvernement a activement soutenu l&#039;innovation, sans craindre les effets des licenciements massifs sur l&#039;opinion publique. La structure de propriété a donné à Zhang une liberté de décision considérable. &#039;&#039;&#039;Peu d&#039;entreprises occidentales, soumises à la pression trimestrielle des actionnaires et aux contraintes du droit du travail, pourraient se permettre une telle expérimentation&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Haier reconnaît que son modèle reste &amp;quot;&#039;&#039;en exploration continue&#039;&#039;&amp;quot;. Cette honnêteté mérite d&#039;être saluée. Elle n&#039;efface cependant pas les interrogations légitimes sur sa transposition dans des contextes culturels, juridiques et sociaux radicalement différents. Un ancien employé le formulait ainsi : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&amp;quot;&#039;&#039;Pour avancer, il faut oser s&#039;exposer, trouver sa place, et le collectif vous y aide... mais la pression est constante, ce n&#039;est pas pour tous les profils&#039;&#039;.&amp;quot;&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion et ouverture réflexive ==&lt;br /&gt;
Haier ne se contente pas d’optimiser ses processus : elle a osé &#039;&#039;&#039;repenser en profondeur la nature même de l’entreprise, en la transformant en une constellation de “start-ups” internes&#039;&#039;&#039;. Le pari est risqué mais stimulant : l’autonomie peut engendrer un surcroît d’innovation, au prix d’une exigence de responsabilisation élevée et d’une instabilité assumée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour des organisations françaises ou européennes en quête de renouvellement, Haier sert de laboratoire vivant, mais son modèle, s’il inspire, questionne : jusqu’où aller dans la déconstruction des hiérarchies et la diffusion d’un esprit entrepreneurial ? Peut-on vraiment “contractualiser” la confiance et l’engagement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus qu’une méthode à copier, l’expérience Haier invite à repenser les équilibres fondamentaux du travail, de la gouvernance et de la valeur partagée au sein des entreprises du XXIe siècle&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;[https://www.corporate-rebels.com/blog/10-questions-about-haiers-rendanheyi-model-answered 10 Questions About Haier’s RenDanHeYi Model]&amp;quot; par Corporate Rebels, Joost Minnaar, 4 mai 2025&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;[https://publishing.insead.edu/case/haier-europe Haier Europe: Bringing RenDanHeyi for All]&amp;quot; par L. Felipe Monteiro,  Anne-Marie Carrick, 14 juin 2023&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;[https://www.researchgate.net/publication/326725496_Management_Innovation_Made_in_China_Haier&#039;s_Rendanheyi Management Innovation Made in China: Haier&#039;s Rendanheyi - ResearchGate]&amp;quot;, article académique peer-reviewed, juillet 2018&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;[https://www.prnewswire.com/news-releases/le-fondateur-de-haier-zhang-ruimin-conduit-le--zero-distance-excellence-journey--en-italie-et-a-saint-marin-afin-de-promouvoir-linnovation-organisationnelle-et-la-transformation-centree-sur-lhomme-302523442.html#:~:text=In%2DLanguage%20News-,Le%20fondateur%20de%20Haier%2C%20Zhang%20Ruimin%2C%20conduit%20le%20%C2%AB%20Zero,USA%20%2D%20Fran%C3%A7ais Le fondateur de Haier, Zhang Ruimin, conduit le « Zero Distance Excellence Journey » en Italie et à Saint-Marin afin de promouvoir l&#039;innovation organisationnelle et la transformation centrée sur l&#039;homme]&amp;quot;, PR Newswire, 6 août 2025&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;How Haier Works&amp;quot; publié en mars 2024 par [https://www.corporate-rebels.com/ Corporate rebels]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
== A propos de l&#039;auteur ==&lt;br /&gt;
{{Auto Organisation:À propos de Alioune}}&lt;br /&gt;
== Questions fréquentes ==&lt;br /&gt;
{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Quelle est la vision ultime de Zhang Ruimin avec RenDanHeYi ?&lt;br /&gt;
| contenu = Zhang vise une transformation philosophique de l&#039;entreprise elle-même. Son objectif n&#039;est pas simplement d&#039;améliorer la performance mais de « maximiser la valeur humaine » en permettant à chaque individu de réaliser pleinement son potentiel entrepreneurial. Il veut transformer les organisations traditionnelles en « champions de l&#039;évolution des écosystèmes » plutôt qu&#039;en simples entreprises produisant des biens. Dans sa vision, l&#039;entreprise devient une plateforme sans frontières où entrepreneurs internes et externes co-créent continuellement de la valeur pour les utilisateurs. Il cite Peter Drucker, considéré comme un des penseurs majeurs du management moderne : « Dans 25 ans, les organisations traditionnelles ne seront plus pertinentes. La forme organisationnelle actuelle cessera d&#039;exister ». RenDanHeYi incarne cette prophétie : une organisation vivante, évolutive, centrée sur la dignité humaine.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Quels sont les principes fondamentaux de RenDanHeYi ?&lt;br /&gt;
| contenu = Trois piliers structurent RenDanHeYi : individus auto-dirigés, équipes auto-organisées et écosystèmes auto-évolutifs. Ce modèle abandonne radicalement les hiérarchies pour donner aux employés le pouvoir de décider, innover et créer. Zhang Ruimin parle d&#039;organisation « sans frontières, sans leaders, sans limites ». Concrètement, chaque collaborateur devient entrepreneur avec son propre compte de résultat. L&#039;obsession n&#039;est plus l&#039;obéissance aux managers mais la satisfaction des besoins clients. Les équipes se forment et se dissolvent selon les opportunités du marché. Les plateformes remplacent les départements. L&#039;objectif ultime : maximiser la valeur humaine en libérant le potentiel créatif de chacun dans un environnement où réussite individuelle et collective sont alignées.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment RenDanHeYi transforme-t-il les employés en entrepreneurs ?&lt;br /&gt;
| contenu = Fini les salaires fixes et les descriptions de poste figées. Chez Haier, les employés deviennent de véritables entrepreneurs qui négocient leurs objectifs, recrutent leurs équipes, gèrent leurs budgets et fixent leurs propres rémunérations. Ils soumissionnent pour des opportunités sur un marché interne transparent, doivent convaincre investisseurs et partenaires, et assument les risques de leurs décisions. Si leur microentreprise échoue trois mois consécutifs, ils retournent dans le « Talent Pool » (un vivier de talents) avec trois mois pour rebondir. Cette responsabilisation totale génère motivation et créativité : 50% des microentreprises incubées par Haier réussissent, contre 10% pour les start-ups chinoises classiques. Le message est clair : vous n&#039;êtes plus exécutants mais propriétaires de votre destin professionnel.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Qu&#039;est-ce qu&#039;une microentreprise (ME) chez Haier ?&lt;br /&gt;
| contenu = Les microentreprises sont les cellules vivantes de Haier. Ces équipes auto-gérées d&#039;entrepreneurs fonctionnent comme de véritables start-ups avec leur propre bilan financier, leur autonomie stratégique et leur liberté opérationnelle. Haier en compte actuellement plus de 4 000. Chaque ME décide de trois choses cruciales : sa stratégie (opportunités à poursuivre, partenariats), ses gens (recrutements, licenciements, rôles) et ses récompenses (salaires, bonus, partage des profits). Elles peuvent embaucher en interne ou en externe, collaborer avec d&#039;autres ME ou des partenaires extérieurs. Si elles échouent à atteindre leurs objectifs, les membres peuvent voter pour remplacer le leader. Cette autonomie radicale crée un environnement où seules les meilleures idées survivent.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Quelles sont les différences entre microentreprises utilisateurs et microentreprises de support ?&lt;br /&gt;
| contenu = Deux types de ME coexistent dans l&#039;écosystème Haier. Les 200 microentreprises utilisateurs sont en contact direct avec les clients externes : boutiques rurales, franchises dans les centres commerciaux, spécialistes de la réparation, forums en ligne. Leur mission : identifier les problèmes des utilisateurs et créer des solutions. Les 3 800 microentreprises de support (appelées « nœuds » en interne) fournissent les services nécessaires aux ME utilisateurs : design, production, R&amp;amp;D, logistique, ressources humaines, finance. Elles collaborent via des contrats internes plutôt que par relations hiérarchiques. Cette distinction permet à chaque ME de se concentrer sur sa valeur ajoutée spécifique tout en garantissant que toutes restent connectées aux besoins réels des clients.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Quel est le rôle des plateformes dans le modèle RenDanHeYi ?&lt;br /&gt;
| contenu = Les plateformes jouent le rôle de facilitateurs stratégiques. Elles fournissent soutien, ressources, connaissances et orientation aux microenterprises. Deux catégories existent : les plateformes industrielles regroupent les ME travaillant sur des produits similaires ou complémentaires (électroménager, IoT alimentaire, biomédical) et facilitent l&#039;échange de ressources et technologies. Les plateformes de services partagés offrent des prestations administratives, financières, RH, juridiques ou marketing. Contrairement aux managers traditionnels, les leaders de plateforme n&#039;ont aucune autorité formelle. Ils inspirent et convainquent en démontrant les bénéfices de leurs stratégies. Les ME restent libres de choisir ou rejeter leurs propositions. Cette inversion du pouvoir transforme le management en service plutôt qu&#039;en contrôle.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment fonctionne le cycle de vie d&#039;une microentreprise ?&lt;br /&gt;
| contenu = Une ME peut naître de deux façons. Soit un groupe d&#039;entrepreneurs identifie une opportunité sur le marché et sollicite des investissements auprès des plateformes ou d&#039;autres ME. Soit les leaders de plateforme repèrent une opportunité et l&#039;affichent sur le marché interne pour que les entrepreneurs soumissionnent. Les candidats doivent présenter un plan détaillé expliquant leur méthodologie et leur partage des profits attendu. Une fois créée, la ME évolue : elle peut rester petite, devenir une plateforme elle-même en facilitant plutôt qu&#039;en exécutant, ou même se transformer en entreprise indépendante avec Haier comme actionnaire. Certaines microentreprises issues du modèle RenDanHeYi qui atteignent une valorisation supérieure à un milliard de dollars, deviennent des “licornes”. D&#039;autres échouent et disparaissent, libérant leurs talents pour de nouvelles aventures.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Qu&#039;est-ce qu&#039;une communauté micro-écosystème (EMC) ?&lt;br /&gt;
| contenu = Les EMC sont des alliances temporaires de microentreprises qui collaborent pour créer une expérience utilisateur intégrée. Chaque EMC comprend deux aspects : l&#039;« Expérience EMC » regroupe les ME en contact direct avec les clients finaux (points de vente, marketing, service après-vente). La « Solution EMC » rassemble les ME qui conçoivent, produisent et transportent les produits. Un leader d&#039;EMC, généralement issu de la ME initiatrice, définit la vision et attire les partenaires internes et externes nécessaires. Depuis février 2019, plus de 400 EMC ont émergé chez Haier. Ces structures flexibles permettent de combiner rapidement les compétences nécessaires pour répondre à un besoin client spécifique, puis de se dissoudre ou se reconfigurer selon l&#039;évolution du marché.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment fonctionne le système d&#039;enchères chez Haier ?&lt;br /&gt;
| contenu = Le marché interne de Haier fonctionne comme une bourse d&#039;opportunités. Les plateformes ou ME leaders publient des “objectifs dan” c’est à dire des cibles de performance que les microentreprises ou plateformes veulent atteindre et pour lesquelles elles organisent un appel d’offres interne.  Ces objectifs ou ces opportunités sont définis par une analyse détaillée, un contexte précis des indicateurs de succès et une proposition de partage des gains. Les entrepreneurs ou équipes intéressés soumissionnent en expliquant leur méthodologie, leurs ressources nécessaires et leur part de profits espérée. Les objectifs doivent être ambitieux : généralement 10% supérieurs à la moyenne du marché. Les soumissionnaires présentent des plans concrets. Les meilleurs gagnent le contrat. Ce processus transparent élimine le favoritisme et garantit que les personnes les plus compétentes et motivées obtiennent les opportunités. Les enchères concernent aussi bien les projets que les postes de leadership. Même les dirigeants de ME peuvent être remplacés si deux tiers des membres votent pour un changement.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Qu&#039;est-ce que le Workbench et à quoi sert-il ?&lt;br /&gt;
| contenu = Le Workbench est la plateforme numérique centrale qui rend possible l&#039;auto-organisation à grande échelle. Développé par l&#039;équipe IT de Haier (400 personnes), cet outil utilise algorithmes, contrats intelligents et blockchain pour orchestrer toute la dynamique de marché interne. Il facilite les enchères, génère automatiquement les contrats EMC après accord des parties, suit la performance en temps réel de chaque ME et entrepreneur, calcule les objectifs basés sur les données du marché, automatise le partage des profits selon les contributions, et rend toutes ces informations transparentes pour chaque participant. Avant le Workbench, ces processus nécessitaient d&#039;innombrables réunions physiques. Maintenant, la coordination se fait de manière fluide et digitale, permettant à 4 000 ME de collaborer efficacement.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment les contrats EMC sont-ils établis ?&lt;br /&gt;
| contenu = Les contrats EMC suivent six étapes structurées. Premièrement, une ME (généralement orientée utilisateur) identifie un besoin client et initie un EMC en définissant les ressources requises et le partage des profits. Deuxièmement, les ME et partenaires externes soumissionnent sur les objectifs compétitifs (benchmarkés contre le marché global). Troisièmement, le leader d&#039;EMC sélectionne les gagnants et le contrat final est signé par toutes les parties. Quatrièmement, l&#039;EMC entre en action avec suivi temps réel via le Workbench. Cinquièmement, renégociations mensuelles possibles selon l&#039;évolution des contributions. Sixièmement, à la fin du cycle, évaluation mutuelle par système d&#039;étoiles et possibilité pour de nouveaux soumissionnaires de remplacer les ME sous-performantes. Ces contrats sont stockés en blockchain, garantissant transparence et immuabilité.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment fonctionne le système de rémunération « Customer-Paid-Salary » ?&lt;br /&gt;
| contenu = Le système révolutionne la logique salariale traditionnelle. Les employés reçoivent un salaire de base minimal. La majeure partie de leur rémunération provient du partage des profits directement lié à la valeur créée pour les clients. Plus le produit est apprécié, plus il se vend, plus le prix peut être élevé, plus les entrepreneurs gagnent. Cette connexion directe élimine la déconnexion typique des entreprises traditionnelles où la rémunération est prédéterminée indépendamment des résultats. Les clients « paient » effectivement les salaires des entrepreneurs par leurs achats. Ce système crée un alignement parfait des intérêts : satisfaire le client devient l&#039;obsession naturelle de chacun puisque c&#039;est la source directe de revenus personnels. Résultat : innovation accélérée et qualité maximale.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Qu&#039;est-ce que le mécanisme VAM (Value Adjustment Mechanism) ?&lt;br /&gt;
| contenu = Le VAM (Value Adjustment Mechanism) est le moteur de l&#039;hyper-performance chez Haier. Il récompense non pas l&#039;atteinte d&#039;objectifs fixes, mais la création de valeur marginale dépassant les standards du marché. Si le marché vend 1 000 machines et qu&#039;une micro-entreprise en vend 1 100, ces 100 unités supplémentaires génèrent des profits marginaux directement partagés avec l&#039;équipe via des bonus progressifs. À partir de 10% au-dessus de la moyenne, un premier palier s&#039;active ; au-delà de 25%, les récompenses atteignent jusqu&#039;à 50% des profits marginaux. Le Workbench automatise ce calcul via des algorithmes et contrats intelligents, éliminant l&#039;arbitraire et incitant à l&#039;excellence continue plutôt qu&#039;à la conformité.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Quels sont les quatre types d&#039;objectifs dans le Workbench ?&lt;br /&gt;
| contenu = Le système d&#039;objectifs est hiérarchisé en quatre niveaux. Les « Bottom Line Goals » représentent le minimum acceptable (généralement 70% de la performance moyenne du marché) : les atteindre garantit un salaire de base mais inférieur au marché. Les « Market Average Goals » correspondent à la performance moyenne du secteur : les atteindre donne un salaire conforme au marché. Les « VAM Goals » sont les objectifs que les ME se fixent elles-mêmes, généralement 10% au-dessus du marché : les atteindre active le mécanisme de partage des profits. Les « Leading Goals » sont les objectifs les plus ambitieux (25%+ au-dessus du marché) : les atteindre maximise les récompenses avec des pourcentages de profits partagés très élevés. Cette structure incite à l&#039;ambition tout en protégeant un minimum.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Que se passe-t-il quand une microentreprise échoue ?&lt;br /&gt;
| contenu = L&#039;échec est géré avec une approche pragmatique mais humaine. Si une ME n&#039;atteint pas ses objectifs trois mois consécutifs, son leader peut être révoqué par un vote à deux tiers des membres. De nouveaux candidats soumissionnent alors pour le leadership avec leurs propres plans. Si l&#039;échec persiste, la ME se dissout. Les entrepreneurs retournent dans le « Talent Pool », un espace de transition où ils reçoivent un salaire de base pendant trois mois maximum. Durant cette période, ils doivent soit rejoindre une ME existante qui les recrute, soit créer une nouvelle ME en trouvant des investisseurs, soit suivre des formations. Après trois mois sans succès, ils quittent Haier. Ce système offre une sécurité temporaire tout en maintenant une pression productive.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Le modèle RenDanHeYi peut-il être appliqué en dehors de la Chine ?&lt;br /&gt;
| contenu = Absolument, mais Haier adopte une approche non dogmatique remarquable. L&#039;entreprise n&#039;impose jamais RenDanHeYi à ses filiales. Au contraire, elle invite ses subsidiaires à explorer le modèle dans leur propre contexte culturel, à leur propre rythme. Zhang Ruimin insiste : « Nous voulons qu&#039;ils découvrent RenDanHeYi, ses périls et ses bénéfices, par eux-mêmes ». Cette approche respectueuse a produit des transformations réussies en Allemagne (Haier Germany a triplé son chiffre d&#039;affaires), en Europe (Fujitsu Europe a multiplié par trois certaines activités en un an) et chez d&#039;autres partenaires. Chaque organisation adapte les principes fondamentaux (autonomie, connexion client, entrepreneuriat) selon ses réalités locales. Le modèle s&#039;exporte donc, mais comme philosophie adaptable plutôt que comme recette rigide.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Quels sont les résultats concrets du modèle RenDanHeYi ?&lt;br /&gt;
| contenu = Les chiffres parlent d&#039;eux-mêmes. Entre 2012 et 2018, les revenus du groupe Haier ont bondi de 25,1 à 37,8 milliards de dollars tandis que les profits ont presque quadruplé, passant de 1,3 à 4,7 milliards. Plus impressionnant : le taux de succès des microenterprises incubées atteint 50%, cinq fois supérieur au taux moyen des start-ups chinoises (10%). Haier compte maintenant 30 licornes (entreprises valorisées à plus d&#039;un milliard), 15 introductions en bourse, et 204 ME en phase d&#039;investissement avancé. Chez les filiales transformées, les résultats sont tout aussi spectaculaires : Fujitsu Europe a vu son engagement employé passer de 64% à 73% en un an, son NPS client devenir positif, et certaines activités tripler.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Quels défis le modèle pose-t-il aux entreprises traditionnelles ?&lt;br /&gt;
| contenu = La transformation exige un bouleversement culturel radical qui heurte de plein fouet les réflexes managériaux. Le défi majeur : accepter de perdre le contrôle hiérarchique. Les managers intermédiaires, habitués à suivre des processus et donner des ordres, doivent apprendre à inspirer et servir plutôt qu&#039;à commander. Beaucoup résistent. Autre défi : accepter qu&#039;un jeune entrepreneur puisse gagner plus que son ancien supérieur si sa contribution est supérieure. Cette inversion des logiques de pouvoir et de statut déstabilise. Enfin, la tolérance au risque doit augmenter drastiquement : donner l&#039;autonomie signifie accepter que certaines décisions ne soient pas celles qu&#039;on aurait prises soi-même. Comme le dit Joo Domingos, un dirigeant de Fujitsu Europe : « J&#039;ai dû me forcer à me taire ».&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Quelle est la vision ultime de Zhang Ruimin avec RenDanHeYi ?&lt;br /&gt;
| contenu = Zhang vise une transformation philosophique de l&#039;entreprise elle-même. Son objectif n&#039;est pas simplement d&#039;améliorer la performance mais de « maximiser la valeur humaine » en permettant à chaque individu de réaliser pleinement son potentiel entrepreneurial. Il veut transformer les organisations traditionnelles en « champions de l&#039;évolution des écosystèmes » plutôt qu&#039;en simples entreprises produisant des biens. Dans sa vision, l&#039;entreprise devient une plateforme sans frontières où entrepreneurs internes et externes co-créent continuellement de la valeur pour les utilisateurs. Il cite Peter Drucker, considéré comme un des penseurs majeurs du management moderne : « Dans 25 ans, les organisations traditionnelles ne seront plus pertinentes. La forme organisationnelle actuelle cessera d&#039;exister ». RenDanHeYi incarne cette prophétie : une organisation vivante, évolutive, centrée sur la dignité humaine.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Valve_Corporation&amp;diff=407</id>
		<title>Valve Corporation</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://auto-org.fr/index.php?title=Valve_Corporation&amp;diff=407"/>
		<updated>2026-02-12T15:39:23Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Infobox Entreprise|Nom=Valve Corporation|Image=Fichier:Valve Logo.jpg|Création=1996|Fondateurs=[https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabe_Newell Gabe Newell],&lt;br /&gt;
[https://fr.wikipedia.org/wiki/Mike_Harrington Mike Harrington]|Forme juridique=[https://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_%C3%A0_responsabilit%C3%A9_limit%C3%A9e SARL]|Siège social=[https://fr.wikipedia.org/wiki/Bellevue_(Washington) Bellevue (Washington)],&lt;br /&gt;
[https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tats-Unis États-Unis]|Activité=[https://fr.wikipedia.org/wiki/Industrie_vid%C3%A9oludique Industrie vidéoludique]|Produits=Jeux vidéo|Effectif=336 (en 2021)|Management=Aucune hiérarchie formelle, aucun manager|Site web=https://www.valvesoftware.com/fr/|Fonds propres=Valve est autofinancée ; pas d’investissement externe ni de capital-risque.|Dette=Pas de dette significative rapportée pour Valve Corporation|Chiffre d&#039;affaire=≈ $13 milliards (2022, revenus consolidés estimés)|Résultat net=Non divulgué publiquement}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valve fait figure d’ovni dans l’industrie du jeu vidéo, autant par ses innovations que par son fonctionnement interne : pas de chefs, pas de fiches de postes et des bureaux à roulette. En bref :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Fondation&#039;&#039;&#039; : 1996 par Gabe Newell et Mike Harrington, anciens de Microsoft&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Effectif&#039;&#039;&#039; : 336 employés (en 2021)&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Chiffre d&#039;affaires&#039;&#039;&#039; : ~13 milliards de dollars (2022)&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Structure&#039;&#039;&#039; : Aucune hiérarchie formelle, aucun manager&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Organisation&#039;&#039;&#039; : Groupes de travail appelés &amp;quot;cabales&amp;quot; formés librement&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Recrutement&#039;&#039;&#039; : Profils &amp;quot;en T&amp;quot; ultra-qualifiés (polyvalence + expertise pointue)&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Financement&#039;&#039;&#039; : 100% autofinancé, aucun investisseur externe&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Innovation&#039;&#039;&#039; : Bureaux à roulettes pour faciliter la mobilité des équipes&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Évaluation&#039;&#039;&#039; : Système de peer review annuel et classement comparatif&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Philosophie&#039;&#039;&#039; : Autonomie totale, responsabilité collective, droit à l&#039;erreur&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Genèse : une histoire d’indépendance ==&lt;br /&gt;
Valve a été fondée en 1996 par [https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabe_Newell Gabe Newell] et Mike Harrington, anciens de Microsoft, avec l’idée de réinventer les jeux vidéo et la façon de travailler dans ce secteur. Dès ses débuts, &#039;&#039;&#039;Valve a choisi l’autofinancement pour préserver sa liberté&#039;&#039;&#039;, refusant toute dépendance financière extérieure. Une étape clé fut le conflit avec leur premier éditeur, Sierra On-Line, qui a tenté d’imposer sa vision sur la gestion du lancement de Half-Life. Cet épisode, très fondateur, a poussé Valve à se battre pour conserver la maîtrise de ses propriétés intellectuelles et à renforcer son orientation vers l’indépendance stratégique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La société naît explicitement dans un esprit d’expérimentation : &#039;&#039;&#039;réunir des profils talentueux dans un espace où l’autonomie et la responsabilité collective sont la norme&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== 1 projet = une «cabale» ==&lt;br /&gt;
Valve fonctionne sans managers, chefs d’équipe ni attribution rigide des rôles. Ses groupes de travail sont appelés « cabales », expression spécifique à Valve, pour décrire un groupe informel d’employés qui se rassemble librement pour travailler ensemble sur un objectif commun, sans hiérarchie fixe et sans nécessité de validation managériale externe.&amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Le manuel d’accueil de Valve précise que les cabales existent depuis les débuts de l’entreprise, comme des groupes naturels et éphémères que chaque salarié est libre de rejoindre ou de quitter selon l’importance qu’il accorde au projet en question.&#039;&#039;&#039;&amp;lt;/blockquote&amp;gt;Chaque salarié est libre de rejoindre ou former une cabale ; aucun processus d’approbation n’est requis, la motivation se construit sur la valeur attendue pour le client. La mobilité dans l’espace est assurée par des bureaux à roulettes, facilitant le déplacement pour la réunion physique et la collaboration : il suffit de débrancher les câbles, déplacer le bureau, puis rebrancher et reprendre le travail, ce qui permet à chaque groupe de s’agréger rapidement et de repartir quand les priorités changent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== RH et profils en T ==&lt;br /&gt;
Le recrutement chez Valve est considéré comme la priorité absolue : &#039;&#039;&#039;l’organisation exige des candidats capables d’autonomie et de responsabilité collective&#039;&#039;&#039;. L’entreprise privilégie les profils « en T » : la barre horizontale du T figure une grande polyvalence sur de nombreux domaines ; la barre verticale représente une expertise très profonde dans un secteur précis. Ce « T » est choisi pour illustrer la capacité souhaitée : travailler de manière transversale tout en apportant un niveau d’innovation de pointe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chaque employé a la responsabilité de faciliter, à sa façon, l’intégration des nouveaux arrivants. Ainsi, la première journée de travail d’un nouvel employé débute par un accueil informel et collectif. Il est félicité pour avoir réussi le processus de recrutement, reconnu comme particulièrement exigeant, et pour avoir été sélectionné parmi des candidats exceptionnels, considérés comme les meilleurs dans leur domaine. Il est ensuite invité à explorer l’environnement unique, horizontal et dépourvu de hiérarchie formelle, où il n’y a ni supérieur direct, ni poste prédéfini ni instructions figées. Enfin, il est encouragé à s’adresser à ses collègues, à poser des questions à qui il souhaite et à s’intégrer par le dialogue et l’échange direct avec l’ensemble de l’équipe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le manuel d’accueil insiste sur le fait que &#039;&#039;&#039;chaque nouvel arrivant doit décider où installer son propre bureau&#039;&#039;&#039;, s’habituer aux ressources (espace de repos, cuisine, salle de sport, etc.) et commencer à se familiariser avec la culture de l’entreprise en discutant avec ses collègues. Il n’y a pas de parcours balisé ou de tâches assignées : l’objectif de la première journée est de briser la panique initiale en favorisant la curiosité, l’échange et la découverte, afin de permettre au nouvel employé de se sentir rapidement acteur de son parcours professionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour favoriser une mesure équitable de la valeur des employés, &#039;&#039;&#039;l’évaluation se fait strictement entre pairs&#039;&#039;&#039;, les retours annuels sont anonymes et un classement comparatif annuel est réalisé pour ajuster la rémunération au sein de l’entreprise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Concrètement, une fois par an, &#039;&#039;&#039;chaque employé rédige des rapports sur les personnes avec qui il a travaillé&#039;&#039;&#039;. Ces rapports, collectés par un panel qui change à chaque cycle, demandent à chacun d’évaluer son expérience de collaboration avec les autres membres. Les commentaires sont ensuite agrégés, anonymisés et redistribués à chaque employé évalué. L’objectif est d’encourager un feedback constructif, prescriptif et orienté vers l’amélioration, tout en assurant la confidentialité des avis afin d’en garantir la sincérité et l’utilité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En parallèle de ces rapports annuels, un classement comparatif est réalisé pour ajuster la rémunération au sein de l’entreprise. Chaque groupe de projet ou de produit, divisé en petites entités, classe ses propres membres selon quatre critères :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Niveau de compétences techniques,&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Productivité/rendement,&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Contribution au groupe,&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Contribution au produit.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici quelques exemples concrets de critères : la capacité technique à résoudre des problèmes cruciaux, la quantité de travail fournie (et non le nombre d’heures travaillées), la capacité à aider les collègues ou à améliorer les outils internes, et l’impact concret sur le produit livré ou la satisfaction client. Le classement obtenu par ces rapports sert de base à la redistribution des salaires qui, chez Valve, dépassent largement les normes du secteur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez Valve, &#039;&#039;&#039;le licenciement est rare mais possible&#039;&#039;&#039;, même dans un environnement sans hiérarchie formelle. Le manuel d&#039;accueil précise que la relation de travail est à durée indéterminée, résiliable à tout moment par l’employé ou par l’entreprise, sans qu’aucun motif spécifique ne soit nécessaire. Concrètement, il n’existe &#039;&#039;&#039;pas de procédure institutionnalisée ou de manager chargé des renvois&#039;&#039;&#039; : si un salarié ne répond pas aux attentes, que son adaptation à l’organisation horizontale échoue durablement, ou que ses contributions n’apportent pas de valeur au groupe, il peut être décidé de façon collective et informelle par ses pairs de le laisser partir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même, lorsque plusieurs collègues constatent qu’un membre ne parvient pas à s’intégrer, à contribuer ou à collaborer efficacement au sein des équipes, ils peuvent initier la discussion autour d’un départ. Dans les faits, &#039;&#039;&#039;la responsabilité du licenciement est assurée par ceux qui acceptent de prendre en charge la démarche&#039;&#039;&#039;, souvent des volontaires parmi les salariés concernés par la situation, sans qu’il n’y ait de procédure formelle ou d’autorité désignée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Gabe Newell, fondateur de Valve, possède théoriquement le pouvoir ultime de mettre fin au contrat d’un employé, mais il n’agit pas en tant que manager hiérarchique et cette prérogative n’est que rarement mobilisée&#039;&#039;&#039; ; la dynamique reste nettement participative et basée sur la reconnaissance (ou non) de la valeur apportée par chacun au collectif&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Processus vitaux : départements et autogestion ==&lt;br /&gt;
Valve ne dispose &#039;&#039;&#039;pas de départements traditionnels centralisés&#039;&#039;&#039; : chaque équipe conçoit librement son organisation et ses méthodes selon les besoins du projet, &#039;&#039;&#039;sans services supports formalisés de type RH, marketing ou informatique&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prenons l’exemple de la gestion des composants partagés. Il s’agit de groupes dont l’activité principale est d’assurer la maintenance de composants techniques ou de plateformes communes (moteur graphique, serveurs, outils internes…). Ces groupes, sans hiérarchie ni organisation officielle, se concentrent sur le fait de réparer, développer et améliorer ce dont toute l’entreprise a besoin au quotidien. Certains se consacrent donc presque à temps plein à renforcer les coulisses techniques pour permettre aux autres équipes de se concentrer sur leurs propres projets.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La gestion des composants partagés repose sur la coopération horizontale et la volonté des contributeurs à s’investir sur des tâches transversales : les individus rejoignent ces initiatives par intérêt, sollicités directement par d’autres membres ou en constatant eux-mêmes un besoin. &#039;&#039;&#039;Une “règle des trois” s’applique : il faut en général convaincre au moins deux autres collègues de s’investir dans la maintenance ou l’évolution d’un composant partagé pour qu’une équipe se forme et que le travail progresse&#039;&#039;&#039;. La coordination se fait par la réputation, la communication entre pairs et la capacité de mobiliser des compétences motivées, sans structure d’arbitrage hiérarchique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce fonctionnement, adapté à la modularité des produits et à la compétence élevée des collaborateurs, rend possible l’émergence spontanée de plateformes ou de “services” internes, tout en favorisant un traitement flexible et évolutif des besoins communs selon la dynamique des projets.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Les projets se lancent par auto-sélection et consensus&#039;&#039;&#039; (règle informelle du « trois » qui veut que trois personnes au moins croient en une idée pour qu’elle démarre). Les salariés « votent » avec leurs pieds – ou les roulettes de leur bureau : plus un projet attire de collaborateurs, plus il avance confirmant sa pertinence au sein du collectif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce qui est de la &#039;&#039;&#039;gestion budgétaire, le reporting, l’innovation et les pratiques RH, ces fonctions sont auto-organisées&#039;&#039;&#039; : chaque équipe ou chaque groupe de projet se charge de définir ses propres besoins, de répartir les budgets, de suivre les dépenses, d’inventer de nouvelles approches, de gérer les recrutements et même d’assurer le suivi administratif nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En résumé :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;La gestion budgétaire est décidée collectivement par les membres impliqués dans un projet&#039;&#039;&#039;, qui évaluent eux-mêmes leurs besoins et rendent compte directement aux autres équipes si nécessaire.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le reporting, loin d’être imposé de l’extérieur, prend la forme de partages informels d’expérience ou de résultats&#039;&#039;&#039;, sous forme de discussions, d’outils collaboratifs internes ou de bilans spontanés entre pairs.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;L’innovation naît directement de l’initiative des collaborateurs : toute personne peut lancer une idée ou un projet,&#039;&#039;&#039; constituer une équipe autour d’elle, et mobiliser des ressources.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Les pratiques RH (recrutement, intégration, retours, départs…) sont assurées collectivement&#039;&#039;&#039; : chacun participe, propose des candidats, s’implique dans l’évaluation et accompagne les nouveaux venus, sans service dédié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces fonctions sont entièrement au service des besoins immédiats des groupes, renforçant la souplesse et la réactivité de l’entreprise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce modèle radical pousse chaque employé à assumer des responsabilités qui, ailleurs, seraient gérées par une direction ou des spécialistes, et à toujours agir en transparence vis-à-vis du collectif, sans hiérarchie formelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mobilité, confort et droit à l’erreur ==&lt;br /&gt;
Valve mise sur le bien-être : horaires flexibles, bureaux modulables, avantages de confort (repas, salle de sport, massages, vacances collectives). L’environnement valorise l’entraide, la discussion informelle – dans la cuisine, les ascenseurs, les espaces de repos.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chacun est incité à discuter librement n’importe quand et avec n’importe quel collègue pour comprendre ce qui se passe, trouver une réponse à un problème ou rejoindre un projet qui l’intéresse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail est mobile tant physiquement grâce aux bureaux montés sur roulettes mais aussi grâce à la flexibilité des rôles. &#039;&#039;&#039;Un même salarié peut contribuer à différents projets, changer de domaine de compétence ou s’auto-former grâce à la diversité des talents réunis autour de lui.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chacun apprend en permanence au contact des autres : nouveaux venus comme anciens partagent de façon informelle les bonnes pratiques, s’auto-corrigent, discutent ouvertement de leurs erreurs et tirent collectivement parti de leurs expériences réussies ou des échecs rencontrés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’erreur n’est pas stigmatisée : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;« Personne n’a jamais été renvoyé de Valve pour avoir fait une erreur. Même les échecs coûteux sont vus comme des opportunités d’apprentissage »&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
souligne le manuel interne. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;L’expérimentation, la remise en question et la coopération sont vécues comme les moteurs de progrès.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La gestion des conflits s’effectue principalement par la discussion et la recherche de consensus entre pairs&#039;&#039;&#039;, sans intervention d’un manager ou d’un département spécialisé. Lorsqu’un désaccord émerge au sein d’une équipe, le principe est d’exprimer ouvertement son point de vue, de confronter les arguments et d’impliquer d’autres collègues afin de multiplier les perspectives et de trouver un terrain d’entente. Si le conflit ne se résout pas au sein du groupe, des membres extérieurs sont parfois sollicités pour aider à trancher, mais l’accent reste mis sur la responsabilité individuelle et collective de maintenir la coopération dans un environnement horizontal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Diffusion du modèle et limites ==&lt;br /&gt;
Les exemples d’entreprises ayant adopté une structure proche de celle de Valve sont rares à l’échelle mondiale. D’après le numéro spécial “Organization Zoo” du Journal of Organization Design consacré au cas Valve, &#039;&#039;&#039;les « cas cousins » les plus cités figurent W.L. Gore (Gore-Tex), Morning Star, Oticon, Semco, GitHub ou encore Menlo Innovations&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La diffusion du modèle reste rare de par la difficulté à réunir certaines conditions-clés : il faut un produit ou une activité très modulaire, une main-d’œuvre ultra-qualifiée, souvent passionnée, et, surtout, des actionnaires et dirigeants prêts à renoncer au contrôle hiérarchique classique au profit d’un fonctionnement par confiance et auto-organisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toujours selon le Journal of Organization Design, plusieurs contributeurs soulignent que &#039;&#039;&#039;ce modèle s’avère particulièrement adapté aux secteurs où la créativité et l’innovation priment&#039;&#039;&#039;, comme le jeu vidéo ou le logiciel libre, mais qu’il atteint vite ses limites dans de grandes structures ou des industries nécessitant une forte coordination transversale (finance, logistique, production industrielle…).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les principales limites de ce modèle sont &#039;&#039;&#039;l’apparition de cliques ou de hiérarchies informelles, la difficulté d’intégrer les nouveaux&#039;&#039;&#039;, la lenteur à prendre des décisions en cas de crise et le risque d’isolement pour les profils moins extravertis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un ex-employé témoigne : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;«Valve ressemblait beaucoup à un lycée… Il y a des “enfants populaires” qui ont acquis du pouvoir dans l’entreprise, puis il y a les “trouble makers”, et tous les autres entre les deux. »&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Des chercheurs notent que la popularité, la réputation et les affinités personnelles peuvent prendre le pas sur la logique purement créative ou professionnelle, entraînant parfois une forme de division sociale ou de “club fermé” autour de certains projets ou décideurs informels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’ajoute à ce phénomène la “règle des trois” qui incarne la logique auto-sélective propre à Valve. &#039;&#039;&#039;Aucun nouveau projet ne peut émerger s’il n’attire pas au moins trois salariés motivés pour déplacer leur bureau et s’y engager&#039;&#039;&#039;. Cela a pour effet positif d’encourager l’initiative collective mais favorise aussi, selon les chercheurs, la concentration des efforts sur des projets consensuels ou portés par les membres déjà les plus influents ou charismatiques, au détriment des idées plus originales ou disruptives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, un cas emblématique de dérive est cité dans le numéro spécial du Journal of Organization Design. Dans ses premières années, Valve a activement recruté des profils variés, misant sur une politique d’embauche ambitieuse et une certaine ouverture à la diversité, notamment en recherchant des talents hors des réseaux traditionnels du jeu vidéo. &#039;&#039;&#039;Toutefois, cette dynamique n’a pas été suivie d’une structuration de la politique de diversité&#039;&#039;&#039; : en l’absence de relais ou de processus dédié, la sélection et l’inclusion se sont peu à peu repliées sur les affinités préexistantes au sein du collectif, limitant la diversité réelle parmi les salariés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Témoignages : créativité et défis personnels ==&lt;br /&gt;
Les témoignages d’employés révèlent une double réalité : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;« Notre quotidien, c’est avoir une idée, en parler à un collègue, travailler dessus ensemble, finaliser le produit puis le diffuser, sans validation bureaucratique. Mais cela exige une forte initiative personnelle »&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; confie un salarié. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Un autre décrit un environnement stimulant mais aussi complexe : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;« Valve, c’est vraiment intense, il faut savoir s’intégrer sans guide, parfois se repérer dans des cercles informels, mais c’est un lieu de créativité pure ».&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion et perspectives ==&lt;br /&gt;
Valve démontre que l’organisation sans chef peut libérer un potentiel collectif exceptionnel, à condition d’accepter la responsabilité, l’initiative et la remise en question permanente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réussite de Valve est étroitement liée à des facteurs très spécifiques : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* taille limitée&lt;br /&gt;
* autofinancement&lt;br /&gt;
* marché du jeu vidéo caractérisé par la modularité des tâches&lt;br /&gt;
* recrutement de profils ultra-qualifiés&lt;br /&gt;
* et présence d’un fondateur-propriétaire garant des principes fondateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, la transposabilité du modèle dans d’autres contextes ou à plus grande échèle suppose un arrangement subtil de dispositifs complémentaires, comme la règle des trois, l’évaluation par les pairs, la mobilité interne, les rémunérations au mérite, etc. Néanmoins, les principes sous-jacent du modèle de Valve sont inspirants pour les entreprises qui souhaitent s’orienter vers l’auto-organisation&amp;lt;ref&amp;gt;Austin Wood, &#039;&#039;&#039;&amp;quot;Gabe Newell says he ditched Microsoft and made Valve and Half-Life to prove &amp;quot;a better approach to game design&amp;quot; at a time where &#039;there were more people using Doom than using Windows&#039;&amp;quot;&#039;&#039;&#039;, GamesRadar+, 25 juillet 2025,https://www.gamesradar.com/games/gabe-newell-says-he-ditched-microsoft-and-made-valve-and-half-life-to-prove-a-better-approach-to-game-design-at-a-time-where-there-were-more-people-using-doom-than-using-windows/&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Valve Corporation, &amp;quot;&#039;&#039;&#039;MANUEL POUR LES NOUVEAUX EMPLOYÉS, Savoir quoi faire quand personne n&#039;est là pour vous diriger : une aventure passionnante&#039;&#039;&#039;&amp;quot;. [[:Fichier:Valve Handbook-FR.pdf]], 2012&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Vol. 4, No. 2 (2015), Journal of organizational design&#039;&#039;&#039;, 2015, [[:Fichier:Journal of organizational Design - Valve.pdf]]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Jody Macgregor, &#039;&#039;&#039;&amp;quot;Valve&#039;s unusual corporate structure causes its problems, report suggests&amp;quot;&#039;&#039;&#039;, PC Gamer, 27 Janvier 2023, https://www.pcgamer.com/valves-unusual-corporate-structure-causes-its-problems-report-suggests/&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Rich Stanton, &#039;&#039;&#039;&amp;quot;Gabe Newell&#039;s Daily Routine Is &#039;Get up, Work, Go Scuba Diving,&#039; Says He&#039;s Been &#039;Retired for a Long Time&#039; but Works 7 Days a Week: &#039;The Things I Get to Do Every Day Are Super-Awesome&#039;&amp;quot;,&#039;&#039;&#039; PC Gamer, 17 Juillet 2025, &amp;lt;nowiki&amp;gt;https://www.pcgamer.com/gaming-industry/gabe-newells-daily-routine-is-get-up-work-go-scuba-diving-says-hes-been-retired-for-a-long-time-but-works-7-days-a-week-the-things-i-get-to-do-every-day-are-super-awesome/&amp;lt;/nowiki&amp;gt;.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== A propos de l&#039;auteur ==&lt;br /&gt;
{{Auto Organisation:À propos de Alioune}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études_de_cas]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Valve_Corporation&amp;diff=406</id>
		<title>Valve Corporation</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://auto-org.fr/index.php?title=Valve_Corporation&amp;diff=406"/>
		<updated>2026-02-12T15:38:48Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : ajouté propriété management &amp;quot;à faire&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Infobox Entreprise|Nom=Valve Corporation|Image=Fichier:Valve Logo.jpg|Création=1996|Fondateurs=[https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabe_Newell Gabe Newell],&lt;br /&gt;
[https://fr.wikipedia.org/wiki/Mike_Harrington Mike Harrington]|Forme juridique=[https://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_%C3%A0_responsabilit%C3%A9_limit%C3%A9e SARL]|Siège social=[https://fr.wikipedia.org/wiki/Bellevue_(Washington) Bellevue (Washington)],&lt;br /&gt;
[https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tats-Unis États-Unis]|Activité=[https://fr.wikipedia.org/wiki/Industrie_vid%C3%A9oludique Industrie vidéoludique]|Produits=Jeux vidéo|Effectif=336 (en 2021)|Management=à faire|Site web=https://www.valvesoftware.com/fr/|Fonds propres=Valve est autofinancée ; pas d’investissement externe ni de capital-risque.|Dette=Pas de dette significative rapportée pour Valve Corporation|Chiffre d&#039;affaire=≈ $13 milliards (2022, revenus consolidés estimés)|Résultat net=Non divulgué publiquement}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valve fait figure d’ovni dans l’industrie du jeu vidéo, autant par ses innovations que par son fonctionnement interne : pas de chefs, pas de fiches de postes et des bureaux à roulette. En bref :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Fondation&#039;&#039;&#039; : 1996 par Gabe Newell et Mike Harrington, anciens de Microsoft&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Effectif&#039;&#039;&#039; : 336 employés (en 2021)&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Chiffre d&#039;affaires&#039;&#039;&#039; : ~13 milliards de dollars (2022)&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Structure&#039;&#039;&#039; : Aucune hiérarchie formelle, aucun manager&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Organisation&#039;&#039;&#039; : Groupes de travail appelés &amp;quot;cabales&amp;quot; formés librement&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Recrutement&#039;&#039;&#039; : Profils &amp;quot;en T&amp;quot; ultra-qualifiés (polyvalence + expertise pointue)&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Financement&#039;&#039;&#039; : 100% autofinancé, aucun investisseur externe&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Innovation&#039;&#039;&#039; : Bureaux à roulettes pour faciliter la mobilité des équipes&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Évaluation&#039;&#039;&#039; : Système de peer review annuel et classement comparatif&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Philosophie&#039;&#039;&#039; : Autonomie totale, responsabilité collective, droit à l&#039;erreur&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Genèse : une histoire d’indépendance ==&lt;br /&gt;
Valve a été fondée en 1996 par [https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabe_Newell Gabe Newell] et Mike Harrington, anciens de Microsoft, avec l’idée de réinventer les jeux vidéo et la façon de travailler dans ce secteur. Dès ses débuts, &#039;&#039;&#039;Valve a choisi l’autofinancement pour préserver sa liberté&#039;&#039;&#039;, refusant toute dépendance financière extérieure. Une étape clé fut le conflit avec leur premier éditeur, Sierra On-Line, qui a tenté d’imposer sa vision sur la gestion du lancement de Half-Life. Cet épisode, très fondateur, a poussé Valve à se battre pour conserver la maîtrise de ses propriétés intellectuelles et à renforcer son orientation vers l’indépendance stratégique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La société naît explicitement dans un esprit d’expérimentation : &#039;&#039;&#039;réunir des profils talentueux dans un espace où l’autonomie et la responsabilité collective sont la norme&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== 1 projet = une «cabale» ==&lt;br /&gt;
Valve fonctionne sans managers, chefs d’équipe ni attribution rigide des rôles. Ses groupes de travail sont appelés « cabales », expression spécifique à Valve, pour décrire un groupe informel d’employés qui se rassemble librement pour travailler ensemble sur un objectif commun, sans hiérarchie fixe et sans nécessité de validation managériale externe.&amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Le manuel d’accueil de Valve précise que les cabales existent depuis les débuts de l’entreprise, comme des groupes naturels et éphémères que chaque salarié est libre de rejoindre ou de quitter selon l’importance qu’il accorde au projet en question.&#039;&#039;&#039;&amp;lt;/blockquote&amp;gt;Chaque salarié est libre de rejoindre ou former une cabale ; aucun processus d’approbation n’est requis, la motivation se construit sur la valeur attendue pour le client. La mobilité dans l’espace est assurée par des bureaux à roulettes, facilitant le déplacement pour la réunion physique et la collaboration : il suffit de débrancher les câbles, déplacer le bureau, puis rebrancher et reprendre le travail, ce qui permet à chaque groupe de s’agréger rapidement et de repartir quand les priorités changent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== RH et profils en T ==&lt;br /&gt;
Le recrutement chez Valve est considéré comme la priorité absolue : &#039;&#039;&#039;l’organisation exige des candidats capables d’autonomie et de responsabilité collective&#039;&#039;&#039;. L’entreprise privilégie les profils « en T » : la barre horizontale du T figure une grande polyvalence sur de nombreux domaines ; la barre verticale représente une expertise très profonde dans un secteur précis. Ce « T » est choisi pour illustrer la capacité souhaitée : travailler de manière transversale tout en apportant un niveau d’innovation de pointe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chaque employé a la responsabilité de faciliter, à sa façon, l’intégration des nouveaux arrivants. Ainsi, la première journée de travail d’un nouvel employé débute par un accueil informel et collectif. Il est félicité pour avoir réussi le processus de recrutement, reconnu comme particulièrement exigeant, et pour avoir été sélectionné parmi des candidats exceptionnels, considérés comme les meilleurs dans leur domaine. Il est ensuite invité à explorer l’environnement unique, horizontal et dépourvu de hiérarchie formelle, où il n’y a ni supérieur direct, ni poste prédéfini ni instructions figées. Enfin, il est encouragé à s’adresser à ses collègues, à poser des questions à qui il souhaite et à s’intégrer par le dialogue et l’échange direct avec l’ensemble de l’équipe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le manuel d’accueil insiste sur le fait que &#039;&#039;&#039;chaque nouvel arrivant doit décider où installer son propre bureau&#039;&#039;&#039;, s’habituer aux ressources (espace de repos, cuisine, salle de sport, etc.) et commencer à se familiariser avec la culture de l’entreprise en discutant avec ses collègues. Il n’y a pas de parcours balisé ou de tâches assignées : l’objectif de la première journée est de briser la panique initiale en favorisant la curiosité, l’échange et la découverte, afin de permettre au nouvel employé de se sentir rapidement acteur de son parcours professionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour favoriser une mesure équitable de la valeur des employés, &#039;&#039;&#039;l’évaluation se fait strictement entre pairs&#039;&#039;&#039;, les retours annuels sont anonymes et un classement comparatif annuel est réalisé pour ajuster la rémunération au sein de l’entreprise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Concrètement, une fois par an, &#039;&#039;&#039;chaque employé rédige des rapports sur les personnes avec qui il a travaillé&#039;&#039;&#039;. Ces rapports, collectés par un panel qui change à chaque cycle, demandent à chacun d’évaluer son expérience de collaboration avec les autres membres. Les commentaires sont ensuite agrégés, anonymisés et redistribués à chaque employé évalué. L’objectif est d’encourager un feedback constructif, prescriptif et orienté vers l’amélioration, tout en assurant la confidentialité des avis afin d’en garantir la sincérité et l’utilité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En parallèle de ces rapports annuels, un classement comparatif est réalisé pour ajuster la rémunération au sein de l’entreprise. Chaque groupe de projet ou de produit, divisé en petites entités, classe ses propres membres selon quatre critères :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Niveau de compétences techniques,&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Productivité/rendement,&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Contribution au groupe,&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Contribution au produit.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici quelques exemples concrets de critères : la capacité technique à résoudre des problèmes cruciaux, la quantité de travail fournie (et non le nombre d’heures travaillées), la capacité à aider les collègues ou à améliorer les outils internes, et l’impact concret sur le produit livré ou la satisfaction client. Le classement obtenu par ces rapports sert de base à la redistribution des salaires qui, chez Valve, dépassent largement les normes du secteur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez Valve, &#039;&#039;&#039;le licenciement est rare mais possible&#039;&#039;&#039;, même dans un environnement sans hiérarchie formelle. Le manuel d&#039;accueil précise que la relation de travail est à durée indéterminée, résiliable à tout moment par l’employé ou par l’entreprise, sans qu’aucun motif spécifique ne soit nécessaire. Concrètement, il n’existe &#039;&#039;&#039;pas de procédure institutionnalisée ou de manager chargé des renvois&#039;&#039;&#039; : si un salarié ne répond pas aux attentes, que son adaptation à l’organisation horizontale échoue durablement, ou que ses contributions n’apportent pas de valeur au groupe, il peut être décidé de façon collective et informelle par ses pairs de le laisser partir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même, lorsque plusieurs collègues constatent qu’un membre ne parvient pas à s’intégrer, à contribuer ou à collaborer efficacement au sein des équipes, ils peuvent initier la discussion autour d’un départ. Dans les faits, &#039;&#039;&#039;la responsabilité du licenciement est assurée par ceux qui acceptent de prendre en charge la démarche&#039;&#039;&#039;, souvent des volontaires parmi les salariés concernés par la situation, sans qu’il n’y ait de procédure formelle ou d’autorité désignée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Gabe Newell, fondateur de Valve, possède théoriquement le pouvoir ultime de mettre fin au contrat d’un employé, mais il n’agit pas en tant que manager hiérarchique et cette prérogative n’est que rarement mobilisée&#039;&#039;&#039; ; la dynamique reste nettement participative et basée sur la reconnaissance (ou non) de la valeur apportée par chacun au collectif&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Processus vitaux : départements et autogestion ==&lt;br /&gt;
Valve ne dispose &#039;&#039;&#039;pas de départements traditionnels centralisés&#039;&#039;&#039; : chaque équipe conçoit librement son organisation et ses méthodes selon les besoins du projet, &#039;&#039;&#039;sans services supports formalisés de type RH, marketing ou informatique&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prenons l’exemple de la gestion des composants partagés. Il s’agit de groupes dont l’activité principale est d’assurer la maintenance de composants techniques ou de plateformes communes (moteur graphique, serveurs, outils internes…). Ces groupes, sans hiérarchie ni organisation officielle, se concentrent sur le fait de réparer, développer et améliorer ce dont toute l’entreprise a besoin au quotidien. Certains se consacrent donc presque à temps plein à renforcer les coulisses techniques pour permettre aux autres équipes de se concentrer sur leurs propres projets.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La gestion des composants partagés repose sur la coopération horizontale et la volonté des contributeurs à s’investir sur des tâches transversales : les individus rejoignent ces initiatives par intérêt, sollicités directement par d’autres membres ou en constatant eux-mêmes un besoin. &#039;&#039;&#039;Une “règle des trois” s’applique : il faut en général convaincre au moins deux autres collègues de s’investir dans la maintenance ou l’évolution d’un composant partagé pour qu’une équipe se forme et que le travail progresse&#039;&#039;&#039;. La coordination se fait par la réputation, la communication entre pairs et la capacité de mobiliser des compétences motivées, sans structure d’arbitrage hiérarchique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce fonctionnement, adapté à la modularité des produits et à la compétence élevée des collaborateurs, rend possible l’émergence spontanée de plateformes ou de “services” internes, tout en favorisant un traitement flexible et évolutif des besoins communs selon la dynamique des projets.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Les projets se lancent par auto-sélection et consensus&#039;&#039;&#039; (règle informelle du « trois » qui veut que trois personnes au moins croient en une idée pour qu’elle démarre). Les salariés « votent » avec leurs pieds – ou les roulettes de leur bureau : plus un projet attire de collaborateurs, plus il avance confirmant sa pertinence au sein du collectif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce qui est de la &#039;&#039;&#039;gestion budgétaire, le reporting, l’innovation et les pratiques RH, ces fonctions sont auto-organisées&#039;&#039;&#039; : chaque équipe ou chaque groupe de projet se charge de définir ses propres besoins, de répartir les budgets, de suivre les dépenses, d’inventer de nouvelles approches, de gérer les recrutements et même d’assurer le suivi administratif nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En résumé :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;La gestion budgétaire est décidée collectivement par les membres impliqués dans un projet&#039;&#039;&#039;, qui évaluent eux-mêmes leurs besoins et rendent compte directement aux autres équipes si nécessaire.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le reporting, loin d’être imposé de l’extérieur, prend la forme de partages informels d’expérience ou de résultats&#039;&#039;&#039;, sous forme de discussions, d’outils collaboratifs internes ou de bilans spontanés entre pairs.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;L’innovation naît directement de l’initiative des collaborateurs : toute personne peut lancer une idée ou un projet,&#039;&#039;&#039; constituer une équipe autour d’elle, et mobiliser des ressources.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Les pratiques RH (recrutement, intégration, retours, départs…) sont assurées collectivement&#039;&#039;&#039; : chacun participe, propose des candidats, s’implique dans l’évaluation et accompagne les nouveaux venus, sans service dédié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces fonctions sont entièrement au service des besoins immédiats des groupes, renforçant la souplesse et la réactivité de l’entreprise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce modèle radical pousse chaque employé à assumer des responsabilités qui, ailleurs, seraient gérées par une direction ou des spécialistes, et à toujours agir en transparence vis-à-vis du collectif, sans hiérarchie formelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mobilité, confort et droit à l’erreur ==&lt;br /&gt;
Valve mise sur le bien-être : horaires flexibles, bureaux modulables, avantages de confort (repas, salle de sport, massages, vacances collectives). L’environnement valorise l’entraide, la discussion informelle – dans la cuisine, les ascenseurs, les espaces de repos.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chacun est incité à discuter librement n’importe quand et avec n’importe quel collègue pour comprendre ce qui se passe, trouver une réponse à un problème ou rejoindre un projet qui l’intéresse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail est mobile tant physiquement grâce aux bureaux montés sur roulettes mais aussi grâce à la flexibilité des rôles. &#039;&#039;&#039;Un même salarié peut contribuer à différents projets, changer de domaine de compétence ou s’auto-former grâce à la diversité des talents réunis autour de lui.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chacun apprend en permanence au contact des autres : nouveaux venus comme anciens partagent de façon informelle les bonnes pratiques, s’auto-corrigent, discutent ouvertement de leurs erreurs et tirent collectivement parti de leurs expériences réussies ou des échecs rencontrés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’erreur n’est pas stigmatisée : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;« Personne n’a jamais été renvoyé de Valve pour avoir fait une erreur. Même les échecs coûteux sont vus comme des opportunités d’apprentissage »&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
souligne le manuel interne. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;L’expérimentation, la remise en question et la coopération sont vécues comme les moteurs de progrès.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La gestion des conflits s’effectue principalement par la discussion et la recherche de consensus entre pairs&#039;&#039;&#039;, sans intervention d’un manager ou d’un département spécialisé. Lorsqu’un désaccord émerge au sein d’une équipe, le principe est d’exprimer ouvertement son point de vue, de confronter les arguments et d’impliquer d’autres collègues afin de multiplier les perspectives et de trouver un terrain d’entente. Si le conflit ne se résout pas au sein du groupe, des membres extérieurs sont parfois sollicités pour aider à trancher, mais l’accent reste mis sur la responsabilité individuelle et collective de maintenir la coopération dans un environnement horizontal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Diffusion du modèle et limites ==&lt;br /&gt;
Les exemples d’entreprises ayant adopté une structure proche de celle de Valve sont rares à l’échelle mondiale. D’après le numéro spécial “Organization Zoo” du Journal of Organization Design consacré au cas Valve, &#039;&#039;&#039;les « cas cousins » les plus cités figurent W.L. Gore (Gore-Tex), Morning Star, Oticon, Semco, GitHub ou encore Menlo Innovations&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La diffusion du modèle reste rare de par la difficulté à réunir certaines conditions-clés : il faut un produit ou une activité très modulaire, une main-d’œuvre ultra-qualifiée, souvent passionnée, et, surtout, des actionnaires et dirigeants prêts à renoncer au contrôle hiérarchique classique au profit d’un fonctionnement par confiance et auto-organisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toujours selon le Journal of Organization Design, plusieurs contributeurs soulignent que &#039;&#039;&#039;ce modèle s’avère particulièrement adapté aux secteurs où la créativité et l’innovation priment&#039;&#039;&#039;, comme le jeu vidéo ou le logiciel libre, mais qu’il atteint vite ses limites dans de grandes structures ou des industries nécessitant une forte coordination transversale (finance, logistique, production industrielle…).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les principales limites de ce modèle sont &#039;&#039;&#039;l’apparition de cliques ou de hiérarchies informelles, la difficulté d’intégrer les nouveaux&#039;&#039;&#039;, la lenteur à prendre des décisions en cas de crise et le risque d’isolement pour les profils moins extravertis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un ex-employé témoigne : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;«Valve ressemblait beaucoup à un lycée… Il y a des “enfants populaires” qui ont acquis du pouvoir dans l’entreprise, puis il y a les “trouble makers”, et tous les autres entre les deux. »&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Des chercheurs notent que la popularité, la réputation et les affinités personnelles peuvent prendre le pas sur la logique purement créative ou professionnelle, entraînant parfois une forme de division sociale ou de “club fermé” autour de certains projets ou décideurs informels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’ajoute à ce phénomène la “règle des trois” qui incarne la logique auto-sélective propre à Valve. &#039;&#039;&#039;Aucun nouveau projet ne peut émerger s’il n’attire pas au moins trois salariés motivés pour déplacer leur bureau et s’y engager&#039;&#039;&#039;. Cela a pour effet positif d’encourager l’initiative collective mais favorise aussi, selon les chercheurs, la concentration des efforts sur des projets consensuels ou portés par les membres déjà les plus influents ou charismatiques, au détriment des idées plus originales ou disruptives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, un cas emblématique de dérive est cité dans le numéro spécial du Journal of Organization Design. Dans ses premières années, Valve a activement recruté des profils variés, misant sur une politique d’embauche ambitieuse et une certaine ouverture à la diversité, notamment en recherchant des talents hors des réseaux traditionnels du jeu vidéo. &#039;&#039;&#039;Toutefois, cette dynamique n’a pas été suivie d’une structuration de la politique de diversité&#039;&#039;&#039; : en l’absence de relais ou de processus dédié, la sélection et l’inclusion se sont peu à peu repliées sur les affinités préexistantes au sein du collectif, limitant la diversité réelle parmi les salariés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Témoignages : créativité et défis personnels ==&lt;br /&gt;
Les témoignages d’employés révèlent une double réalité : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;« Notre quotidien, c’est avoir une idée, en parler à un collègue, travailler dessus ensemble, finaliser le produit puis le diffuser, sans validation bureaucratique. Mais cela exige une forte initiative personnelle »&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; confie un salarié. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Un autre décrit un environnement stimulant mais aussi complexe : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;« Valve, c’est vraiment intense, il faut savoir s’intégrer sans guide, parfois se repérer dans des cercles informels, mais c’est un lieu de créativité pure ».&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion et perspectives ==&lt;br /&gt;
Valve démontre que l’organisation sans chef peut libérer un potentiel collectif exceptionnel, à condition d’accepter la responsabilité, l’initiative et la remise en question permanente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réussite de Valve est étroitement liée à des facteurs très spécifiques : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* taille limitée&lt;br /&gt;
* autofinancement&lt;br /&gt;
* marché du jeu vidéo caractérisé par la modularité des tâches&lt;br /&gt;
* recrutement de profils ultra-qualifiés&lt;br /&gt;
* et présence d’un fondateur-propriétaire garant des principes fondateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, la transposabilité du modèle dans d’autres contextes ou à plus grande échèle suppose un arrangement subtil de dispositifs complémentaires, comme la règle des trois, l’évaluation par les pairs, la mobilité interne, les rémunérations au mérite, etc. Néanmoins, les principes sous-jacent du modèle de Valve sont inspirants pour les entreprises qui souhaitent s’orienter vers l’auto-organisation&amp;lt;ref&amp;gt;Austin Wood, &#039;&#039;&#039;&amp;quot;Gabe Newell says he ditched Microsoft and made Valve and Half-Life to prove &amp;quot;a better approach to game design&amp;quot; at a time where &#039;there were more people using Doom than using Windows&#039;&amp;quot;&#039;&#039;&#039;, GamesRadar+, 25 juillet 2025,https://www.gamesradar.com/games/gabe-newell-says-he-ditched-microsoft-and-made-valve-and-half-life-to-prove-a-better-approach-to-game-design-at-a-time-where-there-were-more-people-using-doom-than-using-windows/&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Valve Corporation, &amp;quot;&#039;&#039;&#039;MANUEL POUR LES NOUVEAUX EMPLOYÉS, Savoir quoi faire quand personne n&#039;est là pour vous diriger : une aventure passionnante&#039;&#039;&#039;&amp;quot;. [[:Fichier:Valve Handbook-FR.pdf]], 2012&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Vol. 4, No. 2 (2015), Journal of organizational design&#039;&#039;&#039;, 2015, [[:Fichier:Journal of organizational Design - Valve.pdf]]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Jody Macgregor, &#039;&#039;&#039;&amp;quot;Valve&#039;s unusual corporate structure causes its problems, report suggests&amp;quot;&#039;&#039;&#039;, PC Gamer, 27 Janvier 2023, https://www.pcgamer.com/valves-unusual-corporate-structure-causes-its-problems-report-suggests/&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Rich Stanton, &#039;&#039;&#039;&amp;quot;Gabe Newell&#039;s Daily Routine Is &#039;Get up, Work, Go Scuba Diving,&#039; Says He&#039;s Been &#039;Retired for a Long Time&#039; but Works 7 Days a Week: &#039;The Things I Get to Do Every Day Are Super-Awesome&#039;&amp;quot;,&#039;&#039;&#039; PC Gamer, 17 Juillet 2025, &amp;lt;nowiki&amp;gt;https://www.pcgamer.com/gaming-industry/gabe-newells-daily-routine-is-get-up-work-go-scuba-diving-says-hes-been-retired-for-a-long-time-but-works-7-days-a-week-the-things-i-get-to-do-every-day-are-super-awesome/&amp;lt;/nowiki&amp;gt;.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== A propos de l&#039;auteur ==&lt;br /&gt;
{{Auto Organisation:À propos de Alioune}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études_de_cas]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Discussion:Valve_Corporation&amp;diff=405</id>
		<title>Discussion:Valve Corporation</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://auto-org.fr/index.php?title=Discussion:Valve_Corporation&amp;diff=405"/>
		<updated>2026-02-12T15:37:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : Page créée avec « &amp;quot;à la redistribution des salaires qui, chez Valve, dépassent largement les normes du secteur.&amp;quot; -&amp;gt; spécifier le salaire moyen »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;quot;à la redistribution des salaires qui, chez Valve, dépassent largement les normes du secteur.&amp;quot; -&amp;gt; spécifier le salaire moyen&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Morning_Star&amp;diff=404</id>
		<title>Morning Star</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://auto-org.fr/index.php?title=Morning_Star&amp;diff=404"/>
		<updated>2026-02-12T15:34:53Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : ajouté propriété management à faire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Catégorie:Études_de_cas]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Infobox Entreprise|Nom=Morning Star|Image=Fichier:Morning_Star_Logo.png|Création=1970|Fondateurs=[https://www.wikiberal.org/wiki/Chris_Rufer Chris Rufer]|Forme juridique=[https://en.wikipedia.org/wiki/Privately_held_company Société privée]|Siège social=[https://en.wikipedia.org/wiki/Woodland,_California Woodland, Californie]|Activité=Transformation de tomates industrielles|Produits=Pâte de tomate, tomates en dés, purées de tomates|Effectif=550 employés permanents + 2500 saisonniers|Management=à faire |Site web=www.morningstarco.com|Fonds propres=Non disponible publiquement (société privée)|Dette=Non disponible publiquement (société privée)|Chiffre d&#039;affaire=Plus de 800 millions USD en 2024|Résultat net=Non disponible publiquement (société privée)}}&lt;br /&gt;
Au cœur de la vallée californienne, près de la ville de Los Banos, se trouve le site géant de Morning Star où chacun prépare la “campagne”, terme couramment utilisé dans l’industrie agro-alimentaire, et notamment dans le secteur de la transformation de la tomate.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez Morning Star, c’est donc la saison de transformation industrielle des tomates, la période intense pendant laquelle les tomates sont récoltées et transformées à l’usine, généralement des mois de juillet à octobre. Ce temps fort de l’année est rythmé par l’afflux quotidien de matières premières, les impératifs de rendement et l’organisation du travail autour des activités de production.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, ici, pas d’organigrammes, pas de managers. À la place : des collègues, des missions libres et des engagements écrits négociés d’égal à égal. Morning Star, leader mondial de la tomate industrielle, cultive un modèle radicalement plat, qui intrigue autant qu’il interroge sur la possibilité de réinventer l’entreprise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques données, en bref :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Fondation&#039;&#039;&#039; : 1970 par [https://www.wikiberal.org/wiki/Chris_Rufer&amp;amp;#x20;Chris&amp;amp;#x20;Rufer Chris Rufer]&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Effectif&#039;&#039;&#039; : 550 employés permanents et 2500 saisonniers (2012-2013)&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Chiffre d&#039;affaires&#039;&#039;&#039; : Plus de 800 millions USD en 2024&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Structure&#039;&#039;&#039; : Organisation sans hiérarchie : autogestion, responsabilités partagées, décisions négociées entre pairs.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Recrutement&#039;&#039;&#039; : Cooptation, les collègues sélectionnent les candidats sur l&#039;autonomie, l&#039;engagement et la polyvalence&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Financement&#039;&#039;&#039; : Fonds propres, croissance financée principalement par réinvestissement des profits de l’entreprise&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Innovation&#039;&#039;&#039; : Le &amp;quot;Star-Pak&amp;quot;, système de conditionnement aseptisé breveté par Morning Star&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Évaluation&#039;&#039;&#039; : Performance évaluée entre collègue chaque année&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Philosophie&#039;&#039;&#039; : Autogestion totale avec liberté individuelle, engagement et responsabilité partagée&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La genèse d’un OVNI industriel ==&lt;br /&gt;
[https://www.wikiberal.org/wiki/Chris_Rufer Chris Rufer], tout juste diplômé de l’UCLA, fonde sa société de transport en 1970 avec un seul camion &#039;&#039;&#039;par pragmatisme, par goût du concret et grâce à une vision entrepreneuriale&#039;&#039;&#039; acquise dès ses études et dans sa famille. Il finance son premier camion en cumulant divers petits boulots, puis choisit le transport de tomates car il connaît bien le métier, son père était lui-même camionneur, et identifie rapidement, sur le terrain, de nombreux dysfonctionnements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, il subissait souvent l’attente due à des procédures rigides, observant que personne sur place n’osait prendre de décisions rapides sans demander l’accord d’un supérieur. Lors de ses livraisons, &#039;&#039;&#039;il échangeait fréquemment avec le personnel&#039;&#039;&#039; des entreprises, recueillant spontanément leurs frustrations, leurs difficultés à « faire bouger les choses » et leur impuissance face à la hiérarchie. En cas de petit imprévu comme une erreur de commande, une machine bloquée ou un retard, il voyait concrètement que personne ne voulait ou ne pouvait prendre de décision sans remonter l’information en haut de la chaîne, ce qui engendrait de coûteux immobilismes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;En conduisant lui-même et en ayant un regard extérieur sur de nombreuses structures différentes&#039;&#039;&#039;, il notait facilement les similitudes des problèmes rencontrés dans différents contextes industriels et percevait des opportunités d’amélioration dans la filière. Sa compréhension intime des difficultés logistiques et son analyse des pertes de temps et ses connaissances en économie et sciences agricoles acquises lors de son parcours universitaire lui ont permis de commencer à &#039;&#039;&#039;imaginer des solutions innovantes&#039;&#039;&#039; pour rendre la chaîne plus efficace.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce cheminement progressif, à partir d’une modeste entreprise, lui a donné, en plus d’une  crédibilité solide auprès des acteurs locaux, une immense liberté d’action et l’a conduit à réformer, à terme, l’ensemble du secteur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chris Rufer a ainsi conçu sa &#039;&#039;&#039;première grande usine en 1990 en intégrant dès le départ des solutions techniques innovantes&#039;&#039;&#039;, notamment l’usage de conteneurs aseptiques pour stocker et transporter la pâte de tomate. Ces conteneurs, appelés « aseptic containers » en anglais, permettent de conserver le produit sans additif ni conservateur, en empêchant toute contamination microbienne. Morning Star a même breveté une solution adaptée à ses besoins : le &amp;quot;Star-Pak&amp;quot;. Il s&#039;agit d&#039;un système de quatre sacs aseptiques insérés dans une seule grande caisse. Cette solution permet aux clients de commander en vrac et de bénéficier de la flexibilité offerte par de plus petits emballages, tout en maintenant les qualités de conservation et la sécurité sanitaire du conditionnement aseptique. Le Star-Pak a contribué à &#039;&#039;&#039;renforcer la compétitivité logistique de l’entreprise sur le marché mondial de la tomate industrielle&#039;&#039;&#039;. Il s&#039;agissait d&#039;une avancée notable par rapport aux pratiques traditionnelles, facilitant le stockage en gros volumes et l’exportation mondiale tout en maintenant une qualité optimale du produit fini.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Morning star usine noir et blanc.jpg|vignette|556x556px|Image fournie par Morning Star]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rufer, &#039;&#039;&#039;inspiré par la philosophie libertarienne&#039;&#039;&#039;, souhaitait valoriser la liberté individuelle et la responsabilité comme moteurs de la performance et de la satisfaction professionnelle. Dans son usine, le management est donc repensé de zéro avec succès puisqu’un saisonnier témoignera : &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Même sur trois mois, on m’inclut dans la boucle, on m’explique la logique du système. Je me sens valorisé&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;. »&amp;lt;/blockquote&amp;gt;Innover pour &#039;&#039;&#039;réduire le gaspillage et responsabiliser chacun&#039;&#039;&#039; : telle est la promesse initiale, qui fait de Morning Star, dès la fin des années 90, &#039;&#039;&#039;le premier transformateur de tomates au monde&#039;&#039;&#039;. En effet, l’usine traite 5 millions de tonnes de tomates par an et fournit à elle seule &#039;&#039;&#039;plus de 10% du marché mondial&#039;&#039;&#039; des ingrédients à base de tomate (paste, purée, dés, etc.). L’entreprise atteint 700 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2012, affichant une &#039;&#039;&#039;croissance à deux chiffres alors que le secteur végétais à +1 %&#039;&#039;&#039; par an.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’autogestion comme boussole ==&lt;br /&gt;
Morning Star fait figure d’exception : &#039;&#039;&#039;zéro hiérarchie, zéro titre, aucune autorité directe&#039;&#039;&#039;, hormis la mention « président » imposée légalement à Rufer. &#039;&#039;&#039;Chacun définit, via une « Colleague Letter of Understanding » (CLOU), sa mission de l’année&#039;&#039;&#039; : objectifs, moyens, partenaires, indicateurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’autorité ne s’impose plus : elle se négocie, fluctue au gré des expertises, s’efface devant la légitimité et la persuasion. Un responsable production peut voir sa crédibilité renforcée par des années d’expérience, mais n’a &#039;&#039;&#039;aucune prérogative autre que celle que ses collègues acceptent de lui reconnaître.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Ce principe irrigue tout le fonctionnement&#039;&#039;&#039; : achats, recrutement, pilotage des projets, tout est mû par la consultation et la co-construction. Un technicien raconte : &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Si j’ai besoin d’une pièce, je passe commande. Si un projet d’investissement m’emballe, charge à moi d’en défendre l’utilité&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;. »&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Quotidien d’une entreprise sans superviseur ==&lt;br /&gt;
Dans la réalité, cela donne &#039;&#039;&#039;un quotidien rythmé par la liberté et la responsabilité&#039;&#039;&#039;. À Morning Star, &#039;&#039;&#039;chaque salarié peut s’essayer à de nouvelles fonctions, créer son propre parcours, s’allier à de nouveaux partenaires&#039;&#039;&#039;. La polyvalence permet de couvrir les pics saisonniers : en pleine transformation, « &#039;&#039;même l’équipe logistique vient aider au tri si besoin&#039;&#039; », témoigne une saisonnière. Hors saison, place à l’entretien, l’innovation technique, la formation.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Morning Star collègue informatique.jpg|vignette|452x452px|Image fournie par Morning Star]]&lt;br /&gt;
Un autre témoignage souligne le climat d’entraide : &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Tout le monde est prêt à mettre la main à la pâte ; il n’y a pas de “c’est pas mon job”. Chacun sait qu’il peut proposer, décider, se tromper… et apprendre !&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; »&amp;lt;/blockquote&amp;gt;Cette liberté a un prix : &#039;&#039;&#039;le recrutement est exigeant, et la phase d’acculturation longue&#039;&#039;&#039;. Près de la moitié des anciens cadres ne parviennent pas à s’adapter chez Morning Star. L’absence de hiérarchie les prive des repères habituels : recevoir des directives, organiser le travail selon un cap ou des objectifs dictés par la direction, et avoir des subordonnés à diriger. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La stabilité de l’équipe reste néanmoins remarquable puisque &#039;&#039;&#039;90 % de saisonniers sont fidèles à leur poste chaque année&#039;&#039;&#039;, et &#039;&#039;&#039;la rémunération moyenne dépasse de 10 à 15 % celle du marché.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Transparence et innovation à la clé ==&lt;br /&gt;
Les performances de Morning Star reposent sur une &#039;&#039;&#039;cartographie fine des processus&#039;&#039;&#039; : la production suit une trentaine d’étapes minutées, chaque acteur suit ses propres « steppingstones », terme qui désigne les &#039;&#039;&#039;indicateurs personnalisés accessibles à tous&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les indicateurs sont &#039;&#039;&#039;choisis par chaque collègue, en accord avec ses partenaires de travail&#039;&#039;&#039;, au sein de sa « Colleague Letter of Understanding » (CLOU). Il mesure la qualité, l’efficacité ou d’autres aspects essentiels d’un processus dont le collègue a la responsabilité opérationnelle. Par exemple, pour un opérateur de chariot élévateur, des steppingstones typiques seraient le nombre de palettes déplacées par heure, le taux d’erreur ou de casse, ou la disponibilité de l’équipement. Morning Star ne les nomme pas « KPI » (Key Performance Indicators) afin de souligner leur rôle : &#039;&#039;&#039;chaque indicateur est une « pierre de gué », une étape mesurable sur la voie de la perfection d’un processus&#039;&#039;&#039;, même si cette perfection n’est jamais totalement atteinte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il en résulte une &#039;&#039;&#039;capacité d’amélioration continue quasi organique&#039;&#039;&#039;, guidée non par le contrôle mais par la visibilité et la confrontation collective aux résultats. Voici un exemple vécu : lorsqu’un goulot technique menace la production, toute la chaîne réagit sans attendre un feu vert hiérarchique. L’information circule à tous les niveaux, et chacun sent le besoin d’agir. Cette réactivité est jugée précieuse par les clients. Un grand industriel de la pizza témoigne:&amp;lt;blockquote&amp;gt;[[Fichier:Morning Star chaine de production vue inérieure.jpg|vignette|431x431px|Image fournie par Morning Star]]« &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;[l]eur fiabilité et leur agilité sont incomparables&#039;&#039;&#039;.&#039;&#039; ».&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’exécution parfaite avant les profits ==&lt;br /&gt;
Chez Morning Star, la priorité a toujours été accordée à l’exécution rigoureuse et à l’innovation technique, bien avant la recherche de croissance ou de profits purs. Cette orientation se traduit par une &#039;&#039;&#039;quête permanente de progrès, l’amélioration des procédés et une discipline collective centrée sur la réalisation d’un produit irréprochable&#039;&#039;&#039;. Pour Morning Star, l&#039;&#039;&#039;a croissance et la rentabilité sont des effets secondaires naturels&#039;&#039;&#039; de l’excellence opérationnelle. L’innovation n’est jamais dissociée de la qualité d’exécution, chaque collaborateur ayant la responsabilité directe d’optimiser les performances et d’en assurer le suivi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le CLOU : lettre d’engagement mutuel entre collègues ==&lt;br /&gt;
Le CLOU (Colleague Letter of Understanding) est un outil central dans le modèle d’autogestion de Morning Star, servant de &#039;&#039;&#039;contrat de performance entre collègues&#039;&#039;&#039;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Chaque année, chaque collaborateur rédige sa propre lettre, qu’il négocie avec les collègues les plus concernés par son travail&#039;&#039;&#039;. Le CLOU précise la mission personnelle de chacun, les responsabilités spécifiques, la compétence commerciale déclarée, les indicateurs de performance (appelés Steppingstones), le temps prévu pour chaque tâche, ainsi que les ressources nécessaires et les partenaires internes. Un exemple typique pourrait être : “En tant que collègue, je m’engage à fournir ce rapport à untel, ou à charger ces conteneurs, ou à exploiter telle machine selon des modalités définies&amp;quot;. Cette démarche crée &#039;&#039;&#039;un ‘ordre spontané’ qui favorise la fluidité et l’adaptabilité des relations&#039;&#039;&#039;, contrairement à une organisation figée par la hiérarchie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le processus d’élaboration du CLOU implique généralement de consulter entre six et dix collègues, chaque entretien durant de 20 à 60 minutes. La création du CLOU est ainsi collaborative : &#039;&#039;&#039;le contenu évolue chaque année&#039;&#039;&#039; pour refléter les compétences et intérêts nouveaux, et la charge de travail se répartit entre ceux qui montent en expertise et ceux qui prennent des activités plus simples. Ce système apporte de la souplesse, permet une meilleure coordination et offre à chacun une autonomie renforcée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Gérer ensemble… jusqu’à la paie ==&lt;br /&gt;
La gestion RH surprend autant que la production : chez Morning Star, &#039;&#039;&#039;chacun choisit ses formations, rédige son plan de développement, propose de nouveaux recrutements&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le processus d’augmentation et de fixation des salaires chez Morning Star repose sur un &#039;&#039;&#039;mécanisme collectif et transparent&#039;&#039;&#039;, organisé généralement à la fin de chaque année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Chaque collègue prépare un dossier&#039;&#039;&#039; comprenant une lettre justifiant la rémunération souhaitée, un résumé des retours de ses pairs (via un système de revue 360°), les résultats des Steppingstones (indicateurs de performance) et son CLOU de l’année passée et à venir. Les demandes de revalorisation doivent être argumentées, la base étant l’ajustement au coût de la vie ; toute augmentation doit être appuyée par des résultats démontrant la valeur ajoutée du collègue pour l’entreprise. Ce dossier est ensuite &#039;&#039;&#039;examiné par un comité de rémunération local, composé de pairs élus&#039;&#039;&#039;, qui analyse les justificatifs et vérifie les faits avant de formuler une recommandation. Les décisions finales sont soumises au président, avec pour objectif à terme de déléguer cette responsabilité aux comités. Ce système vise à aligner les rémunérations sur la contribution réelle à l’entreprise, tout en préservant la cohérence avec les principes d’autogestion et la culture de la responsabilisation individuelle&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Décider ensemble ==&lt;br /&gt;
Chez Morning Star, la prise de décision repose sur l’engagement direct et la responsabilité individuelle des collègues : &#039;&#039;&#039;il n’existe aucun chef pour trancher&#039;&#039;&#039; à leur place. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Ce n’est pas la position, c’est l’impact qui compte&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; », résume un électromécanicien.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;Lorsqu’un désaccord survient, les personnes concernées sont d’abord tenues de &#039;&#039;&#039;dialoguer ensemble&#039;&#039;&#039;, dans le but de trouver une solution mutuellement acceptable. Si la discussion n’aboutit pas, elles peuvent choisir une &#039;&#039;&#039;tierce personne (un médiateur interne) qui ne tranche pas, mais facilite l’échange&#039;&#039;&#039;. En absence d’accord à ce stade, &#039;&#039;&#039;un panel de 3 à 10 collègues familiers du problème&#039;&#039;&#039; est constitué pour proposer une issue constructive. Enfin, si le conflit persiste, la situation est portée au président, qui statue ou désigne une personne pour le faire, en garantissant la traçabilité et l’équité du processus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette méthode ouverte, connue sous le nom de “Gaining Agreement Process”, assure la transparence et la légitimité des décisions, tout en favorisant la résolution des divergences par la concertation, et non par la contrainte ou le pouvoir hiérarchique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Attractivité et diffusion du modèle ==&lt;br /&gt;
Le modèle d’autogestion de Morning Star suscite un &#039;&#039;&#039;vif intérêt à l’international&#039;&#039;&#039;, notamment grâce au travail du [https://www.youtube.com/c/selfmanagementinstitute Self-Management Institute], fondé en 2008 par Chris Rufer. Cet institut joue un rôle clé dans la diffusion et l’accompagnement de la démarche : il structure, transmet et enseigne les outils et les principes d’autogestion à la fois aux collègues internes et aux organisations extérieures en quête de nouveaux leviers de performance et de responsabilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le sillage de Morning Star, &#039;&#039;&#039;plusieurs études ont analysé son organisation originale&#039;&#039;&#039; : Harvard Business School a publié une étude de cas détaillée, utilisée dans les cursus de management, tandis que des chercheurs comme Gary Hamel ont consacré des articles dans la Harvard Business Review, ce qui a participé à faire rayonner le modèle dans les cercles académiques et professionnels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Morning Star est présenté comme une &#039;&#039;&#039;source d’inspiration&#039;&#039;&#039; pour de nombreuses structures à travers le monde œuvrant dans l’industrie, les services ou la tech. Roger T. Burlton, expert en management de processus, salue Morning Star en la qualifiant de &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&amp;quot;&#039;&#039;&#039;meilleur exemple d’organisation mature, pilotée par les processus&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;”.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les zones d’ombre de l’autogestion ==&lt;br /&gt;
Le modèle Morning Star représente un &#039;&#039;&#039;défi d’acculturation&#039;&#039;&#039; pour les nouveaux venus familiers des organisations hiérarchiques, et il peut leur falloir &#039;&#039;&#039;jusqu’à un an pour devenir pleinement opérationnels&#039;&#039;&#039;. Environ 50% des managers issus d’organisations conventionnelles quittent Morning Star dans les deux ans car ils peinent à trouver leur place dans le système sans chef.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’attente que chacun recadre ses collègues peut être source de malaise ; la peur de blesser ou d’isoler existe, et seulement une minorité, soit environ 10% des collègues osent vraiment exercer cette responsabilité. Cela peut entraîner une “conspiration de médiocrité” lorsque certains préfèrent éviter le conflit. La citation : &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Ici, 10 % des gens osent recadrer, beaucoup préfèrent éviter le conflit&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; » résume fidèlement cet enjeu.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;L’absence de grades formels rend difficile pour les salariés de comparer leur évolution ou de valoriser leur parcours à l’extérieur, ce qui peut provoquer de la frustration. &#039;&#039;&#039;Certains partent chez d’autres employeurs pour obtenir une progression ou une reconnaissance plus claire&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Morning Star craint explicitement que la &#039;&#039;&#039;croissance rapide&#039;&#039;&#039; puisse &#039;&#039;&#039;diluer sa culture d’autogestion&#039;&#039;&#039;. Cette inquiétude est exprimée comme un frein potentiel à l’expansion et fait l’objet d’un débat en interne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Épilogue : laboratoire du travail de demain ? ==&lt;br /&gt;
Chez Morning Star, donner de la liberté à chacun, mettre la barre haut et jouer la carte de la transparence &#039;&#039;&#039;motive les salariés et rend l’entreprise performante&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peut-on reproduire ce modèle ailleurs ? Sans doute, à condition d’accepter des apprentissages longs, l’imprévu et la remise en cause perpétuelle des règles du jeu. Une chose est sûre : l’aventure de la tomate n’a pas fini de faire réfléchir les entreprises à ce que pourrait devenir, enfin, un vrai collectif de travail&amp;lt;ref&amp;gt;Article &amp;quot;[https://underthrow.substack.com/p/the-man-who-built-a-bossless-tomato The Man Who Built a Bossless Tomato Empire]&amp;quot;, Max Borders, 13 décembre 2023&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;[https://www.linkedin.com/pulse/self-management-pioneers-series-morning-star-company-doug-kirkpatrick-k11jc/ Extrait du livre BEYOND EMPOWERMENT: THE AGE OF THE SELF-MANAGED ORGANIZATION], Doug Kirkpatrick, JetLaunch, 2017&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Harvard Busuness Review, &amp;quot;[[:Fichier:HBR First, Let’s Fire All the Managers.pdf|First, Let&#039;s Fire All the Managers]]&amp;quot;, Gary Hamel, décembre 2011&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Harvard Business School, &amp;quot;[[:Fichier:HBR The Morning Star Company Self-Management at Work.pdf|The Morning Star Compagny: Self-Management at Work]]&amp;quot;, Francesca Gino, Bradley R. Staats, Brian J. Hall, Tiffany Y. Chang, 10 juin 2016.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== A propos de l&#039;auteur ==&lt;br /&gt;
{{Auto Organisation:À propos de Alioune}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études_de_cas]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Buurtzorg&amp;diff=403</id>
		<title>Buurtzorg</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://auto-org.fr/index.php?title=Buurtzorg&amp;diff=403"/>
		<updated>2026-02-12T15:34:22Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : ajouté propriété management à faire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Infobox Entreprise|Nom=Buurtzorg|Image=Fichier:Logo_BUURTZORG.jpg|Création=2006|Fondateurs=[https://thinkers50.com/biographies/jos-de-blok/ Jos De Blok], [https://www.linkedin.com/in/gonnie-kronenberg-36a0218a Gonnie Kronenberg ], [https://www.linkedin.com/in/ard-leferink-25a7215 Ard Leferink]|Forme juridique=[https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisme_sans_but_lucratif Organisme à but non lucratif]|Siège social=[https://fr.wikipedia.org/wiki/Almelo Almelo]|Activité=Santé|Produits=Soins à domicile|Effectif=15,000 (en 2024)|Management=à faire |Site web=https://buurtzorg.com|Fonds propres=Développements financés par les fonds propres|Dette=Pas de dette significative rapportée pour Buurtzorg Nederland|Chiffre d&#039;affaire=427 Millions € en 2019|Résultat net=5 Millions € en 2019}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un secteur où la multiplication des procédures a déshumanisé la relation patient et transformé le travail des soignants en actes minutés et standardisés, le groupe néerlandais Buurtzorg prouve qu&#039;autonomie et confiance peuvent susciter une révolution douce. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques données, en bref :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Fondation&#039;&#039;&#039; : 2006 par [https://thinkers50.com/biographies/jos-de-blok/ Jos De Blok], [https://www.linkedin.com/in/gonnie-kronenberg-36a0218a Gonnie Kroenberg], [https://www.linkedin.com/in/ard-leferink-25a7215 Ard Leferink]&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Effectif&#039;&#039;&#039; : 15 000 employés (en 2024)&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Chiffre d&#039;affaires&#039;&#039;&#039; : 427 Million d&#039;euros en 2019&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Structure&#039;&#039;&#039; : Organisation plate, équipes auto‑gérées et locales, pas de hiérarchie intermédiaire&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Recrutement&#039;&#039;&#039; : Organisé par chaque équipe en autonomie, pas de fonction RH&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Financement&#039;&#039;&#039; : Fonds propres&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Innovation&#039;&#039;&#039; : Système informatique développé spécifiquement pour les besoins des équipes infirmières (BuurtzorgWeb)&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Évaluation&#039;&#039;&#039; : Auto-évaluation collégiale quinzomadaire centrée sur la progression collective&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Philosophie&#039;&#039;&#039; : Confiance, autonomie, proximité, solidarité, dignité humaine&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pas le temps de lire ? Sautez aux [[Buurtzorg#Questions fréquentes|Questions fréquentes]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Genèse et idée fondatrice ==&lt;br /&gt;
Tout commence en 2006. [https://thinkers50.com/biographies/jos-de-blok Jos de Blok], qui est infirmier et manager, se sent frustré par la bureaucratie lourde et la mauvaise gestion observée dans les soins de santé à domicile des grands organismes néerlandais. En effet, dans les années 1990, &#039;&#039;&#039;le gouvernement néerlandais a créé le CNAC (Care Needs Assessment Centre), un organisme public&#039;&#039;&#039; ayant pour but d’analyser et de contrôler les besoins de chaque patient en matière de soins à domicile. Sa mission était d’imposer une gestion standardisée : il évaluait les besoins, déterminait le volume et la nature des interventions à réaliser et instaurait un encadrement administratif qui a introduit de multiples niveaux de contrôle et de bureaucratie dans le secteur des soins de proximité. Cette approche a eu pour effet de bureaucratiser l’activité, de focaliser l’organisation sur les tâches et les temps de soins plutôt que sur les besoins réels des patients, et d’instaurer une gestion fortement hiérarchisée du travail infirmier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En constatant &#039;&#039;&#039;la dégradation de la qualité des soins et la démotivation des infirmiers en perte de sens&#039;&#039;&#039;, Jos de Blok décide de s’inspirer d’une mission de conseil menée dans le système de soins primaires en Ukraine. Là-bas, il accompagne des professionnels de santé dans la définition collective de leurs orientations et voit émerger les bénéfices d’une autogestion concertée, entre pairs, dans le secteur médical. De retour aux Pays-Bas, Jos transpose l’idée : &#039;&#039;&#039;réunir des infirmiers en petites équipes auto-gérées, capables de décider elles-mêmes des soins à apporter et de leur mode d’organisation&#039;&#039;&#039;. Il lance Buurtzorg avec [https://www.linkedin.com/in/gonnie-kronenberg-36a0218a Gonnie Kronenberg] et [https://www.linkedin.com/in/ard-leferink-25a7215 Ard Leferink] et 3 infirmières, finançant la première équipe sur ses fonds propres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rapidement, la presse et la télévision mettent en lumière ce « laboratoire social », attirant des centaines de professionnels qui souhaitent retrouver du sens dans leur travail. Le secteur du soin à domicile étant très fragmenté, avec de nombreux prestataires régionaux ou locaux, Buurtzorg est le seul acteur à rayonner au niveau national et à marquer les esprits par ses résultats en termes de satisfaction des patients et d&#039;efficacité organisationnelle. &#039;&#039;&#039;Ses performances sont remarquables&#039;&#039;&#039; avec des taux de satisfaction client supérieurs de 30% par rapport à la moyenne nationale. L’absentéisme, la rotation du personnel et les heures de soin cumulées nécessaires par patient sont nettement plus faibles qu’ailleurs. Son organisation autogérée, fondée sur de petites équipes locales, permet une grande efficacité opérationnelle et favorise l’autonomie des soignants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2010-2011, &#039;&#039;&#039;le gouvernement néerlandais décide de confier à Buurtzorg une expérience&#039;&#039;&#039; : &#039;&#039;&#039;&amp;lt;u&amp;gt;il lui accorde l’exemption temporaire des pratiques et du contrôle du CNAC&amp;lt;/u&amp;gt;&#039;&#039;&#039; afin de démontrer que son modèle d’évaluation et de gestion des besoins, fondé sur l’autonomie des équipes, pouvait être plus efficace que le système bureaucratique officiel. Grâce aux résultats très positifs de ce pilote, qui a prouvé l’efficacité et la simplicité du modèle Buurtzorg par rapport au CNAC, le gouvernement a décidé d’abandonner le CNAC et d’adopter une structure plus flexible juste après 2011, le [https://www.ciz.nl/ CIZ], pour l’évaluation des besoins en soins de longue durée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2022, l’ensemble du groupe Buurtzorg comptait plus de 15 000 salariés répartis dans environ 900 équipes, tout en maintenant une structure administrative très légère, avec seulement 50 salariés au siège et une équipe de 20 coaches répartis régionalement dans le pays. Ce modèle a contribué à des coûts maîtrisés et une forte attractivité pour les professionnels (pour plus d’information cf. [[Ressource:Etude de KPMG sur Buurtzorg (2014)|https://auto-org.fr/Ressource:Etude_de_KPMG_sur_Buurtzorg_(2014)]])&lt;br /&gt;
== Structure organisationnelle ==&lt;br /&gt;
Les quelques &#039;&#039;&#039;900 équipes d’infirmiers auto-gérées&#039;&#039;&#039; sont scindées quand leur effectif fluctue &#039;&#039;&#039;entre 7 et 12 membres&#039;&#039;&#039; pour maintenir une taille optimale qui favorise l’autonomie, la cohésion et une communication efficace. Au-delà de 12 membres, la coordination et la prise de décision collective deviennent plus difficiles, ce qui peut nuire à l’esprit d’auto-gestion. Lorsque le seuil est dépassé, l’équipe se divise pour que chaque groupe conserve cette dynamique de proximité et d’efficacité. En dessous de 7, une équipe peut fusionner avec une autre pour garantir un fonctionnement robuste et équilibré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans chaque équipe Buurtzorg, &#039;&#039;&#039;plusieurs rôles tournants&#039;&#039;&#039; existent :&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;FloatingTable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ &#039;&#039;&#039;Les effectifs du groupe Buurtzorg&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Nombre d’infirmiers et infirmières&#039;&#039;&#039; ||  15 000 (2022)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Nombre d’équipes&#039;&#039;&#039; || ~900 équipes auto-gérées&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Nombre de patients&#039;&#039;&#039; || 65 000+ patients (2014).&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Personnel administratif (backoffice)&#039;&#039;&#039; ||  ~50 personnes&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Accompagnement&#039;&#039;&#039; || 15-21 coachs régionaux&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Part de marché&#039;&#039;&#039; || 15% - 20% du marché des soins à domicile aux Pays-Bas&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le responsable logistique&#039;&#039;&#039; : gère la logistique et l’intendance du bureau, la maintenance, et veille au bon fonctionnement matériel&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le rapporteur&#039;&#039;&#039; : surveille les heures passées par l&#039;équipe sur les contrats et arrangements avec Buurtzorg, ainsi que la productivité&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le développeur&#039;&#039;&#039; : partage les connaissances, fait de la veille documentaire et facilite la communication interne/externe&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le planificateur&#039;&#039;&#039; : élabore le planning des soins, gère la planification en fonction des besoins patients et des ressources humaines&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le facilitateur :&#039;&#039;&#039; favorise la cohésion d’équipe et l’ambiance de travail&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le mentor&#039;&#039;&#039; : accueille, forme et accompagne les nouveaux membres, veille au développement des compétences et à la résolution de conflits&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de ces rôles tournants, &#039;&#039;&#039;tous les membres sans exception s’impliquent dans le soin direct et accompagnent quotidiennement les patients&#039;&#039;&#039;. Cela renforce l’auto-gestion, la polyvalence et la solidarité à l’intérieur de chaque équipe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les coachs n’interviennent qu’en soutien des équipes autonomes, que ce soit à la demande, en cas de difficultés persistante dans une équipe ou pour accompagner la croissance collective. Jamais ils n’imposent des directives, encadrent ou contrôlent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le back-office central compte une cinquantaine de personnes&#039;&#039;&#039; dont le rôle consiste à fournir les moyens nécessaires pour que les infirmières puissent se concentrer sur le soin. Ces équipes support renforcent l&#039;indépendance des équipes terrain tout en les sensibilisant aux réglementations à respecter. Elles n&#039;imposent rien et laissent aux professionnels la liberté d&#039;explorer les meilleures options par eux-mêmes. Le back-office assure les fonctions classiques d&#039;administration, de comptabilité, de finance, de ressources humaines et de juridique. L&#039;équipe administrative gère la facturation et les aspects contractuels, tandis que la finance s&#039;occupe des salaires, des remboursements de frais, des loyers de bureaux et des achats d&#039;équipements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une seule équipe projet formelle existe au siège : &#039;&#039;&#039;six personnes, mi-infirmières mi-chargées de projet&#039;&#039;&#039;, travaillent sur l&#039;amélioration continue, l&#039;innovation et la collaboration entre équipes. Elles peuvent par exemple étudier comment chaque équipe pourrait gagner trois points de productivité. Tous les autres sujets s&#039;organisent de manière ad-hoc et organique, sans structure formelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La direction, réduite à deux personnes, [https://thinkers50.com/biographies/jos-de-blok/ Jos de Blok] et Gonnie Kronenberg, n&#039;impose aucune décision ni management intermédiaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le rôle des directeurs ==&lt;br /&gt;
[https://thinkers50.com/biographies/jos-de-blok/ Jos de Blok], fondateur et directeur de Buurtzorg, concentre ses tâches sur &#039;&#039;&#039;l’animation du projet collectif et la préservation de la philosophie d’autonomie du réseau&#039;&#039;&#039;. Il veille personnellement aux &#039;&#039;&#039;relations avec les parties prenantes externes&#039;&#039;&#039; : discussions avec les régulateurs, assureurs, médias et partenaires publics. Jos joue aussi un rôle clé dans le &#039;&#039;&#039;partage de la vision auprès des équipes terrain&#039;&#039;&#039;, encourageant la circulation des idées novatrices sans jamais imposer de directives descendantes. Il s’implique ponctuellement dans la résolution de crises, l’expérimentation de nouveaux modèles d’organisation ou de pratiques de soin, et arbitre lorsque le modèle Buurtzorg risque d’être compromis par des contraintes extérieures. Enfin, il porte haut la voix de Buurtzorg dans les &#039;&#039;&#039;débats nationaux sur la santé&#039;&#039;&#039;, avec une position souvent militante sur l’humanisation du travail infirmier et la lutte contre la bureaucratie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rapidement après la fondation de Buurtzorg, [https://www.linkedin.com/in/ard-leferink-25a7215 Ard Leferink] s&#039;est consacré au développement du &#039;&#039;&#039;système informatique [https://www.buurtzorg.com/innovation/buurtzorg-web/ BuurtzorgWeb]&#039;&#039;&#039; qui permet aux équipes infirmières d’organiser, suivre et coordonner les soins de manière autonome. Il a alors quitté Buurtzorg pour cofonder [https://ecare.nl/ Ecare], l’entreprise indépendante qui gère et développe ce système informatique ainsi que d’autres solutions informatiques, Buurtzorg restant le principal client d’[https://ecare.nl/ Ecare]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[https://www.linkedin.com/in/gonnie-kronenberg-36a0218a Gonnie Kronenberg] quant à elle assure la &#039;&#039;&#039;gestion du back office et l’appui administratif stratégique&#039;&#039;&#039; chez Buurtzorg. Son rôle consiste à simplifier les procédures internes et à rendre l’organisation la plus accessible possible pour les équipes de terrain, notamment en matière de gestion des salaires, des contrats, de la logistique, et du support informatique. Elle veille à ce que les outils, comme [https://www.buurtzorg.com/innovation/buurtzorg-web/ BuurtzorgWeb], restent fonctionnels, intuitifs et adaptés aux besoins réels des infirmières. Gonnie s’occupe également de coordonner la mutualisation des bonnes pratiques et d’assurer que l’infrastructure centrale reste au service de l’autonomie des équipes, tout en maintenant l’ouverture et la simplicité qui caractérisent l’organisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Carte équipe buurtzorg.png|alt=Carte indiquant la répartition des équipes Buurtzorg|vignette|Répartition des équipes Buurtzorg |500x500px]]&lt;br /&gt;
== Zéro managers, 20 coachs, 15000 infirmiers ==&lt;br /&gt;
Chez Buurtzorg, &#039;&#039;&#039;les coachs régionaux incarnent une fonction d’accompagnement&#039;&#039;&#039; radicalement différente du management classique. Figurant en nombre restreint, ils accompagnent chacun plusieurs dizaines d’équipes d’infirmiers et infirmières, &#039;&#039;&#039;sans exercer aucun pouvoir hiérarchique ou de contrôle&#039;&#039;&#039;. Leur mission, assurée uniquement à la demande de chaque équipe ou en cas de difficulté particulière, consiste à faciliter le dialogue, résoudre les tensions et promouvoir le partage d’expérience entre professionnels. Les équipes restent libres d’accepter ou de refuser leur intervention, garantissant ainsi le caractère volontaire et non intrusif de leur démarche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La majorité des coachs provient du terrain infirmier&#039;&#039;&#039;, renforçant leur compréhension et leur légitimité auprès des équipes. Ils veillent au respect des principes clés du modèle Buurtzorg : autonomie, consensus décisionnel et rotation des rôles, tout en excluant toute forme de sanction ou de contrôle systématique. Leur accès aux indicateurs de performance via la plateforme [https://www.buurtzorg.com/innovation/buurtzorg-web/ BuurtzorgWeb] a une vocation exclusivement de soutien, jamais d’évaluation punitive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, les coachs se réunissent régulièrement au niveau régional pour mutualiser leurs expériences et remonter les enjeux majeurs à la direction. Leur présence s’intensifie auprès des équipes en difficulté, et leur &#039;&#039;&#039;posture – fondée sur la confiance et le respect de l’autonomie&#039;&#039;&#039; – structure durablement la culture Buurtzorg, conciliant cohérence du modèle et liberté d’action des soignants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des outils au service du collectif ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Chaque équipe assume l’intégralité des processus nécessaires&#039;&#039;&#039; : recrutement de patients, organisation et planification des soins, gestion budgétaire, commandes de matériel, reporting et création d’initiatives ad hoc lors d’événements exceptionnels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’outil central, [https://www.buurtzorg.com/innovation/buurtzorg-web/ BuurtzorgWeb]&#039;&#039;&#039;, conçu par [https://ecare.nl/ Ecare], fondée et codirigée par [https://www.linkedin.com/in/ard-leferink-25a7215 Ard Leferink] et [https://nl.linkedin.com/in/geert-quint Geert Quint], &#039;&#039;&#039;en coopération avec les infirmières et selon les besoins exprimés par les équipes&#039;&#039;&#039;, apporte une souplesse technologique adaptée au modèle collaboratif. Le système open source et américain [https://www.omahasystem.org/ Omaha], consacré à la classification et la standardisation des évaluations cliniques et des plans de soins, a été intégré à [https://www.buurtzorg.com/innovation/buurtzorg-web/ BuurtzorgWeb] pour structurer les évaluations cliniques, garantissant ainsi la qualité et l’efficience des décisions prises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les budgets sont attribués directement à chaque équipe locale, qui décide de leur usage pour répondre aux besoins de ses patients sans supervision hiérarchique centralisée. Cette gestion décentralisée permet aux infirmiers d’adapter rapidement les ressources, de privilégier le bon sens et la proximité, mais aussi d’expérimenter des solutions en fonction du contexte propre à chaque quartier. &#039;&#039;&#039;Les équipes choisissent elles-mêmes les fournisseurs, les équipements et l’aménagement des bureaux, tout en respectant des standards généraux et des contraintes légales&#039;&#039;&#039;. Ce mode de fonctionnement assure souplesse et réactivité, car il laisse aux professionnels la liberté d’agir là où ils sont le mieux informés des situations réelles et des urgences locales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ressources humaines ==&lt;br /&gt;
Le recrutement et la formation chez Buurtzorg reposent sur l&#039;&#039;&#039;&#039;autonomie des équipes locales, qui assurent elles-mêmes l&#039;intégration des nouveaux membres&#039;&#039;&#039;. Quand une équipe souhaite recruter, elle définit ses besoins, mène des entretiens et sélectionne la personne qui correspond à la culture d&#039;auto-gestion valorisée par l&#039;organisation. Les profils recherchés sont ceux d&#039;infirmiers et infirmières certifiés, motivés par la prise d&#039;initiative et capables de fonctionner sans supervision hiérarchique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais Buurtzorg ne se contente pas de recruter des soignants dans des équipes existantes. L&#039;organisation accueille aussi ceux qui veulent &#039;&#039;&#039;créer leur équipe de toutes pièces&#039;&#039;&#039;. Une démarche qui ressemble davantage à la création d&#039;une micro-entreprise qu&#039;à une embauche classique. Les infirmières intéressées doivent expliquer ce qu&#039;elles peuvent apporter à Buurtzorg et ce dont elles ont besoin. Elles réalisent une évaluation réaliste des opportunités dans leur zone géographique, s&#039;assurent de maîtriser le cadre réglementaire, et présentent un plan solide pour améliorer la qualité des soins localement. Buurtzorg attend donc que des entrepreneurs, quatre infirmières convaincues qu&#039;il serait judicieux de monter une équipe dans un territoire non encore couvert, se manifestent. Après un ou deux jours d&#039;intégration animés par un coach, la nouvelle équipe se connecte au système informatique de Buurtzorg et peut démarrer. L&#039;onboarding couvre la prise en main des outils IT, le fonctionnement de l&#039;organisation, ainsi que les méthodes de prise de décision, de gestion des conflits, de réunion et de dynamique d&#039;équipe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fois intégrés, qu&#039;ils rejoignent une équipe existante ou qu&#039;ils en créent une, les nouveaux membres bénéficient d&#039;un &#039;&#039;&#039;processus d&#039;intégration informel&#039;&#039;&#039;, basé sur la transmission de savoir-faire entre pairs : observation, accompagnement sur le terrain, apprentissage « sur le tas », et rotation régulière des rôles au sein de l&#039;équipe (planification, mentorat, gestion administrative…). Les réunions d&#039;équipe, les échanges sur BuurtzorgWeb et le tutorat interne multiplient les occasions de montée en compétences, tout comme les conférences régionales et les projets collaboratifs proposés sur la plateforme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation continue est entièrement pilotée par les besoins des équipes : chaque groupe décide des thématiques et modalités d&#039;apprentissage utiles, en sollicitant au besoin l&#039;appui du coach régional ou du réseau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Vie quotidienne : la proximité réinventée ==&lt;br /&gt;
Le terrain demeure l’espace de liberté principal : chaque infirmier adapte ses horaires, organise ses interventions et entretient une relation de proximité avec les patients, leurs familles et réseaux locaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les &#039;&#039;&#039;réunions bi-mensuelles&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;et les échanges informels&#039;&#039;&#039; rythment la semaine. Le bureau devient un lieu de travail et de socialisation, où le collectif se nourrit d’expériences partagées, d’humour et de soutien.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Team Buurtzorg.jpg|alt=Une équipe Buurtzorg|vignette|Une équipe Buurtzorg]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’autonomie permet à chacun de retrouver le plaisir de la profession, dépassant le simple cadre technique du soin. Ce témoignage en est l’illustration parfaite : &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Chaque matin, je commence ma tournée avec la certitude de pouvoir adapter la prise en charge selon la situation du patient ou les imprévus. Personne ne m’impose des procédures rigides, on en discute ensemble ; chez Buurtzorg, le collectif l’emporte sur la chaîne de commandement&#039;&#039;.&#039;&#039;&#039; »&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le modèle de l’oignon : une approche holistique du soin ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Buurtzorg onion model.png|alt=Le Modèle en Onion de Buurtzorg|vignette|400x400px|Le Modèle en Onion de Buurtzorg]]&lt;br /&gt;
Le modèle de l’oignon, développé par Buurtzorg, redéfinit la façon de penser et de &#039;&#039;&#039;pratiquer les soins à domicile en&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;plaçant le patient au centre d’un réseau de soutien personnalisé&#039;&#039;&#039;. Au cœur du « modèle de l’oignon » se trouve le patient, dont le bien-être n’est pas considéré seulement sous l’angle médical, mais aussi social, psychologique et relationnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier cercle autour du patient rassemble &#039;&#039;&#039;les proches, amis et voisins&#039;&#039;&#039;, acteurs essentiels pour maintenir l’autonomie et la qualité de vie du malade. Cette prise en compte de l’environnement familial et social favorise un maintien à domicile dans de bonnes conditions, en valorisant les solidarités locales et intergénérationnelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le cercle suivant est constitué par l’équipe Buurtzorg elle-même : &#039;&#039;&#039;des infirmières autonomes, qui adaptent leurs interventions selon les besoins réels&#039;&#039;&#039;, et construisent avec le patient et son entourage un projet de soins personnalisé. L’équipe se charge aussi de l’organisation pratique, du suivi administratif et de l’orientation vers les bons interlocuteurs, tout en respectant le rythme et les souhaits de chacun. L’absence de hiérarchie et la liberté de décision permettent d’inventer des solutions sur-mesure, loin des protocoles rigides des autres organismes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, le cercle externe réunit &#039;&#039;&#039;les acteurs médicaux et sociaux plus spécialisés&#039;&#039;&#039; : médecins généralistes, hôpitaux, pharmacies, services sociaux, qui interviennent en fonction des besoins identifiés par le patient, ses proches et l’équipe Buurtzorg. Ce modèle exige une grande capacité de coordination et de communication, mais il rend possible une approche globale : chaque décision est discutée collectivement, en privilégiant l’écoute des préférences du patient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Diffusion et adaptation internationale : quand l’autonomie défie la culture ==&lt;br /&gt;
Au-delà des frontières, &#039;&#039;&#039;le modèle inspire plus de 24 pays&#039;&#039;&#039;, du Brésil à la Suède, en passant par la France, la Chine et l’Australie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourtant, la greffe n’est pas automatique : la réussite dépend souvent de la capacité à transformer les mentalités, à sortir des logiques hiérarchiques et à respecter la diversité des contextes. &#039;&#039;&#039;Chaque pays adapte le modèle selon la culture locale, la réglementation et le contexte sanitaire&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De nombreuses tentatives voient le jour dans des secteurs variés (aide à domicile, santé mentale, maternité), mais se heurtent parfois à des résistances institutionnelles ou à la difficulté de transposer l’autogestion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’exemple français, avec &#039;&#039;&#039;[https://www.soignonshumain.com/ Soignons Humains] ou 3BGA&#039;&#039;&#039;, illustre ces enjeux. Ces organisations &#039;&#039;&#039;ont réussi à prouver la faisabilité d’un modèle d’organisation plus souple et plus humain&#039;&#039;&#039;, attirant de jeunes professionnels en quête de sens et de meilleures conditions de travail. Elles servent en quelque sorte de laboratoires pour expérimenter et ajuster l’approche Buurtzorg au contexte français, avec des résultats jugés prometteurs, mais encore en phase d’expansion limitée, car souvent freinée par les contraintes spécifiques du système de santé français, les réglementations locales et la difficulté à changer la culture professionnelle fortement hiérarchisée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Limites et critiques : tensions, inertie et contexte ==&lt;br /&gt;
Le modèle Buurtzorg, souvent salué pour son efficacité et son humanité, n’est toutefois pas exempt de limites. L’auto-gestion représente un défi de taille pour de nouveaux &#039;&#039;&#039;professionnels peu préparés à prendre collectivement des décisions et à assumer une large autonomie&#039;&#039;&#039;. Certains soignants, attachés à un pilotage hiérarchique classique, rencontrent des difficultés à s’investir pleinement dans le fonctionnement horizontal des équipes et dans la gestion partagée des responsabilités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La résolution des &#039;&#039;&#039;conflits internes ou la prise en charge des problèmes de performance&#039;&#039;&#039; s’avèrent plus complexes dans un système sans supérieur hiérarchique. Il revient aux membres eux-mêmes, parfois démunis ou réticents, de trouver des solutions, ce qui ralentit l’action et fragilise l’équilibre collectif. Par ailleurs, lors de crises majeures comme la pandémie de Covid-19, le manque de procédures formalisées et la collaboration principalement basée sur la confiance ont rendu la coordination parfois inégale ou trop informelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces enjeux s’ajoute la question du &#039;&#039;&#039;recrutement&#039;&#039;&#039; : la croissance rapide de Buurtzorg et la pénurie nationale de soignants mettent à l’épreuve la capacité du réseau à transmettre sa culture et à attirer des profils compatibles avec l’auto-gestion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, l’internationalisation du modèle se confronte à la résistance de contextes organisationnels marqués par la verticalité et la centralisation, ce qui freine son adaptation à grande échelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Témoignages et voix du terrain ==&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Marja Feenstra, témoigne sur le système de soin qu&#039;elle a quitté pour rejoindre Buurtzorg&amp;lt;ref name=&amp;quot;:0&amp;quot;&amp;gt;De Blok and Pool, 2010&amp;lt;/ref&amp;gt; :   &amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;quot;Au cours des deux dernières années, j&#039;ai été responsable de plus de 80 patients que je n&#039;ai jamais visités. Mon poste d&#039;infirmière de quartier avait été supprimé et on attendait de moi que je trouve des solutions pour les itinéraires pour lesquels aucun personnel n&#039;était disponible. La planification était effectuée ailleurs par quelqu&#039;un qui ne connaissait pas les patients. Cela tournait si souvent mal qu&#039;à un certain moment, je ne pouvais plus expliquer aux patients pourquoi personne n&#039;était disponible, ou seulement à un moment autre que celui qui avait été convenu. J&#039;ai eu 14 responsables en sept ans et j&#039;en avais assez de cela aussi. L&#039;organisation était devenue trop grande et trop vague, et personne ne se sentait responsable de nos soins. Il y avait des plaintes et des problèmes entre collègues tous les jours.&amp;quot;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Ellis Heijblom parle du système de soin néerlandais et pourquoi elle l&#039;a quitté pour rejoindre Buurtzorg&amp;lt;ref name=&amp;quot;:0&amp;quot; /&amp;gt;&amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;«J&#039;avais quitté l&#039;organisme de soins à domicile parce que je ne faisais que combler les lacunes dans la planification des soins aux clients. J&#039;ai accepté ce poste dans l&#039;intention d&#039;offrir des soins de santé de qualité, mais je n&#039;ai pas pu atteindre cet objectif car trop de personnes étaient impliquées dans la pratique quotidienne. En raison du nouveau système de planification qui avait été mis en place, je n&#039;ai découvert que le lendemain matin qu&#039;une personne n&#039;avait reçu aucun soin pendant la nuit. Le pire, c&#039;est que cette personne ne pouvait pas appeler et avait donc été contrainte de rester assise sur une chaise toute la nuit. J&#039;ai trouvé cela indigne. »&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
Jennifer Bergkamp, infirmière Buurtzorg à Aalsmeer, confie : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« &#039;&#039;&#039;J’ai enfin retrouvé la liberté d’exercer mon métier comme je l’entends, en équipe et pour le patient&#039;&#039;&#039; »&#039;&#039;.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;Sophie van Veenen évoque son attachement au modèle Buurtzorg : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« &#039;&#039;&#039;J’ai découvert une forme d’autonomie professionnelle qui donne envie de rester dans le secteur&#039;&#039;&#039; »&#039;&#039;.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;Les familles de patients parlent de &#039;&#039;&#039;soulagement&#039;&#039;&#039;, d’une &#039;&#039;&#039;relation apaisée&#039;&#039;&#039; et d’un &#039;&#039;&#039;quotidien transformé&#039;&#039;&#039;. Les coachs témoignent de la créativité collective et de l’énergie du groupe, « &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;loin d’une simple absence de hiérarchie, mais dans la co-responsabilité&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Perspectives ==&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études_de_cas]]&lt;br /&gt;
Buurtzorg interroge nos certitudes organisationnelles : l’autonomie, loin d’être un luxe, devient une &#039;&#039;&#039;source d’innovation sociale et médicale&#039;&#039;&#039;. En exposant ses forces et ses fragilités, le modèle dessine aussi l’horizon d’une société où le soin, la responsabilité et l’intelligence collective peuvent réinventer le quotidien, bien au-delà des seuls chiffres de performance&amp;lt;ref&amp;gt;Cabinet d&#039;audit, de conseil et d&#039;expertise comptable KPMG, « [[:Fichier:KPMG Buurzorg Case.pdf|The Added Value of Buurtzorg Relative to Other Providers of Home Care: A Quantitative Analysis of Home Care in the Netherlands in 2013]] », Ethan Bernstein, Tatiana Sandino, Joost Minnaar et Annelena Lobb, janvier 2015&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Corporate Rebels, “How Buurtzorg Works”, Corporate Rebels Academy, 2025, https://community.corporate-rebels.com/sign_in&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
== A propos de l&#039;auteur ==&lt;br /&gt;
{{Auto Organisation:À propos de Alioune}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Questions fréquentes ==&lt;br /&gt;
{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment fonctionne une organisation sans managers intermédiaires ?&lt;br /&gt;
| contenu = Chez Buurtzorg, l&#039;absence de managers intermédiaires repose sur l&#039;autonomie des équipes d&#039;infirmières. Plus de 10 000 infirmières travaillent en équipes de 12 personnes maximum, qui prennent elles-mêmes toutes les décisions liées aux soins et à leur gestion quotidienne. Le back-office de seulement 50 personnes fournit un support administratif, tandis qu&#039;une vingtaine de coaches aident les équipes sur demande sans imposer de solutions. Les deux directeurs, Jos de Blok et Gonnie Kronenberg, se concentrent sur la vision stratégique et les relations externes. Le système informatique BuurtzorgWeb permet la communication entre équipes et le partage d&#039;informations sans contrôle hiérarchique. Cette structure plate fonctionne parce que les infirmières sont qualifiées, responsables et motivées par leur mission de soins.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Qui prend les décisions au quotidien dans les équipes Buurtzorg ?&lt;br /&gt;
| contenu = Les équipes d&#039;infirmières prennent toutes les décisions opérationnelles de manière collective et consensuelle. Chaque équipe décide de son planning, recrute ses propres membres, choisit ses patients, organise son bureau, et gère son budget mensuel. Les décisions sont prises lors des réunions hebdomadaires où tous les membres discutent des problèmes et trouvent des solutions ensemble. Chaque infirmière assume également un rôle administratif (planificateur, responsable des ressources humaines, développeur, mentor, etc.) qui tourne régulièrement entre les membres. Pour les soins individuels, l&#039;infirmière responsable d&#039;un patient décide des interventions nécessaires en toute autonomie, sans attendre l&#039;approbation d&#039;un supérieur. L&#039;équipe peut solliciter un coach ou le back-office en cas de besoin, mais la décision finale revient toujours à l&#039;équipe elle-même.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment les infirmières peuvent-elles gérer à la fois les soins aux patients et les tâches administratives ?&lt;br /&gt;
| contenu = Buurtzorg a volontairement simplifié au maximum les tâches administratives pour permettre aux infirmières de se concentrer sur les soins. Le système informatique BuurtzorgWeb réduit considérablement la paperasse en permettant aux infirmières de saisir directement les informations sur les patients, de consulter les dossiers et de communiquer avec leurs collègues de manière électronique. Les formulaires standardisés de l&#039;industrie ont été simplifiés. Chaque membre de l&#039;équipe assume un rôle administratif spécifique (planification, reporting, coordination), ce qui répartit la charge de travail. Le back-office gère les tâches lourdes comme la facturation, la paie et les contrats. Cette organisation permet aux infirmières de consacrer 60-62% de leur temps aux soins directs, contre 70% ailleurs, tout en obtenant de meilleurs résultats pour les patients.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment recrute-t-on de nouveaux membres sans département des ressources humaines traditionnel ?&lt;br /&gt;
| contenu = Chaque équipe recrute ses propres membres de manière autonome. Lorsqu&#039;une équipe a besoin d&#039;une nouvelle infirmière, elle identifie elle-même les candidats potentiels, souvent dans le quartier où elle opère. L&#039;équipe mène les entretiens, évalue les compétences et la compatibilité du candidat avec l&#039;esprit d&#039;auto-organisation, puis décide collectivement qui embaucher. Les membres recherchent des personnes capables de travailler de façon autonome, de prendre des initiatives et de collaborer efficacement. Une fois la décision prise, l&#039;équipe informe simplement le back-office qui s&#039;occupe des aspects administratifs (contrat, accès informatique, etc.). Les nouveaux membres suivent une période d&#039;intégration où ils accompagnent leurs collègues dans leurs visites avant de travailler de manière indépendante. Ce processus assure que les recrues correspondent vraiment aux besoins et à la culture de l&#039;équipe.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Qui fixe les salaires et comment sont-ils déterminés sans hiérarchie ?&lt;br /&gt;
| contenu = Les salaires chez Buurtzorg sont déterminés par des accords de négociation collective (convention collective) basés sur le niveau de qualification des infirmières. Buurtzorg paie généreusement : chaque infirmière reçoit un salaire correspondant à un niveau de certification supérieur au sien. Par exemple, une infirmière de niveau 3 est payée au tarif du niveau 4. Les augmentations sont automatiques et basées sur l&#039;ancienneté dans l&#039;organisation. Ce système égalitaire signifie que toutes les infirmières du même niveau de formation gagnent le même salaire, indépendamment de leur performance individuelle. Un bonus annuel collectif peut être distribué à l&#039;ensemble du personnel si l&#039;organisation atteint ses objectifs de rentabilité globale, représentant généralement environ un demi-mois de salaire. Cette approche reflète la philosophie de Buurtzorg selon laquelle toutes les voix comptent également.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment mesure-t-on la performance des équipes sans supervision directe ?&lt;br /&gt;
| contenu = La performance des équipes est mesurée par quelques indicateurs clés accessibles sur BuurtzorgWeb. Le principal est le taux de productivité : chaque équipe doit consacrer au moins 60-62% de son temps aux soins directs aux patients, ce qui est le seuil minimum de rentabilité. Les équipes suivent également leur efficacité (heures par client), le nombre de clients, la satisfaction des patients et des employés, et le climat d&#039;équipe. Ces données sont transparentes et permettent aux équipes de se comparer à la moyenne nationale. Contrairement aux organisations hiérarchiques, ces indicateurs servent d&#039;auto-évaluation plutôt que de contrôle externe. Les équipes sont responsables de leur propre performance et font appel aux coaches si elles constatent des problèmes. Le système repose sur la confiance : les équipes sont considérées comme des professionnelles capables de s&#039;autoréguler.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Qu&#039;est-ce qui empêche le chaos dans une organisation aussi décentralisée ?&lt;br /&gt;
| contenu = Plusieurs mécanismes structurent l&#039;organisation et préviennent le chaos. D&#039;abord, un cadre clair définit les principes fondamentaux : équipes de maximum 12 personnes, objectif de productivité de 60-62%, sept rôles administratifs par équipe, et utilisation obligatoire de BuurtzorgWeb. Ensuite, toutes les équipes travaillent selon les mêmes processus : réunions hebdomadaires orientées solutions, décisions par consensus, rotation des rôles. Le système informatique unifie les pratiques et facilite la communication entre équipes. Les coaches veillent à ce que les équipes respectent ce cadre sans pour autant les contrôler. La formation initiale et continue transmet la culture et les méthodes Buurtzorg. Enfin, le modèle de l&#039;oignon guide les soins centrés sur l&#039;autonomie du patient. Ces structures légères mais cohérentes créent suffisamment d&#039;ordre tout en préservant l&#039;autonomie des équipes.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment les meilleures pratiques se diffusent-elles entre les équipes autonomes ?&lt;br /&gt;
| contenu = Plusieurs mécanismes structurent l&#039;organisation et préviennent le chaos. D&#039;abord, un cadre clair définit les principes fondamentaux : équipes de maximum 12 personnes, objectif de productivité de 60-62%, sept rôles administratifs par équipe, et utilisation obligatoire de BuurtzorgWeb. Ensuite, toutes les équipes travaillent selon les mêmes processus : réunions hebdomadaires orientées solutions, décisions par consensus, rotation des rôles. Le système informatique unifie les pratiques et facilite la communication entre équipes. Les coaches veillent à ce que les équipes respectent ce cadre sans pour autant les contrôler. La formation initiale et continue transmet la culture et les méthodes Buurtzorg. Enfin, le modèle de l&#039;oignon guide les soins centrés sur l&#039;autonomie du patient. Ces structures légères mais cohérentes créent suffisamment d&#039;ordre tout en préservant l&#039;autonomie des équipes.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment les meilleures pratiques se diffusent-elles entre les équipes autonomes ?&lt;br /&gt;
| contenu = Les meilleures pratiques se diffusent principalement de manière informelle et volontaire. BuurtzorgWeb comprend des forums de discussion où les infirmières partagent leurs expériences, posent des questions et proposent des solutions. Le back-office crée une section &amp;quot;thèmes&amp;quot; avec des politiques et pratiques recommandées, mais les équipes décident librement de les adopter. Les coaches mettent en relation des équipes confrontées à des problèmes similaires pour favoriser l&#039;apprentissage mutuel. Des conférences régionales et le festival annuel Buurtzorg permettent aux infirmières de se rencontrer et d&#039;échanger. Durant la pandémie, une équipe de crise a créé des &amp;quot;chemins de soins&amp;quot; (care paths) - des guides concis sur différentes pathologies - qui ont été largement consultés. Des projets pilotes testent des innovations comme les clubs de vitalité. Cette diffusion organique respecte l&#039;autonomie des équipes tout en favorisant l&#039;apprentissage collectif.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment une petite équipe de 50 personnes au back-office peut-elle soutenir plus de 10 000 infirmières ?&lt;br /&gt;
| contenu = L&#039;efficacité du back-office repose sur la simplification radicale et l&#039;autonomie des équipes. Le système informatique BuurtzorgWeb automatise de nombreuses tâches : saisie des données patients, planification, communication, reporting. Les 50 personnes du back-office se concentrent sur les tâches administratives complexes nécessitant une expertise spécialisée : facturation, comptabilité, paie, contrats de location, questions juridiques et IT. Contrairement aux organisations traditionnelles, ce back-office ne gère pas, ne contrôle pas et ne coordonne pas les équipes au quotidien. Son rôle est de fournir un service aux équipes pour qu&#039;elles puissent se concentrer sur les soins. Comme toutes les équipes fonctionnent de la même manière avec les mêmes processus standardisés, la complexité est réduite. Les équipes gèrent elles-mêmes leur recrutement, planning, et décisions opérationnelles, éliminant le besoin d&#039;une administration pléthorique.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Pourquoi limiter la taille des équipes à 12 personnes maximum ?&lt;br /&gt;
| contenu = La limite de 12 personnes répond à plusieurs objectifs fondamentaux du modèle Buurtzorg. D&#039;abord, les petites équipes facilitent la communication directe et réduisent les besoins de coordination formelle. Chaque membre connaît bien ses collègues et peut facilement échanger avec eux. Ensuite, cette taille permet de maintenir la confiance et la confidentialité avec les patients : seulement 3-4 infirmières s&#039;occupent généralement d&#039;un même patient, qui peut ainsi créer de vraies relations avec ses soignants. Les petites équipes favorisent également la prise de décision collective et consensuelle lors des réunions hebdomadaires. Elles permettent à chacun de prendre des responsabilités administratives en plus des soins. Enfin, cette limite évite la bureaucratisation : au-delà de 12, les équipes se scindent naturellement en deux, chacune opérant dans son propre quartier. Cette règle simple assure que l&#039;organisation reste agile malgré sa croissance.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment garantit-on la qualité des soins sans contrôle hiérarchique strict ?&lt;br /&gt;
| contenu = La qualité des soins repose sur plusieurs mécanismes sans hiérarchie. Les infirmières de Buurtzorg sont hautement qualifiées (niveau 3 minimum) et motivées intrinsèquement par leur vocation de soigner. Elles utilisent le &amp;quot;modèle de l&#039;oignon&amp;quot; qui place le patient au centre et vise son autonomie maximale. Le système Omaha standardise la documentation des besoins, traitements et résultats des patients, permettant de suivre la qualité des soins. La satisfaction des patients est mesurée régulièrement et atteint plus de 9/10, soit 30% de plus que les organisations comparables. Les équipes pratiquent la supervision par les pairs et discutent des cas lors des réunions hebdomadaires. Les résultats parlent : les durées de soins nécessaires sont réduites de moitié, les hospitalisations diminuent d&#039;un tiers. La qualité émerge de la responsabilité professionnelle, de l&#039;apprentissage collectif et de la relation de confiance avec les patients plutôt que du contrôle externe.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Que se passe-t-il si une équipe ne respecte pas les objectifs de productivité ?&lt;br /&gt;
| contenu = Lorsqu&#039;une équipe n&#039;atteint pas l&#039;objectif de productivité de 60-62%, elle appelle généralement elle-même un coach pour obtenir de l&#039;aide. En moyenne, chaque coach assiste environ trois équipes en difficulté. Le coach et le back-office travaillent patiemment avec l&#039;équipe pour identifier les causes et trouver des solutions, en reconnaissant que certaines situations justifient une productivité temporairement plus faible (nouvelle équipe en démarrage, projets d&#039;innovation). L&#039;approche est de soutien et non punitive. Si les problèmes persistent sur le long terme, l&#039;équipe se dissout souvent d&#039;elle-même lorsque les membres réalisent qu&#039;ils ne peuvent pas fonctionner ensemble. Dans de rares cas, après environ un an de sous-performance structurelle, les directeurs peuvent décider de dissoudre l&#039;équipe. Cette approche patiente reflète la confiance de Buurtzorg envers ses professionnels et privilégie l&#039;amélioration continue plutôt que la sanction.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Pocheco&amp;diff=402</id>
		<title>Pocheco</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://auto-org.fr/index.php?title=Pocheco&amp;diff=402"/>
		<updated>2026-02-12T15:33:21Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{En Cours}}{{FicheIdentité}}{{Infobox Entreprise|Nom=Pocheco|Image=Fichier:Logo Pocheco.jpg|Création=1928 à Roubaix (sous le nom &amp;quot;Les Papeteries Générales du Nord&amp;quot; - PGN)|Fondateurs=1928 : Paul Descat (fondateur PGN), 1957 : Bernard Descat (fils de Paul), 1976 : Daniel Druon (acquéreur),1997-2008 : Emmanuel Druon (fils de Daniel, DG puis propriétaire)|Forme juridique=SAS (Société par Actions Simplifiée à associé unique)|Siège social=13 rue des Roloirs, 59510 Forest-sur-Marque, Hauts-de-France, France|Activité=Fabrication d&#039;articles de papeterie|Produits=Enveloppes de gestion éco-conçues, Gamme Zéro Déchet, Services : GoPost (gestion courrier), Ouvert (conseil RSE), Permaculture du Héron (maraîchage bio), Formations Pocheco, La Repro (reprographie)|Effectif=68 collaborateurs|Management=Pas de management intermédiaire, salariés autonomes sur leurs postes|Site web=www.pocheco.com|Fonds propres=Non diponible|Dette=Non diponible|Chiffre d&#039;affaire=11,26 M€ (2023)|Résultat net=35,056 € (2023)}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;usine Pocheco est située à Forest-sur-Marque, dans la banlieue lilloise. Fondée en 1928 à Roubaix sous le nom de &amp;quot;Pochette Economique&amp;quot;, cette manufacture d&#039;enveloppes s&#039;est installée en 1976 dans le Nord de la France, occupant un bâtiment historique construit en 1848 par la famille Jouret pour la fabrication de sacs en toile de jute. L&#039;entreprise produit 800 000 enveloppes par an. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis 1997, sous la direction d&#039;Emmanuel Druon qui a racheté l&#039;entreprise en 2008, Pocheco applique un modèle baptisé &amp;quot;écolonomie&amp;quot;. Le principe repose sur trois critères pour chaque décision, qu&#039;il s&#039;agisse d&#039;un investissement lourd ou d&#039;un simple achat de fournitures : améliorer les conditions de travail, réduire l&#039;impact environnemental, et augmenter la productivité. La croissance et le profit ne constituent pas des priorités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2003, lors d&#039;un premier licenciement économique, Druon supprime l&#039;ensemble des équipes d&#039;encadrement et de commerciaux, réduisant le poids hiérarchique. L&#039;organisation s&#039;appuie depuis sur une structure horizontale, privilégiant le collectif sur l&#039;individuel, avec un système basé sur le partage de connaissances et l&#039;auto-contrôle, encadré par des procédures qualité, sécurité et environnement strictes. L&#039;entreprise fonctionne sans hiérarchie intermédiaire, chaque collaborateur assumant sa responsabilité à son poste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats environnementaux sont mesurables. Pocheco affiche un bilan carbone négatif de 50 000 tonnes de CO2 en 2021, une autosuffisance en eau (80% eau de pluie) et en énergie renouvelable, et 100% de ses déchets valorisés. Après un incendie en 2011, l&#039;entreprise a reconstruit selon ses principes écolonomiques avec 7 millions d&#039;euros d&#039;investissement. En 2018, une crise a provoqué une baisse de 60% des ventes, entraînant le départ de la moitié des effectifs en trois mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entreprise compte 68 collaborateurs en 2024 contre 150 en 1997. Son chiffre d&#039;affaires s&#039;élève à 11,26 millions d&#039;euros en 2023, contre environ 20 millions avant la crise. Pocheco s&#039;est diversifiée avec GoPost (gestion de courrier, créé en 2020), le Cabinet Ouvert (conseil RSE, créé en 2011), et la Permaculture du Héron (maraîchage bio).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
100% des résultats sont réinvestis dans l&#039;entreprise, aucun dividende n&#039;est versé. Entre 2003 et 2008, 15 millions d&#039;euros d&#039;économies ont été réinjectés dans des projets structurants..&amp;lt;ref&amp;gt;Pocheco.com. Site officiel de l&#039;entreprise. &amp;lt;nowiki&amp;gt;https://pocheco.com/&amp;lt;/nowiki&amp;gt;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Davies, M. (2022). &amp;quot;Pocheco, une entreprise engagée dans la transition écologique&amp;quot;. In Guillemot, G. (dir.), &#039;&#039;La performance écologique&#039;&#039;, Institut de la Réindustrialisation, pp. 17-19. HAL Id: hal-04084165.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;BipiZ. (2012). &amp;quot;POCHECO est autarcique en eau&amp;quot;. Bonnes pratiques d&#039;économie responsable. &amp;lt;nowiki&amp;gt;https://www.bipiz.org/fr/bonnes-pratiques/pocheco-est-autarcique-en-eau.html&amp;lt;/nowiki&amp;gt;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Pappers.fr. (2024). &amp;quot;Société POCHECO SAS - Index Égalité professionnelle&amp;quot;. &amp;lt;nowiki&amp;gt;https://www.pappers.fr/entreprise/pocheco-sas-301522496&amp;lt;/nowiki&amp;gt;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Verif.com. (2023). &amp;quot;Société POCHECO SAS&amp;quot;. &amp;lt;nowiki&amp;gt;https://www.verif.com/societe/POCHECO-SAS-301522496/&amp;lt;/nowiki&amp;gt;&amp;lt;/ref&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études de cas]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Mod%C3%A8le:Infobox_Entreprise&amp;diff=401</id>
		<title>Modèle:Infobox Entreprise</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://auto-org.fr/index.php?title=Mod%C3%A8le:Infobox_Entreprise&amp;diff=401"/>
		<updated>2026-02-12T15:31:47Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : ajouté &amp;quot;management&amp;quot; aux propriétés&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;lt;onlyinclude&amp;gt;&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;Infobox&amp;quot;&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;text-align:center; background:#E6F0FF;font-size: large;&amp;quot; | &#039;&#039;&#039;{{{Nom|}}}&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;text-align:center;&amp;quot; | [[{{{Image|}}}|frameless|style=&amp;quot;width:100%;height:auto;&amp;quot;]]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
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|-&lt;br /&gt;
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&amp;lt;/noinclude&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
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		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Pocheco&amp;diff=400</id>
		<title>Pocheco</title>
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		<updated>2026-02-12T15:29:38Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{En Cours}}{{FicheIdentité}}{{Infobox Entreprise|Nom=Pocheco|Image=Fichier:Logo Pocheco.jpg|Création=1928 à Roubaix (sous le nom &amp;quot;Les Papeteries Générales du Nord&amp;quot; - PGN)|Fondateurs=1928 : Paul Descat (fondateur PGN), 1957 : Bernard Descat (fils de Paul), 1976 : Daniel Druon (acquéreur),1997-2008 : Emmanuel Druon (fils de Daniel, DG puis propriétaire)|Forme juridique=SAS (Société par Actions Simplifiée à associé unique)|Siège social=13 rue des Roloirs, 59510 Forest-sur-Marque, Hauts-de-France, France|Activité=Fabrication d&#039;articles de papeterie|Produits=Enveloppes de gestion éco-conçues, Gamme Zéro Déchet, Services : GoPost (gestion courrier), Ouvert (conseil RSE), Permaculture du Héron (maraîchage bio), Formations Pocheco, La Repro (reprographie)|Effectif=68 collaborateurs|Site web=www.pocheco.com|Fonds propres=Non diponible|Dette=Non diponible|Chiffre d&#039;affaire=11,26 M€ (2023)|Résultat net=35,056 € (2023)}}&lt;br /&gt;
L&#039;usine Pocheco est située à Forest-sur-Marque, dans la banlieue lilloise. Fondée en 1928 à Roubaix sous le nom de &amp;quot;Pochette Economique&amp;quot;, cette manufacture d&#039;enveloppes s&#039;est installée en 1976 dans le Nord de la France, occupant un bâtiment historique construit en 1848 par la famille Jouret pour la fabrication de sacs en toile de jute. L&#039;entreprise produit 800 000 enveloppes par an. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis 1997, sous la direction d&#039;Emmanuel Druon qui a racheté l&#039;entreprise en 2008, Pocheco applique un modèle baptisé &amp;quot;écolonomie&amp;quot;. Le principe repose sur trois critères pour chaque décision, qu&#039;il s&#039;agisse d&#039;un investissement lourd ou d&#039;un simple achat de fournitures : améliorer les conditions de travail, réduire l&#039;impact environnemental, et augmenter la productivité. La croissance et le profit ne constituent pas des priorités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2003, lors d&#039;un premier licenciement économique, Druon supprime l&#039;ensemble des équipes d&#039;encadrement et de commerciaux, réduisant le poids hiérarchique. L&#039;organisation s&#039;appuie depuis sur une structure horizontale, privilégiant le collectif sur l&#039;individuel, avec un système basé sur le partage de connaissances et l&#039;auto-contrôle, encadré par des procédures qualité, sécurité et environnement strictes. L&#039;entreprise fonctionne sans hiérarchie intermédiaire, chaque collaborateur assumant sa responsabilité à son poste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats environnementaux sont mesurables. Pocheco affiche un bilan carbone négatif de 50 000 tonnes de CO2 en 2021, une autosuffisance en eau (80% eau de pluie) et en énergie renouvelable, et 100% de ses déchets valorisés. Après un incendie en 2011, l&#039;entreprise a reconstruit selon ses principes écolonomiques avec 7 millions d&#039;euros d&#039;investissement. En 2018, une crise a provoqué une baisse de 60% des ventes, entraînant le départ de la moitié des effectifs en trois mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entreprise compte 68 collaborateurs en 2024 contre 150 en 1997. Son chiffre d&#039;affaires s&#039;élève à 11,26 millions d&#039;euros en 2023, contre environ 20 millions avant la crise. Pocheco s&#039;est diversifiée avec GoPost (gestion de courrier, créé en 2020), le Cabinet Ouvert (conseil RSE, créé en 2011), et la Permaculture du Héron (maraîchage bio).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
100% des résultats sont réinvestis dans l&#039;entreprise, aucun dividende n&#039;est versé. Entre 2003 et 2008, 15 millions d&#039;euros d&#039;économies ont été réinjectés dans des projets structurants..&amp;lt;ref&amp;gt;Pocheco.com. Site officiel de l&#039;entreprise. &amp;lt;nowiki&amp;gt;https://pocheco.com/&amp;lt;/nowiki&amp;gt;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Davies, M. (2022). &amp;quot;Pocheco, une entreprise engagée dans la transition écologique&amp;quot;. In Guillemot, G. (dir.), &#039;&#039;La performance écologique&#039;&#039;, Institut de la Réindustrialisation, pp. 17-19. HAL Id: hal-04084165.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;BipiZ. (2012). &amp;quot;POCHECO est autarcique en eau&amp;quot;. Bonnes pratiques d&#039;économie responsable. &amp;lt;nowiki&amp;gt;https://www.bipiz.org/fr/bonnes-pratiques/pocheco-est-autarcique-en-eau.html&amp;lt;/nowiki&amp;gt;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Pappers.fr. (2024). &amp;quot;Société POCHECO SAS - Index Égalité professionnelle&amp;quot;. &amp;lt;nowiki&amp;gt;https://www.pappers.fr/entreprise/pocheco-sas-301522496&amp;lt;/nowiki&amp;gt;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Verif.com. (2023). &amp;quot;Société POCHECO SAS&amp;quot;. &amp;lt;nowiki&amp;gt;https://www.verif.com/societe/POCHECO-SAS-301522496/&amp;lt;/nowiki&amp;gt;&amp;lt;/ref&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études de cas]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
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	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Mod%C3%A8le:FicheIdentit%C3%A9&amp;diff=399</id>
		<title>Modèle:FicheIdentité</title>
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		<updated>2026-02-12T15:29:06Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : Page créée avec « {| style=&amp;quot;width: 100%; background-color: #efefe9; border: 2px solid #4cb284; padding: 10px; margin-bottom: 10px;border-radius:2;&amp;quot; | style=&amp;quot;text-align: center; font-size: larger;&amp;quot; | &amp;#039;&amp;#039;&amp;#039;Ceci est une fiche d&amp;#039;identité d&amp;#039;entreprise,&amp;#039;&amp;#039;&amp;#039; les informations sont vérifiées mais certains détails manquent peut-être. Faites-nous savoir si vous souhaitez une étude de cas plus détaillée. |} »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{| style=&amp;quot;width: 100%; background-color: #efefe9; border: 2px solid #4cb284; padding: 10px; margin-bottom: 10px;border-radius:2;&amp;quot;&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align: center; font-size: larger;&amp;quot; | &#039;&#039;&#039;Ceci est une fiche d&#039;identité d&#039;entreprise,&#039;&#039;&#039; les informations sont vérifiées mais certains détails manquent peut-être. Faites-nous savoir si vous souhaitez une étude de cas plus détaillée.&lt;br /&gt;
|}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
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		<title>Pocheco</title>
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		<updated>2026-02-12T15:26:37Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : réécriture de l&amp;#039;introduction&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{En Cours}}{{Infobox Entreprise|Nom=Pocheco|Image=Fichier:Logo Pocheco.jpg|Création=1928 à Roubaix (sous le nom &amp;quot;Les Papeteries Générales du Nord&amp;quot; - PGN)|Fondateurs=1928 : Paul Descat (fondateur PGN), 1957 : Bernard Descat (fils de Paul), 1976 : Daniel Druon (acquéreur),1997-2008 : Emmanuel Druon (fils de Daniel, DG puis propriétaire)|Forme juridique=SAS (Société par Actions Simplifiée à associé unique)|Siège social=13 rue des Roloirs, 59510 Forest-sur-Marque, Hauts-de-France, France|Activité=Fabrication d&#039;articles de papeterie|Produits=Enveloppes de gestion éco-conçues, Gamme Zéro Déchet, Services : GoPost (gestion courrier), Ouvert (conseil RSE), Permaculture du Héron (maraîchage bio), Formations Pocheco, La Repro (reprographie)|Effectif=68 collaborateurs|Site web=www.pocheco.com|Fonds propres=Non diponible|Dette=Non diponible|Chiffre d&#039;affaire=11,26 M€ (2023)|Résultat net=35,056 € (2023)}}&lt;br /&gt;
L&#039;usine Pocheco est située à Forest-sur-Marque, dans la banlieue lilloise. Fondée en 1928 à Roubaix sous le nom de &amp;quot;Pochette Economique&amp;quot;, cette manufacture d&#039;enveloppes s&#039;est installée en 1976 dans le Nord de la France, occupant un bâtiment historique construit en 1848 par la famille Jouret pour la fabrication de sacs en toile de jute. L&#039;entreprise produit 800 000 enveloppes par an. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis 1997, sous la direction d&#039;Emmanuel Druon qui a racheté l&#039;entreprise en 2008, Pocheco applique un modèle baptisé &amp;quot;écolonomie&amp;quot;. Le principe repose sur trois critères pour chaque décision, qu&#039;il s&#039;agisse d&#039;un investissement lourd ou d&#039;un simple achat de fournitures : améliorer les conditions de travail, réduire l&#039;impact environnemental, et augmenter la productivité. La croissance et le profit ne constituent pas des priorités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2003, lors d&#039;un premier licenciement économique, Druon supprime l&#039;ensemble des équipes d&#039;encadrement et de commerciaux, réduisant le poids hiérarchique. L&#039;organisation s&#039;appuie depuis sur une structure horizontale, privilégiant le collectif sur l&#039;individuel, avec un système basé sur le partage de connaissances et l&#039;auto-contrôle, encadré par des procédures qualité, sécurité et environnement strictes. L&#039;entreprise fonctionne sans hiérarchie intermédiaire, chaque collaborateur assumant sa responsabilité à son poste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats environnementaux sont mesurables. Pocheco affiche un bilan carbone négatif de 50 000 tonnes de CO2 en 2021, une autosuffisance en eau (80% eau de pluie) et en énergie renouvelable, et 100% de ses déchets valorisés. Après un incendie en 2011, l&#039;entreprise a reconstruit selon ses principes écolonomiques avec 7 millions d&#039;euros d&#039;investissement. En 2018, une crise a provoqué une baisse de 60% des ventes, entraînant le départ de la moitié des effectifs en trois mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entreprise compte 68 collaborateurs en 2024 contre 150 en 1997. Son chiffre d&#039;affaires s&#039;élève à 11,26 millions d&#039;euros en 2023, contre environ 20 millions avant la crise. Pocheco s&#039;est diversifiée avec GoPost (gestion de courrier, créé en 2020), le Cabinet Ouvert (conseil RSE, créé en 2011), et la Permaculture du Héron (maraîchage bio).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
100% des résultats sont réinvestis dans l&#039;entreprise, aucun dividende n&#039;est versé. Entre 2003 et 2008, 15 millions d&#039;euros d&#039;économies ont été réinjectés dans des projets structurants..&amp;lt;ref&amp;gt;Pocheco.com. Site officiel de l&#039;entreprise. &amp;lt;nowiki&amp;gt;https://pocheco.com/&amp;lt;/nowiki&amp;gt;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Davies, M. (2022). &amp;quot;Pocheco, une entreprise engagée dans la transition écologique&amp;quot;. In Guillemot, G. (dir.), &#039;&#039;La performance écologique&#039;&#039;, Institut de la Réindustrialisation, pp. 17-19. HAL Id: hal-04084165.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;BipiZ. (2012). &amp;quot;POCHECO est autarcique en eau&amp;quot;. Bonnes pratiques d&#039;économie responsable. &amp;lt;nowiki&amp;gt;https://www.bipiz.org/fr/bonnes-pratiques/pocheco-est-autarcique-en-eau.html&amp;lt;/nowiki&amp;gt;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Pappers.fr. (2024). &amp;quot;Société POCHECO SAS - Index Égalité professionnelle&amp;quot;. &amp;lt;nowiki&amp;gt;https://www.pappers.fr/entreprise/pocheco-sas-301522496&amp;lt;/nowiki&amp;gt;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Verif.com. (2023). &amp;quot;Société POCHECO SAS&amp;quot;. &amp;lt;nowiki&amp;gt;https://www.verif.com/societe/POCHECO-SAS-301522496/&amp;lt;/nowiki&amp;gt;&amp;lt;/ref&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études de cas]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
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		<title>Buurtzorg</title>
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		<updated>2026-01-30T13:11:16Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : correction coquille&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Infobox Entreprise|Nom=Buurtzorg|Image=Fichier:Logo_BUURTZORG.jpg|Création=2006|Fondateurs=[https://thinkers50.com/biographies/jos-de-blok/ Jos De Blok], [https://www.linkedin.com/in/gonnie-kronenberg-36a0218a Gonnie Kronenberg ], [https://www.linkedin.com/in/ard-leferink-25a7215 Ard Leferink]|Forme juridique=[https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisme_sans_but_lucratif Organisme à but non lucratif]|Siège social=[https://fr.wikipedia.org/wiki/Almelo Almelo]|Activité=Santé|Produits=Soins à domicile|Effectif=15,000 (en 2024)|Site web=https://buurtzorg.com|Fonds propres=Développements financés par les fonds propres|Dette=Pas de dette significative rapportée pour Buurtzorg Nederland|Chiffre d&#039;affaire=427 Millions € en 2019|Résultat net=5 Millions € en 2019}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un secteur où la multiplication des procédures a déshumanisé la relation patient et transformé le travail des soignants en actes minutés et standardisés, le groupe néerlandais Buurtzorg prouve qu&#039;autonomie et confiance peuvent susciter une révolution douce. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques données, en bref :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Fondation&#039;&#039;&#039; : 2006 par [https://thinkers50.com/biographies/jos-de-blok/ Jos De Blok], [https://www.linkedin.com/in/gonnie-kronenberg-36a0218a Gonnie Kroenberg], [https://www.linkedin.com/in/ard-leferink-25a7215 Ard Leferink]&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Effectif&#039;&#039;&#039; : 15 000 employés (en 2024)&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Chiffre d&#039;affaires&#039;&#039;&#039; : 427 Million d&#039;euros en 2019&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Structure&#039;&#039;&#039; : Organisation plate, équipes auto‑gérées et locales, pas de hiérarchie intermédiaire&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Recrutement&#039;&#039;&#039; : Organisé par chaque équipe en autonomie, pas de fonction RH&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Financement&#039;&#039;&#039; : Fonds propres&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Innovation&#039;&#039;&#039; : Système informatique développé spécifiquement pour les besoins des équipes infirmières (BuurtzorgWeb)&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Évaluation&#039;&#039;&#039; : Auto-évaluation collégiale quinzomadaire centrée sur la progression collective&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Philosophie&#039;&#039;&#039; : Confiance, autonomie, proximité, solidarité, dignité humaine&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pas le temps de lire ? Sautez aux [[Buurtzorg#Questions fréquentes|Questions fréquentes]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Genèse et idée fondatrice ==&lt;br /&gt;
Tout commence en 2006. [https://thinkers50.com/biographies/jos-de-blok Jos de Blok], qui est infirmier et manager, se sent frustré par la bureaucratie lourde et la mauvaise gestion observée dans les soins de santé à domicile des grands organismes néerlandais. En effet, dans les années 1990, &#039;&#039;&#039;le gouvernement néerlandais a créé le CNAC (Care Needs Assessment Centre), un organisme public&#039;&#039;&#039; ayant pour but d’analyser et de contrôler les besoins de chaque patient en matière de soins à domicile. Sa mission était d’imposer une gestion standardisée : il évaluait les besoins, déterminait le volume et la nature des interventions à réaliser et instaurait un encadrement administratif qui a introduit de multiples niveaux de contrôle et de bureaucratie dans le secteur des soins de proximité. Cette approche a eu pour effet de bureaucratiser l’activité, de focaliser l’organisation sur les tâches et les temps de soins plutôt que sur les besoins réels des patients, et d’instaurer une gestion fortement hiérarchisée du travail infirmier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En constatant &#039;&#039;&#039;la dégradation de la qualité des soins et la démotivation des infirmiers en perte de sens&#039;&#039;&#039;, Jos de Blok décide de s’inspirer d’une mission de conseil menée dans le système de soins primaires en Ukraine. Là-bas, il accompagne des professionnels de santé dans la définition collective de leurs orientations et voit émerger les bénéfices d’une autogestion concertée, entre pairs, dans le secteur médical. De retour aux Pays-Bas, Jos transpose l’idée : &#039;&#039;&#039;réunir des infirmiers en petites équipes auto-gérées, capables de décider elles-mêmes des soins à apporter et de leur mode d’organisation&#039;&#039;&#039;. Il lance Buurtzorg avec [https://www.linkedin.com/in/gonnie-kronenberg-36a0218a Gonnie Kronenberg] et [https://www.linkedin.com/in/ard-leferink-25a7215 Ard Leferink] et 3 infirmières, finançant la première équipe sur ses fonds propres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rapidement, la presse et la télévision mettent en lumière ce « laboratoire social », attirant des centaines de professionnels qui souhaitent retrouver du sens dans leur travail. Le secteur du soin à domicile étant très fragmenté, avec de nombreux prestataires régionaux ou locaux, Buurtzorg est le seul acteur à rayonner au niveau national et à marquer les esprits par ses résultats en termes de satisfaction des patients et d&#039;efficacité organisationnelle. &#039;&#039;&#039;Ses performances sont remarquables&#039;&#039;&#039; avec des taux de satisfaction client supérieurs de 30% par rapport à la moyenne nationale. L’absentéisme, la rotation du personnel et les heures de soin cumulées nécessaires par patient sont nettement plus faibles qu’ailleurs. Son organisation autogérée, fondée sur de petites équipes locales, permet une grande efficacité opérationnelle et favorise l’autonomie des soignants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2010-2011, &#039;&#039;&#039;le gouvernement néerlandais décide de confier à Buurtzorg une expérience&#039;&#039;&#039; : &#039;&#039;&#039;&amp;lt;u&amp;gt;il lui accorde l’exemption temporaire des pratiques et du contrôle du CNAC&amp;lt;/u&amp;gt;&#039;&#039;&#039; afin de démontrer que son modèle d’évaluation et de gestion des besoins, fondé sur l’autonomie des équipes, pouvait être plus efficace que le système bureaucratique officiel. Grâce aux résultats très positifs de ce pilote, qui a prouvé l’efficacité et la simplicité du modèle Buurtzorg par rapport au CNAC, le gouvernement a décidé d’abandonner le CNAC et d’adopter une structure plus flexible juste après 2011, le [https://www.ciz.nl/ CIZ], pour l’évaluation des besoins en soins de longue durée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2022, l’ensemble du groupe Buurtzorg comptait plus de 15 000 salariés répartis dans environ 900 équipes, tout en maintenant une structure administrative très légère, avec seulement 50 salariés au siège et une équipe de 20 coaches répartis régionalement dans le pays. Ce modèle a contribué à des coûts maîtrisés et une forte attractivité pour les professionnels (pour plus d’information cf. [[Ressource:Etude de KPMG sur Buurtzorg (2014)|https://auto-org.fr/Ressource:Etude_de_KPMG_sur_Buurtzorg_(2014)]])&lt;br /&gt;
== Structure organisationnelle ==&lt;br /&gt;
Les quelques &#039;&#039;&#039;900 équipes d’infirmiers auto-gérées&#039;&#039;&#039; sont scindées quand leur effectif fluctue &#039;&#039;&#039;entre 7 et 12 membres&#039;&#039;&#039; pour maintenir une taille optimale qui favorise l’autonomie, la cohésion et une communication efficace. Au-delà de 12 membres, la coordination et la prise de décision collective deviennent plus difficiles, ce qui peut nuire à l’esprit d’auto-gestion. Lorsque le seuil est dépassé, l’équipe se divise pour que chaque groupe conserve cette dynamique de proximité et d’efficacité. En dessous de 7, une équipe peut fusionner avec une autre pour garantir un fonctionnement robuste et équilibré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans chaque équipe Buurtzorg, &#039;&#039;&#039;plusieurs rôles tournants&#039;&#039;&#039; existent :&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;FloatingTable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ &#039;&#039;&#039;Les effectifs du groupe Buurtzorg&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Nombre d’infirmiers et infirmières&#039;&#039;&#039; ||  15 000 (2022)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Nombre d’équipes&#039;&#039;&#039; || ~900 équipes auto-gérées&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Nombre de patients&#039;&#039;&#039; || 65 000+ patients (2014).&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Personnel administratif (backoffice)&#039;&#039;&#039; ||  ~50 personnes&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Accompagnement&#039;&#039;&#039; || 15-21 coachs régionaux&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Part de marché&#039;&#039;&#039; || 15% - 20% du marché des soins à domicile aux Pays-Bas&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le responsable logistique&#039;&#039;&#039; : gère la logistique et l’intendance du bureau, la maintenance, et veille au bon fonctionnement matériel&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le rapporteur&#039;&#039;&#039; : surveille les heures passées par l&#039;équipe sur les contrats et arrangements avec Buurtzorg, ainsi que la productivité&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le développeur&#039;&#039;&#039; : partage les connaissances, fait de la veille documentaire et facilite la communication interne/externe&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le planificateur&#039;&#039;&#039; : élabore le planning des soins, gère la planification en fonction des besoins patients et des ressources humaines&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le facilitateur :&#039;&#039;&#039; favorise la cohésion d’équipe et l’ambiance de travail&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le mentor&#039;&#039;&#039; : accueille, forme et accompagne les nouveaux membres, veille au développement des compétences et à la résolution de conflits&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de ces rôles tournants, &#039;&#039;&#039;tous les membres sans exception s’impliquent dans le soin direct et accompagnent quotidiennement les patients&#039;&#039;&#039;. Cela renforce l’auto-gestion, la polyvalence et la solidarité à l’intérieur de chaque équipe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les coachs n’interviennent qu’en soutien des équipes autonomes, que ce soit à la demande, en cas de difficultés persistante dans une équipe ou pour accompagner la croissance collective. Jamais ils n’imposent des directives, encadrent ou contrôlent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le back-office central compte une cinquantaine de personnes&#039;&#039;&#039; dont le rôle consiste à fournir les moyens nécessaires pour que les infirmières puissent se concentrer sur le soin. Ces équipes support renforcent l&#039;indépendance des équipes terrain tout en les sensibilisant aux réglementations à respecter. Elles n&#039;imposent rien et laissent aux professionnels la liberté d&#039;explorer les meilleures options par eux-mêmes. Le back-office assure les fonctions classiques d&#039;administration, de comptabilité, de finance, de ressources humaines et de juridique. L&#039;équipe administrative gère la facturation et les aspects contractuels, tandis que la finance s&#039;occupe des salaires, des remboursements de frais, des loyers de bureaux et des achats d&#039;équipements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une seule équipe projet formelle existe au siège : &#039;&#039;&#039;six personnes, mi-infirmières mi-chargées de projet&#039;&#039;&#039;, travaillent sur l&#039;amélioration continue, l&#039;innovation et la collaboration entre équipes. Elles peuvent par exemple étudier comment chaque équipe pourrait gagner trois points de productivité. Tous les autres sujets s&#039;organisent de manière ad-hoc et organique, sans structure formelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La direction, réduite à deux personnes, [https://thinkers50.com/biographies/jos-de-blok/ Jos de Blok] et Gonnie Kronenberg, n&#039;impose aucune décision ni management intermédiaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le rôle des directeurs ==&lt;br /&gt;
[https://thinkers50.com/biographies/jos-de-blok/ Jos de Blok], fondateur et directeur de Buurtzorg, concentre ses tâches sur &#039;&#039;&#039;l’animation du projet collectif et la préservation de la philosophie d’autonomie du réseau&#039;&#039;&#039;. Il veille personnellement aux &#039;&#039;&#039;relations avec les parties prenantes externes&#039;&#039;&#039; : discussions avec les régulateurs, assureurs, médias et partenaires publics. Jos joue aussi un rôle clé dans le &#039;&#039;&#039;partage de la vision auprès des équipes terrain&#039;&#039;&#039;, encourageant la circulation des idées novatrices sans jamais imposer de directives descendantes. Il s’implique ponctuellement dans la résolution de crises, l’expérimentation de nouveaux modèles d’organisation ou de pratiques de soin, et arbitre lorsque le modèle Buurtzorg risque d’être compromis par des contraintes extérieures. Enfin, il porte haut la voix de Buurtzorg dans les &#039;&#039;&#039;débats nationaux sur la santé&#039;&#039;&#039;, avec une position souvent militante sur l’humanisation du travail infirmier et la lutte contre la bureaucratie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rapidement après la fondation de Buurtzorg, [https://www.linkedin.com/in/ard-leferink-25a7215 Ard Leferink] s&#039;est consacré au développement du &#039;&#039;&#039;système informatique [https://www.buurtzorg.com/innovation/buurtzorg-web/ BuurtzorgWeb]&#039;&#039;&#039; qui permet aux équipes infirmières d’organiser, suivre et coordonner les soins de manière autonome. Il a alors quitté Buurtzorg pour cofonder [https://ecare.nl/ Ecare], l’entreprise indépendante qui gère et développe ce système informatique ainsi que d’autres solutions informatiques, Buurtzorg restant le principal client d’[https://ecare.nl/ Ecare]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[https://www.linkedin.com/in/gonnie-kronenberg-36a0218a Gonnie Kronenberg] quant à elle assure la &#039;&#039;&#039;gestion du back office et l’appui administratif stratégique&#039;&#039;&#039; chez Buurtzorg. Son rôle consiste à simplifier les procédures internes et à rendre l’organisation la plus accessible possible pour les équipes de terrain, notamment en matière de gestion des salaires, des contrats, de la logistique, et du support informatique. Elle veille à ce que les outils, comme [https://www.buurtzorg.com/innovation/buurtzorg-web/ BuurtzorgWeb], restent fonctionnels, intuitifs et adaptés aux besoins réels des infirmières. Gonnie s’occupe également de coordonner la mutualisation des bonnes pratiques et d’assurer que l’infrastructure centrale reste au service de l’autonomie des équipes, tout en maintenant l’ouverture et la simplicité qui caractérisent l’organisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Carte équipe buurtzorg.png|alt=Carte indiquant la répartition des équipes Buurtzorg|vignette|Répartition des équipes Buurtzorg |500x500px]]&lt;br /&gt;
== Zéro managers, 20 coachs, 15000 infirmiers ==&lt;br /&gt;
Chez Buurtzorg, &#039;&#039;&#039;les coachs régionaux incarnent une fonction d’accompagnement&#039;&#039;&#039; radicalement différente du management classique. Figurant en nombre restreint, ils accompagnent chacun plusieurs dizaines d’équipes d’infirmiers et infirmières, &#039;&#039;&#039;sans exercer aucun pouvoir hiérarchique ou de contrôle&#039;&#039;&#039;. Leur mission, assurée uniquement à la demande de chaque équipe ou en cas de difficulté particulière, consiste à faciliter le dialogue, résoudre les tensions et promouvoir le partage d’expérience entre professionnels. Les équipes restent libres d’accepter ou de refuser leur intervention, garantissant ainsi le caractère volontaire et non intrusif de leur démarche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La majorité des coachs provient du terrain infirmier&#039;&#039;&#039;, renforçant leur compréhension et leur légitimité auprès des équipes. Ils veillent au respect des principes clés du modèle Buurtzorg : autonomie, consensus décisionnel et rotation des rôles, tout en excluant toute forme de sanction ou de contrôle systématique. Leur accès aux indicateurs de performance via la plateforme [https://www.buurtzorg.com/innovation/buurtzorg-web/ BuurtzorgWeb] a une vocation exclusivement de soutien, jamais d’évaluation punitive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, les coachs se réunissent régulièrement au niveau régional pour mutualiser leurs expériences et remonter les enjeux majeurs à la direction. Leur présence s’intensifie auprès des équipes en difficulté, et leur &#039;&#039;&#039;posture – fondée sur la confiance et le respect de l’autonomie&#039;&#039;&#039; – structure durablement la culture Buurtzorg, conciliant cohérence du modèle et liberté d’action des soignants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des outils au service du collectif ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Chaque équipe assume l’intégralité des processus nécessaires&#039;&#039;&#039; : recrutement de patients, organisation et planification des soins, gestion budgétaire, commandes de matériel, reporting et création d’initiatives ad hoc lors d’événements exceptionnels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’outil central, [https://www.buurtzorg.com/innovation/buurtzorg-web/ BuurtzorgWeb]&#039;&#039;&#039;, conçu par [https://ecare.nl/ Ecare], fondée et codirigée par [https://www.linkedin.com/in/ard-leferink-25a7215 Ard Leferink] et [https://nl.linkedin.com/in/geert-quint Geert Quint], &#039;&#039;&#039;en coopération avec les infirmières et selon les besoins exprimés par les équipes&#039;&#039;&#039;, apporte une souplesse technologique adaptée au modèle collaboratif. Le système open source et américain [https://www.omahasystem.org/ Omaha], consacré à la classification et la standardisation des évaluations cliniques et des plans de soins, a été intégré à [https://www.buurtzorg.com/innovation/buurtzorg-web/ BuurtzorgWeb] pour structurer les évaluations cliniques, garantissant ainsi la qualité et l’efficience des décisions prises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les budgets sont attribués directement à chaque équipe locale, qui décide de leur usage pour répondre aux besoins de ses patients sans supervision hiérarchique centralisée. Cette gestion décentralisée permet aux infirmiers d’adapter rapidement les ressources, de privilégier le bon sens et la proximité, mais aussi d’expérimenter des solutions en fonction du contexte propre à chaque quartier. &#039;&#039;&#039;Les équipes choisissent elles-mêmes les fournisseurs, les équipements et l’aménagement des bureaux, tout en respectant des standards généraux et des contraintes légales&#039;&#039;&#039;. Ce mode de fonctionnement assure souplesse et réactivité, car il laisse aux professionnels la liberté d’agir là où ils sont le mieux informés des situations réelles et des urgences locales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ressources humaines ==&lt;br /&gt;
Le recrutement et la formation chez Buurtzorg reposent sur l&#039;&#039;&#039;&#039;autonomie des équipes locales, qui assurent elles-mêmes l&#039;intégration des nouveaux membres&#039;&#039;&#039;. Quand une équipe souhaite recruter, elle définit ses besoins, mène des entretiens et sélectionne la personne qui correspond à la culture d&#039;auto-gestion valorisée par l&#039;organisation. Les profils recherchés sont ceux d&#039;infirmiers et infirmières certifiés, motivés par la prise d&#039;initiative et capables de fonctionner sans supervision hiérarchique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais Buurtzorg ne se contente pas de recruter des soignants dans des équipes existantes. L&#039;organisation accueille aussi ceux qui veulent &#039;&#039;&#039;créer leur équipe de toutes pièces&#039;&#039;&#039;. Une démarche qui ressemble davantage à la création d&#039;une micro-entreprise qu&#039;à une embauche classique. Les infirmières intéressées doivent expliquer ce qu&#039;elles peuvent apporter à Buurtzorg et ce dont elles ont besoin. Elles réalisent une évaluation réaliste des opportunités dans leur zone géographique, s&#039;assurent de maîtriser le cadre réglementaire, et présentent un plan solide pour améliorer la qualité des soins localement. Buurtzorg attend donc que des entrepreneurs, quatre infirmières convaincues qu&#039;il serait judicieux de monter une équipe dans un territoire non encore couvert, se manifestent. Après un ou deux jours d&#039;intégration animés par un coach, la nouvelle équipe se connecte au système informatique de Buurtzorg et peut démarrer. L&#039;onboarding couvre la prise en main des outils IT, le fonctionnement de l&#039;organisation, ainsi que les méthodes de prise de décision, de gestion des conflits, de réunion et de dynamique d&#039;équipe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fois intégrés, qu&#039;ils rejoignent une équipe existante ou qu&#039;ils en créent une, les nouveaux membres bénéficient d&#039;un &#039;&#039;&#039;processus d&#039;intégration informel&#039;&#039;&#039;, basé sur la transmission de savoir-faire entre pairs : observation, accompagnement sur le terrain, apprentissage « sur le tas », et rotation régulière des rôles au sein de l&#039;équipe (planification, mentorat, gestion administrative…). Les réunions d&#039;équipe, les échanges sur BuurtzorgWeb et le tutorat interne multiplient les occasions de montée en compétences, tout comme les conférences régionales et les projets collaboratifs proposés sur la plateforme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation continue est entièrement pilotée par les besoins des équipes : chaque groupe décide des thématiques et modalités d&#039;apprentissage utiles, en sollicitant au besoin l&#039;appui du coach régional ou du réseau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Vie quotidienne : la proximité réinventée ==&lt;br /&gt;
Le terrain demeure l’espace de liberté principal : chaque infirmier adapte ses horaires, organise ses interventions et entretient une relation de proximité avec les patients, leurs familles et réseaux locaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les &#039;&#039;&#039;réunions bi-mensuelles&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;et les échanges informels&#039;&#039;&#039; rythment la semaine. Le bureau devient un lieu de travail et de socialisation, où le collectif se nourrit d’expériences partagées, d’humour et de soutien.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Team Buurtzorg.jpg|alt=Une équipe Buurtzorg|vignette|Une équipe Buurtzorg]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’autonomie permet à chacun de retrouver le plaisir de la profession, dépassant le simple cadre technique du soin. Ce témoignage en est l’illustration parfaite : &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Chaque matin, je commence ma tournée avec la certitude de pouvoir adapter la prise en charge selon la situation du patient ou les imprévus. Personne ne m’impose des procédures rigides, on en discute ensemble ; chez Buurtzorg, le collectif l’emporte sur la chaîne de commandement&#039;&#039;.&#039;&#039;&#039; »&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le modèle de l’oignon : une approche holistique du soin ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Buurtzorg onion model.png|alt=Le Modèle en Onion de Buurtzorg|vignette|400x400px|Le Modèle en Onion de Buurtzorg]]&lt;br /&gt;
Le modèle de l’oignon, développé par Buurtzorg, redéfinit la façon de penser et de &#039;&#039;&#039;pratiquer les soins à domicile en&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;plaçant le patient au centre d’un réseau de soutien personnalisé&#039;&#039;&#039;. Au cœur du « modèle de l’oignon » se trouve le patient, dont le bien-être n’est pas considéré seulement sous l’angle médical, mais aussi social, psychologique et relationnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier cercle autour du patient rassemble &#039;&#039;&#039;les proches, amis et voisins&#039;&#039;&#039;, acteurs essentiels pour maintenir l’autonomie et la qualité de vie du malade. Cette prise en compte de l’environnement familial et social favorise un maintien à domicile dans de bonnes conditions, en valorisant les solidarités locales et intergénérationnelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le cercle suivant est constitué par l’équipe Buurtzorg elle-même : &#039;&#039;&#039;des infirmières autonomes, qui adaptent leurs interventions selon les besoins réels&#039;&#039;&#039;, et construisent avec le patient et son entourage un projet de soins personnalisé. L’équipe se charge aussi de l’organisation pratique, du suivi administratif et de l’orientation vers les bons interlocuteurs, tout en respectant le rythme et les souhaits de chacun. L’absence de hiérarchie et la liberté de décision permettent d’inventer des solutions sur-mesure, loin des protocoles rigides des autres organismes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, le cercle externe réunit &#039;&#039;&#039;les acteurs médicaux et sociaux plus spécialisés&#039;&#039;&#039; : médecins généralistes, hôpitaux, pharmacies, services sociaux, qui interviennent en fonction des besoins identifiés par le patient, ses proches et l’équipe Buurtzorg. Ce modèle exige une grande capacité de coordination et de communication, mais il rend possible une approche globale : chaque décision est discutée collectivement, en privilégiant l’écoute des préférences du patient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Diffusion et adaptation internationale : quand l’autonomie défie la culture ==&lt;br /&gt;
Au-delà des frontières, &#039;&#039;&#039;le modèle inspire plus de 24 pays&#039;&#039;&#039;, du Brésil à la Suède, en passant par la France, la Chine et l’Australie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourtant, la greffe n’est pas automatique : la réussite dépend souvent de la capacité à transformer les mentalités, à sortir des logiques hiérarchiques et à respecter la diversité des contextes. &#039;&#039;&#039;Chaque pays adapte le modèle selon la culture locale, la réglementation et le contexte sanitaire&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De nombreuses tentatives voient le jour dans des secteurs variés (aide à domicile, santé mentale, maternité), mais se heurtent parfois à des résistances institutionnelles ou à la difficulté de transposer l’autogestion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’exemple français, avec &#039;&#039;&#039;[https://www.soignonshumain.com/ Soignons Humains] ou 3BGA&#039;&#039;&#039;, illustre ces enjeux. Ces organisations &#039;&#039;&#039;ont réussi à prouver la faisabilité d’un modèle d’organisation plus souple et plus humain&#039;&#039;&#039;, attirant de jeunes professionnels en quête de sens et de meilleures conditions de travail. Elles servent en quelque sorte de laboratoires pour expérimenter et ajuster l’approche Buurtzorg au contexte français, avec des résultats jugés prometteurs, mais encore en phase d’expansion limitée, car souvent freinée par les contraintes spécifiques du système de santé français, les réglementations locales et la difficulté à changer la culture professionnelle fortement hiérarchisée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Limites et critiques : tensions, inertie et contexte ==&lt;br /&gt;
Le modèle Buurtzorg, souvent salué pour son efficacité et son humanité, n’est toutefois pas exempt de limites. L’auto-gestion représente un défi de taille pour de nouveaux &#039;&#039;&#039;professionnels peu préparés à prendre collectivement des décisions et à assumer une large autonomie&#039;&#039;&#039;. Certains soignants, attachés à un pilotage hiérarchique classique, rencontrent des difficultés à s’investir pleinement dans le fonctionnement horizontal des équipes et dans la gestion partagée des responsabilités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La résolution des &#039;&#039;&#039;conflits internes ou la prise en charge des problèmes de performance&#039;&#039;&#039; s’avèrent plus complexes dans un système sans supérieur hiérarchique. Il revient aux membres eux-mêmes, parfois démunis ou réticents, de trouver des solutions, ce qui ralentit l’action et fragilise l’équilibre collectif. Par ailleurs, lors de crises majeures comme la pandémie de Covid-19, le manque de procédures formalisées et la collaboration principalement basée sur la confiance ont rendu la coordination parfois inégale ou trop informelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces enjeux s’ajoute la question du &#039;&#039;&#039;recrutement&#039;&#039;&#039; : la croissance rapide de Buurtzorg et la pénurie nationale de soignants mettent à l’épreuve la capacité du réseau à transmettre sa culture et à attirer des profils compatibles avec l’auto-gestion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, l’internationalisation du modèle se confronte à la résistance de contextes organisationnels marqués par la verticalité et la centralisation, ce qui freine son adaptation à grande échelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Témoignages et voix du terrain ==&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Marja Feenstra, témoigne sur le système de soin qu&#039;elle a quitté pour rejoindre Buurtzorg&amp;lt;ref name=&amp;quot;:0&amp;quot;&amp;gt;De Blok and Pool, 2010&amp;lt;/ref&amp;gt; :   &amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;quot;Au cours des deux dernières années, j&#039;ai été responsable de plus de 80 patients que je n&#039;ai jamais visités. Mon poste d&#039;infirmière de quartier avait été supprimé et on attendait de moi que je trouve des solutions pour les itinéraires pour lesquels aucun personnel n&#039;était disponible. La planification était effectuée ailleurs par quelqu&#039;un qui ne connaissait pas les patients. Cela tournait si souvent mal qu&#039;à un certain moment, je ne pouvais plus expliquer aux patients pourquoi personne n&#039;était disponible, ou seulement à un moment autre que celui qui avait été convenu. J&#039;ai eu 14 responsables en sept ans et j&#039;en avais assez de cela aussi. L&#039;organisation était devenue trop grande et trop vague, et personne ne se sentait responsable de nos soins. Il y avait des plaintes et des problèmes entre collègues tous les jours.&amp;quot;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Ellis Heijblom parle du système de soin néerlandais et pourquoi elle l&#039;a quitté pour rejoindre Buurtzorg&amp;lt;ref name=&amp;quot;:0&amp;quot; /&amp;gt;&amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;«J&#039;avais quitté l&#039;organisme de soins à domicile parce que je ne faisais que combler les lacunes dans la planification des soins aux clients. J&#039;ai accepté ce poste dans l&#039;intention d&#039;offrir des soins de santé de qualité, mais je n&#039;ai pas pu atteindre cet objectif car trop de personnes étaient impliquées dans la pratique quotidienne. En raison du nouveau système de planification qui avait été mis en place, je n&#039;ai découvert que le lendemain matin qu&#039;une personne n&#039;avait reçu aucun soin pendant la nuit. Le pire, c&#039;est que cette personne ne pouvait pas appeler et avait donc été contrainte de rester assise sur une chaise toute la nuit. J&#039;ai trouvé cela indigne. »&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
Jennifer Bergkamp, infirmière Buurtzorg à Aalsmeer, confie : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« &#039;&#039;&#039;J’ai enfin retrouvé la liberté d’exercer mon métier comme je l’entends, en équipe et pour le patient&#039;&#039;&#039; »&#039;&#039;.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;Sophie van Veenen évoque son attachement au modèle Buurtzorg : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« &#039;&#039;&#039;J’ai découvert une forme d’autonomie professionnelle qui donne envie de rester dans le secteur&#039;&#039;&#039; »&#039;&#039;.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;Les familles de patients parlent de &#039;&#039;&#039;soulagement&#039;&#039;&#039;, d’une &#039;&#039;&#039;relation apaisée&#039;&#039;&#039; et d’un &#039;&#039;&#039;quotidien transformé&#039;&#039;&#039;. Les coachs témoignent de la créativité collective et de l’énergie du groupe, « &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;loin d’une simple absence de hiérarchie, mais dans la co-responsabilité&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Perspectives ==&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études_de_cas]]&lt;br /&gt;
Buurtzorg interroge nos certitudes organisationnelles : l’autonomie, loin d’être un luxe, devient une &#039;&#039;&#039;source d’innovation sociale et médicale&#039;&#039;&#039;. En exposant ses forces et ses fragilités, le modèle dessine aussi l’horizon d’une société où le soin, la responsabilité et l’intelligence collective peuvent réinventer le quotidien, bien au-delà des seuls chiffres de performance&amp;lt;ref&amp;gt;Cabinet d&#039;audit, de conseil et d&#039;expertise comptable KPMG, « [[:Fichier:KPMG Buurzorg Case.pdf|The Added Value of Buurtzorg Relative to Other Providers of Home Care: A Quantitative Analysis of Home Care in the Netherlands in 2013]] », Ethan Bernstein, Tatiana Sandino, Joost Minnaar et Annelena Lobb, janvier 2015&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Corporate Rebels, “How Buurtzorg Works”, Corporate Rebels Academy, 2025, https://community.corporate-rebels.com/sign_in&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
== A propos de l&#039;auteur ==&lt;br /&gt;
{{Auto Organisation:À propos de Alioune}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Questions fréquentes ==&lt;br /&gt;
{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment fonctionne une organisation sans managers intermédiaires ?&lt;br /&gt;
| contenu = Chez Buurtzorg, l&#039;absence de managers intermédiaires repose sur l&#039;autonomie des équipes d&#039;infirmières. Plus de 10 000 infirmières travaillent en équipes de 12 personnes maximum, qui prennent elles-mêmes toutes les décisions liées aux soins et à leur gestion quotidienne. Le back-office de seulement 50 personnes fournit un support administratif, tandis qu&#039;une vingtaine de coaches aident les équipes sur demande sans imposer de solutions. Les deux directeurs, Jos de Blok et Gonnie Kronenberg, se concentrent sur la vision stratégique et les relations externes. Le système informatique BuurtzorgWeb permet la communication entre équipes et le partage d&#039;informations sans contrôle hiérarchique. Cette structure plate fonctionne parce que les infirmières sont qualifiées, responsables et motivées par leur mission de soins.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Qui prend les décisions au quotidien dans les équipes Buurtzorg ?&lt;br /&gt;
| contenu = Les équipes d&#039;infirmières prennent toutes les décisions opérationnelles de manière collective et consensuelle. Chaque équipe décide de son planning, recrute ses propres membres, choisit ses patients, organise son bureau, et gère son budget mensuel. Les décisions sont prises lors des réunions hebdomadaires où tous les membres discutent des problèmes et trouvent des solutions ensemble. Chaque infirmière assume également un rôle administratif (planificateur, responsable des ressources humaines, développeur, mentor, etc.) qui tourne régulièrement entre les membres. Pour les soins individuels, l&#039;infirmière responsable d&#039;un patient décide des interventions nécessaires en toute autonomie, sans attendre l&#039;approbation d&#039;un supérieur. L&#039;équipe peut solliciter un coach ou le back-office en cas de besoin, mais la décision finale revient toujours à l&#039;équipe elle-même.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment les infirmières peuvent-elles gérer à la fois les soins aux patients et les tâches administratives ?&lt;br /&gt;
| contenu = Buurtzorg a volontairement simplifié au maximum les tâches administratives pour permettre aux infirmières de se concentrer sur les soins. Le système informatique BuurtzorgWeb réduit considérablement la paperasse en permettant aux infirmières de saisir directement les informations sur les patients, de consulter les dossiers et de communiquer avec leurs collègues de manière électronique. Les formulaires standardisés de l&#039;industrie ont été simplifiés. Chaque membre de l&#039;équipe assume un rôle administratif spécifique (planification, reporting, coordination), ce qui répartit la charge de travail. Le back-office gère les tâches lourdes comme la facturation, la paie et les contrats. Cette organisation permet aux infirmières de consacrer 60-62% de leur temps aux soins directs, contre 70% ailleurs, tout en obtenant de meilleurs résultats pour les patients.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment recrute-t-on de nouveaux membres sans département des ressources humaines traditionnel ?&lt;br /&gt;
| contenu = Chaque équipe recrute ses propres membres de manière autonome. Lorsqu&#039;une équipe a besoin d&#039;une nouvelle infirmière, elle identifie elle-même les candidats potentiels, souvent dans le quartier où elle opère. L&#039;équipe mène les entretiens, évalue les compétences et la compatibilité du candidat avec l&#039;esprit d&#039;auto-organisation, puis décide collectivement qui embaucher. Les membres recherchent des personnes capables de travailler de façon autonome, de prendre des initiatives et de collaborer efficacement. Une fois la décision prise, l&#039;équipe informe simplement le back-office qui s&#039;occupe des aspects administratifs (contrat, accès informatique, etc.). Les nouveaux membres suivent une période d&#039;intégration où ils accompagnent leurs collègues dans leurs visites avant de travailler de manière indépendante. Ce processus assure que les recrues correspondent vraiment aux besoins et à la culture de l&#039;équipe.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Qui fixe les salaires et comment sont-ils déterminés sans hiérarchie ?&lt;br /&gt;
| contenu = Les salaires chez Buurtzorg sont déterminés par des accords de négociation collective (convention collective) basés sur le niveau de qualification des infirmières. Buurtzorg paie généreusement : chaque infirmière reçoit un salaire correspondant à un niveau de certification supérieur au sien. Par exemple, une infirmière de niveau 3 est payée au tarif du niveau 4. Les augmentations sont automatiques et basées sur l&#039;ancienneté dans l&#039;organisation. Ce système égalitaire signifie que toutes les infirmières du même niveau de formation gagnent le même salaire, indépendamment de leur performance individuelle. Un bonus annuel collectif peut être distribué à l&#039;ensemble du personnel si l&#039;organisation atteint ses objectifs de rentabilité globale, représentant généralement environ un demi-mois de salaire. Cette approche reflète la philosophie de Buurtzorg selon laquelle toutes les voix comptent également.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment mesure-t-on la performance des équipes sans supervision directe ?&lt;br /&gt;
| contenu = La performance des équipes est mesurée par quelques indicateurs clés accessibles sur BuurtzorgWeb. Le principal est le taux de productivité : chaque équipe doit consacrer au moins 60-62% de son temps aux soins directs aux patients, ce qui est le seuil minimum de rentabilité. Les équipes suivent également leur efficacité (heures par client), le nombre de clients, la satisfaction des patients et des employés, et le climat d&#039;équipe. Ces données sont transparentes et permettent aux équipes de se comparer à la moyenne nationale. Contrairement aux organisations hiérarchiques, ces indicateurs servent d&#039;auto-évaluation plutôt que de contrôle externe. Les équipes sont responsables de leur propre performance et font appel aux coaches si elles constatent des problèmes. Le système repose sur la confiance : les équipes sont considérées comme des professionnelles capables de s&#039;autoréguler.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Qu&#039;est-ce qui empêche le chaos dans une organisation aussi décentralisée ?&lt;br /&gt;
| contenu = Plusieurs mécanismes structurent l&#039;organisation et préviennent le chaos. D&#039;abord, un cadre clair définit les principes fondamentaux : équipes de maximum 12 personnes, objectif de productivité de 60-62%, sept rôles administratifs par équipe, et utilisation obligatoire de BuurtzorgWeb. Ensuite, toutes les équipes travaillent selon les mêmes processus : réunions hebdomadaires orientées solutions, décisions par consensus, rotation des rôles. Le système informatique unifie les pratiques et facilite la communication entre équipes. Les coaches veillent à ce que les équipes respectent ce cadre sans pour autant les contrôler. La formation initiale et continue transmet la culture et les méthodes Buurtzorg. Enfin, le modèle de l&#039;oignon guide les soins centrés sur l&#039;autonomie du patient. Ces structures légères mais cohérentes créent suffisamment d&#039;ordre tout en préservant l&#039;autonomie des équipes.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment les meilleures pratiques se diffusent-elles entre les équipes autonomes ?&lt;br /&gt;
| contenu = Plusieurs mécanismes structurent l&#039;organisation et préviennent le chaos. D&#039;abord, un cadre clair définit les principes fondamentaux : équipes de maximum 12 personnes, objectif de productivité de 60-62%, sept rôles administratifs par équipe, et utilisation obligatoire de BuurtzorgWeb. Ensuite, toutes les équipes travaillent selon les mêmes processus : réunions hebdomadaires orientées solutions, décisions par consensus, rotation des rôles. Le système informatique unifie les pratiques et facilite la communication entre équipes. Les coaches veillent à ce que les équipes respectent ce cadre sans pour autant les contrôler. La formation initiale et continue transmet la culture et les méthodes Buurtzorg. Enfin, le modèle de l&#039;oignon guide les soins centrés sur l&#039;autonomie du patient. Ces structures légères mais cohérentes créent suffisamment d&#039;ordre tout en préservant l&#039;autonomie des équipes.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment les meilleures pratiques se diffusent-elles entre les équipes autonomes ?&lt;br /&gt;
| contenu = Les meilleures pratiques se diffusent principalement de manière informelle et volontaire. BuurtzorgWeb comprend des forums de discussion où les infirmières partagent leurs expériences, posent des questions et proposent des solutions. Le back-office crée une section &amp;quot;thèmes&amp;quot; avec des politiques et pratiques recommandées, mais les équipes décident librement de les adopter. Les coaches mettent en relation des équipes confrontées à des problèmes similaires pour favoriser l&#039;apprentissage mutuel. Des conférences régionales et le festival annuel Buurtzorg permettent aux infirmières de se rencontrer et d&#039;échanger. Durant la pandémie, une équipe de crise a créé des &amp;quot;chemins de soins&amp;quot; (care paths) - des guides concis sur différentes pathologies - qui ont été largement consultés. Des projets pilotes testent des innovations comme les clubs de vitalité. Cette diffusion organique respecte l&#039;autonomie des équipes tout en favorisant l&#039;apprentissage collectif.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment une petite équipe de 50 personnes au back-office peut-elle soutenir plus de 10 000 infirmières ?&lt;br /&gt;
| contenu = L&#039;efficacité du back-office repose sur la simplification radicale et l&#039;autonomie des équipes. Le système informatique BuurtzorgWeb automatise de nombreuses tâches : saisie des données patients, planification, communication, reporting. Les 50 personnes du back-office se concentrent sur les tâches administratives complexes nécessitant une expertise spécialisée : facturation, comptabilité, paie, contrats de location, questions juridiques et IT. Contrairement aux organisations traditionnelles, ce back-office ne gère pas, ne contrôle pas et ne coordonne pas les équipes au quotidien. Son rôle est de fournir un service aux équipes pour qu&#039;elles puissent se concentrer sur les soins. Comme toutes les équipes fonctionnent de la même manière avec les mêmes processus standardisés, la complexité est réduite. Les équipes gèrent elles-mêmes leur recrutement, planning, et décisions opérationnelles, éliminant le besoin d&#039;une administration pléthorique.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Pourquoi limiter la taille des équipes à 12 personnes maximum ?&lt;br /&gt;
| contenu = La limite de 12 personnes répond à plusieurs objectifs fondamentaux du modèle Buurtzorg. D&#039;abord, les petites équipes facilitent la communication directe et réduisent les besoins de coordination formelle. Chaque membre connaît bien ses collègues et peut facilement échanger avec eux. Ensuite, cette taille permet de maintenir la confiance et la confidentialité avec les patients : seulement 3-4 infirmières s&#039;occupent généralement d&#039;un même patient, qui peut ainsi créer de vraies relations avec ses soignants. Les petites équipes favorisent également la prise de décision collective et consensuelle lors des réunions hebdomadaires. Elles permettent à chacun de prendre des responsabilités administratives en plus des soins. Enfin, cette limite évite la bureaucratisation : au-delà de 12, les équipes se scindent naturellement en deux, chacune opérant dans son propre quartier. Cette règle simple assure que l&#039;organisation reste agile malgré sa croissance.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment garantit-on la qualité des soins sans contrôle hiérarchique strict ?&lt;br /&gt;
| contenu = La qualité des soins repose sur plusieurs mécanismes sans hiérarchie. Les infirmières de Buurtzorg sont hautement qualifiées (niveau 3 minimum) et motivées intrinsèquement par leur vocation de soigner. Elles utilisent le &amp;quot;modèle de l&#039;oignon&amp;quot; qui place le patient au centre et vise son autonomie maximale. Le système Omaha standardise la documentation des besoins, traitements et résultats des patients, permettant de suivre la qualité des soins. La satisfaction des patients est mesurée régulièrement et atteint plus de 9/10, soit 30% de plus que les organisations comparables. Les équipes pratiquent la supervision par les pairs et discutent des cas lors des réunions hebdomadaires. Les résultats parlent : les durées de soins nécessaires sont réduites de moitié, les hospitalisations diminuent d&#039;un tiers. La qualité émerge de la responsabilité professionnelle, de l&#039;apprentissage collectif et de la relation de confiance avec les patients plutôt que du contrôle externe.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Que se passe-t-il si une équipe ne respecte pas les objectifs de productivité ?&lt;br /&gt;
| contenu = Lorsqu&#039;une équipe n&#039;atteint pas l&#039;objectif de productivité de 60-62%, elle appelle généralement elle-même un coach pour obtenir de l&#039;aide. En moyenne, chaque coach assiste environ trois équipes en difficulté. Le coach et le back-office travaillent patiemment avec l&#039;équipe pour identifier les causes et trouver des solutions, en reconnaissant que certaines situations justifient une productivité temporairement plus faible (nouvelle équipe en démarrage, projets d&#039;innovation). L&#039;approche est de soutien et non punitive. Si les problèmes persistent sur le long terme, l&#039;équipe se dissout souvent d&#039;elle-même lorsque les membres réalisent qu&#039;ils ne peuvent pas fonctionner ensemble. Dans de rares cas, après environ un an de sous-performance structurelle, les directeurs peuvent décider de dissoudre l&#039;équipe. Cette approche patiente reflète la confiance de Buurtzorg envers ses professionnels et privilégie l&#039;amélioration continue plutôt que la sanction.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Buurtzorg&amp;diff=396</id>
		<title>Buurtzorg</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://auto-org.fr/index.php?title=Buurtzorg&amp;diff=396"/>
		<updated>2026-01-30T13:09:47Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : ajouté lien vers soignons humains&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Infobox Entreprise|Nom=Buurtzorg|Image=Fichier:Logo_BUURTZORG.jpg|Création=2006|Fondateurs=[https://thinkers50.com/biographies/jos-de-blok/ Jos De Blok], [https://www.linkedin.com/in/gonnie-kronenberg-36a0218a Gonnie Kronenberg ], [https://www.linkedin.com/in/ard-leferink-25a7215 Ard Leferink]|Forme juridique=[https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisme_sans_but_lucratif Organisme à but non lucratif]|Siège social=[https://fr.wikipedia.org/wiki/Almelo Almelo]|Activité=Santé|Produits=Soins à domicile|Effectif=15,000 (en 2024)|Site web=https://buurtzorg.com|Fonds propres=Développements financés par les fonds propres|Dette=Pas de dette significative rapportée pour Buurtzorg Nederland|Chiffre d&#039;affaire=427 Millions € en 2019|Résultat net=5 Millions € en 2019}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un secteur où la multiplication des procédures a déshumanisé la relation patient et transformé le travail des soignants en actes minutés et standardisés, le groupe néerlandais Buurtzorg prouve qu&#039;autonomie et confiance peuvent susciter une révolution douce. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques données, en bref :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Fondation&#039;&#039;&#039; : 2006 par [https://thinkers50.com/biographies/jos-de-blok/ Jos De Blok], [https://www.linkedin.com/in/gonnie-kronenberg-36a0218a Gonnie Kroenberg], [https://www.linkedin.com/in/ard-leferink-25a7215 Ard Leferink]&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Effectif&#039;&#039;&#039; : 15 000 employés (en 2024)&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Chiffre d&#039;affaires&#039;&#039;&#039; : 427 Million d&#039;euros en 2019&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Structure&#039;&#039;&#039; : Organisation plate, équipes auto‑gérées et locales, pas de hiérarchie intermédiaire&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Recrutement&#039;&#039;&#039; : Organisé par chaque équipe en autonomie, pas de fonction RH&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Financement&#039;&#039;&#039; : Fonds propres&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Innovation&#039;&#039;&#039; : Système informatique développé spécifiquement pour les besoins des équipes infirmières (BuurtzorgWeb)&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Évaluation&#039;&#039;&#039; : Auto-évaluation collégiale quinzomadaire centrée sur la progression collective&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Philosophie&#039;&#039;&#039; : Confiance, autonomie, proximité, solidarité, dignité humaine&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pas le temps de lire ? Sautez aux [[Buurtzorg#Questions fréquentes|Questions fréquentes]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Genèse et idée fondatrice ==&lt;br /&gt;
Tout commence en 2006. [https://thinkers50.com/biographies/jos-de-blok Jos de Blok], qui est infirmier et manager, se sent frustré par la bureaucratie lourde et la mauvaise gestion observée dans les soins de santé à domicile des grands organismes néerlandais. En effet, dans les années 1990, &#039;&#039;&#039;le gouvernement néerlandais a créé le CNAC (Care Needs Assessment Centre), un organisme public&#039;&#039;&#039; ayant pour but d’analyser et de contrôler les besoins de chaque patient en matière de soins à domicile. Sa mission était d’imposer une gestion standardisée : il évaluait les besoins, déterminait le volume et la nature des interventions à réaliser et instaurait un encadrement administratif qui a introduit de multiples niveaux de contrôle et de bureaucratie dans le secteur des soins de proximité. Cette approche a eu pour effet de bureaucratiser l’activité, de focaliser l’organisation sur les tâches et les temps de soins plutôt que sur les besoins réels des patients, et d’instaurer une gestion fortement hiérarchisée du travail infirmier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En constatant &#039;&#039;&#039;la dégradation de la qualité des soins et et la démotivation des infirmiers en perte de sens&#039;&#039;&#039;, Jos de Blok décide de s’inspirer d’une mission de conseil menée dans le système de soins primaires en Ukraine. Là-bas, il accompagne des professionnels de santé dans la définition collective de leurs orientations et voit émerger les bénéfices d’une autogestion concertée, entre pairs, dans le secteur médical. De retour aux Pays-Bas, Jos transpose l’idée : &#039;&#039;&#039;réunir des infirmiers en petites équipes auto-gérées, capables de décider elles-mêmes des soins à apporter et de leur mode d’organisation&#039;&#039;&#039;. Il lance Buurtzorg avec [https://www.linkedin.com/in/gonnie-kronenberg-36a0218a Gonnie Kronenberg] et [https://www.linkedin.com/in/ard-leferink-25a7215 Ard Leferink] et 3 infirmières, finançant la première équipe sur ses fonds propres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rapidement, la presse et la télévision mettent en lumière ce « laboratoire social », attirant des centaines de professionnels qui souhaitent retrouver du sens dans leur travail. Le secteur du soin à domicile étant très fragmenté, avec de nombreux prestataires régionaux ou locaux, Buurtzorg est le seul acteur à rayonner au niveau national et à marquer les esprits par ses résultats en termes de satisfaction des patients et d&#039;efficacité organisationnelle. &#039;&#039;&#039;Ses performances sont remarquables&#039;&#039;&#039; avec des taux de satisfaction client supérieurs de 30% par rapport à la moyenne nationale. L’absentéisme, la rotation du personnel et les heures de soin cumulées nécessaires par patient sont nettement plus faibles qu’ailleurs. Son organisation autogérée, fondée sur de petites équipes locales, permet une grande efficacité opérationnelle et favorise l’autonomie des soignants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2010-2011, &#039;&#039;&#039;le gouvernement néerlandais décide de confier à Buurtzorg une expérience&#039;&#039;&#039; : &#039;&#039;&#039;&amp;lt;u&amp;gt;il lui accorde l’exemption temporaire des pratiques et du contrôle du CNAC&amp;lt;/u&amp;gt;&#039;&#039;&#039; afin de démontrer que son modèle d’évaluation et de gestion des besoins, fondé sur l’autonomie des équipes, pouvait être plus efficace que le système bureaucratique officiel. Grâce aux résultats très positifs de ce pilote, qui a prouvé l’efficacité et la simplicité du modèle Buurtzorg par rapport au CNAC, le gouvernement a décidé d’abandonner le CNAC et d’adopter une structure plus flexible juste après 2011, le [https://www.ciz.nl/ CIZ], pour l’évaluation des besoins en soins de longue durée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2022, l’ensemble du groupe Buurtzorg comptait plus de 15 000 salariés répartis dans environ 900 équipes, tout en maintenant une structure administrative très légère, avec seulement 50 salariés au siège et une équipe de 20 coaches répartis régionalement dans le pays. Ce modèle a contribué à des coûts maîtrisés et une forte attractivité pour les professionnels (pour plus d’information cf. [[Ressource:Etude de KPMG sur Buurtzorg (2014)|https://auto-org.fr/Ressource:Etude_de_KPMG_sur_Buurtzorg_(2014)]])&lt;br /&gt;
== Structure organisationnelle ==&lt;br /&gt;
Les quelques &#039;&#039;&#039;900 équipes d’infirmiers auto-gérées&#039;&#039;&#039; sont scindées quand leur effectif fluctue &#039;&#039;&#039;entre 7 et 12 membres&#039;&#039;&#039; pour maintenir une taille optimale qui favorise l’autonomie, la cohésion et une communication efficace. Au-delà de 12 membres, la coordination et la prise de décision collective deviennent plus difficiles, ce qui peut nuire à l’esprit d’auto-gestion. Lorsque le seuil est dépassé, l’équipe se divise pour que chaque groupe conserve cette dynamique de proximité et d’efficacité. En dessous de 7, une équipe peut fusionner avec une autre pour garantir un fonctionnement robuste et équilibré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans chaque équipe Buurtzorg, &#039;&#039;&#039;plusieurs rôles tournants&#039;&#039;&#039; existent :&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;FloatingTable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ &#039;&#039;&#039;Les effectifs du groupe Buurtzorg&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Nombre d’infirmiers et infirmières&#039;&#039;&#039; ||  15 000 (2022)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Nombre d’équipes&#039;&#039;&#039; || ~900 équipes auto-gérées&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Nombre de patients&#039;&#039;&#039; || 65 000+ patients (2014).&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Personnel administratif (backoffice)&#039;&#039;&#039; ||  ~50 personnes&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Accompagnement&#039;&#039;&#039; || 15-21 coachs régionaux&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Part de marché&#039;&#039;&#039; || 15% - 20% du marché des soins à domicile aux Pays-Bas&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le responsable logistique&#039;&#039;&#039; : gère la logistique et l’intendance du bureau, la maintenance, et veille au bon fonctionnement matériel&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le rapporteur&#039;&#039;&#039; : surveille les heures passées par l&#039;équipe sur les contrats et arrangements avec Buurtzorg, ainsi que la productivité&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le développeur&#039;&#039;&#039; : partage les connaissances, fait de la veille documentaire et facilite la communication interne/externe&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le planificateur&#039;&#039;&#039; : élabore le planning des soins, gère la planification en fonction des besoins patients et des ressources humaines&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le facilitateur :&#039;&#039;&#039; favorise la cohésion d’équipe et l’ambiance de travail&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le mentor&#039;&#039;&#039; : accueille, forme et accompagne les nouveaux membres, veille au développement des compétences et à la résolution de conflits&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de ces rôles tournants, &#039;&#039;&#039;tous les membres sans exception s’impliquent dans le soin direct et accompagnent quotidiennement les patients&#039;&#039;&#039;. Cela renforce l’auto-gestion, la polyvalence et la solidarité à l’intérieur de chaque équipe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les coachs n’interviennent qu’en soutien des équipes autonomes, que ce soit à la demande, en cas de difficultés persistante dans une équipe ou pour accompagner la croissance collective. Jamais ils n’imposent des directives, encadrent ou contrôlent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le back-office central compte une cinquantaine de personnes&#039;&#039;&#039; dont le rôle consiste à fournir les moyens nécessaires pour que les infirmières puissent se concentrer sur le soin. Ces équipes support renforcent l&#039;indépendance des équipes terrain tout en les sensibilisant aux réglementations à respecter. Elles n&#039;imposent rien et laissent aux professionnels la liberté d&#039;explorer les meilleures options par eux-mêmes. Le back-office assure les fonctions classiques d&#039;administration, de comptabilité, de finance, de ressources humaines et de juridique. L&#039;équipe administrative gère la facturation et les aspects contractuels, tandis que la finance s&#039;occupe des salaires, des remboursements de frais, des loyers de bureaux et des achats d&#039;équipements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une seule équipe projet formelle existe au siège : &#039;&#039;&#039;six personnes, mi-infirmières mi-chargées de projet&#039;&#039;&#039;, travaillent sur l&#039;amélioration continue, l&#039;innovation et la collaboration entre équipes. Elles peuvent par exemple étudier comment chaque équipe pourrait gagner trois points de productivité. Tous les autres sujets s&#039;organisent de manière ad-hoc et organique, sans structure formelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La direction, réduite à deux personnes, [https://thinkers50.com/biographies/jos-de-blok/ Jos de Blok] et Gonnie Kronenberg, n&#039;impose aucune décision ni management intermédiaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le rôle des directeurs ==&lt;br /&gt;
[https://thinkers50.com/biographies/jos-de-blok/ Jos de Blok], fondateur et directeur de Buurtzorg, concentre ses tâches sur &#039;&#039;&#039;l’animation du projet collectif et la préservation de la philosophie d’autonomie du réseau&#039;&#039;&#039;. Il veille personnellement aux &#039;&#039;&#039;relations avec les parties prenantes externes&#039;&#039;&#039; : discussions avec les régulateurs, assureurs, médias et partenaires publics. Jos joue aussi un rôle clé dans le &#039;&#039;&#039;partage de la vision auprès des équipes terrain&#039;&#039;&#039;, encourageant la circulation des idées novatrices sans jamais imposer de directives descendantes. Il s’implique ponctuellement dans la résolution de crises, l’expérimentation de nouveaux modèles d’organisation ou de pratiques de soin, et arbitre lorsque le modèle Buurtzorg risque d’être compromis par des contraintes extérieures. Enfin, il porte haut la voix de Buurtzorg dans les &#039;&#039;&#039;débats nationaux sur la santé&#039;&#039;&#039;, avec une position souvent militante sur l’humanisation du travail infirmier et la lutte contre la bureaucratie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rapidement après la fondation de Buurtzorg, [https://www.linkedin.com/in/ard-leferink-25a7215 Ard Leferink] s&#039;est consacré au développement du &#039;&#039;&#039;système informatique [https://www.buurtzorg.com/innovation/buurtzorg-web/ BuurtzorgWeb]&#039;&#039;&#039; qui permet aux équipes infirmières d’organiser, suivre et coordonner les soins de manière autonome. Il a alors quitté Buurtzorg pour cofonder [https://ecare.nl/ Ecare], l’entreprise indépendante qui gère et développe ce système informatique ainsi que d’autres solutions informatiques, Buurtzorg restant le principal client d’[https://ecare.nl/ Ecare]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[https://www.linkedin.com/in/gonnie-kronenberg-36a0218a Gonnie Kronenberg] quant à elle assure la &#039;&#039;&#039;gestion du back office et l’appui administratif stratégique&#039;&#039;&#039; chez Buurtzorg. Son rôle consiste à simplifier les procédures internes et à rendre l’organisation la plus accessible possible pour les équipes de terrain, notamment en matière de gestion des salaires, des contrats, de la logistique, et du support informatique. Elle veille à ce que les outils, comme [https://www.buurtzorg.com/innovation/buurtzorg-web/ BuurtzorgWeb], restent fonctionnels, intuitifs et adaptés aux besoins réels des infirmières. Gonnie s’occupe également de coordonner la mutualisation des bonnes pratiques et d’assurer que l’infrastructure centrale reste au service de l’autonomie des équipes, tout en maintenant l’ouverture et la simplicité qui caractérisent l’organisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Carte équipe buurtzorg.png|alt=Carte indiquant la répartition des équipes Buurtzorg|vignette|Répartition des équipes Buurtzorg |500x500px]]&lt;br /&gt;
== Zéro managers, 20 coachs, 15000 infirmiers ==&lt;br /&gt;
Chez Buurtzorg, &#039;&#039;&#039;les coachs régionaux incarnent une fonction d’accompagnement&#039;&#039;&#039; radicalement différente du management classique. Figurant en nombre restreint, ils accompagnent chacun plusieurs dizaines d’équipes d’infirmiers et infirmières, &#039;&#039;&#039;sans exercer aucun pouvoir hiérarchique ou de contrôle&#039;&#039;&#039;. Leur mission, assurée uniquement à la demande de chaque équipe ou en cas de difficulté particulière, consiste à faciliter le dialogue, résoudre les tensions et promouvoir le partage d’expérience entre professionnels. Les équipes restent libres d’accepter ou de refuser leur intervention, garantissant ainsi le caractère volontaire et non intrusif de leur démarche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La majorité des coachs provient du terrain infirmier&#039;&#039;&#039;, renforçant leur compréhension et leur légitimité auprès des équipes. Ils veillent au respect des principes clés du modèle Buurtzorg : autonomie, consensus décisionnel et rotation des rôles, tout en excluant toute forme de sanction ou de contrôle systématique. Leur accès aux indicateurs de performance via la plateforme [https://www.buurtzorg.com/innovation/buurtzorg-web/ BuurtzorgWeb] a une vocation exclusivement de soutien, jamais d’évaluation punitive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, les coachs se réunissent régulièrement au niveau régional pour mutualiser leurs expériences et remonter les enjeux majeurs à la direction. Leur présence s’intensifie auprès des équipes en difficulté, et leur &#039;&#039;&#039;posture – fondée sur la confiance et le respect de l’autonomie&#039;&#039;&#039; – structure durablement la culture Buurtzorg, conciliant cohérence du modèle et liberté d’action des soignants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des outils au service du collectif ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Chaque équipe assume l’intégralité des processus nécessaires&#039;&#039;&#039; : recrutement de patients, organisation et planification des soins, gestion budgétaire, commandes de matériel, reporting et création d’initiatives ad hoc lors d’événements exceptionnels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’outil central, [https://www.buurtzorg.com/innovation/buurtzorg-web/ BuurtzorgWeb]&#039;&#039;&#039;, conçu par [https://ecare.nl/ Ecare], fondée et codirigée par [https://www.linkedin.com/in/ard-leferink-25a7215 Ard Leferink] et [https://nl.linkedin.com/in/geert-quint Geert Quint], &#039;&#039;&#039;en coopération avec les infirmières et selon les besoins exprimés par les équipes&#039;&#039;&#039;, apporte une souplesse technologique adaptée au modèle collaboratif. Le système open source et américain [https://www.omahasystem.org/ Omaha], consacré à la classification et la standardisation des évaluations cliniques et des plans de soins, a été intégré à [https://www.buurtzorg.com/innovation/buurtzorg-web/ BuurtzorgWeb] pour structurer les évaluations cliniques, garantissant ainsi la qualité et l’efficience des décisions prises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les budgets sont attribués directement à chaque équipe locale, qui décide de leur usage pour répondre aux besoins de ses patients sans supervision hiérarchique centralisée. Cette gestion décentralisée permet aux infirmiers d’adapter rapidement les ressources, de privilégier le bon sens et la proximité, mais aussi d’expérimenter des solutions en fonction du contexte propre à chaque quartier. &#039;&#039;&#039;Les équipes choisissent elles-mêmes les fournisseurs, les équipements et l’aménagement des bureaux, tout en respectant des standards généraux et des contraintes légales&#039;&#039;&#039;. Ce mode de fonctionnement assure souplesse et réactivité, car il laisse aux professionnels la liberté d’agir là où ils sont le mieux informés des situations réelles et des urgences locales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ressources humaines ==&lt;br /&gt;
Le recrutement et la formation chez Buurtzorg reposent sur l&#039;&#039;&#039;&#039;autonomie des équipes locales, qui assurent elles-mêmes l&#039;intégration des nouveaux membres&#039;&#039;&#039;. Quand une équipe souhaite recruter, elle définit ses besoins, mène des entretiens et sélectionne la personne qui correspond à la culture d&#039;auto-gestion valorisée par l&#039;organisation. Les profils recherchés sont ceux d&#039;infirmiers et infirmières certifiés, motivés par la prise d&#039;initiative et capables de fonctionner sans supervision hiérarchique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais Buurtzorg ne se contente pas de recruter des soignants dans des équipes existantes. L&#039;organisation accueille aussi ceux qui veulent &#039;&#039;&#039;créer leur équipe de toutes pièces&#039;&#039;&#039;. Une démarche qui ressemble davantage à la création d&#039;une micro-entreprise qu&#039;à une embauche classique. Les infirmières intéressées doivent expliquer ce qu&#039;elles peuvent apporter à Buurtzorg et ce dont elles ont besoin. Elles réalisent une évaluation réaliste des opportunités dans leur zone géographique, s&#039;assurent de maîtriser le cadre réglementaire, et présentent un plan solide pour améliorer la qualité des soins localement. Buurtzorg attend donc que des entrepreneurs, quatre infirmières convaincues qu&#039;il serait judicieux de monter une équipe dans un territoire non encore couvert, se manifestent. Après un ou deux jours d&#039;intégration animés par un coach, la nouvelle équipe se connecte au système informatique de Buurtzorg et peut démarrer. L&#039;onboarding couvre la prise en main des outils IT, le fonctionnement de l&#039;organisation, ainsi que les méthodes de prise de décision, de gestion des conflits, de réunion et de dynamique d&#039;équipe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fois intégrés, qu&#039;ils rejoignent une équipe existante ou qu&#039;ils en créent une, les nouveaux membres bénéficient d&#039;un &#039;&#039;&#039;processus d&#039;intégration informel&#039;&#039;&#039;, basé sur la transmission de savoir-faire entre pairs : observation, accompagnement sur le terrain, apprentissage « sur le tas », et rotation régulière des rôles au sein de l&#039;équipe (planification, mentorat, gestion administrative…). Les réunions d&#039;équipe, les échanges sur BuurtzorgWeb et le tutorat interne multiplient les occasions de montée en compétences, tout comme les conférences régionales et les projets collaboratifs proposés sur la plateforme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation continue est entièrement pilotée par les besoins des équipes : chaque groupe décide des thématiques et modalités d&#039;apprentissage utiles, en sollicitant au besoin l&#039;appui du coach régional ou du réseau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Vie quotidienne : la proximité réinventée ==&lt;br /&gt;
Le terrain demeure l’espace de liberté principal : chaque infirmier adapte ses horaires, organise ses interventions et entretient une relation de proximité avec les patients, leurs familles et réseaux locaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les &#039;&#039;&#039;réunions bi-mensuelles&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;et les échanges informels&#039;&#039;&#039; rythment la semaine. Le bureau devient un lieu de travail et de socialisation, où le collectif se nourrit d’expériences partagées, d’humour et de soutien.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Team Buurtzorg.jpg|alt=Une équipe Buurtzorg|vignette|Une équipe Buurtzorg]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’autonomie permet à chacun de retrouver le plaisir de la profession, dépassant le simple cadre technique du soin. Ce témoignage en est l’illustration parfaite : &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Chaque matin, je commence ma tournée avec la certitude de pouvoir adapter la prise en charge selon la situation du patient ou les imprévus. Personne ne m’impose des procédures rigides, on en discute ensemble ; chez Buurtzorg, le collectif l’emporte sur la chaîne de commandement&#039;&#039;.&#039;&#039;&#039; »&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le modèle de l’oignon : une approche holistique du soin ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Buurtzorg onion model.png|alt=Le Modèle en Onion de Buurtzorg|vignette|400x400px|Le Modèle en Onion de Buurtzorg]]&lt;br /&gt;
Le modèle de l’oignon, développé par Buurtzorg, redéfinit la façon de penser et de &#039;&#039;&#039;pratiquer les soins à domicile en&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;plaçant le patient au centre d’un réseau de soutien personnalisé&#039;&#039;&#039;. Au cœur du « modèle de l’oignon » se trouve le patient, dont le bien-être n’est pas considéré seulement sous l’angle médical, mais aussi social, psychologique et relationnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier cercle autour du patient rassemble &#039;&#039;&#039;les proches, amis et voisins&#039;&#039;&#039;, acteurs essentiels pour maintenir l’autonomie et la qualité de vie du malade. Cette prise en compte de l’environnement familial et social favorise un maintien à domicile dans de bonnes conditions, en valorisant les solidarités locales et intergénérationnelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le cercle suivant est constitué par l’équipe Buurtzorg elle-même : &#039;&#039;&#039;des infirmières autonomes, qui adaptent leurs interventions selon les besoins réels&#039;&#039;&#039;, et construisent avec le patient et son entourage un projet de soins personnalisé. L’équipe se charge aussi de l’organisation pratique, du suivi administratif et de l’orientation vers les bons interlocuteurs, tout en respectant le rythme et les souhaits de chacun. L’absence de hiérarchie et la liberté de décision permettent d’inventer des solutions sur-mesure, loin des protocoles rigides des autres organismes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, le cercle externe réunit &#039;&#039;&#039;les acteurs médicaux et sociaux plus spécialisés&#039;&#039;&#039; : médecins généralistes, hôpitaux, pharmacies, services sociaux, qui interviennent en fonction des besoins identifiés par le patient, ses proches et l’équipe Buurtzorg. Ce modèle exige une grande capacité de coordination et de communication, mais il rend possible une approche globale : chaque décision est discutée collectivement, en privilégiant l’écoute des préférences du patient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Diffusion et adaptation internationale : quand l’autonomie défie la culture ==&lt;br /&gt;
Au-delà des frontières, &#039;&#039;&#039;le modèle inspire plus de 24 pays&#039;&#039;&#039;, du Brésil à la Suède, en passant par la France, la Chine et l’Australie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourtant, la greffe n’est pas automatique : la réussite dépend souvent de la capacité à transformer les mentalités, à sortir des logiques hiérarchiques et à respecter la diversité des contextes. &#039;&#039;&#039;Chaque pays adapte le modèle selon la culture locale, la réglementation et le contexte sanitaire&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De nombreuses tentatives voient le jour dans des secteurs variés (aide à domicile, santé mentale, maternité), mais se heurtent parfois à des résistances institutionnelles ou à la difficulté de transposer l’autogestion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’exemple français, avec &#039;&#039;&#039;[https://www.soignonshumain.com/ Soignons Humains] ou 3BGA&#039;&#039;&#039;, illustre ces enjeux. Ces organisations &#039;&#039;&#039;ont réussi à prouver la faisabilité d’un modèle d’organisation plus souple et plus humain&#039;&#039;&#039;, attirant de jeunes professionnels en quête de sens et de meilleures conditions de travail. Elles servent en quelque sorte de laboratoires pour expérimenter et ajuster l’approche Buurtzorg au contexte français, avec des résultats jugés prometteurs, mais encore en phase d’expansion limitée, car souvent freinée par les contraintes spécifiques du système de santé français, les réglementations locales et la difficulté à changer la culture professionnelle fortement hiérarchisée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Limites et critiques : tensions, inertie et contexte ==&lt;br /&gt;
Le modèle Buurtzorg, souvent salué pour son efficacité et son humanité, n’est toutefois pas exempt de limites. L’auto-gestion représente un défi de taille pour de nouveaux &#039;&#039;&#039;professionnels peu préparés à prendre collectivement des décisions et à assumer une large autonomie&#039;&#039;&#039;. Certains soignants, attachés à un pilotage hiérarchique classique, rencontrent des difficultés à s’investir pleinement dans le fonctionnement horizontal des équipes et dans la gestion partagée des responsabilités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La résolution des &#039;&#039;&#039;conflits internes ou la prise en charge des problèmes de performance&#039;&#039;&#039; s’avèrent plus complexes dans un système sans supérieur hiérarchique. Il revient aux membres eux-mêmes, parfois démunis ou réticents, de trouver des solutions, ce qui ralentit l’action et fragilise l’équilibre collectif. Par ailleurs, lors de crises majeures comme la pandémie de Covid-19, le manque de procédures formalisées et la collaboration principalement basée sur la confiance ont rendu la coordination parfois inégale ou trop informelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces enjeux s’ajoute la question du &#039;&#039;&#039;recrutement&#039;&#039;&#039; : la croissance rapide de Buurtzorg et la pénurie nationale de soignants mettent à l’épreuve la capacité du réseau à transmettre sa culture et à attirer des profils compatibles avec l’auto-gestion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, l’internationalisation du modèle se confronte à la résistance de contextes organisationnels marqués par la verticalité et la centralisation, ce qui freine son adaptation à grande échelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Témoignages et voix du terrain ==&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Marja Feenstra, témoigne sur le système de soin qu&#039;elle a quitté pour rejoindre Buurtzorg&amp;lt;ref name=&amp;quot;:0&amp;quot;&amp;gt;De Blok and Pool, 2010&amp;lt;/ref&amp;gt; :   &amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;quot;Au cours des deux dernières années, j&#039;ai été responsable de plus de 80 patients que je n&#039;ai jamais visités. Mon poste d&#039;infirmière de quartier avait été supprimé et on attendait de moi que je trouve des solutions pour les itinéraires pour lesquels aucun personnel n&#039;était disponible. La planification était effectuée ailleurs par quelqu&#039;un qui ne connaissait pas les patients. Cela tournait si souvent mal qu&#039;à un certain moment, je ne pouvais plus expliquer aux patients pourquoi personne n&#039;était disponible, ou seulement à un moment autre que celui qui avait été convenu. J&#039;ai eu 14 responsables en sept ans et j&#039;en avais assez de cela aussi. L&#039;organisation était devenue trop grande et trop vague, et personne ne se sentait responsable de nos soins. Il y avait des plaintes et des problèmes entre collègues tous les jours.&amp;quot;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Ellis Heijblom parle du système de soin néerlandais et pourquoi elle l&#039;a quitté pour rejoindre Buurtzorg&amp;lt;ref name=&amp;quot;:0&amp;quot; /&amp;gt;&amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;«J&#039;avais quitté l&#039;organisme de soins à domicile parce que je ne faisais que combler les lacunes dans la planification des soins aux clients. J&#039;ai accepté ce poste dans l&#039;intention d&#039;offrir des soins de santé de qualité, mais je n&#039;ai pas pu atteindre cet objectif car trop de personnes étaient impliquées dans la pratique quotidienne. En raison du nouveau système de planification qui avait été mis en place, je n&#039;ai découvert que le lendemain matin qu&#039;une personne n&#039;avait reçu aucun soin pendant la nuit. Le pire, c&#039;est que cette personne ne pouvait pas appeler et avait donc été contrainte de rester assise sur une chaise toute la nuit. J&#039;ai trouvé cela indigne. »&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
Jennifer Bergkamp, infirmière Buurtzorg à Aalsmeer, confie : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« &#039;&#039;&#039;J’ai enfin retrouvé la liberté d’exercer mon métier comme je l’entends, en équipe et pour le patient&#039;&#039;&#039; »&#039;&#039;.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;Sophie van Veenen évoque son attachement au modèle Buurtzorg : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« &#039;&#039;&#039;J’ai découvert une forme d’autonomie professionnelle qui donne envie de rester dans le secteur&#039;&#039;&#039; »&#039;&#039;.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;Les familles de patients parlent de &#039;&#039;&#039;soulagement&#039;&#039;&#039;, d’une &#039;&#039;&#039;relation apaisée&#039;&#039;&#039; et d’un &#039;&#039;&#039;quotidien transformé&#039;&#039;&#039;. Les coachs témoignent de la créativité collective et de l’énergie du groupe, « &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;loin d’une simple absence de hiérarchie, mais dans la co-responsabilité&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Perspectives ==&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études_de_cas]]&lt;br /&gt;
Buurtzorg interroge nos certitudes organisationnelles : l’autonomie, loin d’être un luxe, devient une &#039;&#039;&#039;source d’innovation sociale et médicale&#039;&#039;&#039;. En exposant ses forces et ses fragilités, le modèle dessine aussi l’horizon d’une société où le soin, la responsabilité et l’intelligence collective peuvent réinventer le quotidien, bien au-delà des seuls chiffres de performance&amp;lt;ref&amp;gt;Cabinet d&#039;audit, de conseil et d&#039;expertise comptable KPMG, « [[:Fichier:KPMG Buurzorg Case.pdf|The Added Value of Buurtzorg Relative to Other Providers of Home Care: A Quantitative Analysis of Home Care in the Netherlands in 2013]] », Ethan Bernstein, Tatiana Sandino, Joost Minnaar et Annelena Lobb, janvier 2015&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Corporate Rebels, “How Buurtzorg Works”, Corporate Rebels Academy, 2025, https://community.corporate-rebels.com/sign_in&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
== A propos de l&#039;auteur ==&lt;br /&gt;
{{Auto Organisation:À propos de Alioune}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Questions fréquentes ==&lt;br /&gt;
{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment fonctionne une organisation sans managers intermédiaires ?&lt;br /&gt;
| contenu = Chez Buurtzorg, l&#039;absence de managers intermédiaires repose sur l&#039;autonomie des équipes d&#039;infirmières. Plus de 10 000 infirmières travaillent en équipes de 12 personnes maximum, qui prennent elles-mêmes toutes les décisions liées aux soins et à leur gestion quotidienne. Le back-office de seulement 50 personnes fournit un support administratif, tandis qu&#039;une vingtaine de coaches aident les équipes sur demande sans imposer de solutions. Les deux directeurs, Jos de Blok et Gonnie Kronenberg, se concentrent sur la vision stratégique et les relations externes. Le système informatique BuurtzorgWeb permet la communication entre équipes et le partage d&#039;informations sans contrôle hiérarchique. Cette structure plate fonctionne parce que les infirmières sont qualifiées, responsables et motivées par leur mission de soins.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Qui prend les décisions au quotidien dans les équipes Buurtzorg ?&lt;br /&gt;
| contenu = Les équipes d&#039;infirmières prennent toutes les décisions opérationnelles de manière collective et consensuelle. Chaque équipe décide de son planning, recrute ses propres membres, choisit ses patients, organise son bureau, et gère son budget mensuel. Les décisions sont prises lors des réunions hebdomadaires où tous les membres discutent des problèmes et trouvent des solutions ensemble. Chaque infirmière assume également un rôle administratif (planificateur, responsable des ressources humaines, développeur, mentor, etc.) qui tourne régulièrement entre les membres. Pour les soins individuels, l&#039;infirmière responsable d&#039;un patient décide des interventions nécessaires en toute autonomie, sans attendre l&#039;approbation d&#039;un supérieur. L&#039;équipe peut solliciter un coach ou le back-office en cas de besoin, mais la décision finale revient toujours à l&#039;équipe elle-même.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment les infirmières peuvent-elles gérer à la fois les soins aux patients et les tâches administratives ?&lt;br /&gt;
| contenu = Buurtzorg a volontairement simplifié au maximum les tâches administratives pour permettre aux infirmières de se concentrer sur les soins. Le système informatique BuurtzorgWeb réduit considérablement la paperasse en permettant aux infirmières de saisir directement les informations sur les patients, de consulter les dossiers et de communiquer avec leurs collègues de manière électronique. Les formulaires standardisés de l&#039;industrie ont été simplifiés. Chaque membre de l&#039;équipe assume un rôle administratif spécifique (planification, reporting, coordination), ce qui répartit la charge de travail. Le back-office gère les tâches lourdes comme la facturation, la paie et les contrats. Cette organisation permet aux infirmières de consacrer 60-62% de leur temps aux soins directs, contre 70% ailleurs, tout en obtenant de meilleurs résultats pour les patients.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment recrute-t-on de nouveaux membres sans département des ressources humaines traditionnel ?&lt;br /&gt;
| contenu = Chaque équipe recrute ses propres membres de manière autonome. Lorsqu&#039;une équipe a besoin d&#039;une nouvelle infirmière, elle identifie elle-même les candidats potentiels, souvent dans le quartier où elle opère. L&#039;équipe mène les entretiens, évalue les compétences et la compatibilité du candidat avec l&#039;esprit d&#039;auto-organisation, puis décide collectivement qui embaucher. Les membres recherchent des personnes capables de travailler de façon autonome, de prendre des initiatives et de collaborer efficacement. Une fois la décision prise, l&#039;équipe informe simplement le back-office qui s&#039;occupe des aspects administratifs (contrat, accès informatique, etc.). Les nouveaux membres suivent une période d&#039;intégration où ils accompagnent leurs collègues dans leurs visites avant de travailler de manière indépendante. Ce processus assure que les recrues correspondent vraiment aux besoins et à la culture de l&#039;équipe.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Qui fixe les salaires et comment sont-ils déterminés sans hiérarchie ?&lt;br /&gt;
| contenu = Les salaires chez Buurtzorg sont déterminés par des accords de négociation collective (convention collective) basés sur le niveau de qualification des infirmières. Buurtzorg paie généreusement : chaque infirmière reçoit un salaire correspondant à un niveau de certification supérieur au sien. Par exemple, une infirmière de niveau 3 est payée au tarif du niveau 4. Les augmentations sont automatiques et basées sur l&#039;ancienneté dans l&#039;organisation. Ce système égalitaire signifie que toutes les infirmières du même niveau de formation gagnent le même salaire, indépendamment de leur performance individuelle. Un bonus annuel collectif peut être distribué à l&#039;ensemble du personnel si l&#039;organisation atteint ses objectifs de rentabilité globale, représentant généralement environ un demi-mois de salaire. Cette approche reflète la philosophie de Buurtzorg selon laquelle toutes les voix comptent également.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment mesure-t-on la performance des équipes sans supervision directe ?&lt;br /&gt;
| contenu = La performance des équipes est mesurée par quelques indicateurs clés accessibles sur BuurtzorgWeb. Le principal est le taux de productivité : chaque équipe doit consacrer au moins 60-62% de son temps aux soins directs aux patients, ce qui est le seuil minimum de rentabilité. Les équipes suivent également leur efficacité (heures par client), le nombre de clients, la satisfaction des patients et des employés, et le climat d&#039;équipe. Ces données sont transparentes et permettent aux équipes de se comparer à la moyenne nationale. Contrairement aux organisations hiérarchiques, ces indicateurs servent d&#039;auto-évaluation plutôt que de contrôle externe. Les équipes sont responsables de leur propre performance et font appel aux coaches si elles constatent des problèmes. Le système repose sur la confiance : les équipes sont considérées comme des professionnelles capables de s&#039;autoréguler.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Qu&#039;est-ce qui empêche le chaos dans une organisation aussi décentralisée ?&lt;br /&gt;
| contenu = Plusieurs mécanismes structurent l&#039;organisation et préviennent le chaos. D&#039;abord, un cadre clair définit les principes fondamentaux : équipes de maximum 12 personnes, objectif de productivité de 60-62%, sept rôles administratifs par équipe, et utilisation obligatoire de BuurtzorgWeb. Ensuite, toutes les équipes travaillent selon les mêmes processus : réunions hebdomadaires orientées solutions, décisions par consensus, rotation des rôles. Le système informatique unifie les pratiques et facilite la communication entre équipes. Les coaches veillent à ce que les équipes respectent ce cadre sans pour autant les contrôler. La formation initiale et continue transmet la culture et les méthodes Buurtzorg. Enfin, le modèle de l&#039;oignon guide les soins centrés sur l&#039;autonomie du patient. Ces structures légères mais cohérentes créent suffisamment d&#039;ordre tout en préservant l&#039;autonomie des équipes.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment les meilleures pratiques se diffusent-elles entre les équipes autonomes ?&lt;br /&gt;
| contenu = Plusieurs mécanismes structurent l&#039;organisation et préviennent le chaos. D&#039;abord, un cadre clair définit les principes fondamentaux : équipes de maximum 12 personnes, objectif de productivité de 60-62%, sept rôles administratifs par équipe, et utilisation obligatoire de BuurtzorgWeb. Ensuite, toutes les équipes travaillent selon les mêmes processus : réunions hebdomadaires orientées solutions, décisions par consensus, rotation des rôles. Le système informatique unifie les pratiques et facilite la communication entre équipes. Les coaches veillent à ce que les équipes respectent ce cadre sans pour autant les contrôler. La formation initiale et continue transmet la culture et les méthodes Buurtzorg. Enfin, le modèle de l&#039;oignon guide les soins centrés sur l&#039;autonomie du patient. Ces structures légères mais cohérentes créent suffisamment d&#039;ordre tout en préservant l&#039;autonomie des équipes.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment les meilleures pratiques se diffusent-elles entre les équipes autonomes ?&lt;br /&gt;
| contenu = Les meilleures pratiques se diffusent principalement de manière informelle et volontaire. BuurtzorgWeb comprend des forums de discussion où les infirmières partagent leurs expériences, posent des questions et proposent des solutions. Le back-office crée une section &amp;quot;thèmes&amp;quot; avec des politiques et pratiques recommandées, mais les équipes décident librement de les adopter. Les coaches mettent en relation des équipes confrontées à des problèmes similaires pour favoriser l&#039;apprentissage mutuel. Des conférences régionales et le festival annuel Buurtzorg permettent aux infirmières de se rencontrer et d&#039;échanger. Durant la pandémie, une équipe de crise a créé des &amp;quot;chemins de soins&amp;quot; (care paths) - des guides concis sur différentes pathologies - qui ont été largement consultés. Des projets pilotes testent des innovations comme les clubs de vitalité. Cette diffusion organique respecte l&#039;autonomie des équipes tout en favorisant l&#039;apprentissage collectif.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment une petite équipe de 50 personnes au back-office peut-elle soutenir plus de 10 000 infirmières ?&lt;br /&gt;
| contenu = L&#039;efficacité du back-office repose sur la simplification radicale et l&#039;autonomie des équipes. Le système informatique BuurtzorgWeb automatise de nombreuses tâches : saisie des données patients, planification, communication, reporting. Les 50 personnes du back-office se concentrent sur les tâches administratives complexes nécessitant une expertise spécialisée : facturation, comptabilité, paie, contrats de location, questions juridiques et IT. Contrairement aux organisations traditionnelles, ce back-office ne gère pas, ne contrôle pas et ne coordonne pas les équipes au quotidien. Son rôle est de fournir un service aux équipes pour qu&#039;elles puissent se concentrer sur les soins. Comme toutes les équipes fonctionnent de la même manière avec les mêmes processus standardisés, la complexité est réduite. Les équipes gèrent elles-mêmes leur recrutement, planning, et décisions opérationnelles, éliminant le besoin d&#039;une administration pléthorique.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Pourquoi limiter la taille des équipes à 12 personnes maximum ?&lt;br /&gt;
| contenu = La limite de 12 personnes répond à plusieurs objectifs fondamentaux du modèle Buurtzorg. D&#039;abord, les petites équipes facilitent la communication directe et réduisent les besoins de coordination formelle. Chaque membre connaît bien ses collègues et peut facilement échanger avec eux. Ensuite, cette taille permet de maintenir la confiance et la confidentialité avec les patients : seulement 3-4 infirmières s&#039;occupent généralement d&#039;un même patient, qui peut ainsi créer de vraies relations avec ses soignants. Les petites équipes favorisent également la prise de décision collective et consensuelle lors des réunions hebdomadaires. Elles permettent à chacun de prendre des responsabilités administratives en plus des soins. Enfin, cette limite évite la bureaucratisation : au-delà de 12, les équipes se scindent naturellement en deux, chacune opérant dans son propre quartier. Cette règle simple assure que l&#039;organisation reste agile malgré sa croissance.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment garantit-on la qualité des soins sans contrôle hiérarchique strict ?&lt;br /&gt;
| contenu = La qualité des soins repose sur plusieurs mécanismes sans hiérarchie. Les infirmières de Buurtzorg sont hautement qualifiées (niveau 3 minimum) et motivées intrinsèquement par leur vocation de soigner. Elles utilisent le &amp;quot;modèle de l&#039;oignon&amp;quot; qui place le patient au centre et vise son autonomie maximale. Le système Omaha standardise la documentation des besoins, traitements et résultats des patients, permettant de suivre la qualité des soins. La satisfaction des patients est mesurée régulièrement et atteint plus de 9/10, soit 30% de plus que les organisations comparables. Les équipes pratiquent la supervision par les pairs et discutent des cas lors des réunions hebdomadaires. Les résultats parlent : les durées de soins nécessaires sont réduites de moitié, les hospitalisations diminuent d&#039;un tiers. La qualité émerge de la responsabilité professionnelle, de l&#039;apprentissage collectif et de la relation de confiance avec les patients plutôt que du contrôle externe.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Que se passe-t-il si une équipe ne respecte pas les objectifs de productivité ?&lt;br /&gt;
| contenu = Lorsqu&#039;une équipe n&#039;atteint pas l&#039;objectif de productivité de 60-62%, elle appelle généralement elle-même un coach pour obtenir de l&#039;aide. En moyenne, chaque coach assiste environ trois équipes en difficulté. Le coach et le back-office travaillent patiemment avec l&#039;équipe pour identifier les causes et trouver des solutions, en reconnaissant que certaines situations justifient une productivité temporairement plus faible (nouvelle équipe en démarrage, projets d&#039;innovation). L&#039;approche est de soutien et non punitive. Si les problèmes persistent sur le long terme, l&#039;équipe se dissout souvent d&#039;elle-même lorsque les membres réalisent qu&#039;ils ne peuvent pas fonctionner ensemble. Dans de rares cas, après environ un an de sous-performance structurelle, les directeurs peuvent décider de dissoudre l&#039;équipe. Cette approche patiente reflète la confiance de Buurtzorg envers ses professionnels et privilégie l&#039;amélioration continue plutôt que la sanction.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Buurtzorg&amp;diff=395</id>
		<title>Buurtzorg</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://auto-org.fr/index.php?title=Buurtzorg&amp;diff=395"/>
		<updated>2026-01-22T10:10:17Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : Ajouté des précisions sur la taille de la première équipe buurtzorg&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Infobox Entreprise|Nom=Buurtzorg|Image=Fichier:Logo_BUURTZORG.jpg|Création=2006|Fondateurs=[https://thinkers50.com/biographies/jos-de-blok/ Jos De Blok], [https://www.linkedin.com/in/gonnie-kronenberg-36a0218a Gonnie Kronenberg ], [https://www.linkedin.com/in/ard-leferink-25a7215 Ard Leferink]|Forme juridique=[https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisme_sans_but_lucratif Organisme à but non lucratif]|Siège social=[https://fr.wikipedia.org/wiki/Almelo Almelo]|Activité=Santé|Produits=Soins à domicile|Effectif=15,000 (en 2024)|Site web=https://buurtzorg.com|Fonds propres=Développements financés par les fonds propres|Dette=Pas de dette significative rapportée pour Buurtzorg Nederland|Chiffre d&#039;affaire=427 Millions € en 2019|Résultat net=5 Millions € en 2019}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un secteur où la multiplication des procédures a déshumanisé la relation patient et transformé le travail des soignants en actes minutés et standardisés, le groupe néerlandais Buurtzorg prouve qu&#039;autonomie et confiance peuvent susciter une révolution douce. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques données, en bref :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Fondation&#039;&#039;&#039; : 2006 par [https://thinkers50.com/biographies/jos-de-blok/ Jos De Blok], [https://www.linkedin.com/in/gonnie-kronenberg-36a0218a Gonnie Kroenberg], [https://www.linkedin.com/in/ard-leferink-25a7215 Ard Leferink]&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Effectif&#039;&#039;&#039; : 15 000 employés (en 2024)&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Chiffre d&#039;affaires&#039;&#039;&#039; : 427 Million d&#039;euros en 2019&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Structure&#039;&#039;&#039; : Organisation plate, équipes auto‑gérées et locales, pas de hiérarchie intermédiaire&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Recrutement&#039;&#039;&#039; : Organisé par chaque équipe en autonomie, pas de fonction RH&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Financement&#039;&#039;&#039; : Fonds propres&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Innovation&#039;&#039;&#039; : Système informatique développé spécifiquement pour les besoins des équipes infirmières (BuurtzorgWeb)&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Évaluation&#039;&#039;&#039; : Auto-évaluation collégiale quinzomadaire centrée sur la progression collective&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Philosophie&#039;&#039;&#039; : Confiance, autonomie, proximité, solidarité, dignité humaine&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pas le temps de lire ? Sautez aux [[Buurtzorg#Questions fréquentes|Questions fréquentes]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Genèse et idée fondatrice ==&lt;br /&gt;
Tout commence en 2006. [https://thinkers50.com/biographies/jos-de-blok Jos de Blok], qui est infirmier et manager, se sent frustré par la bureaucratie lourde et la mauvaise gestion observée dans les soins de santé à domicile des grands organismes néerlandais. En effet, dans les années 1990, &#039;&#039;&#039;le gouvernement néerlandais a créé le CNAC (Care Needs Assessment Centre), un organisme public&#039;&#039;&#039; ayant pour but d’analyser et de contrôler les besoins de chaque patient en matière de soins à domicile. Sa mission était d’imposer une gestion standardisée : il évaluait les besoins, déterminait le volume et la nature des interventions à réaliser et instaurait un encadrement administratif qui a introduit de multiples niveaux de contrôle et de bureaucratie dans le secteur des soins de proximité. Cette approche a eu pour effet de bureaucratiser l’activité, de focaliser l’organisation sur les tâches et les temps de soins plutôt que sur les besoins réels des patients, et d’instaurer une gestion fortement hiérarchisée du travail infirmier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En constatant &#039;&#039;&#039;la dégradation de la qualité des soins et et la démotivation des infirmiers en perte de sens&#039;&#039;&#039;, Jos de Blok décide de s’inspirer d’une mission de conseil menée dans le système de soins primaires en Ukraine. Là-bas, il accompagne des professionnels de santé dans la définition collective de leurs orientations et voit émerger les bénéfices d’une autogestion concertée, entre pairs, dans le secteur médical. De retour aux Pays-Bas, Jos transpose l’idée : &#039;&#039;&#039;réunir des infirmiers en petites équipes auto-gérées, capables de décider elles-mêmes des soins à apporter et de leur mode d’organisation&#039;&#039;&#039;. Il lance Buurtzorg avec [https://www.linkedin.com/in/gonnie-kronenberg-36a0218a Gonnie Kronenberg] et [https://www.linkedin.com/in/ard-leferink-25a7215 Ard Leferink] et 3 infirmières, finançant la première équipe sur ses fonds propres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rapidement, la presse et la télévision mettent en lumière ce « laboratoire social », attirant des centaines de professionnels qui souhaitent retrouver du sens dans leur travail. Le secteur du soin à domicile étant très fragmenté, avec de nombreux prestataires régionaux ou locaux, Buurtzorg est le seul acteur à rayonner au niveau national et à marquer les esprits par ses résultats en termes de satisfaction des patients et d&#039;efficacité organisationnelle. &#039;&#039;&#039;Ses performances sont remarquables&#039;&#039;&#039; avec des taux de satisfaction client supérieurs de 30% par rapport à la moyenne nationale. L’absentéisme, la rotation du personnel et les heures de soin cumulées nécessaires par patient sont nettement plus faibles qu’ailleurs. Son organisation autogérée, fondée sur de petites équipes locales, permet une grande efficacité opérationnelle et favorise l’autonomie des soignants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2010-2011, &#039;&#039;&#039;le gouvernement néerlandais décide de confier à Buurtzorg une expérience&#039;&#039;&#039; : &#039;&#039;&#039;&amp;lt;u&amp;gt;il lui accorde l’exemption temporaire des pratiques et du contrôle du CNAC&amp;lt;/u&amp;gt;&#039;&#039;&#039; afin de démontrer que son modèle d’évaluation et de gestion des besoins, fondé sur l’autonomie des équipes, pouvait être plus efficace que le système bureaucratique officiel. Grâce aux résultats très positifs de ce pilote, qui a prouvé l’efficacité et la simplicité du modèle Buurtzorg par rapport au CNAC, le gouvernement a décidé d’abandonner le CNAC et d’adopter une structure plus flexible juste après 2011, le [https://www.ciz.nl/ CIZ], pour l’évaluation des besoins en soins de longue durée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2022, l’ensemble du groupe Buurtzorg comptait plus de 15 000 salariés répartis dans environ 900 équipes, tout en maintenant une structure administrative très légère, avec seulement 50 salariés au siège et une équipe de 20 coaches répartis régionalement dans le pays. Ce modèle a contribué à des coûts maîtrisés et une forte attractivité pour les professionnels (pour plus d’information cf. [[Ressource:Etude de KPMG sur Buurtzorg (2014)|https://auto-org.fr/Ressource:Etude_de_KPMG_sur_Buurtzorg_(2014)]])&lt;br /&gt;
== Structure organisationnelle ==&lt;br /&gt;
Les quelques &#039;&#039;&#039;900 équipes d’infirmiers auto-gérées&#039;&#039;&#039; sont scindées quand leur effectif fluctue &#039;&#039;&#039;entre 7 et 12 membres&#039;&#039;&#039; pour maintenir une taille optimale qui favorise l’autonomie, la cohésion et une communication efficace. Au-delà de 12 membres, la coordination et la prise de décision collective deviennent plus difficiles, ce qui peut nuire à l’esprit d’auto-gestion. Lorsque le seuil est dépassé, l’équipe se divise pour que chaque groupe conserve cette dynamique de proximité et d’efficacité. En dessous de 7, une équipe peut fusionner avec une autre pour garantir un fonctionnement robuste et équilibré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans chaque équipe Buurtzorg, &#039;&#039;&#039;plusieurs rôles tournants&#039;&#039;&#039; existent :&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;FloatingTable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ &#039;&#039;&#039;Les effectifs du groupe Buurtzorg&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Nombre d’infirmiers et infirmières&#039;&#039;&#039; ||  15 000 (2022)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Nombre d’équipes&#039;&#039;&#039; || ~900 équipes auto-gérées&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Nombre de patients&#039;&#039;&#039; || 65 000+ patients (2014).&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Personnel administratif (backoffice)&#039;&#039;&#039; ||  ~50 personnes&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Accompagnement&#039;&#039;&#039; || 15-21 coachs régionaux&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;&#039;Part de marché&#039;&#039;&#039; || 15% - 20% du marché des soins à domicile aux Pays-Bas&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le responsable logistique&#039;&#039;&#039; : gère la logistique et l’intendance du bureau, la maintenance, et veille au bon fonctionnement matériel&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le rapporteur&#039;&#039;&#039; : surveille les heures passées par l&#039;équipe sur les contrats et arrangements avec Buurtzorg, ainsi que la productivité&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le développeur&#039;&#039;&#039; : partage les connaissances, fait de la veille documentaire et facilite la communication interne/externe&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le planificateur&#039;&#039;&#039; : élabore le planning des soins, gère la planification en fonction des besoins patients et des ressources humaines&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le facilitateur :&#039;&#039;&#039; favorise la cohésion d’équipe et l’ambiance de travail&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le mentor&#039;&#039;&#039; : accueille, forme et accompagne les nouveaux membres, veille au développement des compétences et à la résolution de conflits&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de ces rôles tournants, &#039;&#039;&#039;tous les membres sans exception s’impliquent dans le soin direct et accompagnent quotidiennement les patients&#039;&#039;&#039;. Cela renforce l’auto-gestion, la polyvalence et la solidarité à l’intérieur de chaque équipe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les coachs n’interviennent qu’en soutien des équipes autonomes, que ce soit à la demande, en cas de difficultés persistante dans une équipe ou pour accompagner la croissance collective. Jamais ils n’imposent des directives, encadrent ou contrôlent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le back-office central compte une cinquantaine de personnes&#039;&#039;&#039; dont le rôle consiste à fournir les moyens nécessaires pour que les infirmières puissent se concentrer sur le soin. Ces équipes support renforcent l&#039;indépendance des équipes terrain tout en les sensibilisant aux réglementations à respecter. Elles n&#039;imposent rien et laissent aux professionnels la liberté d&#039;explorer les meilleures options par eux-mêmes. Le back-office assure les fonctions classiques d&#039;administration, de comptabilité, de finance, de ressources humaines et de juridique. L&#039;équipe administrative gère la facturation et les aspects contractuels, tandis que la finance s&#039;occupe des salaires, des remboursements de frais, des loyers de bureaux et des achats d&#039;équipements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une seule équipe projet formelle existe au siège : &#039;&#039;&#039;six personnes, mi-infirmières mi-chargées de projet&#039;&#039;&#039;, travaillent sur l&#039;amélioration continue, l&#039;innovation et la collaboration entre équipes. Elles peuvent par exemple étudier comment chaque équipe pourrait gagner trois points de productivité. Tous les autres sujets s&#039;organisent de manière ad-hoc et organique, sans structure formelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La direction, réduite à deux personnes, [https://thinkers50.com/biographies/jos-de-blok/ Jos de Blok] et Gonnie Kronenberg, n&#039;impose aucune décision ni management intermédiaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le rôle des directeurs ==&lt;br /&gt;
[https://thinkers50.com/biographies/jos-de-blok/ Jos de Blok], fondateur et directeur de Buurtzorg, concentre ses tâches sur &#039;&#039;&#039;l’animation du projet collectif et la préservation de la philosophie d’autonomie du réseau&#039;&#039;&#039;. Il veille personnellement aux &#039;&#039;&#039;relations avec les parties prenantes externes&#039;&#039;&#039; : discussions avec les régulateurs, assureurs, médias et partenaires publics. Jos joue aussi un rôle clé dans le &#039;&#039;&#039;partage de la vision auprès des équipes terrain&#039;&#039;&#039;, encourageant la circulation des idées novatrices sans jamais imposer de directives descendantes. Il s’implique ponctuellement dans la résolution de crises, l’expérimentation de nouveaux modèles d’organisation ou de pratiques de soin, et arbitre lorsque le modèle Buurtzorg risque d’être compromis par des contraintes extérieures. Enfin, il porte haut la voix de Buurtzorg dans les &#039;&#039;&#039;débats nationaux sur la santé&#039;&#039;&#039;, avec une position souvent militante sur l’humanisation du travail infirmier et la lutte contre la bureaucratie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rapidement après la fondation de Buurtzorg, [https://www.linkedin.com/in/ard-leferink-25a7215 Ard Leferink] s&#039;est consacré au développement du &#039;&#039;&#039;système informatique [https://www.buurtzorg.com/innovation/buurtzorg-web/ BuurtzorgWeb]&#039;&#039;&#039; qui permet aux équipes infirmières d’organiser, suivre et coordonner les soins de manière autonome. Il a alors quitté Buurtzorg pour cofonder [https://ecare.nl/ Ecare], l’entreprise indépendante qui gère et développe ce système informatique ainsi que d’autres solutions informatiques, Buurtzorg restant le principal client d’[https://ecare.nl/ Ecare]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[https://www.linkedin.com/in/gonnie-kronenberg-36a0218a Gonnie Kronenberg] quant à elle assure la &#039;&#039;&#039;gestion du back office et l’appui administratif stratégique&#039;&#039;&#039; chez Buurtzorg. Son rôle consiste à simplifier les procédures internes et à rendre l’organisation la plus accessible possible pour les équipes de terrain, notamment en matière de gestion des salaires, des contrats, de la logistique, et du support informatique. Elle veille à ce que les outils, comme [https://www.buurtzorg.com/innovation/buurtzorg-web/ BuurtzorgWeb], restent fonctionnels, intuitifs et adaptés aux besoins réels des infirmières. Gonnie s’occupe également de coordonner la mutualisation des bonnes pratiques et d’assurer que l’infrastructure centrale reste au service de l’autonomie des équipes, tout en maintenant l’ouverture et la simplicité qui caractérisent l’organisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Carte équipe buurtzorg.png|alt=Carte indiquant la répartition des équipes Buurtzorg|vignette|Répartition des équipes Buurtzorg |500x500px]]&lt;br /&gt;
== Zéro managers, 20 coachs, 15000 infirmiers ==&lt;br /&gt;
Chez Buurtzorg, &#039;&#039;&#039;les coachs régionaux incarnent une fonction d’accompagnement&#039;&#039;&#039; radicalement différente du management classique. Figurant en nombre restreint, ils accompagnent chacun plusieurs dizaines d’équipes d’infirmiers et infirmières, &#039;&#039;&#039;sans exercer aucun pouvoir hiérarchique ou de contrôle&#039;&#039;&#039;. Leur mission, assurée uniquement à la demande de chaque équipe ou en cas de difficulté particulière, consiste à faciliter le dialogue, résoudre les tensions et promouvoir le partage d’expérience entre professionnels. Les équipes restent libres d’accepter ou de refuser leur intervention, garantissant ainsi le caractère volontaire et non intrusif de leur démarche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La majorité des coachs provient du terrain infirmier&#039;&#039;&#039;, renforçant leur compréhension et leur légitimité auprès des équipes. Ils veillent au respect des principes clés du modèle Buurtzorg : autonomie, consensus décisionnel et rotation des rôles, tout en excluant toute forme de sanction ou de contrôle systématique. Leur accès aux indicateurs de performance via la plateforme [https://www.buurtzorg.com/innovation/buurtzorg-web/ BuurtzorgWeb] a une vocation exclusivement de soutien, jamais d’évaluation punitive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, les coachs se réunissent régulièrement au niveau régional pour mutualiser leurs expériences et remonter les enjeux majeurs à la direction. Leur présence s’intensifie auprès des équipes en difficulté, et leur &#039;&#039;&#039;posture – fondée sur la confiance et le respect de l’autonomie&#039;&#039;&#039; – structure durablement la culture Buurtzorg, conciliant cohérence du modèle et liberté d’action des soignants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des outils au service du collectif ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Chaque équipe assume l’intégralité des processus nécessaires&#039;&#039;&#039; : recrutement de patients, organisation et planification des soins, gestion budgétaire, commandes de matériel, reporting et création d’initiatives ad hoc lors d’événements exceptionnels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’outil central, [https://www.buurtzorg.com/innovation/buurtzorg-web/ BuurtzorgWeb]&#039;&#039;&#039;, conçu par [https://ecare.nl/ Ecare], fondée et codirigée par [https://www.linkedin.com/in/ard-leferink-25a7215 Ard Leferink] et [https://nl.linkedin.com/in/geert-quint Geert Quint], &#039;&#039;&#039;en coopération avec les infirmières et selon les besoins exprimés par les équipes&#039;&#039;&#039;, apporte une souplesse technologique adaptée au modèle collaboratif. Le système open source et américain [https://www.omahasystem.org/ Omaha], consacré à la classification et la standardisation des évaluations cliniques et des plans de soins, a été intégré à [https://www.buurtzorg.com/innovation/buurtzorg-web/ BuurtzorgWeb] pour structurer les évaluations cliniques, garantissant ainsi la qualité et l’efficience des décisions prises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les budgets sont attribués directement à chaque équipe locale, qui décide de leur usage pour répondre aux besoins de ses patients sans supervision hiérarchique centralisée. Cette gestion décentralisée permet aux infirmiers d’adapter rapidement les ressources, de privilégier le bon sens et la proximité, mais aussi d’expérimenter des solutions en fonction du contexte propre à chaque quartier. &#039;&#039;&#039;Les équipes choisissent elles-mêmes les fournisseurs, les équipements et l’aménagement des bureaux, tout en respectant des standards généraux et des contraintes légales&#039;&#039;&#039;. Ce mode de fonctionnement assure souplesse et réactivité, car il laisse aux professionnels la liberté d’agir là où ils sont le mieux informés des situations réelles et des urgences locales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ressources humaines ==&lt;br /&gt;
Le recrutement et la formation chez Buurtzorg reposent sur l&#039;&#039;&#039;&#039;autonomie des équipes locales, qui assurent elles-mêmes l&#039;intégration des nouveaux membres&#039;&#039;&#039;. Quand une équipe souhaite recruter, elle définit ses besoins, mène des entretiens et sélectionne la personne qui correspond à la culture d&#039;auto-gestion valorisée par l&#039;organisation. Les profils recherchés sont ceux d&#039;infirmiers et infirmières certifiés, motivés par la prise d&#039;initiative et capables de fonctionner sans supervision hiérarchique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais Buurtzorg ne se contente pas de recruter des soignants dans des équipes existantes. L&#039;organisation accueille aussi ceux qui veulent &#039;&#039;&#039;créer leur équipe de toutes pièces&#039;&#039;&#039;. Une démarche qui ressemble davantage à la création d&#039;une micro-entreprise qu&#039;à une embauche classique. Les infirmières intéressées doivent expliquer ce qu&#039;elles peuvent apporter à Buurtzorg et ce dont elles ont besoin. Elles réalisent une évaluation réaliste des opportunités dans leur zone géographique, s&#039;assurent de maîtriser le cadre réglementaire, et présentent un plan solide pour améliorer la qualité des soins localement. Buurtzorg attend donc que des entrepreneurs, quatre infirmières convaincues qu&#039;il serait judicieux de monter une équipe dans un territoire non encore couvert, se manifestent. Après un ou deux jours d&#039;intégration animés par un coach, la nouvelle équipe se connecte au système informatique de Buurtzorg et peut démarrer. L&#039;onboarding couvre la prise en main des outils IT, le fonctionnement de l&#039;organisation, ainsi que les méthodes de prise de décision, de gestion des conflits, de réunion et de dynamique d&#039;équipe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fois intégrés, qu&#039;ils rejoignent une équipe existante ou qu&#039;ils en créent une, les nouveaux membres bénéficient d&#039;un &#039;&#039;&#039;processus d&#039;intégration informel&#039;&#039;&#039;, basé sur la transmission de savoir-faire entre pairs : observation, accompagnement sur le terrain, apprentissage « sur le tas », et rotation régulière des rôles au sein de l&#039;équipe (planification, mentorat, gestion administrative…). Les réunions d&#039;équipe, les échanges sur BuurtzorgWeb et le tutorat interne multiplient les occasions de montée en compétences, tout comme les conférences régionales et les projets collaboratifs proposés sur la plateforme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation continue est entièrement pilotée par les besoins des équipes : chaque groupe décide des thématiques et modalités d&#039;apprentissage utiles, en sollicitant au besoin l&#039;appui du coach régional ou du réseau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Vie quotidienne : la proximité réinventée ==&lt;br /&gt;
Le terrain demeure l’espace de liberté principal : chaque infirmier adapte ses horaires, organise ses interventions et entretient une relation de proximité avec les patients, leurs familles et réseaux locaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les &#039;&#039;&#039;réunions bi-mensuelles&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;et les échanges informels&#039;&#039;&#039; rythment la semaine. Le bureau devient un lieu de travail et de socialisation, où le collectif se nourrit d’expériences partagées, d’humour et de soutien.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Team Buurtzorg.jpg|alt=Une équipe Buurtzorg|vignette|Une équipe Buurtzorg]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’autonomie permet à chacun de retrouver le plaisir de la profession, dépassant le simple cadre technique du soin. Ce témoignage en est l’illustration parfaite : &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Chaque matin, je commence ma tournée avec la certitude de pouvoir adapter la prise en charge selon la situation du patient ou les imprévus. Personne ne m’impose des procédures rigides, on en discute ensemble ; chez Buurtzorg, le collectif l’emporte sur la chaîne de commandement&#039;&#039;.&#039;&#039;&#039; »&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le modèle de l’oignon : une approche holistique du soin ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Buurtzorg onion model.png|alt=Le Modèle en Onion de Buurtzorg|vignette|400x400px|Le Modèle en Onion de Buurtzorg]]&lt;br /&gt;
Le modèle de l’oignon, développé par Buurtzorg, redéfinit la façon de penser et de &#039;&#039;&#039;pratiquer les soins à domicile en&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;plaçant le patient au centre d’un réseau de soutien personnalisé&#039;&#039;&#039;. Au cœur du « modèle de l’oignon » se trouve le patient, dont le bien-être n’est pas considéré seulement sous l’angle médical, mais aussi social, psychologique et relationnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier cercle autour du patient rassemble &#039;&#039;&#039;les proches, amis et voisins&#039;&#039;&#039;, acteurs essentiels pour maintenir l’autonomie et la qualité de vie du malade. Cette prise en compte de l’environnement familial et social favorise un maintien à domicile dans de bonnes conditions, en valorisant les solidarités locales et intergénérationnelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le cercle suivant est constitué par l’équipe Buurtzorg elle-même : &#039;&#039;&#039;des infirmières autonomes, qui adaptent leurs interventions selon les besoins réels&#039;&#039;&#039;, et construisent avec le patient et son entourage un projet de soins personnalisé. L’équipe se charge aussi de l’organisation pratique, du suivi administratif et de l’orientation vers les bons interlocuteurs, tout en respectant le rythme et les souhaits de chacun. L’absence de hiérarchie et la liberté de décision permettent d’inventer des solutions sur-mesure, loin des protocoles rigides des autres organismes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, le cercle externe réunit &#039;&#039;&#039;les acteurs médicaux et sociaux plus spécialisés&#039;&#039;&#039; : médecins généralistes, hôpitaux, pharmacies, services sociaux, qui interviennent en fonction des besoins identifiés par le patient, ses proches et l’équipe Buurtzorg. Ce modèle exige une grande capacité de coordination et de communication, mais il rend possible une approche globale : chaque décision est discutée collectivement, en privilégiant l’écoute des préférences du patient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Diffusion et adaptation internationale : quand l’autonomie défie la culture ==&lt;br /&gt;
Au-delà des frontières, &#039;&#039;&#039;le modèle inspire plus de 24 pays&#039;&#039;&#039;, du Brésil à la Suède, en passant par la France, la Chine et l’Australie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourtant, la greffe n’est pas automatique : la réussite dépend souvent de la capacité à transformer les mentalités, à sortir des logiques hiérarchiques et à respecter la diversité des contextes. &#039;&#039;&#039;Chaque pays adapte le modèle selon la culture locale, la réglementation et le contexte sanitaire&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De nombreuses tentatives voient le jour dans des secteurs variés (aide à domicile, santé mentale, maternité), mais se heurtent parfois à des résistances institutionnelles ou à la difficulté de transposer l’autogestion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’exemple français, avec &#039;&#039;&#039;Soignons Humains ou 3BGA&#039;&#039;&#039;, illustre ces enjeux. Ces organisations &#039;&#039;&#039;ont réussi à prouver la faisabilité d’un modèle d’organisation plus souple et plus humain&#039;&#039;&#039;, attirant de jeunes professionnels en quête de sens et de meilleures conditions de travail. Elles servent en quelque sorte de laboratoires pour expérimenter et ajuster l’approche Buurtzorg au contexte français, avec des résultats jugés prometteurs, mais encore en phase d’expansion limitée, car souvent freinée par les contraintes spécifiques du système de santé français, les réglementations locales et la difficulté à changer la culture professionnelle fortement hiérarchisée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Limites et critiques : tensions, inertie et contexte ==&lt;br /&gt;
Le modèle Buurtzorg, souvent salué pour son efficacité et son humanité, n’est toutefois pas exempt de limites. L’auto-gestion représente un défi de taille pour de nouveaux &#039;&#039;&#039;professionnels peu préparés à prendre collectivement des décisions et à assumer une large autonomie&#039;&#039;&#039;. Certains soignants, attachés à un pilotage hiérarchique classique, rencontrent des difficultés à s’investir pleinement dans le fonctionnement horizontal des équipes et dans la gestion partagée des responsabilités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La résolution des &#039;&#039;&#039;conflits internes ou la prise en charge des problèmes de performance&#039;&#039;&#039; s’avèrent plus complexes dans un système sans supérieur hiérarchique. Il revient aux membres eux-mêmes, parfois démunis ou réticents, de trouver des solutions, ce qui ralentit l’action et fragilise l’équilibre collectif. Par ailleurs, lors de crises majeures comme la pandémie de Covid-19, le manque de procédures formalisées et la collaboration principalement basée sur la confiance ont rendu la coordination parfois inégale ou trop informelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces enjeux s’ajoute la question du &#039;&#039;&#039;recrutement&#039;&#039;&#039; : la croissance rapide de Buurtzorg et la pénurie nationale de soignants mettent à l’épreuve la capacité du réseau à transmettre sa culture et à attirer des profils compatibles avec l’auto-gestion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, l’internationalisation du modèle se confronte à la résistance de contextes organisationnels marqués par la verticalité et la centralisation, ce qui freine son adaptation à grande échelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Témoignages et voix du terrain ==&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Marja Feenstra, témoigne sur le système de soin qu&#039;elle a quitté pour rejoindre Buurtzorg&amp;lt;ref name=&amp;quot;:0&amp;quot;&amp;gt;De Blok and Pool, 2010&amp;lt;/ref&amp;gt; :   &amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;quot;Au cours des deux dernières années, j&#039;ai été responsable de plus de 80 patients que je n&#039;ai jamais visités. Mon poste d&#039;infirmière de quartier avait été supprimé et on attendait de moi que je trouve des solutions pour les itinéraires pour lesquels aucun personnel n&#039;était disponible. La planification était effectuée ailleurs par quelqu&#039;un qui ne connaissait pas les patients. Cela tournait si souvent mal qu&#039;à un certain moment, je ne pouvais plus expliquer aux patients pourquoi personne n&#039;était disponible, ou seulement à un moment autre que celui qui avait été convenu. J&#039;ai eu 14 responsables en sept ans et j&#039;en avais assez de cela aussi. L&#039;organisation était devenue trop grande et trop vague, et personne ne se sentait responsable de nos soins. Il y avait des plaintes et des problèmes entre collègues tous les jours.&amp;quot;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Ellis Heijblom parle du système de soin néerlandais et pourquoi elle l&#039;a quitté pour rejoindre Buurtzorg&amp;lt;ref name=&amp;quot;:0&amp;quot; /&amp;gt;&amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;«J&#039;avais quitté l&#039;organisme de soins à domicile parce que je ne faisais que combler les lacunes dans la planification des soins aux clients. J&#039;ai accepté ce poste dans l&#039;intention d&#039;offrir des soins de santé de qualité, mais je n&#039;ai pas pu atteindre cet objectif car trop de personnes étaient impliquées dans la pratique quotidienne. En raison du nouveau système de planification qui avait été mis en place, je n&#039;ai découvert que le lendemain matin qu&#039;une personne n&#039;avait reçu aucun soin pendant la nuit. Le pire, c&#039;est que cette personne ne pouvait pas appeler et avait donc été contrainte de rester assise sur une chaise toute la nuit. J&#039;ai trouvé cela indigne. »&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
Jennifer Bergkamp, infirmière Buurtzorg à Aalsmeer, confie : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« &#039;&#039;&#039;J’ai enfin retrouvé la liberté d’exercer mon métier comme je l’entends, en équipe et pour le patient&#039;&#039;&#039; »&#039;&#039;.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;Sophie van Veenen évoque son attachement au modèle Buurtzorg : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« &#039;&#039;&#039;J’ai découvert une forme d’autonomie professionnelle qui donne envie de rester dans le secteur&#039;&#039;&#039; »&#039;&#039;.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;Les familles de patients parlent de &#039;&#039;&#039;soulagement&#039;&#039;&#039;, d’une &#039;&#039;&#039;relation apaisée&#039;&#039;&#039; et d’un &#039;&#039;&#039;quotidien transformé&#039;&#039;&#039;. Les coachs témoignent de la créativité collective et de l’énergie du groupe, « &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;loin d’une simple absence de hiérarchie, mais dans la co-responsabilité&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Perspectives ==&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études_de_cas]]&lt;br /&gt;
Buurtzorg interroge nos certitudes organisationnelles : l’autonomie, loin d’être un luxe, devient une &#039;&#039;&#039;source d’innovation sociale et médicale&#039;&#039;&#039;. En exposant ses forces et ses fragilités, le modèle dessine aussi l’horizon d’une société où le soin, la responsabilité et l’intelligence collective peuvent réinventer le quotidien, bien au-delà des seuls chiffres de performance&amp;lt;ref&amp;gt;Cabinet d&#039;audit, de conseil et d&#039;expertise comptable KPMG, « [[:Fichier:KPMG Buurzorg Case.pdf|The Added Value of Buurtzorg Relative to Other Providers of Home Care: A Quantitative Analysis of Home Care in the Netherlands in 2013]] », Ethan Bernstein, Tatiana Sandino, Joost Minnaar et Annelena Lobb, janvier 2015&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Corporate Rebels, “How Buurtzorg Works”, Corporate Rebels Academy, 2025, https://community.corporate-rebels.com/sign_in&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
== A propos de l&#039;auteur ==&lt;br /&gt;
{{Auto Organisation:À propos de Alioune}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Questions fréquentes ==&lt;br /&gt;
{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment fonctionne une organisation sans managers intermédiaires ?&lt;br /&gt;
| contenu = Chez Buurtzorg, l&#039;absence de managers intermédiaires repose sur l&#039;autonomie des équipes d&#039;infirmières. Plus de 10 000 infirmières travaillent en équipes de 12 personnes maximum, qui prennent elles-mêmes toutes les décisions liées aux soins et à leur gestion quotidienne. Le back-office de seulement 50 personnes fournit un support administratif, tandis qu&#039;une vingtaine de coaches aident les équipes sur demande sans imposer de solutions. Les deux directeurs, Jos de Blok et Gonnie Kronenberg, se concentrent sur la vision stratégique et les relations externes. Le système informatique BuurtzorgWeb permet la communication entre équipes et le partage d&#039;informations sans contrôle hiérarchique. Cette structure plate fonctionne parce que les infirmières sont qualifiées, responsables et motivées par leur mission de soins.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Qui prend les décisions au quotidien dans les équipes Buurtzorg ?&lt;br /&gt;
| contenu = Les équipes d&#039;infirmières prennent toutes les décisions opérationnelles de manière collective et consensuelle. Chaque équipe décide de son planning, recrute ses propres membres, choisit ses patients, organise son bureau, et gère son budget mensuel. Les décisions sont prises lors des réunions hebdomadaires où tous les membres discutent des problèmes et trouvent des solutions ensemble. Chaque infirmière assume également un rôle administratif (planificateur, responsable des ressources humaines, développeur, mentor, etc.) qui tourne régulièrement entre les membres. Pour les soins individuels, l&#039;infirmière responsable d&#039;un patient décide des interventions nécessaires en toute autonomie, sans attendre l&#039;approbation d&#039;un supérieur. L&#039;équipe peut solliciter un coach ou le back-office en cas de besoin, mais la décision finale revient toujours à l&#039;équipe elle-même.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment les infirmières peuvent-elles gérer à la fois les soins aux patients et les tâches administratives ?&lt;br /&gt;
| contenu = Buurtzorg a volontairement simplifié au maximum les tâches administratives pour permettre aux infirmières de se concentrer sur les soins. Le système informatique BuurtzorgWeb réduit considérablement la paperasse en permettant aux infirmières de saisir directement les informations sur les patients, de consulter les dossiers et de communiquer avec leurs collègues de manière électronique. Les formulaires standardisés de l&#039;industrie ont été simplifiés. Chaque membre de l&#039;équipe assume un rôle administratif spécifique (planification, reporting, coordination), ce qui répartit la charge de travail. Le back-office gère les tâches lourdes comme la facturation, la paie et les contrats. Cette organisation permet aux infirmières de consacrer 60-62% de leur temps aux soins directs, contre 70% ailleurs, tout en obtenant de meilleurs résultats pour les patients.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment recrute-t-on de nouveaux membres sans département des ressources humaines traditionnel ?&lt;br /&gt;
| contenu = Chaque équipe recrute ses propres membres de manière autonome. Lorsqu&#039;une équipe a besoin d&#039;une nouvelle infirmière, elle identifie elle-même les candidats potentiels, souvent dans le quartier où elle opère. L&#039;équipe mène les entretiens, évalue les compétences et la compatibilité du candidat avec l&#039;esprit d&#039;auto-organisation, puis décide collectivement qui embaucher. Les membres recherchent des personnes capables de travailler de façon autonome, de prendre des initiatives et de collaborer efficacement. Une fois la décision prise, l&#039;équipe informe simplement le back-office qui s&#039;occupe des aspects administratifs (contrat, accès informatique, etc.). Les nouveaux membres suivent une période d&#039;intégration où ils accompagnent leurs collègues dans leurs visites avant de travailler de manière indépendante. Ce processus assure que les recrues correspondent vraiment aux besoins et à la culture de l&#039;équipe.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Qui fixe les salaires et comment sont-ils déterminés sans hiérarchie ?&lt;br /&gt;
| contenu = Les salaires chez Buurtzorg sont déterminés par des accords de négociation collective (convention collective) basés sur le niveau de qualification des infirmières. Buurtzorg paie généreusement : chaque infirmière reçoit un salaire correspondant à un niveau de certification supérieur au sien. Par exemple, une infirmière de niveau 3 est payée au tarif du niveau 4. Les augmentations sont automatiques et basées sur l&#039;ancienneté dans l&#039;organisation. Ce système égalitaire signifie que toutes les infirmières du même niveau de formation gagnent le même salaire, indépendamment de leur performance individuelle. Un bonus annuel collectif peut être distribué à l&#039;ensemble du personnel si l&#039;organisation atteint ses objectifs de rentabilité globale, représentant généralement environ un demi-mois de salaire. Cette approche reflète la philosophie de Buurtzorg selon laquelle toutes les voix comptent également.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment mesure-t-on la performance des équipes sans supervision directe ?&lt;br /&gt;
| contenu = La performance des équipes est mesurée par quelques indicateurs clés accessibles sur BuurtzorgWeb. Le principal est le taux de productivité : chaque équipe doit consacrer au moins 60-62% de son temps aux soins directs aux patients, ce qui est le seuil minimum de rentabilité. Les équipes suivent également leur efficacité (heures par client), le nombre de clients, la satisfaction des patients et des employés, et le climat d&#039;équipe. Ces données sont transparentes et permettent aux équipes de se comparer à la moyenne nationale. Contrairement aux organisations hiérarchiques, ces indicateurs servent d&#039;auto-évaluation plutôt que de contrôle externe. Les équipes sont responsables de leur propre performance et font appel aux coaches si elles constatent des problèmes. Le système repose sur la confiance : les équipes sont considérées comme des professionnelles capables de s&#039;autoréguler.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Qu&#039;est-ce qui empêche le chaos dans une organisation aussi décentralisée ?&lt;br /&gt;
| contenu = Plusieurs mécanismes structurent l&#039;organisation et préviennent le chaos. D&#039;abord, un cadre clair définit les principes fondamentaux : équipes de maximum 12 personnes, objectif de productivité de 60-62%, sept rôles administratifs par équipe, et utilisation obligatoire de BuurtzorgWeb. Ensuite, toutes les équipes travaillent selon les mêmes processus : réunions hebdomadaires orientées solutions, décisions par consensus, rotation des rôles. Le système informatique unifie les pratiques et facilite la communication entre équipes. Les coaches veillent à ce que les équipes respectent ce cadre sans pour autant les contrôler. La formation initiale et continue transmet la culture et les méthodes Buurtzorg. Enfin, le modèle de l&#039;oignon guide les soins centrés sur l&#039;autonomie du patient. Ces structures légères mais cohérentes créent suffisamment d&#039;ordre tout en préservant l&#039;autonomie des équipes.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment les meilleures pratiques se diffusent-elles entre les équipes autonomes ?&lt;br /&gt;
| contenu = Plusieurs mécanismes structurent l&#039;organisation et préviennent le chaos. D&#039;abord, un cadre clair définit les principes fondamentaux : équipes de maximum 12 personnes, objectif de productivité de 60-62%, sept rôles administratifs par équipe, et utilisation obligatoire de BuurtzorgWeb. Ensuite, toutes les équipes travaillent selon les mêmes processus : réunions hebdomadaires orientées solutions, décisions par consensus, rotation des rôles. Le système informatique unifie les pratiques et facilite la communication entre équipes. Les coaches veillent à ce que les équipes respectent ce cadre sans pour autant les contrôler. La formation initiale et continue transmet la culture et les méthodes Buurtzorg. Enfin, le modèle de l&#039;oignon guide les soins centrés sur l&#039;autonomie du patient. Ces structures légères mais cohérentes créent suffisamment d&#039;ordre tout en préservant l&#039;autonomie des équipes.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment les meilleures pratiques se diffusent-elles entre les équipes autonomes ?&lt;br /&gt;
| contenu = Les meilleures pratiques se diffusent principalement de manière informelle et volontaire. BuurtzorgWeb comprend des forums de discussion où les infirmières partagent leurs expériences, posent des questions et proposent des solutions. Le back-office crée une section &amp;quot;thèmes&amp;quot; avec des politiques et pratiques recommandées, mais les équipes décident librement de les adopter. Les coaches mettent en relation des équipes confrontées à des problèmes similaires pour favoriser l&#039;apprentissage mutuel. Des conférences régionales et le festival annuel Buurtzorg permettent aux infirmières de se rencontrer et d&#039;échanger. Durant la pandémie, une équipe de crise a créé des &amp;quot;chemins de soins&amp;quot; (care paths) - des guides concis sur différentes pathologies - qui ont été largement consultés. Des projets pilotes testent des innovations comme les clubs de vitalité. Cette diffusion organique respecte l&#039;autonomie des équipes tout en favorisant l&#039;apprentissage collectif.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment une petite équipe de 50 personnes au back-office peut-elle soutenir plus de 10 000 infirmières ?&lt;br /&gt;
| contenu = L&#039;efficacité du back-office repose sur la simplification radicale et l&#039;autonomie des équipes. Le système informatique BuurtzorgWeb automatise de nombreuses tâches : saisie des données patients, planification, communication, reporting. Les 50 personnes du back-office se concentrent sur les tâches administratives complexes nécessitant une expertise spécialisée : facturation, comptabilité, paie, contrats de location, questions juridiques et IT. Contrairement aux organisations traditionnelles, ce back-office ne gère pas, ne contrôle pas et ne coordonne pas les équipes au quotidien. Son rôle est de fournir un service aux équipes pour qu&#039;elles puissent se concentrer sur les soins. Comme toutes les équipes fonctionnent de la même manière avec les mêmes processus standardisés, la complexité est réduite. Les équipes gèrent elles-mêmes leur recrutement, planning, et décisions opérationnelles, éliminant le besoin d&#039;une administration pléthorique.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Pourquoi limiter la taille des équipes à 12 personnes maximum ?&lt;br /&gt;
| contenu = La limite de 12 personnes répond à plusieurs objectifs fondamentaux du modèle Buurtzorg. D&#039;abord, les petites équipes facilitent la communication directe et réduisent les besoins de coordination formelle. Chaque membre connaît bien ses collègues et peut facilement échanger avec eux. Ensuite, cette taille permet de maintenir la confiance et la confidentialité avec les patients : seulement 3-4 infirmières s&#039;occupent généralement d&#039;un même patient, qui peut ainsi créer de vraies relations avec ses soignants. Les petites équipes favorisent également la prise de décision collective et consensuelle lors des réunions hebdomadaires. Elles permettent à chacun de prendre des responsabilités administratives en plus des soins. Enfin, cette limite évite la bureaucratisation : au-delà de 12, les équipes se scindent naturellement en deux, chacune opérant dans son propre quartier. Cette règle simple assure que l&#039;organisation reste agile malgré sa croissance.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Comment garantit-on la qualité des soins sans contrôle hiérarchique strict ?&lt;br /&gt;
| contenu = La qualité des soins repose sur plusieurs mécanismes sans hiérarchie. Les infirmières de Buurtzorg sont hautement qualifiées (niveau 3 minimum) et motivées intrinsèquement par leur vocation de soigner. Elles utilisent le &amp;quot;modèle de l&#039;oignon&amp;quot; qui place le patient au centre et vise son autonomie maximale. Le système Omaha standardise la documentation des besoins, traitements et résultats des patients, permettant de suivre la qualité des soins. La satisfaction des patients est mesurée régulièrement et atteint plus de 9/10, soit 30% de plus que les organisations comparables. Les équipes pratiquent la supervision par les pairs et discutent des cas lors des réunions hebdomadaires. Les résultats parlent : les durées de soins nécessaires sont réduites de moitié, les hospitalisations diminuent d&#039;un tiers. La qualité émerge de la responsabilité professionnelle, de l&#039;apprentissage collectif et de la relation de confiance avec les patients plutôt que du contrôle externe.&lt;br /&gt;
}}{{DépliantFAQ&lt;br /&gt;
| titre = Que se passe-t-il si une équipe ne respecte pas les objectifs de productivité ?&lt;br /&gt;
| contenu = Lorsqu&#039;une équipe n&#039;atteint pas l&#039;objectif de productivité de 60-62%, elle appelle généralement elle-même un coach pour obtenir de l&#039;aide. En moyenne, chaque coach assiste environ trois équipes en difficulté. Le coach et le back-office travaillent patiemment avec l&#039;équipe pour identifier les causes et trouver des solutions, en reconnaissant que certaines situations justifient une productivité temporairement plus faible (nouvelle équipe en démarrage, projets d&#039;innovation). L&#039;approche est de soutien et non punitive. Si les problèmes persistent sur le long terme, l&#039;équipe se dissout souvent d&#039;elle-même lorsque les membres réalisent qu&#039;ils ne peuvent pas fonctionner ensemble. Dans de rares cas, après environ un an de sous-performance structurelle, les directeurs peuvent décider de dissoudre l&#039;équipe. Cette approche patiente reflète la confiance de Buurtzorg envers ses professionnels et privilégie l&#039;amélioration continue plutôt que la sanction.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Chrono_Flex&amp;diff=394</id>
		<title>Chrono Flex</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://auto-org.fr/index.php?title=Chrono_Flex&amp;diff=394"/>
		<updated>2026-01-16T05:42:55Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : Ajout photo véhicules&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Ébauche}}{{Infobox Entreprise|Nom=Chrono Flex|Image=Fichier:Logo chronoflex.png|Création=1995|Fondateurs=[https://tedxsaclay.com/fr/editions/au-service-du-vivant/intervenants/alexandre-gerard/ Alexandre Gérard]|Forme juridique=[https://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_par_actions_simplifi%C3%A9e/ SAS (Société par Actions Simplifiée)] au capital de 1 649 000 €|Siège social=[https://earth.google.com/web/search/13+rue+Olympe+de+Gouges,+44800+Saint-Herblain/@47.22947272,-1.64972543,55.14822907a,0d,46.73877537y,114.12148091h,99.95605537t,0r/data=CpwBGm4SaAolMHg0ODA1OTMzM2QyMGIwZTliOjB4OWUxNjYxYjdjNDlmZWE5ZRmVvmsrUZ1HQCFNrJ1ylmP6vyotMTMgcnVlIE9seW1wZSBkZSBHb3VnZXMsIDQ0ODAwIFNhaW50LUhlcmJsYWluGAEgASImCiQJKSuvLhYQNUARKCuvLhYQNcAZHB5IkGGFSUAhBEP57Wj3ScBCAggBIhoKFlpMeUxsOUktTDJ2Ums0aDVSNEhYNWcQAjoDCgEwQgIIAEoNCP___________wEQAA 13 rue Olympe de Gouges, 44800 Saint-Herblain]|Activité=Dépannage et maintenance de flexibles hydrauliques|Produits=Réparation sur site 24h/24, graissage centralisé, filtration|Effectif=450 à 500 collaborateurs (2024)|Site web=https://chronoflex.fr|Fonds propres=Information inconnue|Dette=Information inconnue|Chiffre d&#039;affaire=64 938 629 € (2024)|Résultat net=3 009 000 € (2024)}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Chrono Flex, ou quand les salariés reprennent le volant ==&lt;br /&gt;
C&#039;est l&#039;histoire d&#039;un patron qui a décidé de ne plus l&#039;être. En 2009, [https://tedxsaclay.com/fr/editions/au-service-du-vivant/intervenants/alexandre-gerard/ Alexandre Gérard] dirige [https://chronoflex.fr Chrono Flex], une entreprise florissante de dépannage hydraulique basée près de Nantes. Puis &#039;&#039;&#039;la crise des subprimes frappe&#039;&#039;&#039;. Le chiffre d&#039;affaires accuse une chute de 30-34%, passant de 22 millions à 14 millions. Sur une période de trois ans, &#039;&#039;&#039;plusieurs dizaines de salariés sont licenciés, entre quarante et quatre-vingts selon les estimations&#039;&#039;&#039;. Après les licenciements de 2009, Alexandre Gérard ne veut plus revivre une telle épreuve. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Plus jamais ça&#039;&#039; », confie-t-il.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;Le dirigeant cherche alors une autre voie. Il rencontre Jean-François Zobrist, figure emblématique de la fonderie Favi, puis Isaac Getz, professeur à l&#039;ESCP et théoricien de l&#039;« entreprise libérée ». &#039;&#039;&#039;Le 7 janvier 2012&#039;&#039;&#039;, lors de la traditionnelle « Grand-Messe » annuelle réunissant tous les salariés, &#039;&#039;&#039;Alexandre Gérard annonce la suppression de la pyramide hiérarchique&#039;&#039;&#039;. Plus de directeurs régionaux. Plus de managers intermédiaires. &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« Aujourd’hui, je n&#039;ai ni bureau, ni assistante, ni place de parking attitrée »&#039;&#039;, plaisante Alexandre Gérard.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Capitaines et Speed Boats ==&lt;br /&gt;
L&#039;organisation qui émerge bouscule les codes. Chrono Flex fonctionne désormais avec &#039;&#039;&#039;une cinquantaine d&#039;équipes autonomes&#039;&#039;&#039;, baptisées « speed boats ». Trente-deux d&#039;entre elles opèrent sur le terrain, les autres assurent les fonctions support. Chaque équipe élit son leader, appelé « Capitaine » ou « Team Leader » selon les sources, lors d&#039;un &#039;&#039;&#039;scrutin sans candidat déclaré. Le mandat dure trois ans.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aude Le Normand, directrice des ressources humaines, détaille le fonctionnement : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« Même le recrutement leur a été confié : ils font les entretiens et décident de prolonger ou non à la fin de la période d&#039;essai. »&#039;&#039; &amp;lt;/blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Les collaborateurs choisissent leurs fournisseurs, gèrent leurs plannings, votent leurs investissements&#039;&#039;&#039;. Pendant le confinement de 2020, chaque équipe a ajusté ses effectifs à la demi-journée près, gérant le chômage partiel en totale autonomie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La hiérarchie n&#039;a pas entièrement disparu, précisons-le, mais réduite de cinq à trois échelons entre la base et la direction. Les leaders élus animent sans commander.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La règle des 3 x 15 ==&lt;br /&gt;
Quelques mois après avoir lancé la transformation, &#039;&#039;&#039;Alexandre Gérard part un an faire le tour du monde (2012-2013). L&#039;entreprise tourne sans lui&#039;&#039;&#039;. &lt;br /&gt;
[[Fichier:Véhicule Chrono Flex.jpg|vignette|609x609px|Photo tirée de l&#039;article &amp;quot;Le retour d&#039;expérience de Chrono Flex, entreprise libérée depuis 10 ans &amp;quot; - L&#039;Usine Nouvelle]]&lt;br /&gt;
Mieux : un groupe de salariés profite de son absence pour repenser entièrement le système de rémunération. Ils planchent pendant des mois, testent leur formule sur quelques volontaires, puis la généralisent. C&#039;est un exemple concret d&#039;autogouvernance : &#039;&#039;&#039;les équipes ont défini elles-mêmes les règles de leur rémunération variable.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mécanisme, dit « 3×15% », lie directement la paie à la création de valeur. Chaque technicien touche 15 % du résultat d&#039;exploitation de son véhicule. Les 15 % du résultat de son équipe régionale sont partagés entre les membres de l&#039;équipe. Les 15 % de la marge globale de l&#039;entreprise sont redistribués à l&#039;ensemble des salariés. &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« Chaque véhicule d&#039;intervention fonctionne comme une mini-entreprise, selon un principe de transparence totale »&#039;&#039;, précise le fondateur. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Les comptes d&#039;exploitation sont accessibles à tous&#039;&#039;&#039;, chaque mois. Le système a libéré les initiatives. &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« Plus ils sont proches de la zone de création de valeur, plus ils gagnent d&#039;argent »&#039;&#039;, résume Alexandre Gérard. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Sans rien changer d&#039;autre, l&#039;&#039;&#039;e chiffre d&#039;affaires a bondi de 15 %&#039;&#039;&#039; dans les mois qui ont suivi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une croissance retrouvée ==&lt;br /&gt;
Les résultats parlent d&#039;eux-mêmes. &#039;&#039;&#039;Le chiffre d&#039;affaires, tombé à 14 millions d&#039;euros au plus fort de la crise, atteint aujourd&#039;hui près de 65 millions&#039;&#039;&#039;. Le résultat net dépasse les 3 millions d&#039;euros. L&#039;effectif a plus que doublé depuis 2012, passant d’environ 220 à près de 500 collaborateurs. L&#039;entreprise déploie plus de 270 camions-ateliers à travers la France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En juillet 2021, nouveau tournant : le groupe Monnoyeur, géant de la distribution d&#039;équipements, acquiert Chrono Flex. L&#039;entreprise quitte alors le groupe Inov-On, la holding qu&#039;Alexandre Gérard avait créée pour regrouper Chrono Flex et plusieurs filiales partageant le même modèle managérial. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jérôme Jambut et Claudio Castellano prennent la direction opérationnelle. Alexandre Gérard, lui, poursuit une activité de conférencier et d&#039;accompagnement de dirigeants via Inov-On Expérience, le pôle conseil du groupe qu&#039;il a conservé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de l&#039;acquisition, le groupe Monnoyeur annonce que Chrono Flex « disposera d&#039;une grande autonomie », à l&#039;instar des autres filiales. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;En 2024, Chrono Flex revendique toujours son modèle d&#039;équipes autonomes et de leaders élus.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones d&#039;ombres ==&lt;br /&gt;
Le tableau n&#039;est pas exempt de nuances. Les sources disponibles émanent pour l&#039;essentiel de l&#039;entreprise elle-même ou de son fondateur. Les témoignages critiques, ceux des salariés qui auraient mal vécu la transformation ou quitté l&#039;entreprise, restent rares dans l&#039;espace public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de la résolution des conflits demeure floue. Aucun protocole formel de médiation entre pairs n&#039;apparaît dans la documentation accessible. Les processus de décision collective, s&#039;ils existent, ne sont pas explicitement codifiés. Comment tranche-t-on quand le consensus échoue ? La question reste ouverte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des chercheurs ont d&#039;ailleurs interrogé le concept même d&#039;entreprise libérée. Un article paru dans la revue &#039;&#039;Management &amp;amp; Avenir&#039;&#039; en 2019, intitulé « L&#039;aventure Chrono Flex. Le meilleur des Mondes ? », analyse le cas en détail, pointant notamment les risques d&#039;intensification du travail sous couvert d&#039;autonomie. L&#039;autocontrôle remplace-t-il vraiment la subordination, ou la déplace-t-il simplement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Alexandre Gérard ne prétend pas détenir de formule magique.&#039;&#039;&#039; &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« Pour être libéré, il faut oser mettre son ego de côté. Tout le monde n&#039;est pas prêt à cela »&#039;&#039;, reconnaît-il. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;La transformation a pris des années, causé des souffrances, provoqué des départs. Treize ans après le grand saut, &#039;&#039;&#039;Chrono Flex continue de faire figure de laboratoire.&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un laboratoire dont l&#039;expérience mérite d&#039;être observée avec le même mélange de curiosité et de prudence qu&#039;exige toute promesse de révolution managériale&amp;lt;ref&amp;gt;CHRONO Flex - Page recrutement [https://www.chronoflex.fr/recrutement-chrono-flex/ officielle]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Cairn.info - &amp;quot;[https://shs.cairn.info/revue-management-et-avenir-2019-5-page-97?lang=fr L&#039;aventure Chrono Flex. Le meilleur des Mondes ?]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Courrier Cadres - &amp;quot;[https://courriercadres.com/entreprise-liberee-les-erreurs-a-eviter/ Entreprise libérée : les erreurs à éviter]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Action Co - &amp;quot;[https://www.actionco.fr/Thematique/management-1214/Breves/Chrono-Flex-une-entreprise-liberee-255459.htm Entreprise libérée : l&#039;exemple Chrono Flex]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;Usine Nouvelle - &amp;quot;[https://www.usinenouvelle.com/editorial/le-retour-d-experience-de-chrono-flex-entreprise-liberee-depuis-dix-ans.N1096084 Le retour d&#039;expérience de Chrono Flex, entreprise libérée depuis dix ans]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Change The Work - &amp;quot;[https://changethework.com/liberation-entreprise-chrono-flex/ Libération d&#039;entreprise chez Chrono Flex]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;FlexJob - &amp;quot;[https://flexjob.fr/zoom-sur-chrono-flex-entreprise-liberee/ Chrono Flex : une entreprise libérée de plus de 300 salariés]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;Info Durable - &amp;quot;[https://www.linfodurable.fr/entreprises/chronoflex-lentreprise-ou-le-patron-ne-voulait-plus-etre-chef-3117 Chronoflex, l&#039;entreprise où le patron ne voulait plus être chef]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;CHRONO Flex - Site officiel ([https://www.chronoflex.fr/qui-sommes-nous/decouvrir-laventure-collaborative/ Aventure collaborative])&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== A propos de l&#039;auteur ==&lt;br /&gt;
{{Auto Organisation:À propos de Alioune}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études de cas]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Fichier:V%C3%A9hicule_Chrono_Flex.jpg&amp;diff=393</id>
		<title>Fichier:Véhicule Chrono Flex.jpg</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://auto-org.fr/index.php?title=Fichier:V%C3%A9hicule_Chrono_Flex.jpg&amp;diff=393"/>
		<updated>2026-01-16T05:39:45Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
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		<title>Chrono Flex</title>
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		<updated>2026-01-16T05:36:11Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : suppression source WONDERER&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Ébauche}}{{Infobox Entreprise|Nom=Chrono Flex|Image=Fichier:Logo chronoflex.png|Création=1995|Fondateurs=[https://tedxsaclay.com/fr/editions/au-service-du-vivant/intervenants/alexandre-gerard/ Alexandre Gérard]|Forme juridique=[https://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_par_actions_simplifi%C3%A9e/ SAS (Société par Actions Simplifiée)] au capital de 1 649 000 €|Siège social=[https://earth.google.com/web/search/13+rue+Olympe+de+Gouges,+44800+Saint-Herblain/@47.22947272,-1.64972543,55.14822907a,0d,46.73877537y,114.12148091h,99.95605537t,0r/data=CpwBGm4SaAolMHg0ODA1OTMzM2QyMGIwZTliOjB4OWUxNjYxYjdjNDlmZWE5ZRmVvmsrUZ1HQCFNrJ1ylmP6vyotMTMgcnVlIE9seW1wZSBkZSBHb3VnZXMsIDQ0ODAwIFNhaW50LUhlcmJsYWluGAEgASImCiQJKSuvLhYQNUARKCuvLhYQNcAZHB5IkGGFSUAhBEP57Wj3ScBCAggBIhoKFlpMeUxsOUktTDJ2Ums0aDVSNEhYNWcQAjoDCgEwQgIIAEoNCP___________wEQAA 13 rue Olympe de Gouges, 44800 Saint-Herblain]|Activité=Dépannage et maintenance de flexibles hydrauliques|Produits=Réparation sur site 24h/24, graissage centralisé, filtration|Effectif=450 à 500 collaborateurs (2024)|Site web=https://chronoflex.fr|Fonds propres=Information inconnue|Dette=Information inconnue|Chiffre d&#039;affaire=64 938 629 € (2024)|Résultat net=3 009 000 € (2024)}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Chrono Flex, ou quand les salariés reprennent le volant ==&lt;br /&gt;
C&#039;est l&#039;histoire d&#039;un patron qui a décidé de ne plus l&#039;être. En 2009, [https://tedxsaclay.com/fr/editions/au-service-du-vivant/intervenants/alexandre-gerard/ Alexandre Gérard] dirige [https://chronoflex.fr Chrono Flex], une entreprise florissante de dépannage hydraulique basée près de Nantes. Puis &#039;&#039;&#039;la crise des subprimes frappe&#039;&#039;&#039;. Le chiffre d&#039;affaires accuse une chute de 30-34%, passant de 22 millions à 14 millions. Sur une période de trois ans, &#039;&#039;&#039;plusieurs dizaines de salariés sont licenciés, entre quarante et quatre-vingts selon les estimations&#039;&#039;&#039;. Après les licenciements de 2009, Alexandre Gérard ne veut plus revivre une telle épreuve. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Plus jamais ça&#039;&#039; », confie-t-il.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;Le dirigeant cherche alors une autre voie. Il rencontre Jean-François Zobrist, figure emblématique de la fonderie Favi, puis Isaac Getz, professeur à l&#039;ESCP et théoricien de l&#039;« entreprise libérée ». &#039;&#039;&#039;Le 7 janvier 2012&#039;&#039;&#039;, lors de la traditionnelle « Grand-Messe » annuelle réunissant tous les salariés, &#039;&#039;&#039;Alexandre Gérard annonce la suppression de la pyramide hiérarchique&#039;&#039;&#039;. Plus de directeurs régionaux. Plus de managers intermédiaires. &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« Aujourd’hui, je n&#039;ai ni bureau, ni assistante, ni place de parking attitrée »&#039;&#039;, plaisante Alexandre Gérard.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Capitaines et Speed Boats ==&lt;br /&gt;
L&#039;organisation qui émerge bouscule les codes. Chrono Flex fonctionne désormais avec &#039;&#039;&#039;une cinquantaine d&#039;équipes autonomes&#039;&#039;&#039;, baptisées « speed boats ». Trente-deux d&#039;entre elles opèrent sur le terrain, les autres assurent les fonctions support. Chaque équipe élit son leader, appelé « Capitaine » ou « Team Leader » selon les sources, lors d&#039;un &#039;&#039;&#039;scrutin sans candidat déclaré. Le mandat dure trois ans.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aude Le Normand, directrice des ressources humaines, détaille le fonctionnement : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« Même le recrutement leur a été confié : ils font les entretiens et décident de prolonger ou non à la fin de la période d&#039;essai. »&#039;&#039; &amp;lt;/blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Les collaborateurs choisissent leurs fournisseurs, gèrent leurs plannings, votent leurs investissements&#039;&#039;&#039;. Pendant le confinement de 2020, chaque équipe a ajusté ses effectifs à la demi-journée près, gérant le chômage partiel en totale autonomie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La hiérarchie n&#039;a pas entièrement disparu, précisons-le, mais réduite de cinq à trois échelons entre la base et la direction. Les leaders élus animent sans commander.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La règle des 3 x 15 ==&lt;br /&gt;
Quelques mois après avoir lancé la transformation, &#039;&#039;&#039;Alexandre Gérard part un an faire le tour du monde (2012-2013). L&#039;entreprise tourne sans lui&#039;&#039;&#039;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mieux : un groupe de salariés profite de son absence pour repenser entièrement le système de rémunération. Ils planchent pendant des mois, testent leur formule sur quelques volontaires, puis la généralisent. C&#039;est un exemple concret d&#039;autogouvernance : &#039;&#039;&#039;les équipes ont défini elles-mêmes les règles de leur rémunération variable.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mécanisme, dit « 3×15% », lie directement la paie à la création de valeur. Chaque technicien touche 15 % du résultat d&#039;exploitation de son véhicule. Les 15 % du résultat de son équipe régionale sont partagés entre les membres de l&#039;équipe. Les 15 % de la marge globale de l&#039;entreprise sont redistribués à l&#039;ensemble des salariés. &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« Chaque véhicule d&#039;intervention fonctionne comme une mini-entreprise, selon un principe de transparence totale »&#039;&#039;, précise le fondateur. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Les comptes d&#039;exploitation sont accessibles à tous&#039;&#039;&#039;, chaque mois. Le système a libéré les initiatives. &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« Plus ils sont proches de la zone de création de valeur, plus ils gagnent d&#039;argent »&#039;&#039;, résume Alexandre Gérard. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Sans rien changer d&#039;autre, l&#039;&#039;&#039;e chiffre d&#039;affaires a bondi de 15 %&#039;&#039;&#039; dans les mois qui ont suivi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une croissance retrouvée ==&lt;br /&gt;
Les résultats parlent d&#039;eux-mêmes. &#039;&#039;&#039;Le chiffre d&#039;affaires, tombé à 14 millions d&#039;euros au plus fort de la crise, atteint aujourd&#039;hui près de 65 millions&#039;&#039;&#039;. Le résultat net dépasse les 3 millions d&#039;euros. L&#039;effectif a plus que doublé depuis 2012, passant d’environ 220 à près de 500 collaborateurs. L&#039;entreprise déploie plus de 270 camions-ateliers à travers la France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En juillet 2021, nouveau tournant : le groupe Monnoyeur, géant de la distribution d&#039;équipements, acquiert Chrono Flex. L&#039;entreprise quitte alors le groupe Inov-On, la holding qu&#039;Alexandre Gérard avait créée pour regrouper Chrono Flex et plusieurs filiales partageant le même modèle managérial. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jérôme Jambut et Claudio Castellano prennent la direction opérationnelle. Alexandre Gérard, lui, poursuit une activité de conférencier et d&#039;accompagnement de dirigeants via Inov-On Expérience, le pôle conseil du groupe qu&#039;il a conservé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de l&#039;acquisition, le groupe Monnoyeur annonce que Chrono Flex « disposera d&#039;une grande autonomie », à l&#039;instar des autres filiales. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;En 2024, Chrono Flex revendique toujours son modèle d&#039;équipes autonomes et de leaders élus.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones d&#039;ombres ==&lt;br /&gt;
Le tableau n&#039;est pas exempt de nuances. Les sources disponibles émanent pour l&#039;essentiel de l&#039;entreprise elle-même ou de son fondateur. Les témoignages critiques, ceux des salariés qui auraient mal vécu la transformation ou quitté l&#039;entreprise, restent rares dans l&#039;espace public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de la résolution des conflits demeure floue. Aucun protocole formel de médiation entre pairs n&#039;apparaît dans la documentation accessible. Les processus de décision collective, s&#039;ils existent, ne sont pas explicitement codifiés. Comment tranche-t-on quand le consensus échoue ? La question reste ouverte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des chercheurs ont d&#039;ailleurs interrogé le concept même d&#039;entreprise libérée. Un article paru dans la revue &#039;&#039;Management &amp;amp; Avenir&#039;&#039; en 2019, intitulé « L&#039;aventure Chrono Flex. Le meilleur des Mondes ? », analyse le cas en détail, pointant notamment les risques d&#039;intensification du travail sous couvert d&#039;autonomie. L&#039;autocontrôle remplace-t-il vraiment la subordination, ou la déplace-t-il simplement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Alexandre Gérard ne prétend pas détenir de formule magique.&#039;&#039;&#039; &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« Pour être libéré, il faut oser mettre son ego de côté. Tout le monde n&#039;est pas prêt à cela »&#039;&#039;, reconnaît-il. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;La transformation a pris des années, causé des souffrances, provoqué des départs. Treize ans après le grand saut, &#039;&#039;&#039;Chrono Flex continue de faire figure de laboratoire.&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un laboratoire dont l&#039;expérience mérite d&#039;être observée avec le même mélange de curiosité et de prudence qu&#039;exige toute promesse de révolution managériale&amp;lt;ref&amp;gt;CHRONO Flex - Page recrutement [https://www.chronoflex.fr/recrutement-chrono-flex/ officielle]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Cairn.info - &amp;quot;[https://shs.cairn.info/revue-management-et-avenir-2019-5-page-97?lang=fr L&#039;aventure Chrono Flex. Le meilleur des Mondes ?]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Courrier Cadres - &amp;quot;[https://courriercadres.com/entreprise-liberee-les-erreurs-a-eviter/ Entreprise libérée : les erreurs à éviter]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Action Co - &amp;quot;[https://www.actionco.fr/Thematique/management-1214/Breves/Chrono-Flex-une-entreprise-liberee-255459.htm Entreprise libérée : l&#039;exemple Chrono Flex]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;Usine Nouvelle - &amp;quot;[https://www.usinenouvelle.com/editorial/le-retour-d-experience-de-chrono-flex-entreprise-liberee-depuis-dix-ans.N1096084 Le retour d&#039;expérience de Chrono Flex, entreprise libérée depuis dix ans]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Change The Work - &amp;quot;[https://changethework.com/liberation-entreprise-chrono-flex/ Libération d&#039;entreprise chez Chrono Flex]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;FlexJob - &amp;quot;[https://flexjob.fr/zoom-sur-chrono-flex-entreprise-liberee/ Chrono Flex : une entreprise libérée de plus de 300 salariés]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;Info Durable - &amp;quot;[https://www.linfodurable.fr/entreprises/chronoflex-lentreprise-ou-le-patron-ne-voulait-plus-etre-chef-3117 Chronoflex, l&#039;entreprise où le patron ne voulait plus être chef]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;CHRONO Flex - Site officiel ([https://www.chronoflex.fr/qui-sommes-nous/decouvrir-laventure-collaborative/ Aventure collaborative])&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== A propos de l&#039;auteur ==&lt;br /&gt;
{{Auto Organisation:À propos de Alioune}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études de cas]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://auto-org.fr/index.php?title=Chrono_Flex&amp;diff=391</id>
		<title>Chrono Flex</title>
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		<updated>2026-01-16T05:31:45Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Alioune Schurz : Suppression de 3 sources&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Ébauche}}{{Infobox Entreprise|Nom=Chrono Flex|Image=Fichier:Logo chronoflex.png|Création=1995|Fondateurs=[https://tedxsaclay.com/fr/editions/au-service-du-vivant/intervenants/alexandre-gerard/ Alexandre Gérard]|Forme juridique=[https://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_par_actions_simplifi%C3%A9e/ SAS (Société par Actions Simplifiée)] au capital de 1 649 000 €|Siège social=[https://earth.google.com/web/search/13+rue+Olympe+de+Gouges,+44800+Saint-Herblain/@47.22947272,-1.64972543,55.14822907a,0d,46.73877537y,114.12148091h,99.95605537t,0r/data=CpwBGm4SaAolMHg0ODA1OTMzM2QyMGIwZTliOjB4OWUxNjYxYjdjNDlmZWE5ZRmVvmsrUZ1HQCFNrJ1ylmP6vyotMTMgcnVlIE9seW1wZSBkZSBHb3VnZXMsIDQ0ODAwIFNhaW50LUhlcmJsYWluGAEgASImCiQJKSuvLhYQNUARKCuvLhYQNcAZHB5IkGGFSUAhBEP57Wj3ScBCAggBIhoKFlpMeUxsOUktTDJ2Ums0aDVSNEhYNWcQAjoDCgEwQgIIAEoNCP___________wEQAA 13 rue Olympe de Gouges, 44800 Saint-Herblain]|Activité=Dépannage et maintenance de flexibles hydrauliques|Produits=Réparation sur site 24h/24, graissage centralisé, filtration|Effectif=450 à 500 collaborateurs (2024)|Site web=https://chronoflex.fr|Fonds propres=Information inconnue|Dette=Information inconnue|Chiffre d&#039;affaire=64 938 629 € (2024)|Résultat net=3 009 000 € (2024)}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Chrono Flex, ou quand les salariés reprennent le volant ==&lt;br /&gt;
C&#039;est l&#039;histoire d&#039;un patron qui a décidé de ne plus l&#039;être. En 2009, [https://tedxsaclay.com/fr/editions/au-service-du-vivant/intervenants/alexandre-gerard/ Alexandre Gérard] dirige [https://chronoflex.fr Chrono Flex], une entreprise florissante de dépannage hydraulique basée près de Nantes. Puis &#039;&#039;&#039;la crise des subprimes frappe&#039;&#039;&#039;. Le chiffre d&#039;affaires accuse une chute de 30-34%, passant de 22 millions à 14 millions. Sur une période de trois ans, &#039;&#039;&#039;plusieurs dizaines de salariés sont licenciés, entre quarante et quatre-vingts selon les estimations&#039;&#039;&#039;. Après les licenciements de 2009, Alexandre Gérard ne veut plus revivre une telle épreuve. &amp;lt;blockquote&amp;gt;« &#039;&#039;Plus jamais ça&#039;&#039; », confie-t-il.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;Le dirigeant cherche alors une autre voie. Il rencontre Jean-François Zobrist, figure emblématique de la fonderie Favi, puis Isaac Getz, professeur à l&#039;ESCP et théoricien de l&#039;« entreprise libérée ». &#039;&#039;&#039;Le 7 janvier 2012&#039;&#039;&#039;, lors de la traditionnelle « Grand-Messe » annuelle réunissant tous les salariés, &#039;&#039;&#039;Alexandre Gérard annonce la suppression de la pyramide hiérarchique&#039;&#039;&#039;. Plus de directeurs régionaux. Plus de managers intermédiaires. &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« Aujourd’hui, je n&#039;ai ni bureau, ni assistante, ni place de parking attitrée »&#039;&#039;, plaisante Alexandre Gérard.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Capitaines et Speed Boats ==&lt;br /&gt;
L&#039;organisation qui émerge bouscule les codes. Chrono Flex fonctionne désormais avec &#039;&#039;&#039;une cinquantaine d&#039;équipes autonomes&#039;&#039;&#039;, baptisées « speed boats ». Trente-deux d&#039;entre elles opèrent sur le terrain, les autres assurent les fonctions support. Chaque équipe élit son leader, appelé « Capitaine » ou « Team Leader » selon les sources, lors d&#039;un &#039;&#039;&#039;scrutin sans candidat déclaré. Le mandat dure trois ans.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aude Le Normand, directrice des ressources humaines, détaille le fonctionnement : &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« Même le recrutement leur a été confié : ils font les entretiens et décident de prolonger ou non à la fin de la période d&#039;essai. »&#039;&#039; &amp;lt;/blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Les collaborateurs choisissent leurs fournisseurs, gèrent leurs plannings, votent leurs investissements&#039;&#039;&#039;. Pendant le confinement de 2020, chaque équipe a ajusté ses effectifs à la demi-journée près, gérant le chômage partiel en totale autonomie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La hiérarchie n&#039;a pas entièrement disparu, précisons-le, mais réduite de cinq à trois échelons entre la base et la direction. Les leaders élus animent sans commander.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La règle des 3 x 15 ==&lt;br /&gt;
Quelques mois après avoir lancé la transformation, &#039;&#039;&#039;Alexandre Gérard part un an faire le tour du monde (2012-2013). L&#039;entreprise tourne sans lui&#039;&#039;&#039;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mieux : un groupe de salariés profite de son absence pour repenser entièrement le système de rémunération. Ils planchent pendant des mois, testent leur formule sur quelques volontaires, puis la généralisent. C&#039;est un exemple concret d&#039;autogouvernance : &#039;&#039;&#039;les équipes ont défini elles-mêmes les règles de leur rémunération variable.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mécanisme, dit « 3×15% », lie directement la paie à la création de valeur. Chaque technicien touche 15 % du résultat d&#039;exploitation de son véhicule. Les 15 % du résultat de son équipe régionale sont partagés entre les membres de l&#039;équipe. Les 15 % de la marge globale de l&#039;entreprise sont redistribués à l&#039;ensemble des salariés. &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« Chaque véhicule d&#039;intervention fonctionne comme une mini-entreprise, selon un principe de transparence totale »&#039;&#039;, précise le fondateur. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Les comptes d&#039;exploitation sont accessibles à tous&#039;&#039;&#039;, chaque mois. Le système a libéré les initiatives. &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« Plus ils sont proches de la zone de création de valeur, plus ils gagnent d&#039;argent »&#039;&#039;, résume Alexandre Gérard. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;Sans rien changer d&#039;autre, l&#039;&#039;&#039;e chiffre d&#039;affaires a bondi de 15 %&#039;&#039;&#039; dans les mois qui ont suivi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une croissance retrouvée ==&lt;br /&gt;
Les résultats parlent d&#039;eux-mêmes. &#039;&#039;&#039;Le chiffre d&#039;affaires, tombé à 14 millions d&#039;euros au plus fort de la crise, atteint aujourd&#039;hui près de 65 millions&#039;&#039;&#039;. Le résultat net dépasse les 3 millions d&#039;euros. L&#039;effectif a plus que doublé depuis 2012, passant d’environ 220 à près de 500 collaborateurs. L&#039;entreprise déploie plus de 270 camions-ateliers à travers la France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En juillet 2021, nouveau tournant : le groupe Monnoyeur, géant de la distribution d&#039;équipements, acquiert Chrono Flex. L&#039;entreprise quitte alors le groupe Inov-On, la holding qu&#039;Alexandre Gérard avait créée pour regrouper Chrono Flex et plusieurs filiales partageant le même modèle managérial. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jérôme Jambut et Claudio Castellano prennent la direction opérationnelle. Alexandre Gérard, lui, poursuit une activité de conférencier et d&#039;accompagnement de dirigeants via Inov-On Expérience, le pôle conseil du groupe qu&#039;il a conservé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de l&#039;acquisition, le groupe Monnoyeur annonce que Chrono Flex « disposera d&#039;une grande autonomie », à l&#039;instar des autres filiales. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;En 2024, Chrono Flex revendique toujours son modèle d&#039;équipes autonomes et de leaders élus.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones d&#039;ombres ==&lt;br /&gt;
Le tableau n&#039;est pas exempt de nuances. Les sources disponibles émanent pour l&#039;essentiel de l&#039;entreprise elle-même ou de son fondateur. Les témoignages critiques, ceux des salariés qui auraient mal vécu la transformation ou quitté l&#039;entreprise, restent rares dans l&#039;espace public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de la résolution des conflits demeure floue. Aucun protocole formel de médiation entre pairs n&#039;apparaît dans la documentation accessible. Les processus de décision collective, s&#039;ils existent, ne sont pas explicitement codifiés. Comment tranche-t-on quand le consensus échoue ? La question reste ouverte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des chercheurs ont d&#039;ailleurs interrogé le concept même d&#039;entreprise libérée. Un article paru dans la revue &#039;&#039;Management &amp;amp; Avenir&#039;&#039; en 2019, intitulé « L&#039;aventure Chrono Flex. Le meilleur des Mondes ? », analyse le cas en détail, pointant notamment les risques d&#039;intensification du travail sous couvert d&#039;autonomie. L&#039;autocontrôle remplace-t-il vraiment la subordination, ou la déplace-t-il simplement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Alexandre Gérard ne prétend pas détenir de formule magique.&#039;&#039;&#039; &amp;lt;blockquote&amp;gt;&#039;&#039;« Pour être libéré, il faut oser mettre son ego de côté. Tout le monde n&#039;est pas prêt à cela »&#039;&#039;, reconnaît-il. &amp;lt;/blockquote&amp;gt;La transformation a pris des années, causé des souffrances, provoqué des départs. Treize ans après le grand saut, &#039;&#039;&#039;Chrono Flex continue de faire figure de laboratoire.&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un laboratoire dont l&#039;expérience mérite d&#039;être observée avec le même mélange de curiosité et de prudence qu&#039;exige toute promesse de révolution managériale&amp;lt;ref&amp;gt;WANDERER - [https://www.ladissertation.com/Monde-du-Travail/%C3%89tudes-de-Cas/Cas-d%27entreprise-Chronoflex-331807.html Etude de cas Chrono Flex]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;CHRONO Flex - Page recrutement [https://www.chronoflex.fr/recrutement-chrono-flex/ officielle]&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Cairn.info - &amp;quot;[https://shs.cairn.info/revue-management-et-avenir-2019-5-page-97?lang=fr L&#039;aventure Chrono Flex. Le meilleur des Mondes ?]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Courrier Cadres - &amp;quot;[https://courriercadres.com/entreprise-liberee-les-erreurs-a-eviter/ Entreprise libérée : les erreurs à éviter]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Action Co - &amp;quot;[https://www.actionco.fr/Thematique/management-1214/Breves/Chrono-Flex-une-entreprise-liberee-255459.htm Entreprise libérée : l&#039;exemple Chrono Flex]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;Usine Nouvelle - &amp;quot;[https://www.usinenouvelle.com/editorial/le-retour-d-experience-de-chrono-flex-entreprise-liberee-depuis-dix-ans.N1096084 Le retour d&#039;expérience de Chrono Flex, entreprise libérée depuis dix ans]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Change The Work - &amp;quot;[https://changethework.com/liberation-entreprise-chrono-flex/ Libération d&#039;entreprise chez Chrono Flex]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;FlexJob - &amp;quot;[https://flexjob.fr/zoom-sur-chrono-flex-entreprise-liberee/ Chrono Flex : une entreprise libérée de plus de 300 salariés]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;Info Durable - &amp;quot;[https://www.linfodurable.fr/entreprises/chronoflex-lentreprise-ou-le-patron-ne-voulait-plus-etre-chef-3117 Chronoflex, l&#039;entreprise où le patron ne voulait plus être chef]&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;CHRONO Flex - Site officiel ([https://www.chronoflex.fr/qui-sommes-nous/decouvrir-laventure-collaborative/ Aventure collaborative])&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== A propos de l&#039;auteur ==&lt;br /&gt;
{{Auto Organisation:À propos de Alioune}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Études de cas]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alioune Schurz</name></author>
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